PCN-INFOS

L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 13 juin 2010

ELECTIONS LEGISLATIVES BELGES DU 13 JUIN 2010.
Les résultats / Une grande claque pour le régime belgicain (1) :
« Le plus haut taux d'abstention depuis 35 ans » !

 

Par Luc MICHEL


« L’arme du BOYCOTT DES ELECTIONS est la sanction radicale de ceux qui veulent montrer qu’ils se refusent à être complice de l’escroquerie électorale organisée le 13 juin », écrivions nous à la mi mai.

Le cumul du nombre d'électeurs qui ne sont pas allés voter ce 13 juin et de ceux qui ont rendu un bulletin blanc ou nul aboutit à un taux de 16 % d'électeurs n'ayant pas émis de vote valable, a indiqué ce 14/06/2010 la RTBF. Un tel taux d'abstention n'avait plus été atteint depuis 1974, relève la RTBF. « Le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de confirmer ce taux lundi matin » (sic), précisait l’AFP. « L'abstention explose », titrait pour sa part BELGA. Le ministère préfèrera ensuite parler en pourcentages. Ceux-ci traduits en nombre sont évidemment plus impressionnants : c’est en effet plus de 1.240.000 citoyens – sur 7.750.000 inscrits sur les listes électorales – qui ont refusé de voter pour les partis du régime ce 13 juin !!!

L’abstention était le grand sujet tabou sur les plateaux des radios-télévisions au soir du 13 juin. Pourtant la propagande du régime avait mené une vaste campagne – spots TV, peoples mobilisés, articles et déclarations dans les media, ad nauseam – contre les abstentionistes, qualifiés de mauvais citoyens, d’ignorants, voir de crétins. Le régime tremblait en effet alors que tous les sondages de la mi-mai donnaient l’abstention entre 22 et 34% (TELE-MOUSTIQUE). Malgré de nombreuses initiatives citoyennes sur le Net et les réseaux sociaux, le résultat final, étrangement, est resté en-dessous.

Les motivations des abstentionnistes sont claires : le dégoût de la particratie et le refus du Régime et de ses élections « encadrées ». Dans les colonnes du Courrier des lecteurs de TELE-MOUSTIQUE, l’un d’eux motivait son refus : « Je fais partie de ces « crétins » ( voir le courrier du précédent Télé Moustique) qui n'iront pas voter ce 13 juin. Et ce ne sont pas les arguments clichés de ce lecteur qui me feront changer d'avis. Qu'est-ce qui est le plus crétin ? Faire partie de ce simulacre de démocratie qui légitime les mêmes incompétents carriéristes depuis des années ou, si ce n'est eux, leurs fils ? Est-il moins crétin d'opiner du chef en répétant docilement ce que ces politiciens (et les médias) nous disent à longueur d'interviews sur les vilains désobéissants que nous sommes ? Comme je ne descendrai pas seul dans les rues avec mes pavés, ne pas voter est mon acte de résistance face, justement, à la crétinerie ambiante ».

La nature politique de ce choix, un geste décisif qui conteste à la fois la légalité (le vote est obligatoire – et la légitimité du Régime, échappe, volontairement ou non, aux media et aux politologues du régime belgicain. Qui entendent faire de ce choix une décision nulle. « Un électeur sur six ne compte pas » (sic) écrit ainsi LA LIBRE Belgique (15/06/2010).

Qui semble ne pas comprendre – ou vouloir comprendre – la portée du « ras-les-urnes » qu’il décrit : « Le quotidien bruxellois ne semble pas « Les circonstances de la chute du gouvernement Leterme – le croche-pied de BHV –, sur fond de crise économique, et la campagne largement dominée par la bisbrouille communautaire allaient-elles gonfler le nombre "des absentéistes" (les électeurs inscrits qui ne prennent pas la peine de se déplacer) et "des abstentionnistes" qui votent blanc (pas de choix exprimé) ou nul (…) La réponse est : oui. Ainsi, pour la Chambre, quelque 837.697 électeurs pourtant régulièrement inscrits ne se sont pas déplacés pour voter dimanche (…) Pour illustrer, plus concrètement encore, l’importance de ce contingent, on peut dire que le nombre de non-votants dépassait dimanche largement le nombre d’électeurs qui se sont prononcés en faveur du MR (9,3 %). Par ailleurs, 402.488 citoyens n’ont pas exprimé de vote valable. S’il existait, "le parti des blancs et nuls" (en gros, "les abstentionnistes") aurait ainsi raflé 5,8 % des votes émis dimanche à la Chambre, soit mieux que le score réalisé par le CDH (5,52 %) ».

Des chiffres impressionnants, totalement zappés sur les radio-télévisions aux ordres. « En additionnant "absentéistes" et "abstentionnistes", on en arrive à 16 % des électeurs qui n’ont pas émis de vote ou qui n’ont pas voté valablement. Autrement dit, la voix de près d’un électeur sur six ne compte pas pour la répartition des sièges. Au scrutin de 2007, ce pourcentage était de 14 %, soit un rapport d’un électeur pour sept ».

« Il y a, en effet, un recul de la participation électorale entre 2007 et 2010. En Wallonie, c’est même près d’un électeur sur cinq qui n’a pas voté valablement dimanche, observe Jean Faniel, docteur en sciences politiques et chercheur au CRISP. Il faut remonter à 1974 pour retrouver un chiffre supérieur : 16,4 %." A l’époque, on sortait d’une grande réforme de l’Etat ».

Faniel attribue clairement le refus du vote à un dégoût du régime : « Si l'abstention explose il faut en chercher les causes et parmi celles-ci je pense qu'il n'est pas erroné d'en attribuer la responsabilité a notre système particratique qui me paraît devenir un déni de démocratie. La confiance a disparu et les combines politiciennes ont amené de nombreux citoyens à se rendre compte que l"'élu" n'était pas celui pour qui il avait voté! ».

La question de l’abstention conduit directement à celle sur l’obligation du vote.

Un sondage publié dans la presse début juin indique que 48 % des « Belges » (sic !) ne veulent plus du vote obligatoire. Les adversaires de l'obligation de voter sont les plus nombreux en Flandre (53 %), suivi de la Wallonie (42 %) et de Bruxelles (40 %). « L’élément le plus percutant est sans conteste les réponses données à la question de savoir si le vote doit demeurer obligatoire chez nous, commentait LA DERNIERE HEURE. Un sacro-saint débat qui resurgit chez nous à chaque scrutin, c’est dire si, ces dernières années, il a été à la fête ». Le professeur Mark Hooghe (KUL) a interrogé 2.329 électeurs néerlandophones et francophones sur leur comportement lors des élections régionales de juin 2009. Il en conclut qu'en cas de suppression du vote obligatoire, la participation tomberait à 60 % environ !

Sur le Forum du site du même quotidien, un citoyen expliquait avec justesse son refus : « arrêtons l'hypocrisie du vote obligatoire en Belgique !!! Voter oui pour autant qu'il y a des personnes valable pour gouverner notre pays ! La démocratie est un droit pour tout citoyen et pas un pouvoir totalitaire qu'est devenu la Belgique ! Pourquoi avez vous peur de la libérisation du vote ? Si j'ai envie de voter, je vote sinon je reste à la maison et j'irai voter quand il y aura des gens compétent dans notre pays ! »

Gageons qu’à traiter les dégouttés de crétins, les dégoûtants de la particratie belgicaine ne feront qu’augmenter leur nombre …

 

Retour à l'Accueil