L’ETERNEL COMBAT DU "CHE"

 

« Chers vieux, je sens à nouveau entre mes talons les côtes de Rossinante, je reprends la route, reste toujours vivant. Je suis comme les chats, j’ai sept vies. »

( Lettre du « Che » à ses parents, 1965)

 

Dans le monde entier on a célébré le 30ème anniversaire de la mort d’Ernesto Che GUEVARA, assassiné par la CIA et les mercenaires Boliviens de l'Impérialisme américain. Depuis 30 ans la figure héroïque du "Che" GUEVARA, devenue mythique, guide des générations sans cesse renouvelées de révolutionnaires dans le monde entier. Malgré sa mort, ou plutôt à cause d’elle, le "Che" est devenu aujourd’hui la figure emblématique de ceux qui refusent de vivre couchés et qui combattent pour la liberté, l’indépendance et la liberté des peuples.

Partisans de toutes les luttes de libération nationale, le "Che" a combattu l’impérialisme non seulement en Amérique latine, mais aussi en Asie et en Afrique.

Au sortir de l’adolescence, bercé par les exploits des révolutionnaires Mexicains Pancho VILLA et Emilio ZAPATA, celui qui n’est pas encore le "Che" Guevara, rencontrait Fidel CASTRO. C’est de leur rencontre qu’est née la guérilla qui devra déboucher sur la libération de Cuba, jusque là colonie yankee, terre de bordels et de trafics financiers en tous genre, livrée aux affairistes, au premier plan desquels on retrouvait la pieuvre maffieuse de la Cosa Nostra.

La révolution Cubaine de 1958 devait déranger tout cet univers de gangrène et de corruption, qui devait inspirer et financer en réaction la tentative avortée de débarquement contre-révolutionnaire de la Baie des Cochons en 1962, avec le soutien de l’administration Kennedy, dont on connaît maintenant les liens avec la mafia.

La révolution Cubaine va rapidement devenir emblématique non seulement en Amérique latine mais dans l’ensemble du monde et représenter une volonté certaine de libération et d’indépendance nationale. En août 60, les Cubains nationalisent les gigantesques domaines fruitiers et sucriers des multinationales américaines, parmi lesquelles la fameuse "UNITED FRUIT" dont on connaît le rôle en Amérique Central dans de nombreux coups d’Etat réactionnaires. Les compagnies multinationales pétrolières ESSO ou TEXACO ne sont pas plus épargnées. Cuba commence alors une expérience de révolution socialiste et, menacée par l’impérialisme américain, se tourne alors vers le modèle soviétique. Celui qui est devenu le "Che" GUEVARA joue un rôle de premier plan dans ce processus, notamment comme ambassadeur itinérant du nouveau pouvoir castriste, mais aussi comme Ministre de l'Economie et des Finances.

La révolution Cubaine au premier rang de laquelle marche GUEVARA, va aussi jouer un rôle moteur dans le processus de libération et d’unification de la Nation latino-Américaine, suivant en cela le chemin ouvert dés le milieu des années 40 par Juan PERON. On oubli souvent les liens fraternels qui ont uni le Péronisme et le Castrisme, comme le rappelait d’ailleurs en 1967 le Général PERON lui même : "Castro est un promoteur de la libération. Il a du s’appuyer sur un impérialisme parce que la proximité de l’autre ne cesse de l’écraser. Mais l’objectif des Cubains est bien la libération des peuples d'Amérique Latine. Il n’ont d’autre intention que celle de constituer une tête de pont pour la libération des pays continentaux".(1)

Rapidement d’ailleurs pour le « Che » le pouvoir et les honneurs vont être dépassés et Cuba et l'Amérique Latine cesser d’être un théâtre à sa dimension. Inspiré notamment par les travaux du révolutionnaire Franz FANON, GUEVARA va tourner ses regards vers l’Afrique. Alors, notamment, il va tenter d’insuffler un nouveau souffle révolutionnaire aux maquis de l’ancien Congo belge, ou il rencontrera en 1965 un certain KABILA, étrangement placé sous les feux de l’actualité en ce 30ème anniversaire de la mort du "Che".

Mais l’Afrique n’est pas prête à suivre son exemple. Le "Che" va rentrer à la Havane après un séjour à Prague. Il prophétise alors l' "Heure des brasiers" (La Hora de los Fuegos), une formule qui rappelle celle du livre retentissant que PERON publie en cette même année 1967 et qui s’appelle "L’HEURE DES PEUPLES" (La Hora de los Pueplos).

GUEVARA se dirige vers la dernière étape de son existence terrestre, tentant d’aller porter en Bolivie une révolution que les masses indiennes son incapables encore d’accepter et de comprendre. Fait prisonnier il sera exécuté par les "marines" Boliviens encadrés par la CIA et les "conseillers" yankee.

La mort de GUEVARA sera vengée en Europe même par un groupe d’action directe, les "Brigades Internationales" qui exécutent à Paris le 11 mai 1976 l'Ambassadeur de Bolivie en France Joachim ZENTENTO ANAYA, chef de l’état major de l'Armée bolivienne en 1967, et qui avait pris une part décisive à la perte du "Che". Cette action fut revendiqué au nom de la "Brigade Internationale Che Guevara".(2)

Aujourd’hui, trois décennies plus tard, l’exemple du "Che" est toujours bien vivant.

En Amérique Latine tout abord, où l’assassinat des courageux combattants du MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) par les forces répressives de la dictature péruvienne du président FUJIMORI replace la lutte armée du Pérou au premier plan et rappelle le courageux combat de ce mouvement guevariste depuis 1984 contre une dictature sournoise qui bafoue quotidiennement les droits de l’homme (comme le montre d’ailleurs l’exécution sommaire du commando du MRTA lors de l'occupation armée de l'Ambassade japonaise à Lima). Dans un communiqué saluant la mort au combat de ses militants, l’organisation guevariste déclarait d’ailleurs qu’elle "continuerait à lutter ouvertement contre le système brutal qui va à l’encontre des droits de l’homme au Pérou".

Dans toute l'Amérique Latine la guérilla prônée par le "Che" n’a jamais déposé les armes comme en Colombie, ou combat l'EPL (Espérensa Paz liberta) ou au Guatemala où plusieurs mouvements de guérilla se sont regroupés depuis 1982 pour former l'"Union Nationale Guatemaltèque". Ou encore au Salvador et dans bien d’autre pays d'mérique Latine, où les régimes militaires dictatoriaux des années 60-80 voient leur succéder des dictatures hypocrites néo-libérales qui oppriment leurs peuples ou nom du Front Monétaire International et de l’impérialisme yankee.

Et n’oublions pas le Mexique, au cœur même de l'ALENA yankee, où les masses les plus pauvres se sont soulevées et ont brandi le drapeau de ZAPATA, dont l’exemple avait hier révélé au "Che" sa vocation révolutionnaire.

Partout ces combattants de la liberté combattent pour l’indépendance de leurs peuples et contre les dictatures bannières prostituées aux intérêts étrangers.

Mais le combat de GUEVARA connaît aussi un retentissement sans précédant dans le reste du monde et en Europe même, où des générations de militants révolutionnaires, de l’extrême gauche marxiste-léniniste à la mouvance nationale-révolutionnaire, voient dans le grand révolutionnaire latino-américain l’exemple et le modèle même du révolutionnaire accompli.

Il a appartenu au Général PERON, cette autre grande figure de la libération anti-impérialiste, de dresser dès 1968 face à l’histoire le tombeau glorieux du "Che" : "Guevara est un symbole de cette libération. Il a été grand parce qu’il a servit une grande cause, par finir par l’incarner. C'est l’homme d’un idéal. Beaucoup de grands hommes sont passé inaperçu parce qu’ils n’avaient pas de cause à servir. En revanche, des hommes simples, normaux, loin d’être prédestinés à un tel rôle, qui n’étaient pas des surhommes, mais des hommes tout simplement, sont devenus de grands héros parce qu’ils ont bien su servir une noble cause".(3)

Le journaliste et écrivain Jean LARTEGUY, l’année même de la mort du "Che", annonçait , lui, que l’on ne peut assassiner un mythe : "En tuant le "Che" ou sont ombre, on n’a pas tué la révolution en Amérique Latine... Le mythe du "Che" reste bien vivant. Demain, tous les misérables et ceux qui rêvent d’un changement affirmeront qu’il n’a jamais été tué et qu’il ne pouvait pas l’être ou alors ce seraient eux qui seraient morts... La révolution n’est pas morte pour cela, car tous les abus contre lesquels luttait le "Che" demeurent : l’injustice, la misère, la mauvaise répartition des terres, la faim, la maladie, l’analphabétisme, les colonels, les oligarques, les caciques, les politiciens professionnels et j’en passe". (4)

Le "Che" GUEVARA marche aujourd’hui et à jamais en tête de la légion héroïque de ces militants qui ont préféré tomber les armes à la main plutôt que vivre à genou, dans la honte, le déshonneur et la sujétion. Nous, militants communautaristes européens, nous saluons et honorons sa mémoire.

 

Luc MICHEL,

Président du PCN.

 

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