PENDANT LES ATTAQUES LES AFFAIRES CONTINUENT !





Quelques extraits de presse qui révèlent le cynisme d'un système politique et économique qui parle sans cesse de "valeurs" et d'"humanisme" mais qui fait du business sur le dos de ses propres morts !

CERTAINS SPECULATEURS ONT GAGNE GROS MARDI SUR

LES BOURSES INTERNATIONALES

Certains spéculateurs ont gagné gros mardi sur les places boursières internationales, en chute libre après les attentats terroristes aux Etats-Unis, a-t-on appris mercredi à Zurich de sources bancaires informées. AP précise qu' "Il y a des banques qui ont gagné beaucoup, hier (mardi), entre 15H00, juste après l'annonce des attentats, et la clôture des bourses européennes", citant une source proche des milieux financiers. La technique utilisée est simple mais risquée: il s'agit de vendre tout de suite après l'annonce de la catastrophe des titres que l'on n'a pas et que l'on va emprunter sur le marché pour quelques heures. Juste avant la clôture du marché, on achète ces titres sur le marché à bas prix, pour pouvoir les livrer à son acheteur au prix convenu après 15H00 et qui est plus élevé. En outre, on rend les titres empruntés à son propriétaire. Le bénéfice revient à la banque qui emploie le spéculateur audacieux, qui en récupère une partie à la fin de l'année sous forme de primes. "Les particuliers ne spéculent qu'à la hausse, alors que l'on peut gagner aussi beaucoup d'argent dans un marché en baisse", a-t-on encore indiqué dans les milieux financiers, sous couvert d'anonymat.

Par définition, les marchés volatiles se retournent d'un instant à l'autre, et pas toujours dans le sens escompté par le spéculateur. S'il a misé dans le bon sens, comme certaines banques étrangères établies en Suisse mardi, cela peut rapporter beaucoup d'argent. "Dans les finances, il y a un principe de base: on ne gagne beaucoup en peu de temps que si on accepte de prendre un risque élevé. Il n'y a pas de miracle", a encore indiqué l'analyste. De son côté, un autre spécialiste estime que "ce n'est pas très moral de gagner ainsi de l'argent sur un tel malheur. Mais l'argent n'a pas d'odeur".

eBAY INTERDIT DE VENTE LES SOUVENIRS DES ATTENTATS

Le site américain de ventes aux enchères en ligne eBay a interdit la vente des objets relatifs aux attentats du World Trade Center à New York et du Pentagone à Washington.

"Dès les premières heures après les attaques-suicide commises mardi, des morceaux de décombres des immeubles, des morceaux de verre, voire des cassettes vidéo des événements ont été mis aux enchères", précise Reuters.

Le premier site mondial de vente aux enchères en ligne a pris très rapidement des "mesures extraordinaires", expliquant agir par respect des victimes, de leurs familles et des survivants. Cette interdiction concerne à la fois des objets commerciaux, comme des cartes postales de la ville de New York montrant les deux tours jumelles, et des objets d'un goût plus douteux, tels les morceaux de débris collectés par des opportunistes. C'est, avec les pillages, un aspect du "grand élan de solidarité américain" sur lequel les media de l'OTAN et CNN ne sont pas étendus !

INFLATION DU PRIX DES DRAPEAUX AMERICAINS EN FLORIDE

Toute l'Amérique pavoise. Ce qui donne des idées au business local. Le correspondant de Reuters à TALLAHASSE (Floride) précise que "La hausse des prix des drapeaux américains chez certains commerçants explique une bonne partie des 300 plaintes en matière de tarifs déposées depuis mardi par les habitants de Floride auprès des autorités locales. Un magasin du sud de la Floride a ainsi doublé le prix des drapeaux après les attaques de New York et de Washington, a confirmé l'Attorney General Bob Butterworth. Selon un décret d'urgence pris par le gouverneur Jeb Bush, le frère du président américain, les commerçants qui pratiquent une augmentation exagérée des prix des produits de première nécessité sont passibles d'une amende pouvant atteindre 25.000 dollars.Les représentants de l'Etat ont déclaré qu'ils sanctionneraient les profiteurs tombant sous le coup de ce décret".

LE MALHEUR FAIT VENDRE DU PAPIER :

PRESSE EUROPEENNE, TIRAGES EN FLECHE

La presse quotidienne et magazine européenne a augmenté considérablement ses tirages et dopé ses ventes en raison des attaques contre les Etats-Unis, battant parfois leur record, selon une enquête des bureaux de l'AFP.

"En Italie, les grands quotidiens ont réalisé d'importants tirages mercredi et jeudi. Ainsi, le Corriere della Sera a tiré mercredi à 1.211.780 exemplaires (contre 931.887 mardi avant les attentats). Pour La Stampa, 730. 000 exemplaires mercredi (532.000 mardi), pour La Repubblica 900.000 mercredi (650.000 normalement).

En Allemagne, Die Sueddeutsche Zeitung, tirant habituellement à 525.000 exemplaires, a sorti mercredi 87.000 exemplaires de plus. Der Berliner Kurier (167.000 exemplaires), a augmenté de 25.000 et Der Tagesspiegel (139.000) de 16.000. Le quotidien populaire Bild et le quotidien conservateur Die Welt annoncent seulement un tirage mercredi "supérieur à la moyenne".

En Espagne, El Pais a doublé son tirage et ses ventes mercredi, ne communiquant que son tirage moyen annuel (600.000) et sa vente moyenne annuelle (436.000). ABC (Madrid) a tiré à 550.000 exemplaires mercredi (340. 000 habituellement).

En Grande-Bretagne, les principaux quotidiens ont tous augmenté leurs tirages mercredi, mais ne pouvaient fournir de précisions.

A Athènes, les ventes des principaux quotidiens grecs ont été dopées: + 58% pour Ta Néa, " 72,2% pour Elefthérotypia, et même " 87% pour To Vima, diffusé plus tôt.

Aux Pays-Bas, Telegraaf a augmenté de 125.000 exemplaires, atteignant 800. 000, Volkskrant de 30.000, soit 380.000 exemplaires (dont 330.000 vendus). Algemeen Dagblad a tiré à 400.000 exemplaires (chiffre provisoire: 348.000 vendus), Trouw à 140.000 exemplaires (+10.000) dont 123.000 vendus, NRC Handelsblad à 270.000 exemplaires (269.000 vendus).

En Suède, selon SvenskaDagbladet et DagensNyheter, les événements n'auront qu'un effet marginal sur les ventes au numéro, les deux grands quotidiens suédois réalisant majoritairement leur chiffre d'affaires par abonnements. Pour les deux quotidiens du soir, Expressen et Aftonbladet, réalisant 75% de leur chiffre d'affaire dans les ventes au numéro, l'impact sera plus significatif, mais les groupes ont refusé de communiquer leurs ventes.

En Finlande, le tabloïd Ilta-Sanomat a vendu 327.000 exemplaires mercredi, (220.000 normalement), pour 4,2 millions d'habitants. Le quotidien de référence Helsingin Sanomat est principalement vendu par abonnements, donc peu touché.

En Norvège, pays de grands lecteurs de journaux, les groupes sont discrets: "tous les grands événements, positifs ou négatifs, provoquent une hausse de nos ventes. Dans le cas présent, nous avons aussi observé ce phénomène", a commenté Verdens Gang (VG), tabloïd à grand tirage.

Au Danemark, les grands journaux comme Politiken, Extra Bladet, Berlingske Tidende, BT, Jyllands-Posten, ont tiré "beaucoup plus que d'habitude".

En France, selon les NMPP, tous les "news" ont augmenté entre 1 fois et demi et 2 fois leurs tirages habituels. Les quotidiens, mercredi et jeudi, ont doublé leurs tirages et fourni 4 millions d'exemplaires (2 habituellement).

Ainsi, Le Monde, avec 1.062.526 exemplaires, a réalisé mercredi le deuxième plus gros tirage de son histoire. Le quotidien du soir a atteint également avec ce numéro un record de vente avec 257.000 exemplaires sur Paris, contre 250.000 le 10 mai 1988 (second tour présidentielle)".

Une bonne affaire somme toute pour une presse en crise !



MARCHES : "GAGNER DE L’ARGENT, UNE PRIORITE PATRIOTIQUE"

titre le "Courrier International", qui ajoute que "Cela peut paraître indécent, mais en pleine catastrophe aux Etats-Unis il est possible de se livrer à une spéculation délectable".

Telle est l’opinion des responsables de plusieurs sociétés de courtage espagnoles de renom, rapporte le journal "Cinco Días". "Bien sûr, le réveil de Wall Street n’a pas été reluisant. Mais la baisse constatée n’est toutefois pas, loin s’en faut, de la magnitude d’un krach. Il fallait que les bourses ouvrent sans plus tarder", estime "Cinco Días". "Naturellement, les suspensions d’activité ainsi que les minutes de silence observées, ont permis de marquer le respect aux morts. Mais la reprise, sans complexe, des activités lucratives est absolument nécessaire pour deux raisons : pour montrer qu’on est professionnellement capable de surfer sur une vague d’événements traumatisants, et pour montrer aux terroristes que leur tactique ne marche pas ­ si tant est qu’elle eût pour but de perturber les marchés."

L’argumentation des partisans de la reprise est très précise : "Nous sommes submergés de douleur, comme tout le monde, mais les journalistes le sont aussi et ce n’est pas pour cela qu’ils cessent d’accomplir leur travail. C’est précisément cela qu’auraient voulu les terroristes : que les marchés financiers du monde soient paralysés." Les responsables des places boursières le savent bien, et sont sur la même ligne que les opérateurs.

Un véritable enjeu technique existe aussi, au-delà du simple défi psychologique. Car la Bourse fonctionne comme une source de liquidités immédiate. "Etouffer les liquidités aurait pu générer des soucis financiers, et aurait aggravé la chute lors de la réouverture."

En effet, les indices américains ont reculé, mais nullement au point de générer une panique. Partout, un effet de compensation a joué : les valeurs pétrolières ont augmenté, les touristiques ont chuté, et les services utilitaires sont restés à peu près stables. "En défintive, nul ne saurait dire si tout cela relève davantage de l’insensibilité que du professionalisme..." , conclut "Cinco Días".