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SOCIALISME - JUSTICE - IDENTITE

LA REVOLUTION LIBYENNE

 

Si il est un pays qui souffre d'un ostracisme général de la part de l'occident et d'une image complètement galvaudé par nos médias aux ordres, il s'agit bien de la Libye.

On est loin de se douter que derrière les clichés simplistes et haineux qui en feraient le suppôt du terrorisme international, se cache un petit pays qui résiste avec courage à l'impérialisme yankee et dont le but recherché est d'instaurer une Grande Nation Africaine Unitaire, dans un cadre politique, économique et social progressiste.

Il est intéressant de connaître et de soutenir la lutte du peuple Libyen dont bien des orientations nous font penser à une forme de Communautarisme arabe.

 

UN PEU D'HISTOIRE

Ayant subie une colonisation de la part de l'Italie Mussolinienne, la Libye est au sortir de la guerre, classée par un rapport des Nations Unis comme étant le pays le plus pauvre de la planète. 94 % de sa population était analphabète, il n'y avait aucun médecin et 40 % des enfants mouraient à leur naissance.

Totalement sous dépendance puisque qu'en 1950 les anciens administrateurs militaires alliés restaient en place et que plusieurs bases militaires Anglaise et Américaine étaient présentes sur son territoire national.

L'approvisionnement alimentaire était fournis à 100 % par les Yankees ce qui était le meilleur moyen de maintenir la population entière à leur botte. Les restes de la colonisation italienne se faisait toujours sentir puisque un traité Italo-libyen garantissait la jouissance et la vente des biens obtenu par les colons lors de leur présence (sic!)

La majorité des bénéfices tirés de l'extraction du pétrole allait à des compagnies pétrolières extra-libyenne. 

La monarchie fantoche du roi Idriss 1er avait donnée naissance à une bourgeoisie pro-américaine corrompue et à un peuple affamé , entassé dans des bidonvilles insalubres.

 

31 AOUT 1969 : LA REVOLUTION

Le soir du 31/08/69 profitant de l'absence du roi, un groupe d'une douzaine d'officiers rassemblés en un Commandement de la Révolution (CCR), sans pratiquement tirer un seul coup de feu, s'empare du pouvoir.

C'est un jeune capitaine de 27 ans, qui sera promu 9 jours plus tard colonel, qui lit à la radio le premier communiqué du nouveau régime "prenant acte des demandes incessantes du peuple de mettre un terme au régime réactionnaire, arriéré et décadent"

Moammar El Qadhafi est le fils d'un couple de bédouins qui depuis son adolescence est très influen-cé par la révolution Nasseriste. Militant dés l'école coranique, il en fut exclu en Octobre 1961 pour avoir organisé une réunion politique de soutien à la République Arabe Unie de Nasser. .Entré dans l'armée, il réunit autour de lui un groupe d'officiers intéressés comme lui par l'idée d'unité et de justice sociale pour les pays arabes.

Il ne s'agit donc pas d'un coup d'état militaire mais bien de la concrétisation d'un processus révolution-naire au service du peuple, pour la grande Nation Arabe.

D'ailleurs dés sa prise en main du pouvoir, le CCR prend des mesures progressistes d'indépendance nationale.

Il négocie le départ de l'armée Américaine et relève les royalties et la fiscalité des produits pétroliers en faveur de la nation. Les palais royaux sont transformés en bâtiments publics, le salaire minimum est doublé, le montant des loyers bloqués et l'enseignement de l'arabe généralisé.

La première constitution adoptée dés décembre 1969 fait écho à l'appel de l'Egypte Nassérienne, ainsi le peuple Libyen est déclaré faire parti de la Nation Arabe et avoir pour objectif, la réalisation to-tale de l'unité Arabe .

A cette époque l'état Libyen porte le nom de République Arabe Libyenne et s'appuie sur un parti; l'Union Socialiste Arabe (USA) qui correspond au modèle Egyptien. Ce parti assure conjointement avec des unions syndicales, la représentation et l'exécution de la volonté démocratique du peuple.

Mais l' aspiration progressiste du leader de la révolution dépasse l'établissement d'une simple république , il projette un système nouveau : la Jamahiriya (l'ère des masses) dont la doctrine est synthétisée de 1969 à 1978 dans les publications des trois chapitres de son Livre Vert.

 

LE "LIVRE VERT"

Le "livre vert" de Moammar El Qadhafi se veut une réponse aux problèmes que rencontre le monde moderne. Persuadé que l'unité Arabe ne pourra se faire que par la volonté du peuple, il veut accompagner les masses vers le système qui leur permettra d'installer une réelle Démocratie et un véritable socialisme.

Le premier chapitre est une réflexion sur le problème de la démocratie. L'auteur nous livre une critique pertinente de la pseudo-démocratie représentative:

"La lutte politique qui aboutit à la victoire d'un candidat, avec par exemple 51 % de l'ensemble des voix des électeurs, conduit à un système dictatorial, mais sous déguisement démocratique. En effet, 49% des électeurs sont gouvernés par un système qu'ils n'ont pas choisi, et qui, au contraire, leur a été imposé. Et cela c'est la dictature... Afin de mettre a nu la réalité de l'assemblée parlementaire, il faut nous rechercher d'où elle vient: elle est soit élue dans des circonscriptions électorales, soit constituée, dans un parti, une coalition de partis, par désignation. Mais aucun de ces moyens n'est démocratique, car la répartition des habitants en circonscriptions électorales signifie qu'un seul député représente, selon l'importance de la population ,des milliers, des centaines de milliers, ou des millions de citoyens. Cela signifie aussi que le député n'est pas attaché par un lien organique populaire avec les électeurs, puisque il est considéré selon la thèse de la démocratie classique, comme le représentant de tout le peuple... la représentation est une imposture... Les plus tyranniques dictatures que le peuple ait connues se sont établies à l'ombre des assemblées parlementaires".

Il élabore aussi une critique de la dictature d'une classe sur une autre, dans une analyse très proche de celle des Communautaristes européens, et réfléchit sur les notions de référendum, sur la place de la lois dans la société ainsi que sur le rôle de la presse.

Il propose comme alternative une démocratie directe qui encourage le peuple à constituer des Comités Populaires partout et à former comme organe législatif et exécutif: le Congrès Général du Peuple. Il n'existe donc plus dans sa pensée de représentant du peuple dont c'est le métier ou de politicien carriériste, c'est le peuple qui assure directement le pouvoir par le biais de ses comités populaires.

Le second chapitre du "Livre Vert" traite du problème économique.

Ayant analysé aussi bien l'échec du marxisme que du capitalisme , le théoricien de la "Troisième Théorie Universelle", explique que la solution au problème économique est assurée quand les producteurs abolissent le salariat et s'associent à la propriété des entreprises. Cette affirmation n'est pas sans rappeler "la théorie communautariste du salaire prolongé" qui propose de substituer une propriété collective à la propriété privée des entreprises.

" ...Quelles que soient les améliorations apportées au salaire, le salarié reste une sorte d'esclave d'un maître qui le paie, ou plutôt il est un esclave temporaire et cet esclavage est basé sur le fait qu'il fournit un travail en contrepartie du salaire que lui verse un patron, un individu, voire un gouvernement... La solution finale à ce problème consiste à abolir le salariat, par la libération de l'homme de l'asservissement dans lequel celui-ci le maintient...Il n'y a pas de salariés dans la société socialiste, il y a des associés; le revenu appartient à l'individu ...c'est la part qui lui revient d'une production dont il est l'un des éléments indispensables".

Moammar El Qadhafi écrit également dans ce chapitre que la justice veut que les logements ou les moyens de transport appartiennent à ceux qui s'en servent et ne soient pas la propriété d'un loueur, de même qu'il s' indigne de l'utilisation des domestiques ou de spéculer sur la terre.

La troisième partie du "livre vert" traite des fondements sociaux de la "Troisième Théorie Universelle".

" La force motrice de l'histoire humaine est le facteur social, c'est-à-dire le facteur national. Le lien social qui assure la cohésion de chaque groupe humain, de la famille à la tribu et à la nation est le fondement même de l'histoire... La relation nationale s'identifie à la relation sociale, car social dérive de société, c'est-à-dire des liens existant au sein d'une société; et le nationalisme dérive de nation, c'est-à-dire des liens existant au sein d'une nation... Par ailleurs, les mouvements historiques sont des mouvements de masse, c'est à dire communautaire... Abstraction faite des liens de sang, la nation est en définitive un sentiment d'appartenance et une communauté de destin".

De telle affirmations ne peuvent que réjouir le lecteur qui a fait sienne la conception Thiriartienne de la nation.

Dans cet ultime chapitre le leader de la révolution Jamaharyienne donne son point de vue sur la condition de la femme. Sa pensée est réellement d'avant-garde quand l'on songe au sort qui est toujours réservé aux femmes dans la plupart des pays arabes :

" Toutes les sociétés de nos jours, considèrent la femme comme une marchandise, l'Orient, comme un article à vendre ou à acheter, et l'Occident ne la considère pas comme une femelle. Obliger la femme à effectuer le travail de l'homme c'est se livrer à une injuste agression contre sa féminité...

La question n'est donc pas de savoir si la femme doit ou non travailler-conception d'un matérialisme ridicule. La société doit fournir du travail à tous ses membres valide hommes et femmes - qui en ont besoin, mais à condition que chaque individu puisse exercer son activité dans le domaine qui lui convient et ne soit pas contraint d'accomplir une tâche pour laquelle il n'est pas fait... De même est il injuste et tyrannique d'imposer à la femme les conditions de travail de l'homme".

Son recueil s'achève en laissant des réflexions positives sur le statut des minorités, l'éducation, la musique et l'art ainsi que la place et la forme du sport dans la société.

 

LA MARCHE VERS LA GRANDE JAMAHARIYA

Le 15 Avril 1973 à Zwara, le Colonel Qadhafi va inviter le peuple à monter à l'assaut des administrations afin d'en chasser les bureaucrates, tout en présentant sa démission dans le cas où les masses refuseraient. Le peuple répond favorablement. Et c'est 4 ans plus tard que s'installe le système décrit dans le "Livre Vert", le 2 mars 1977 à Sebkha, le "Congrès Général du Peuple" dont c'est la deuxième session proclame l'instauration du pouvoir du peuple, la Libye devenant la "Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste". Le CCR est alors dissout pour laisser place à un Secrétariat Général du Congrès du Peuple dont le Colonel fut le premier Secrétaire-Général. Peu à peu, les congrès populaires deviennent maîtres de tout les rouages de la société. Le 2 novembre 1977 sont créés les Comités Révolutionnaires avec pour objectif de favoriser la mise en marche du système Jamahariyen en délivrant des conseils d'avant-garde aux comités populaires.

Parallèlement, l'économie est réformée, un grand programme de nationalisation des terres et du parc immobilier est effectué Un contrôle est exercé sur le commerce extérieure et la propriété des entreprises est enlevée au secteur spéculatif. Les richesses produites sont justement réparties au prés de tous les producteurs ou réinvesties au service de la collectivité par une politique de grands travaux. La Jamahiriya devient un pays riche et moderne où règne la paix et la liberté. La vie sociale, elle aussi se transforme ainsi par exemple les femmes obtiennent des droits politiques égaux à ceux des hommes.

Cette dernière disposition remet sérieusement en cause les habitudes imposées par une certaine forme d'Islam et l'évolution des relations sociales s'accompagne d'une relecture du Coran institué par Kadhafi lui-même.

 

POUR UN ISLAM PROGRESSISTE

Il est indiqué dans le Livre Vert que "la loi véritable d'une société est la coutume (tradition) ou la religion; toute autre tentative en dehors de ces deux sources est inutile et illogique" mais il est aussi dit que "quand l'idée nationaliste se fait plus forte que l'esprit religieux et que le conflit éclate entre différents nationalismes réunis par une communauté de religion, par exemple, chaque nation reprend son indépendance recouvrant ainsi sa structure sociale... L'élément essentiel reste le facteur social; le nationalisme en est l'élément constant". On comprend donc que selon la "Troisième Théorie Universelle", une religion ne peut à elle seule servir de ciment entre les individus d'une même société et c'est pourquoi le Colonel Kadhafi s'est toujours opposé aux partisans de l'islam politique.

Quoi que très pieux et ayant dés son arrivée au pouvoir accentué la ré-arabérisation de la société, le leader de la révolution d'a eu de cesse de combattre les fondamentalistes musulmans qualifiés de "valets de l'impérialisme... droite réactionnaire, ennemis du progrès, du socialisme et de l'unité arabe".

Il est révélateur que les seuls barbus que l'on puisse voir en Libye, se balancent au bout d'une corde.

Le Colonel veut "réunir les Arabes en tant qu'Arabes ayant un esprit musulman mais si on essaye de les réunir en tant que musulmans, en ignorant qu'ils sont Arabes, ce sera une tentative vouée à l'échec". Comme pour le Baathisme, l'Islam est déclaré être la religion du peuple Arabe, Kadhafi allant jusqu'à affirmer du seul peuple Arabe.

Dans la pratique, les mesures prises mettent souvent la Jamahiriya au rang des accusés, l'islam orthodoxe pro-saoudien la qualifiant d'"apostat". Parce que Kadhafi s'entoure d'une garde personnelle exclusivement féminine, qu'un corps de "religieuses révolutionnaires" est instituée, qu'une académie militaire est réservée aux femmes... La mixité est imposée dans tous les rouages de la société. Il s'appuie sur un passage du Coran qui dit "si vous craignez de ne pas vous montrer juste et équitables, ... épousez une seule femme" pour tenter de mettre fin à la polygamie. Le 3 juillet 1978, il déclare vouloir refuser de considérer la Charria comme une législation sacrée et pure. Pour lui, la loi islamique a été ajoutée au parole du prophète et comme toute législation matérielle peut être modifiée selon les époques et les nécessités. Il rejette d'ailleurs définitivement toute tentation d'établir un état religieux sur le modèle iranien en affirmant "Si le chef de l'Etat l'est sur une base religieuse, théocratique, il devient très difficile de le critiquer car il se prévaut de la sainteté et cela est très dangereux".

Il est incontestable que les femmes libyenne ont une choix réel et personnel de porter ou non un voile ou un foulard ou de choisir de se vêtir à l'Européenne. La situation n'a rien à voir avec les pays fondamentalistes que nous condamnons.

 

VERS L'UNITE ARABO-AFRICAINE

Nous l'avons vu, dés sa jeunesse Moammar Al Kadhafi est poursuivi le rêve de réunification Arabe. Toute sa politique extérieure n'a de cesse d'encourager cette unité.

Octobre 1969: charte de Tripoli: projet d'unification avec l'Egypte et le Soudan.

17 Avril 1971: proclamation de l'Union des Républiques arabes avec l'Egypte et la Syrie.

2 Janvier 1974: fusion Tuniso-libyenne

28 Décembre 1975: charte de coopération avec l'Algérie.

1er Décembre 1977: Front de la Fermeté (Syrie, Libye, Algérie, OLP)

Septembre 1980: fusion syro-libyenne

6 janvier 1981: fusion libyo-tchadienne

13 Août 1984: traité d'Union arabo-africaine avec le Maroc.

17 Février 1989: Union du Maghreb arabe

30 juin 1990 : charte d'intégration soudano-libyenne

Chaque tentative d'unité déboucha en fin de compte sur un échec, les présidents arabes refusant de remettre sérieusement en cause les prérogatives de leurs petits états. Ce qui démontre parfaitement que l'on ne peut construire une grande Nation sur la base d'une fédération de petits-nationalismes et qu'elle ne peut être le fruit que d'une révolution populaire.

Le peuple Jamahiryien a acquit la maturité nécessaire à la prise en main d'un destin historique et les traités d'unions furent toujours acclamés dans la joie. C'est donc avec la certitude que l'Unité ne pourra venir que de la base que Kadhafi a développé ses théories. Le concept Jamahiriyen gêne aussi bien les petits chefs d'états réactionnaires Arabes que la bourgeoisie capitaliste issue de la colonisation. Les velléités d'unité et d'indépendance nationale mettent évidemment la Libye à l'index de l'impérialisme Américain.

Aujourd'hui, la politique de la Jamahiriya Libyenne est totalement tournée en direction de l'Unité africaine. Politique plus réaliste et réalisable. Nous consacrerons d'ailleurs prochainement un long article sur le sujet qui continue jours après jours d'évoluer sur le Continent noir.

 

L'AGRESSION IMPERIALISTE

L'Egypte qui, depuis la mort de Nasser en 1970, petit à petit, se range dans le camp occidental pro-américain et pro-sioniste, déclenche en juillet 1977 une agression contre la Jamahiriya. Il est clair qu'il faut rapprocher cet acte avec les négociations israélo-egyptiennes qui venaient de débuter et qui devaient aboutir en 1979 à la signature d'un traité entre Anouar El Sadate président Egyptien et Mehamen Begin.

Le conflit s'arrête sur un statu-quo, l'attaque par l'Egypte ayant vraisemblablement pour but de montrer sa bonne volonté aux sionistes.

Dés 1981, les Américains pénètrent à plusieurs reprises avec leur navires de guerre au sud du 32ième parallèle, véritable acte de guerre à la lecture du droit international et le 19 janvier 1986 ils essuient une riposte d'intimidation de la part de l'armée Libyenne. L'US Army réagit violemment en coulant 5 bateaux Libyens et en détruisant des bases militaires terrestres. Le 17 Avril de la même année, des bombardiers F-111 et une quinzaine de chasseurs bombardent Tripoli et Benghazi les deux principales villes du pays. La fille du Colonel Kadhafi est tuée ainsi que 37 autres martyrs et il y a à déplorer plus d'une centaine de victimes blessées civiles et innocentes.

A cet égard, il est a noter que le PCN fut la seule organisation politique à organiser à l'époque une campagne de soutien à la Jamahiriya.

Pendant cette période le pays est aussi victimes de plusieurs attentats d'un pseudo "Front National pour le Salut de la Libye" (FNSL) dont le siège se trouve (rien n'est dû au hasard) aux Etats-Unis !

Alors que depuis l'année 1988, Kadhafi amorçait un processus de normalisation des rapports entre son pays et l' Europe, les Américains lancent une nouvelle offensive médiatique visant à le discréditer, prenant prétexte de l'existence prés de Tripoli d'une usine supposée fabriquer des armes chimiques. En mars 1989, un nouvel accrochage aérien oppose les appareil de l'US Air Force à l'aviation Libyenne et de nouvelles accusations tentent d'impliquer les services Libyens dans l'explosion d'un appareil de la TWA au dessus de Lockerbie en Ecosse et d'un DC 10 d'UTA au dessus du Niger. Kadhafi refusa de livrer à la justice américiane les Libyens qu'on a voulu voir impliqués dans ces affaires. Le 31 mars 1992, le conseil de sécurité du machin ( pour employer un terme du Général De Gaulle) au service des Américains impose un embargo militaire et aérien total, privant la Libye d'approvisionnement en denrées alimentaires ou en médicaments de base, plongeant le pays dans les restrictions.

Aujourd'hui, après la victoire juridique libyenne sur le respect du Droit international, c'est au Tribunal International de La Haye (qui n'a rien à voir avec le pseudo-Tribunal Pénal International qui n'est qu'un jouet aux mains des Américains et de l'impérialisme en général) que le procès à lieu. La presse qui fit grand bruit pendant des années sur l'attentat "libyen" de Lockerbie se fait totalement muet quand au déroulement actuel de celui-ci. Est-ce parce que les soit-disant preuves américaines se font toujours attendre? Est-ce parce que la défense des deux libyens accusés démontre et démonte petit à petit qu'il s'agit d'une entière manipulations yankees afin de cacher les vrais coupables de cet attentat et l'implication active de la CIA? Ah, nos chers media "démocratiques et indépendants"...

 

UN DEFI AU "NOUVEL ORDRE MONDIAL"

Les tenants du "Nouvel Ordre Mondial" ne peuvent supporter de voir subsister au bord de la Méditerranée un pays qui refuse d'obéir à ses diktats et qui considère l'Etat sioniste comme un état raciste porte-avion de l'impérialisme Yankee dans cette région.

Les Américains ont intérêt aussi à briser toute dynamique qui pourrait mener à l'établissement d'une Grande Nation Arabo-africaine de Casablanca à Bagdad, de Tripoli au Cap, laïque et démocratique. C'est sous cet angle qu'il faut comprendre l'acharnement de Washington contre la Libye et l'Irak : Briser la création d'une puissance unitaire autocentrée qui de plus serait naturellement et historiquement le partenaire du futur Empire Européen.

Dans tous les pays du Maghreb, du Machrecq ou  d'Afrique noire où subsiste un régime progressiste porté par l'adhésion populaire, les Yankee n'hésitent pas à armer les oppositions fondamentalistes islamistes dont on connaît parfaitement leur conception particulière du bien être et de la liberté qu'ils imposent aux peuples. Les USA, comme pour l'Irak, visent en Libye à s'assurer l'hégémonie sur le pétrole qui sera, avec l'eau l'enjeu géopolitique principal du siècle à venir.

Mais pour l'instant le pétrole Libyen n'appartient qu'aux Libyens et une titanesque entreprise d'irrigation a été entreprise pour garantir l'indépendance du petit pays dans ce domaine... La Grande Rivière Artificielle. Nous y consacrerons d'ailleurs prochainement un long article expliquant les enjeux de ce fabuleux projet.

 

Longue vie à la Jamahiriya !


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