Réformisme ou Révolution :

QUEL ANTI-AMÉRICANISME APRÈS LES ATTAQUES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK ?
Message à nos amis et à nos détracteurs.

 

Le PCN a été quasiment le seul à avoir le courage de dire tout haut ce que bon nombre de militants anti-impérialistes pensent réellement et à saluer les attaques exemplaires menées contre les métropoles impérialistes, frappant au cœur l'impérialisme yankee et l'oppression capitaliste qui lui est indissolublement liée.

Cela nous a valu de nombreux messages de soutien. Et publiquement ou sur divers forum, dont celui de "Nation-Arabe", des messages ont été publiés qui rejoignent notre point de vue (1).
Cela a aussi provoqué de basses attaques indignes nous prêtant des positions politiques qui ne sont pas les nôtres et auxquelles nous répondrons par voie de droits de réponse et de rectificatifs.

Le choc provoqué par ces attaques sans précédent ne frappe pas seulement les Américains. Il touche aussi les mouvances anti-impérialistes et anti-globalisation, qu'il faut se garder de confondre. Une cassure nette est apparue entre réformistes et révolutionnaires. Elle ira en s'accentuant.

Les réformistes déplorent, condamnent, présentent leurs condoléances, cherchent des coupables ou des provocateurs, parlent de "terrorisme", à grand renfort de citations détournées de leur contexte (la position de certains états anti-impérialistes, guidés par les impératifs de la diplomatie, est toute autre et ne doit pas être confondue).
La position des réformistes se place entre celle des médias et des politiciens pro-américains et celle des révolutionnaires.

Les révolutionnaires, parmi lesquels le PCN est la seule organisation politique à parler ouvertement, saluent eux une étape décisive dans la guerre que mènent les peuples du monde contre l'impérialisme pour la liberté et la dignité.

Car c'est bien d'une guerre qu'il s'agit et d'actions de guerre, comme les Bush (2) et autres Chirac le reconnaissent. Et non pas d'"attentas terroristes".
Une guerre qui est menée inlassablement par Washington depuis des décennies et dont le but, ouvertement revendiqué par les théoriciens de l'impérialisme yankee, est la domination mondiale et le règne définitif du modèle américain sur le monde, l'anti-civilisation abjecte de Mc Do, Coca-Cola ou Hollywood (3).

C'est ce que perdent de vue tous les réformistes. Et lorsqu'ils citent par exemple Lénine prenant position contre le terrorisme, ils oublient que Vladmir Illitch condamnait les attentats individuels des anarchistes et des populistes et pas la guerre anti-impérialiste.

Les attaques menées contre New-York et Washington sont des actions de guerre, avec des objectifs militaires et économiques, qui ont parfaitement été atteints. L'économie capitaliste est frappée au cœur, le prestige des USA est brisé. Plus rien ne sera jamais comme avant. Et partout les peuples du monde colonisés et exploités savent maintenant que les Etats-Unis ne sont pas invulnérables. L'espoir a changé de camps. 

Les réformistes se voilent d'ailleurs la face et refusent de voir la réalité : les peuples exploités, à commencer par les Palestiniens, ont parfaitement compris la portée des coups infligés à la superpuissance yankee. Partout la joie a éclaté. A Gaza et en Cisjordanie, malgré les réactions apeurées de l'Autorité palestinienne. Dans les rues du Caire, de Amman, de Tunis ou de Damas, malgré les déclarations contrites des dirigeants arabes.
En Europe aussi. A Pristina ou à Belgrade, comme à Skopje, la joie régnait, comme nous l'ont confirmé nos correspondants.
Sans parler des quartiers populaires de Bruxelles et de Paris !
Tout cela a été bien entendu soigneusement dissimulé par les media occidentaux aux ordres de l'OTAN. Et les réformistes se font les complices de ces mediamensonges.

A Bagdad ou à Bassorah, où l'on vit quotidiennement sous les bombes anglo-américaines, dans l'enfer du génocide rampant organisé par Washington depuis dix ans, on a désigné clairement l'ennemi américain. La joie des masses, à qui l'espoir est revenu, a rejoint le discours officiel. En Irak, la télévision publique a indiqué dans la soirée que "le cow-boy américain récolte les fruits de ses crimes contre l'humanité. C'est un jour noir pour l'Histoire de l'Amérique, qui goûte à la défaite amère de ses crimes et de son mépris pour la volonté des peuples à mener une vie libre et décente", a-t-elle dit. "Les explosions massives dans les centres du pouvoir d'Amérique, notamment au Pentagone, infligent un douloureux camouflet aux hommes politiques américains qui doivent mettre un terme à leur hégémonie et à leur tentative d'imposer leur loi à tous les peuples", a ajouté le commentateur, estimant que les attentats traduisaient "un rejet de la politique irréfléchie" des Etats-Unis.
Et nous saluons le courage indomptable du gouvernement ba'thiste qui, au milieu de l'hypocrisie apeurée des dirigeants arabes, a sauvé l'honneur de la Nation arabe.

Mais sans doute nos réformistes savent-ils mieux juger la situation que nos camarades irakiens qui se battent sur la ligne du front ...

Nous avons même vu des discours réformistes, condamnant les attaques anti-américaines, se terminer par des références au CHE. C'est oublier que le CHE Guevara n'attendait pas la "mobilisation de la société civile" ou le "dialogue avec les institutions internationales", ces tartes à la crème des anti-globalisations, mais prônait la lutte armée et la guerre révolutionnaire.
La récupération du CHE par les réformistes et les opportunistes de tous bords est révoltante. Nous en parlons avec tranquillité. Le PCN est l'expression politique depuis 1984 d'une Organisation communautariste transnationale qui fêtera l'année prochaine ses quarante ans. Dès 1965, nous défendions dans notre presse Cuba et l'action du CHE. Parmi les réformistes qui nous critiquent aujourd'hui, certains parlaient encore au début des années 80 à propos du CHE et des militants qui à sa suite partaient en Afrique faire leur devoir de solidarité internationaliste de "mercenaires cubains". La critique est aisée mais nos archives sont bien tenues ...

Le véritable motivation des réformistes est sans aucun doute la lâcheté. Peur de la répression, peur de perdre des sympathies parmi les petit-bourgeois qui courent aujourd'hui derrière la "taxe-Tobin" et autres sucreries sociale-démocrates et veulent aménager (sic) la globalisation et le capitalisme.
C'était la même peur qui faisait en 1985 défiler toute la classe politique belge à Bruxelles contre les Cellules Communistes Combattantes (CCC). Certains de nos critiques ont alors défilé avec le "Front National". Nous pas !

Les réformistes nous disent que nous "ne rendons pas service aux masses arabes ou aux Palestiniens". Que ce serait "attirer la répression sur eux". Comme si Tel-Aviv avait besoin de prétextes pour tuer chaque jour en Palestine occupée ! Comme si Washington avait besoin de motivations pour bombarder quotidiennement l'Irak ! Faux prétexte !

La Résistance palestinienne est sortie toute entière de la lutte armée et des actions directes contre l'occupant israélien. Et elle s'incarne aujourd'hui dans la guerre ouverte qu'est l'Intifada.
Sans le sang des martyrs des premiers jours, au milieu de ces terribles années 60, où Israël étendait implacablement l'ombre sioniste vers le Tigre et l'Euphrate (4), la Résistance palestinienne n'aurait jamais donné l'espoir à son peuple. Nous en parlons aussi l'esprit tranquille. Nos critiques réformistes parlaient alors de "nationalisme bourgeois" à propos des Fedayins. Notre organisation, elle, se battait à leurs côtés ! Dès le début, avant Arafat. Roger Coudroy, le premier européen tombé les armes à la main dans les rangs du Fatah, était des nôtres.

Mais il est plus facile de se dire "communistes" et de dénoncer les "terroristes". C'est à dire d'utiliser le langage de l'adversaire, de l'occupant impérialiste. 
Les Nazis considéraient que les résistants français étaient des terroristes. Pour justifier des massacres comme Oradour.
Les Américains, et les Français avant eux, considéraient que les Vietcongs étaient des terroristes. Pour justifier des massacres comme My Lai ou l'utilisation de l'Agent orange.
Les blancs d'Afrique du sud considéraient que Mandela était un terroriste. Pour justifier l'Apartheid.
Et pour Sharon, le criminel de guerre de Sabra et Chatila, les résistants palestiniens sont des terroristes, même le vieux Arafat, perdu entre son administration corrompue et la peur de l'impérialisme, triste fin pour celui qui fut le symbole d'un combat légitime.

Mais pour justifier leur lâcheté et leur compromission avec le Système, les réformistes avancent aussi la thèse de la provocation. Les services secrets US, où "une fraction du pouvoir", auraient monté une gigantesque provocation. On évoque pêle-mêle milices d'extrême-droite et réseaux de la CIA, on recherche de "la documentation". Le plus triste c'est que cette thèse du complot est justement celle que défend en ce moment l'extrême droite raciste américaine.
Certes les services secrets de l'OTAN ont souvent utilisé la provocation, singulièrement dans l'Italie des "Années de plomb" et de la "stratégie de la tension". Et encore aujourd'hui, ils utilisent des groupuscules "rouges-bruns" comme agents provocateurs contre la mouvance anti-OTAN et anti-globalisation (5).
Mais il s'agissait toujours d'attentats réduits contre des cibles limitées, comme à Milan ou Beyrouth.
S'imaginer que le pouvoir yankee va détruire le centre de Wall-Street, infliger un coup fatal à son économique, détruire le Pentagone, saper les bases mêmes de son prestige et sa puissance, c'est faire rimer réformisme avec débilité.

Et surtout c'est insulter le sacrifice des combattants de la liberté qui ont frappé l'impérialisme au cœur de ses centres militaire, politique et économique.
Nous ne savons pas à cette heure d'où ils proviennent. Mais leur sacrifice appelle le respect du aux combattants morts pour leur idéal.
Les salir, les traiter de "terroristes" ou pire encore d'"agents provocateurs", c'est salir tous les résistants qui sont morts pour la liberté. Depuis les résistants des années 40-45 jusqu'aux Fedayins ou aux gamins de l'Intifada, tombés sous les balles israéliennes.

Les réformistes nous ont aussi servi la leçon sur le "bon peuple américain", sur les "travailleurs frappés par la terreur" (Wall-Street est évidemment fréquenté par des ouvriers ...) et qui, nous dit-on se " soulèveront un jour contre l'ordre capitaliste ". Fantasme que tout cela. A part quelques minorités ethniques, le peuple américain soutient à une large majorité le système. 
Certes aucun peuple n'est totalement bon ou mauvais. Les militants anti-impérialistes américains mènent un combat exemplaire. Mais ils sont l'exception.
Pour ceux qui l'ont oublié, les foules yankee applaudissaient aussi bien aux bombardements de Bagdad que de Belgrade (6). Fini de rire. Les bombes, la mort aveugle, ce n'est plus seulement pour les autres !

Les Etats-unis et l'OTAN préparent la riposte. Ils vont frapper aveuglément, comme à Tripoli en 1986 ou au Soudan en 1998 (7). Mais cela aussi fait partie de la guerre totale menée actuellement.
La répression appellera la radicalisation. Et la radicalisation amènera des nouveaux militants à la conscience. Nous sommes léninistes, pas le Léninisme de caricature et de catéchisme qu'ânonnent les réformistes, mais un Léninisme aux dimensions du combat quadri-continental et à l'heure du XXIe Siècle. Et nous croyons donc à la radicalisation, à la nécessité de franchir des paliers dans le combat.
Les attaques exemplaires portées constituent un seuil décisif. Il y a maintenant un avant et un après. Et rien ne sera plus comme avant.

Le combat anti-impérialiste est à la croisée des chemins.

Il suivra soit la voie du réformisme
, celle de l'enlisement, du compromis, de la récupération par le Système. C'est la voie des petits-bourgeois inspirés par le Trotskysme et la Sociale-démocratie. Celle du "dialogue" avec le capitalisme et l'impérialisme. Celle que combattit Lénine toute sa vie. Celle que refusa toujours le CHE, tombé les armes à la main, lui aussi qualifié de "terroriste" par les bourgeois bien pensants et la CIA.

Où le combat anti-impérialiste suivra le chemin difficile de la révolution. Celui d'où le compromis est banni.

Il importe aujourd'hui de définir les bases du combat dans les conditions difficiles du temps présent.
Que faire ? Quel combat mener ? Avec qui ?


Les tâches des révolutionnaires sont aujourd'hui essentielles parce qu'elles préparent le combat de demain.
- Informer, désinformer, combattre les médias du Système, amener à la conscience les meilleurs éléments du mouvement de contestation qui surgit à nouveau.
- Lutter pour la préservation des libertés publiques, tâche essentielle face aux projets liberticides de l'OTAN contre l'"ennemi intérieur".
- Coordonner l'action des forces anti-impérialistes des quatre continents (tâche essentielle en Europe, la principale colonie des USA depuis 1945, le second poumon de son économie)
- Soutenir toutes les luttes légitimes de libération nationale et toutes les Intifadas (pas seulement celle des Palestiniens mais aussi, au cœur de l'Europe, celle des Irlandais en Ulster et celle des Serbes au Kosovo)
- Constituer un Front uni face à l'ennemi, ouvert à toutes les forces qui mènent le combat contre les USA et l'OTAN et le Système (sans distinction politique).

Tout cela nous éloigne du "dialogue", des compromis, du réformisme, des foules décervelées qui s'agitent. Etre révolutionnaire c'est aussi accepter d'être minoritaire, de mener un combat d'avant-garde, de tracer la voie. Ce fut le choix de Lénine ou du CHE, c'est aujourd'hui le nôtre !

Luc MICHEL,
président du PCN-NCP.


NOTES

(1) par exemple : USA : 11 Septembre : Communiqué de Politique-info - "Qui pouvait imaginer que l'on pouvait longtemps encore se moquer de la santé de la planète en ne signant pas les accords de Kyoto, que l'on pouvait impunément jouer les Rambo en Irak, ou en Yougoslavie; que l'on pouvait se dire "civilisé" en appliquant la peine de mort et en vendant des armes au monde entier.... qui sinon les dirigeants des USA et leurs collaborateurs disséminés dans "nos" "démocraties".
Aujourd'hui 11 septembre 2001 les réactions de " nos " dirigeants sont à l'image de leur surprise. La citadelle même du pouvoir mondial est attaquée. Ce fait était impensable. On pouvait "penser" le capitalisme, l'oppression, l'injustice, mais ces dirigeants - unanimes - ne pouvaient imaginer qu'au-delà de la pensée il y avait des hommes et des femmes qui souffraient. Amérique latine, Asie, Europe centrale et pays de l'ex URSS et bien sur en première ligne : Palestine.
Faire souffrir les corps, détruire les esprits par les mensonges diffusés par les médias à la solde des puissants, cela se paye.
L'histoire est remplie de ces puissances omnipotentes, méprisantes, qui ont du plier sous la pression des peuples. On croyait les peuples et les travailleurs endormis, anesthésiés, anéantis. les voilà qui se réveillent.
Le réveil est brutal, désordonné, il ne se fait pas comme c'était écrit dans le manuel du parfait militant. Mais il se fait. Que n'ont dit les puissances européennes lorsque les Français ont coupé la tête des rois !
La révolution n'est pas un dîner de gala. Ce qui se passe au Etats-Unis ce 11 septembre, n'est pas une réception mondaine à laquelle sont conviés Messieurs Kofi Annan, Arafat, Sharon, Jospin, Chirac.
Que ceux qui critiquent ces actions et poussent des cris d'orfraie ne viennent pas nous raconter des salades. La violence de ces actes est l'exact reflet de la violence quotidienne endurée par des peuples depuis des décennies. On peut le déplorer, mais avant de jouer les pleureuses qu'on balaie devant sa porte.
Finis les actes de repentance et de contrition. 
Tout finit par se payer.
Démagogiques démocrates, qui osez nous parler des droits de l'homme en organisant la prédation du monde entier par le fric et les armes, ne demandez pas aux peuples de la galanterie dans leur révolte si vous n'avez aucune humanité dans vos rapports avec les peuples.
Quant aux victimes américaines de ces actions et au peuple américain en général, s'il cherche des responsables, qu'il se tourne vers le seul responsable de cela : la politique impérialiste, militariste, de ses dirigeants." (Politique-info 11 septembre 2001)

(2) George W. Bush, premier président des Etats-Unis confronté à une telle crise depuis Pearl Harbor, a déclaré que ces attentats étaient un "acte de guerre" dont les Etats-Unis sortiraient vainqueurs. "Ce sera une lutte monumentale du bien contre le mal, mais le bien l'emportera", a-t-il dit à l'issue d'une réunion à la Maison blanche avec les principaux responsables de la sécurité.

(3) Lire : Luc MICHEL, "théories de l'impérialisme américain: la réponse des peuples". Conférence au second "Youth Camp for Green, Peace and Alternative movements" (Landau, Allemagne, juillet 2001).

(4) "A ta postérité je donne ce pays, du fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, le fleuve d'Euphrate " (Genèse XV, 18).
"Si l'on possède le livre de la Bible, si l'on se considère comme le peuple de la Bible, on devrait posséder toutes les terres bibliques." (Général Moshé Dayan, Jerusalem Post, 10 août 1967).

(5) Communiqué de presse du PCN-NCP (Bruxelles et Paris) - 7 septembre 2001 :
Le PCN dénonce les provocations policières contre les anti-mondialisations :
LE RETOUR DES BARBOUZES NEONAZIES.

Contre la contestation internationale qui s'organise, le Système va démultiplier les provocations para-policières, prétexte au fichage, à la limitation des libertés par des législations d'exceptions, à la répression directe. Depuis Gênes, on sait que lorsque l'Etat capitaliste se sent en danger, la frontière entre l'Etat de droit formel et la dictature bourgeoise policière est étroite. Dans l'Europe de Schengen et de Maastricht, si prodigue en leçons de démocratie et de droits de l'homme, on assassine et on torture les militants révolutionnaires..
A l'occasion des incidents de Gênes, nous dénoncions le rôle des provocateurs barbouzards comme les "Black Block" anarchistes en Allemagne et en Italie ou les groupuscules "rouge-bruns" en France et en Belgique.
De nouvelles révélations sur les incidents dramatiques de Gênes donnent totalement raison à notre analyse. Un document secret des forces de sécurité italiennes relate en effet la préparation d'actions d'infiltration. Les agents provocateurs sont notamment des militants du groupe néonazi "Forza Nuova". Selon le quotidien italien "SECOLO XXI", ce document top-secret de la police gênoise évoque la préparation d'actions d'infiltration par des groupes néonazis au Sommet de Gênes. 
Le quotidien mexicain "LA JORNADA" donne des détails supplémentaires. "Des "militants radicaux de droite" auraient participé aux actes violents durant le Sommet de Gênes". Leur objectif : "s'attaquer aux forces de sécurité et, de cette manière, mettre la gauche dans une position hostile vis-à-vis de la police et de l'opinion publique." Entre 25 et 30 militants de "Forza Nuova" auraient notamment infiltré les pacifistes "Tute Bianche". Gavino Angius, le président des sénateurs démocrates de gauche en Italie, a accusé le ministre de l'Intérieur Claudio Scajola d'avoir menti au Parlement à propos de l'existence du document en question.
"Forza Nuova" n'était pas seul en cause. "LA JORDANA" dénonce aussi la présence de néonazis non-italiens.
"IL MESSAGERO" et l'agence de presse "AdnKronos" publient eux les accusations de Biagio Cacciola, vice-président du Conseil communal de Frosinone (Ligurie), qui révèle que "trente militants du Fronte Nazionale étaient présents à Gênes". Aucun n'a bien entendu été arrêté !
Le "Fronte Nazionale", un groupuscule italien présidé par Adriano Tilgher, est le correspondant du groupuscule barbouzard français "Unité Radicale", qui annonçait d'ailleurs ouvertement la provocation sur son site Internet. "Unité Radicale", dont la direction est liée au monde des sectes lucifériennes et néo-templières, est aussi directement lié au groupuscule belge "Nationalistes contre l'OTAN" (sic), issu de la milice privée néonazie L'ASSAUT, qui le 13 juin dernier perturbait avec la complicité et la protection directe de la police une manifestation contre la venue de Georges Bush devant le siège de l'OTAN à Bruxelles, provoquant arrestations et fichages.
Pour situer "Unité Radicale", celle-ci fait aussi campagne pour la libération de Michel Lajoye, une barbouze néonazie, incarcéré pour préparations d'attentats et pour un attentat raté contre un café d'immigrés, sur ordre de la DPSD, la sécurité militaire française, après avoir été "lâché" par ses agents traitants.
Le monde des provocateurs est petit et l'internationale barbouzarde une triste réalité !
Les sommets des prochaines semaines en Belgique vont être l'occasion de nouvelles provocations, au moment où la répression s'organise au niveau européen. A nouveau des provocations sont organisées par l'intermédiaire des groupuscules néonazis.
Le groupuscule L'ASSAUT a pris cette fois le nom d'un nouveau pseudopode fantôme le "Comité Nationalistes contre la globalisation" qui annonce sa participation à toutes les manifestations. Ce sera l'occasion pour les provocateurs de renouveler des incidents du genre du 13 juin dernier devant l'OTAN. Ce même groupe entreprend actuellement une mission d'infiltration non seulement des milieux anti-mondialisation mais aussi de la frange anti-américaine du parti nationaliste flamand Vlaams Blok, pour le plus grand bénéfice du Système belge qui craint les indépendantistes flamands.
Le PCN dénonce aussi la publicité étrange dont disposent les néonazis depuis plusieurs mois, notamment une interview (avec publicité pour leur site Internet), publiée dans le magazine flamand TRENDS ce 6 septembre alors que le Comité fantôme n'a que 4 jours d'existence.

(6) Dans la nuit de Bagdad bombardée, trois reporters-vedettes, installés en lieu sûr (l'hôtel Rachid), rivalisent d'inconscience et de vulgarité: "Ils raillent la passivité des Irakiens; ils s'étonnent que depuis une heure trente, l'armée irakienne les laisse poursuivre ce commentaire en direct. Ils finissent en éclatant de rire, en s'extasiant sur l'esthétisme du feu d'artifice, en devisant sur la qualité du repas ... " (Cité dans "Le Soir", 18 janvier 1991)

(7) En 1986, après une explosion dans une discothèque allemande fréquentée par des soldats américains, l'aviation américaine bombarde Tripoli et Benzagi en Libye. Des centaines de civils dont des enfants, sont tués dans la nuit On apprendra plus tard que la Libye n'avait rien à voir avec l'attentat prétexte, ce que les services de renseignements américains ne pouvaient pas manquer de savoir..
En août 1998, le Pentagone ordonne le bombardement d'une usine pharmaceutique d'un pays pauvre d'entre les pauvres, le Soudan. Cette usine fournissait une grande partie du pays en médicament. Combien des centaines de personnes sont mortes des suites directes de cet acte barbare? Qui s'en est soucié?
Et pourtant "tout le monde" (l'Occident) l'a accepté avec la plus grande indifférence: Il a suffit que les USA prétendent que le Soudan soit impliqué dans l'attentat de Nairobi, que l'usine produirait en réalité des armes chimiques, on n'a pas eu besoin de la moindre preuve (Au passage, bombarder une usine d'armement chimique serait terriblement criminel, pour la pollution que cela devrait engendrer).


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