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DISCOURS DE MOAMMAR KADHAFI
AU COLLOQUE DE SEBHA SUR
« LA CRISE DE LA DEMOCRATIE »
 

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A Sebha (Libye), du 28 février au 1er mars, la VIe rencontre internationale sur la Démocratie directe et la pensée de Moammar Kadhafi s’est tenue, sous le thème de « la démocratie au XXIe siècle : 30 ans du pouvoir du peuple ».

MOAMMAR KADHAFI : Je vous salue très chaleureusement, pour votre présence en Libye et je vous remercie beaucoup. Je prendrai en considération l’importance et l’intérêt que vous donnez à ce VIe colloque.

Le fait de voir des intellectuels, des chercheurs, des savants qui s’intéressent à la situation que vit le monde actuellement et aussi à la situation politique, économique et sociale qui frappe les gens, cela nous donne espoir qu’il y a vraiment des personnes qui déploient leurs efforts et oeuvrent pour chercher à résoudre la crise que vit le monde tout en fournissant les solutions.

Cela conduira certainement à venir en aide aux gens dans la gestion de leurs affaires d’une façon efficace et utile pour leur vie économique et sociale.

Nous ne nions pas que le monde vit une crise politique, économique, sociale et morale.

Malgré que nous n’ayons pas vécu les siècles passés, nous avons lu l’Histoire et avons constaté qu’il y a eu des crises et des tragédies au sein de l’Humanité.

Mais, à l’étape où nous vivons actuellement, nous pouvons certainement donner notre avis, car nous vivons la réalité.

Le monde vit actuellement la pire des situations, surtout celle liée à la crise morale.

Nous regrettons de ne pas trouver un modèle que nous puissions suivre.

La crise économique écrase l’Humanité et les masses.

La richesse s’entasse aux mains de minorités.

En ce qui concerne la politique, le pouvoir est aussi aux mains de minorités et exploite la grande majorité, pour donner au pouvoir une fausse légitimité à ces minorités.

Ceux qui gouvernent aujourd’hui le monde sont une minorité.

Il y a environ 190 personnes qui sont à la tête d’environ six milliards d’humains.

Cette comparaison entre ces deux chiffres est très flagrante.

La preuve est que lorsqu’il y a des élections ou une nouvelle présidence nous souhaitons pour toute personne des 190 se présentant comme candidat qu’elle soit utile, qu’elle soit une intellectuelle, une savante jouissant d’une bonne morale et d’un bon caractère pour qu’elle nous évite de tomber dans les problèmes.

Dans cet état des choses, pour nous les gouvernants sont méconnus.

Donc, nous souhaitons que chaque nouveau gouvernant puisse être utile, et dans le cas contraire, il ne doit pas gouverner.

Actuellement, les questions de la morale et de la politique ne sont pas aux mains des peuples.

Cela est aux mains des 190 états qui sont membres de l’organisation des Nations-Unies.

Imaginez que notre destin est entre les mains de 190 personnes, le pire est que parmi ces 190 personnes, il y a une poignée qui influence et qui est dangereuse.

Si cette poignée présente le mal, elle nous apporte certainement le mal et si cette poignée présente le bien, elle nous apporte le bien.

Pour nous, les peuples sont les peuples.

Toujours nous prions Dieu pour avoir des personnes de bien en Angleterre ou en France ou en Inde ou au Pakistan ou en Chine ou en Russie. Ces états qui possèdent des armes de destruction massive et aussi une puissance économique. Pour avoir une personne utile, un homme de paix qui lutte pour le bien de la démocratie et aime l’Humanité, si vraiment cette personne se trouve à la tête de son pays et qu’elle jouit de ces qualités, nous prions Dieu qu’elle emporte les élections et qu’elle continue à gouverner.

Mais, si cette personne cherche le mal, nous prions Dieu pour qu’elle perde les élections.

C’est à partir de là que nous sommes tous préoccupés. Tous les peuples ne sont pas rassurés car le pouvoir est entre les mains de 190 personnes seulement et ceux qui ont une influence ne sont que quatre ou cinq qui appartiennent aux grandes puissances.

La dictature se manifeste dans le chapitre 7 de la Charte des Nations-Unies, surtout lorsqu’elle est appliquée et exercée au Conseil de sécurité et par le droit de veto exercé par les quatre ou cinq grands pays.

Personne ne peut discuter avec nous, que ce soit eux ou d’autres, cette dictature est très atroce et terrifiante.

Le monde vit dans la terreur.

Ce qu’on appelle le Conseil de sécurité est l’un des éléments le plus dangereux créé contre l’humanité.

Les grandes festivités du 30eme anniversaire de la proclamation du Pouvoir du peuple et de la naissance de la première Jamahiriya dans le monde, cette célébration coïncide avec cette VIe rencontre.

Par conséquent, cette date est historique car c’est celle du pouvoir du peuple et non celle du parlementarisme ou de l’élection de tel ou tel président.

Nous savons qu’il y a une opposition au Socialisme, au Communisme, dans tout l’Occident qui a combattu l’Orient.

La Russie et l’Amérique ont des intérêts dans le monde.

Jadis l’Amérique voulait éliminer l’Union soviétique ou bien la Chine, ce fut la lutte entre le camp occidental et le camp socialiste.

C’est un fait, l’Allemagne qui constituait une puissance oeuvre désormais pour unifier l’Europe.

Il y a eu des affrontements idéologiques entre les pays socialistes et les pays occidentaux. Mais ce qui était étrange c’est le fait de combattre une idéologie et non un état.

Il est évident que tu combats un pays, car celui-ci dispose de fusées intercontinentales, de bombes nucléaires.

Il en est de même de l’autre camp, qui cherche à détruire ta puissance militaire, mais dire que ce combat est contre le communisme et le socialisme est très scandaleux et étonnant.

On combat le Socialisme, car cette idéologie prône la Justice sociale, c’est pourquoi l’on s’acharne sur cette option politique, car elle est du côté des pauvres et des déshérités.

Elle est pour la médecine gratuite et l’enseignement gratuit.

De plus, les membres de la société prennent part à cette façon de gouverner, ils bénéficient de la richesse et du pouvoir et il n’y a ni injustice ni asservissement.

Honte a celui qui est contre ce Socialisme, voire contre le Communisme, que tu sois contre l’Union soviétique, cela est concevable, que l’Amérique cherche à détruire l’Union soviétique car c’était une super puissance nucléaire cela est admissible, c’était une crainte justifiée, c’était une façon de se protéger. Mais que tu dises que tu es contre le Socialisme et le Communisme cela est scandaleux.

Si nous instaurons le pouvoir du peuple ou le système des masses, ils disent qu’ils vont imposer un embargo a la Libye, à cause de son choix politique.

Le système des masses est celui qui permet au peuple de se prendre en charge. Pourquoi donc s’y opposer ?

Si tu veux combattre la Libye pour autre chose, peut-être pour le pétrole, pour sa position stratégique, cela est admis, en raison de l’injustice et des convoitises impérialistes.

Mais ce qui est scandaleux et immoral c’est de combattre ce pays pour son système politique qui permet au peuple de prendre en main ses destinées par le biais de toutes les communes et les congrès qui décident et gèrent le pays.

Je ne sais pas si un écrivain ou un penseur a dénoncé cette question ou non dans l’analyse stratégique entre l’Occident et l’Orient ou bien comme ce fut le cas entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, entre l’Union soviétique et l’Amérique, entre le Pacte de Varsovie et le Pacte atlantique.

Je ne sais pas s’il y a quelqu’un qui a dit que cela est scandaleux, de combattre l’idéologie.

Si cette idéologie est en faveur des pauvres et des travailleurs, cette idéologie combat l’exploitation et plaide en faveur de l’égalité, de la justice sociale.

Nous leur disons comment est-ce  possible de combattre une telle idéologie d’une grande importance.

Imagine que lorsque tu te ranges du côté de la justice sociale et du droit, tu deviens criminel.

Actuellement, la vérité et le droit deviennent l’injustice et l’erreur. Cela veut dire nous vivons une crise morale.

Le monde vit désormais une crise morale.

Prenons l’exemple de Cuba, lorsque nous discutons avec les Américains, nous leur disons qu’il s’agit de Cuba, ils nous répondent qu’il ne s’agit pas de Cuba mais de la Libye. C’est un exemple qui nous intéresse : pourquoi assiégiez-vous Cuba ? Y a-t-il des fusées nucléaires russes ? Ces fusées n’existent plus depuis longtemps, depuis la crise de 1962. Mais nous avons dit que quiconque combat le Communisme et le Socialisme est un ignorant et qui n’a pas de morale.

Donc pourquoi impose-t-on un embargo à Cuba, qu’a fait Cuba ? A supposer que Cuba ait voulu être communiste ou socialiste, vous devriez la remercier, car elle cherche à instaurer un régime socialiste au profit de la classe laborieuse, c’est un bon projet pour les Américains également. Par contre si Cuba représente un danger ou tout autre, il est possible dans ce cas de dire qu’on va le combattre. Mais c’est une position immorale qui doit être condamnée. S’il y a une conscience mondiale dans ce cas nous devrions laisser ce pays libre.

Nous devrions également laisser la Libye libre dans son choix de son système. Il en est de même de la Biélorussie, du Venezuela.

Ceci conduit à la diversité même des idéologies internationales telles que la Troisième théorie universelle, le Communisme ou le Capitalisme. La diversité est le fondement de la vie.

Pourquoi est-ce que l’Afrique doit être comme l’Europe avec des partis de gauche, de droite, du centre et des élections ? Il est injuste que cela lui soit imposé.

Les Africains ont leurs spécificités. C’est pourquoi il n’est pas possible de leur imposer un quelconque système politique venant de l’extérieur.

Si en Europe, l’on peut comprendre le système des partis, il n’en est pas de même en Afrique.

En Europe et en Amérique, il n’y a pas de tribus et le système social naturel est disloqué, les gens vivent avec des métiers et des professions qui leur permettent de se rassembler, il y a des classes, des patrons, des travailleurs, de l’exploitation et de l’injustice.

Par contre, notre situation est différente, pourquoi vient-on nous imposer ce qui ne nous convient pas comme le multipartisme, les élections en Afrique, cela est une mascarade !

Tout cela est incompatible avec l’Afrique, on veut lui imposer les conditions de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, de l’Amérique, de la France et de l’Angleterre, ceci ne nous convient pas.

La diversité est le fondement de la vie, par conséquent, que les couleurs politiques, économiques et sociales se diversifient selon les conditions de chaque nation.

Chacun est libre de se vêtir à sa convenance, l’Afrique  peut adopter d’autres formes de vie que l’Europe.

L’Afrique a ses propres traditions et coutumes.

Ils veulent imposer à des peuples pauvres leur propre système, en cas de refus, ils s’abstiennent de les aider.

Si les donateurs ont une certaine humanité et veulent aider les peuples, qu’ils les aident sans conditions.

Ils disent à la Libye que tes marchandises n’entrent pas en Europe jusqu’a ce que tu adhères au processus de Barcelone, mais c’est notre choix.

Nous ne voulons pas adhérer au processus de Barcelone  car nous avons notre propre interprétation la concernant.

Si vous voulez coopérer avec nous et établir une amitié avec nous, faites-le sans nous imposer quoique ce soit.

Des lors, il y a eu des théories universelles et peu de penseurs dans le monde qui ont voulu proposer des solutions humanitaires et universelles. Nous voyons que des crises secouent le monde, la Troisième théorie universelle a analysé les causes de ces manifestations, ces conflits et ce sang versé à travers le monde.

On a dit que les gens se bousculaient pour arriver au pouvoir.

Bien…laissons les tous arriver au pouvoir et la lutte pour le pouvoir finira.

Laissons tous les gens s’asseoir dans des congrès populaires et des communes, tous ceux, hommes et femmes, qui sont majeurs, qu’ils gouvernent et qu’ils entrent au pouvoir !

Bien, la lutte pour le pouvoir est finie parce que tout le monde aujourd’hui est au pouvoir.

Ce que nous disons ici n’est pas valable seulement pour les Libyens, mais nous essayons de le dire a tous ceux qui se bousculent pour arriver au pouvoir, en Ukraine, en Amérique, au Pakistan, et n’importe où dans le monde, que ce soit en Inde, en Russie, en France, en Italie ou en Chine. Pourquoi cette lutte ? Cette lutte existe parce que l’un d’entre vous veut gouverner alors qu’il n’en a aucun droit.

Ils disent « nous les démocrates voulons gouverner ». Nous leur répondons : vous n’y avez aucun droit. C’est le droit de toute la société et non pas le vôtre seul.

Les républicains veulent gouverner, cela est une erreur. Le social-chrétien veut gouverner. Il n’en a aucun droit et il en est de même de l’homme de gauche ou de l’homme de droite.

On peut nous demander : mais qui y a droit ? Nous répondons c’est le droit de tous.

 Chaque groupe cherche le pouvoir et c’est cela qui donne les trucages des élections et qui fait naître les pots de vin et la corruption.

Le pouvoir est du droit de tous et non pas celui d’un groupe donné.

Il faut que le peuple s’autogouverne.

Laissons les gens choisir eux-mêmes leurs méthodes de gouverner, que chaque région, chaque pays et chaque nation trouvent leur propre moyen de gouverner selon leurs propres conditions.

L’auteur de cette théorie a vu un conflit d’une autre nature entre les ouvriers et les patrons. Il a vu des manifestations et des problèmes, de l’eau déversée sur les manifestants, des chevaux qui piétinent les gens dans la rue, des arrestations et des emprisonnements, mais pourquoi donc tout cela ? On vous répondra que ce sont des gens pauvres et des ouvriers qui voient leur vie de travail spoliée. D’autres estiment que le loyer du logement est cher, que le prix de transport l’est lui aussi, et que les salaires sont bas.

C’est donc une lutte pour la richesse. Mais où est la solution? La solution réside dans la distribution à égalité de la richesse entre tous. La richesse d’un pays est la propriété de tous les citoyens de ce pays.

Distribuons la richesse à tous et que chacun développe sa part. Si quelqu’un devient pauvre c’est qu’il a échoué dans la gestion de sa richesse. Il y en a qui savent faire fructifier leur richesse et d’autres ne le savent pas.

Prendre la part des autres pour devenir riche, cela est inacceptable car c’est injuste.

Il est apparu aujourd’hui dans le monde un refus des institutions gouvernementales et des institutions parlementaires classiques et ce refus s’exprime par l’émergence d’associations de la société civile.

En Libye, on s’est demande depuis l’instauration de la théorie qui rejette les institutions classiques, quelle est l’utilité d’un syndicat, car le syndicat est une émanation gouvernementale.

Illuminons donc les gouvernements et que les peuples prennent leur place.

Voici les questions graves auxquelles le monde fait face et que vous devez débattre à l’avenir.

 

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