FRONT TRANSNATIONAL

De Moscou à Tripoli, l'action transnationale du PCN.
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ODESSA NE VEUT PAS DE L’OTAN :
LE PCN A ODESSA
AVEC LA RESISTANCE ANTI-NATO !
 

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Comité d’Auto-Défense anti-OTAN d’Odessa (Juillet 2007) :
« Nous ne sommes pas yankee, nous sommes des Slaves. Nos frères sont les Russes ! »
 

Manifeste de L' « Union ukrainienne des officiers soviétiques »
(Kiev, 2 juillet 2007) :
« Aux soldats et les officiers des Etats-Unis  – l'OTAN !
Nous exigeons que vous quittiez immédiatement notre pays sacré. Le pays, dont nous héritons des vainqueurs sur le fascisme.
Nos grands-pères ont donné leur vie dans la bataille pour Moscou, Stalingrad, Koursk, dans la bataille pour le Dniepr, défendant les villes Odessa, Sébastopol, Kiev et Kerch.
Nous sommes les descendants des héros qui ont pris Berlin au printemps de 1945 et vous n’avez rien à nous enseigner, vous qui êtes responsables des victimes en Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan.
Vous êtes les participants et les représentants de l'organisation agressive l'OTAN qui a extirpé les peuples du monde depuis plus de 50 ans.
Au référendum public de cette année plus de 90% de notre peuple s'est opposé à l'entrée ukrainienne dans l'OTAN.
Partez de notre pays !
Ne profanez pas notre culture millénaire et le système d'état !
Les Etats-Unis  – l'OTAN partez de notre terre !
Non à l'entrée ukrainienne dans l'OTAN ! » 

 

Ce 9 juillet 2007, « des exercices de tactique des forces navales ukraino-américaines auxquels d'autres pays sont invités ont commencé dans le sud du pays », annonçait le ministère ukrainien de la Défense dans un communiqué. Les exercices « See Breeze » se tiennent en Ukraine depuis 1997.

Les exercices qui devaient avoir lieu dans les régions d'Odessa et de Nikolaïev devaient durer jusqu'au 22 juillet,  précisait le ministère.

Dans le cadre de « Sea Breeze », les exercices « ont pour objectif le perfectionnement de la coordination des états-majors des forces multinationales ». Les exercices ukraino-américains « Sea Breeze » organisés dans l'esprit du programme de l'OTAN du « Partenariat pour la paix » (sic) sont les plus importants des exercices prévus sur le territoire ukrainien en 2007. Des navires, des unités de fusiliers marins, des officiers d'état-major et des observateurs de 13 pays du monde devaient y prendre part.

Le premier adjoint au commandant des Forces navales ukrainiennes le vice-amiral Viktor Maksimov dirigera les exercices. Neuf navires, huit hélicoptères et trois avions, un groupe de scaphandriers, une compagnie renforcée de fusiliers marins et des matériels blindés seront engagés dans les exercices de la part de l'Ukraine, matérialisation de la volonté de la minorité pro-américaine qui occupe notamment la présidence (le 1er ministre, lui, est pro-russe) d’engager le pays vers l’adhésion à l’OTAN.

Certaines forces politiques ukrainiennes avaient menacé d'empêcher ces exercices. Le Parti communiste avait notamment annoncé le lancement d'un mouvement de protestation de masse contre « See Breeze » à Odessa. Natalia Vitrenko, leader du Parti socialiste progressiste, avait de son côté déclaré que son parti ferait tout pour s'opposer au déroulement d'exercices internationaux sur le territoire ukrainien.

Donc des protestations de masse contre l'organisation en Ukraine des exercices internationaux « Sea Breeze » 2007 avec la participation de militaires de l'OTAN ont été organisées partout sur l’initiative du PCU. Le « COMITE ANTI-NATO  D'AUTODEFENSE D'ODESSA » engageait, en effet, des actions de protestation de masse contre ces exercices dès le 4 juillet, jour où les militaires procédaient à la phase préparatoire de l'entraînement, qui prévoyait l'arrivée d'unités et de matériel militaire.

Le PCU avait demandé une autorisation officielle pour l'organisation d'une manifestation illimitée et l'installation d'un village de tentes à la Gare maritime d'Odessa. Le Comité anti-NATO a aussi organisé des points de presse réguliers afin d'informer l'opinion publique du déroulement des exercices.

L'année dernière, des exercices analogues avaient été stoppés net à la suite d'actions de protestation de masse à Féodossia (Crimée).

L’ « Union des officiers de Crimée » participaient également aux protestations unitaires.

Le tout devait déboucher sur une mobilisation de masse et la création d’un Comité Anti-NATO qui a organisé de nombreuses manifestations dans toute la ville d’Odessa.

Le 5 juillet, Luc Michel, président du PCN, se rendait à Odessa, pour apporter son soutien aux manifestations et rappeler que le mouvement anti-OTAN est aussi une puissante réalité en Europe de l’Ouest. Moments de solidarité et d’émotion intense, la résistance anti-NATO en Ukraine restant largement méconnue à Bruxelles, Paris et Berlin. Mais une solidarité naturelle pour le PCN, dont on se rappellera qu’il est né dans l’agitation anti-américaine qui embrasait l’Allemagne et la Belgique lors de l’implantation des « euro-missiles » yankee en 1982-85.

On soulignera encore la proximité idéologique du comité anti-NATO d’Odessa – et singulièrement du PCU (le Parti Communiste d’Ukraine de P. Simonenko, variante ukrainienne du KPRF russe, dont il partage les options « national-communistes ») – et du PCN.

A noter le percutant slogan de nos camarades d’Odessa : « Nous ne sommes pas yankee, nous sommes des Slaves. Nos frères sont les Russes ! »

 

IL FAUT REVENIR SUR LA PORTEE DE CES EXERCICES ET DE LA RESISTANCE QUI S’Y OPPOSE :

Sous le titre « Odessa n'a pas besoin de l'OTAN » Nikita Petrov, commentateur militaire, pour RIA Novosti (10/07/2007) analysait cette situation de crise :

« Les exercices de pays de l'Alliance atlantique et de leurs partenaires dans le cadre du programme de Partenariat pour la paix, See Breeze 2007, ont commencé lundi sur le site de Chiroki-Lan, près d'Odessa. Ils ont pour objectif de "perfectionner la coordination lors d'une opération de paix" et de "s'opposer aux terroristes qui tentent d'occuper une localité".

Ces exercices se tiennent dans la partie nord-ouest de la mer Noire, sur des sites, dans des aérodromes et des ports côtiers. Près de 2.500 militaires de pays riverains et des Etats-Unis y prendront part, seront également engagés 22 bâtiments et vaisseaux auxiliaires, 5 avions et hélicoptères.

Parallèlement à ces exercices, des meetings et des manifestations ont lieu à Odessa. L'objectif des protestataires consiste à contraindre Kiev à changer le format de ces exercices (de tactique, ils devraient, à leur avis, devenir des exercices d'état-major), sans phases terrestre et maritime, et à renoncer au débarquement de troupes et de matériels de guerre étrangers sur le territoire ukrainien.

Les organisateurs espèrent être soutenus par d'autres régions ukrainiennes, comme l'année dernière, lorsque les exercices « See Breeze » 2006 prévus en Crimée avaient été annulés. Notamment, en raison du fait que des manifestants en faction devant le port de Feodossia avaient empêché les militaires américains de débarquer le matériel destiné aux exercices. »

Cet expert souligne que « le Sud ukrainien est hostile à « See Breeze » pour plusieurs raisons. L'opposition au pouvoir considère que la tenue d'exercices comme « See Breeze » entraîne lentement mais irrévocablement l'Ukraine et ses forces armées vers l'Alliance atlantique. Bien que les causes de cette antipathie envers l'OTAN soient différentes (par exemple, idéologiques, pour les communistes), tous semblent admettre que l'adhésion à l'Alliance ne sera d'aucune utilité au pays et augmentera encore le fossé qui se creuse entre l'Ukraine et la Russie. »

Et Nikita Petrov expose aussi comment le mirage de l’adhésion à l’UE et à l’OTAN est un marché de dupe pour l’Ukraine : « Déjà, les liens entre les entreprises d'armements russes et ukrainiennes ne cessent de se distendre au fil des jours. Moscou passe de moins en moins de commandes militaires aux entreprises ukrainiennes qui sont essentiellement situées dans l'Est et le Sud du pays, les zones les plus industrialisées d'Ukraine. Une éventuelle adhésion à l'OTAN – les responsables gouvernementaux russes en charge de l'industrie d'armements, dont le premier vice-premier ministre Sergueï Ivanov, ont à maintes reprises mis en garde leurs collègues ukrainiens – poussera la Russie à revoir les liens de coopération dans ce domaine avec l'Ukraine, au point de les rompre définitivement.

Il est en effet peu probable que les commandes russes puissent être remplacées par des commandes occidentales, malgré toutes les promesses de Bruxelles. Même aujourd'hui, lorsque les plus grandes entreprises ukrainiennes d'armements chôment, dont les deux immenses chantiers navals de Nikolaïev qui construisaient des porte-avions et des croiseurs porte-missiles lourds pour la Marine de guerre soviétique. Ces entreprises sont depuis longtemps privées de commandes dignes de leur importance. On comprend facilement pourquoi. Les pays de l'OTAN cherchent à passer les commandes auprès de leurs propres entreprises, mais les besoins en nouveaux armements sont moins importants aujourd'hui qu'à l'époque de la confrontation des deux systèmes. Les commandes existantes ne suffisent donc pas pour tous. Les entreprises ukrainiennes échouent dans leurs tentatives désespérées pour en décrocher quelques-unes, dans la difficile lutte concurrentielle. Elles ne peuvent même pas s'approcher du gâteau des commandes et ont à terme peu de chances d'y goûter, estiment les responsables de l'industrie de la défense locale. Voilà pourquoi elles ne sont pas pressées de rompre les liens traditionnels avec Moscou. Elles craignent même une telle rupture.

En Ukraine, on craint également qu'une fois dans l'OTAN, le pays sera fournisseur de "main d’œuvre militaire bon marché" pour les "points chauds". L'expérience est présente dans les mémoires des unités du génie ukrainiennes qui ont dû être retirées d'urgence d'Irak à la veille des élections présidentielles, après la mort de plusieurs militaires et face au vaste mouvement de protestation qui a déferlé sur le pays. Mais un contingent de paix ukrainien est encore stationné au Kosovo»

Derrière tout cela se pose la question stratégique centrale (et vitale pour Moscou) du maintien de la Flotte russe dans les ports de la Mer noire : « A l'époque soviétique, la Flotte de la mer Noire, dotée de missiles nucléaires, agissait dans la direction Sud-Ouest de la coalition des alliés de l'organisation du Traité de Varsovie. Son activité a exercé une influence substantielle sur la situation en Méditerranée et au Proche-Orient », analyse l'amiral Igor KASSATONOV, commandant de la flotte de la mer Noire (1991-92), commandant adjoint de la Marine de guerre russe (1992-99), pour RIA Novosti (20/ 07/ 2007). « La flotte russe de la mer Noire joue toujours un rôle prédominant en mer Noire. Stationnée à Sébastopol (Crimée, Ukraine – NdlR), elle défend les intérêts nationaux de la Russie. A mon avis, Sébastopol restera la base principale de la Flotte de la mer Noire, même après 2017, année d'expiration de l'accord de location de Sébastopol. Cet accord sera prorogé ou un nouvel accord sera conclu pour un délai plus long. Certes, les hommes politiques ukrainiens tâcheront d'y gagner. En ce moment, la Russie paie à l'Ukraine 100 millions de dollars par an pour la location de Sébastopol : une somme immense pour Kiev. La présence de la Flotte de la mer Noire en Crimée garantit la paix et la sécurité dans cette région. La situation militaire et politique dans la zone d'action de la flotte peut être qualifiée d'instable en raison de la tension dans le Caucase, de conflictuelle à cause de la proximité du Proche-Orient et de la crise dans la région du golfe Persique. Parmi les principaux défis observés dans le Sud de l'Europe qui influent négativement sur la sécurité nationale de la Russie, on peut citer les contradictions interétatiques dans le Caucase du Nord et en Transnistrie, l'intensification de l'extrémisme islamique, le conflit au Proche-Orient, le conflit interethnique dans les Balkans, les contradictions gréco-turques, l'instabilité politique en Ukraine et le danger de l'opposition interethnique en Crimée ».

Ici aussi se profile le basculement stratégique, planifié à Washington depuis l’implosion ce l’URSS, que représenterait l’entrée de l’Ukraine (cœur historique de la Nation russe, dont Kiev fut la première grande capitale) dans l’OTAN. Ecoutons encore analyse l'amiral Igor KASSATONOV : « En ce moment, la Marine de guerre ukrainienne peut réagir plus facilement à ces défis conjointement avec la Flotte russe de la mer Noire. Mais, si l'Ukraine adhère à l'OTAN et si la Flotte de la mer Noire est retirée de Sébastopol, tout cela constituera un lourd fardeau pour l'Ukraine. Je tiens à mentionner également le problème des détroits de la mer Noire. Le fait est que l'Ukraine n'avait pas participé à la signature du traité de Montreux, ce qui permet à la Turquie de dicter à l'Ukraine les dispositions du traité comme bon lui semble.

Qui plus est, en raison des facteurs extérieurs de ces dernières années, la Flotte de la mer Noire s'est heurtée à des problèmes sérieux. Des restrictions frappent la liberté de navigation des navires et des aéronefs, l'utilisation des polygones, les navires de guerre et les avions sont fouillés à la douane, ce qui est contraire aux normes internationales, des obstacles sont dressés à l'arrivée des frets livrant l'approvisionnement et le matériel nouveau. C'est une des formes d'évincement de la Flotte de la mer Noire de Sébastopol. La partie matérielle de la flotte s'use. Si les navires et les mécanismes ne sont pas remplacés, la flotte cessera d'exister. Alors, comme l'estime l'Ukraine, toute son infrastructure côtière passera aux forces navales ukrainiennes. C'est pourquoi elle empêche les nouveaux navires et avions d'entrer à Sébastopol. Par exemple, un problème de ce genre s'est posé au nouveau navire Samum. Il n'a été réglé que récemment.

La Flotte russe de la mer Noire surpasse aujourd'hui toutes les flottes des pays riverains de la mer Noire réunies, sauf celle la Turquie. Des unités des forces armées des Etats-Unis sont déjà stationnées en Bulgarie et en Roumanie. Ces Etats sont déjà membres de l'OTAN. La Géorgie rêve d'adhérer à l'Alliance. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko recherche également l'adhésion de son pays à l'OTAN. En ce qui concerne la Turquie, ses forces navales dépassent déjà notre Flotte de la mer Noire à bien des égards. La Turquie qui est depuis longtemps membre de l'OTAN fait la loi dans les détroits. Des escadres de navires et de sous-marins peuvent entrer à tout instant dans la mer Noire : aussi bien celles de la Turquie, que celles de ses alliés au sein du bloc. A l'époque de l'URSS, les Etats-Unis formaient en Turquie des spécialistes pour la guerre contre l'URSS. A présent, la Turquie possède l'une des flottes les plus modernes, ses marins sont parfaitement entraînés.

Le groupe de coopération navale regroupant six Etats riverains de la mer Noire (Bulgarie, Géorgie, Russie, Roumanie, Turquie, Ukraine) a été créé en 1998 sur proposition de la Turquie. Il a pour vocation de lancer en commun des opérations de recherche et de sauvetage, de repêcher des mines et d'effectuer des visites de bonne volonté, ce qui constitue un tableau extérieur favorable. Mais ces exercices dissimulent, en règle générale, une orientation antirusse : selon leur scénario, un grand pays veut conquérir un petit pays.

Les exercices avec la participation de toutes les troupes russes ne peuvent être effectués que sur le littoral s'étendant de Taman à Adler, car le reste du littoral se trouve sous le contrôle de l'OTAN. Mais il ne faut pas céder au découragement. Il y a eu des périodes pires. »

Les observateurs estiment avec raison que la Doctrine militaire du Kremlin a changé et que Moscou pourrait bientôt revoir les modalités de cantonnement de sa flotte de la mer Noire en Crimée. « La flotte de la mer Noire est vitale pour la Russie en raison de l'aggravation des relations russo-américaines et du déploiement d'éléments du bouclier antimissile en Europe de l'Est... », commentait le quotidien ukrainien DELOVAYA STOLITSA (23/07/2007).

Mais pour l'instant, afin que personne ne s'habitue à l'idée d'une adhésion inévitable de l'Ukraine à l'Alliance atlantique, Odessa, après la Crimée l'an dernier, proteste contre les exercices conjoints See Breeze. Tout comme l'Est ukrainien, la ville n'a pas besoin de l'OTAN !

 

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