PCN-INFOS

L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 09 février 2009

QUE PENSER DE L’INTERVENTION DE NICOLAS SARKOZY
DU JEUDI 5 FEVRIER 2009 SUR TF1 ET FRANCE 2 ?

Notre Alternative : le Communautarisme européen,
la version radicale du Socialisme du XXIe Siècle !

 

Comme toujours et selon les traditions de la Veme République, les interventions présidentielles relèvent du cérémonial. Celle de jeudi dernier (5 février) n'y a pas fait exception. Mais au-delà de la polémique stérile du petit milieu politico-journalistique parisien sur le choix des intervieweurs, nous allons concentrer notre analyse sur quelques points essentiels.

En effet, selon l'habitude bien établie à présent, Sarkozy a présenté des mesures « sympathiques », voir mêmes intéressantes ... si elles n'étaient par avance solubles dans les contradictions des décisions gouvernementales et de son engagement farouche en faveur du Traité de Lisbonne.

Rappelons au passage que ce Traité, en fait version à peine modifiée de la Constitution rejetée par référendum par tous les peuples ayant pu s'exprimer démocratiquement (France, Pays-bas, Irlande), est un véritable abandon des prérogatives économiques et sociales des états en faveur du « marché libre et non faussé », cœur de la pensée et de l'action libérale dont nous voyons les lamentables résultats aujourd'hui.

Revenons donc sur les points principaux de l'intervention de Nicolas Sarkozy au sujet de la crise économique et financière, « comme le monde n'en n'a pas connus depuis près de 100 ans » a-t-il déclaré.

Lors de cette émission de télévision diffusée sur TF1 et FRANCE 2 en direct, nous avons eu le droit à des mini-reportages sur des interventions de citoyens au sujet du pouvoir d'achat et de l'emploi, cœur des préoccupations et des problèmes auxquels sont confronté nos compatriotes. La débat a donc tourné essentiellement autour de ces deux questions.


L'EMPLOI

Pour l'emploi, après le show présidentiel sur son « écoute » et sa « compréhension des préoccupations légitimes des Français », après l'annonce de « pistes de réflexions » (au sujet des questions de la protection et de l'accompagnement des chômeurs) ouvertent au « dialogue avec les partenaires sociaux » (parlez, parlez, parlez), Nicolas Sarkozy a donc déclaré, comme mesure phare de ce qui se dessine comme le 2eme plan de relance, la suppression de la Taxe Professionnelle et cela à partir de 2010.

La suppression de la taxe professionnelle (exception française) devrait donc permettre d'alléger les charges des entreprises et permettre ainsi la relocalisation des entreprises françaises parties dans un autre pays.

Au-delà du fait de voir Sarkozy flirter avec un discours au « relents » (souriez) protectionnistes, il nous faut remarquer que cela entre en contradiction avec l'esprit et le contenu même du Traité de Lisbonne qui refuse l'harmonisation fiscale et plus encore sociale de cette Union dite « européenne ».

Car qu'elle va être la réaction des pays européens où se trouvent ces entreprises françaises qui seraient tentées (hypothèse, certes, mais admettons là) de se relocaliser en France?

Dans le marasme général, ces mêmes pays vont abaisser voir supprimer tel ou tel impôt, telle ou telle taxe pour retrouver le caractère financier attractifs qu'ils ont eu jusque-là. Et ils le feront d'autant plus, que les politiciens de ces pays craignent plus que tout que les dernières révoltes violentes des populations (voir les émeutes en Grèce, en Bulgarie, en Lettonie et en Estonie) ne les renversent à la faveur de révolutions populaires face à un chômage massif.

Vu que le Traité de Lisbonne interdit, rappelons-le encore une fois, toute harmonisation fiscale et sociale, Monsieur Sarkozy, tout président qu'il est ne pourra rien y faire.

Retour donc à la case départ!

Notons pendant que Sarkozy philosophe sur la formule magique de la suppression de la taxe professionnelle, il pratique (verbalement) un protectionnisme à l'encontre des pays européens mais se fait le chantre du libre-échangisme mondiale. Ah ces méchants Bulgares, ces voleurs de Roumains et ces fourbes de Slovènes!!! Les Chinois et les Indiens, c'est tellement mieux!!! Enfin surtout ça coûte surtout moins cher, bien moins cher !!!

Mais revenons à cette taxe. Elle est aujourd'hui dévolue aux collectivités territoriales (régions, départements et communes) et représente 50% de leurs ressources fiscales. Elle sert, faut-il le rappeler, à alimenter le service public local, premier investisseur avant, bien avant, l'Etat.

Et en cette période de crise, alors que Sarkozy a fait le pari de la relance par l'investissement, cela relève de la contradiction, une inconsistance économique criminelle...

Ici encore, nous avons la démonstration du plan boiteux de « relance » du gouvernement, pot-pourri de mesures de bricolage sans grandes relations entre elles et avec une efficacité macro-économique en-deçà de ce qu'il faudrait faire. Mais les libéraux ne seront jamais des Keynésiens! Les gènes idéologiques libéraux rendent impossible la compréhension même de ce que peut être un plan de relance. Le sommet de tout, étant d'avoir nommé Devedjian à la tête d'un ministère chargé de coordonner ce Plan de relance. Patrick Devedjian, le compère d'Alain Madelin, l'ultra-libéral et l'ultra-atlantiste, en charge de veiller à appliquer une relance étatique aux « relents » protectionnistes ... Ce n'est plus un show, c'est un spectacle de cirque! Le Barnum à Sarko …

Et cela pose aussi directement la question de l'autonomie de ces mêmes collectivités territoriales face à l'Etat du fait du retour dans la dépendance financière envers celui-ci. En effet, devant la suppression de 50% de leurs revenus, l'Etat se devra de trouver de nouvelles ressources à distribuer aux collectivités territoriales. Il redevient ainsi leur créancier.

En contradiction totale avec la politique de régionalisation entreprise depuis plusieurs années et voulue par la Commission de Bruxelles.

Nous ne sommes pas contre l'arrêt de cette politique qui conduit à la destruction des outils étatiques pour laisser le champs libre à la Commission (non-démocratique) de Bruxelles, « gardienne des principes du marché libre et non-faussé ». Sauf que nous n'y croyons pas ! D'un coté, Mister Sarkozy le défenseur infatigable du Traité de Lisbonne, et de l'autre Dr Sarkozy le maître d'œuvre du retour de l'Etat ?! Certains diront schizophrénie. La psychologie, voir la psychiatrie n'a jamais permis de faire une politique. A tout du moins de la comprendre. Nous pensons plus à la peur panique de voir s'étendre la colère populaire partout en Europe, de la voir se transformer en révolte. La cohérence dans l'immédiat est le cadet de leurs soucis. Voir tout simplement l'absence totale de coordination des plans de relances de chaque pays européen.

Sans oublier que nous ne croyons pas à la compensation fiscale pour les collectivités territoriales. Celles-ci vont donc être obligées de riposter par l'augmentation de la fiscalité locale (impôts fonciers, taxe d'habitation). A l'heure actuelle, toutes les régions, à l'exception de l'Alsace, sont sous le contrôle de la gauche. Et il serait étonnant que la droite gagne les prochaines élections régionales de 2010 ... justement. Y aurait-il un calcul politique pour les présidentielles de 2012 ?

Ce cynisme intégral de Sarkozy est pour le moins révoltant alors que les ménages et les travailleurs sont touché de plein fouet par une crise brutale dont on ne voit que les prémices.

 

DIVERSIONS

Quant à la chasse aux bonus de nos chers banquiers, ce fut du grand spectacle de voir Sarkozy déclarer fièrement les y avoir fait renoncer ; alors que nous savons très bien que ce sont surtout les traders et autres parasites financiers qui en sont les principaux bénéficiaires. Et la salve suivante sur ceux-ci ne change en rien que sur ce point il n'a rien proposé.

Mais comment cela pourrait-il en être autrement puisqu'il s'agit d'un maillon essentiel du capitalisme financier. Sarkozy l'Américain remettant en cause le fondement même du modèle de capitalisme dont il est un fervent admirateur, il ne faut pas rêver non plus!

 

SOCIAL

L'autre pan de l'intervention de Nicolas Sarkozy fut une tentative de séduction sur le terrain social. Après la grève de la semaine précédente qui a démontré la disponibilité des travailleurs pour un mouvement de masse, il fallait bien donner quelques os à ronger à « l'opinion ».

Sarkozy a alors pris une posture néo-gaulliste de gauche en déclarant souhaiter que les partenaires sociaux abordent le sujet « essentiel » du partage des profits. Pour les salariés, « le compte n'y est pas » du fait du « siphonnage des profits par les actionnaires ». « Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l'argent avec les entreprises et la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse ? » s'est-il interrogé. Sa réponse : « Cela fait bien longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle (...) Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 qui reviennent aux salariés, 33 qui vont directement dans la poche de l'actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l'entreprise ».

A long terme l'ouverture de cette question est intéressante et nous y apporterons toute notre attention. Le PCN propose, en effet, depuis des années un mécanisme économique et social, le Capital-Champignon, qui sous la forme de la règle des trois tiers exposée ci-dessus permet progressivement d'élever le niveau de vie des salariés et de prendre part à égalité avec le Capital aux décisions de leurs entreprises. L'étalon Travail réhabilité.

Nous aborderons cette question passionnante car essentielle du programme Socialiste communautaire plus en détails cette année. Nous y consacrerons articles et brochures et démontrerons que le socialisme du XXIeme siècle, c'est le Socialisme communautaire !

Mais, là, maintenant, à court terme, le compte n'y est pas. Le compte n'est même pas là ! Ah si augmentation de l'électricité, augmentation des tarifs postaux, augmentation des tarifs des transports, augmentation, augmentation et encore augmentation... La réponse de Sarkozy, c'est rien, rien et encore rien ! Une fois de plus, c'est parlez, parlez, parlez ... Du vent renvoyé en responsabilité aux partenaires sociaux. La réunionite a de beaux jours devant elle.

Mais la crise, elle, elle n'attend pas. Elle frappe jour après jour de nouvelles entreprises. Ce ne sont plus des milliers de licenciements, ni mêmes des dizaines de milliers mais des centaines de milliers de licenciements qui vont avoir lieu cette année rien qu'en France.

Après la baisse constante du pouvoir d'achat de la dernière décennie, résultat de la pression de la Finance internationale pour plus et toujours plus de profits, nous payons maintenant « cash » les agissements criminels, oui criminels !, de ces spéculateurs internationaux et de leurs complices politiciens, quelques fois (et pas rarement) leurs salariés entre deux postes ministériels ou mandats électifs.

Aujourd'hui, face à cette crise, nos politiciens qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition ne proposent rien d'autre que des effets de manche et autres saupoudrages des deniers publiques. Les mesures gouvernementales (en France mais aussi partout en Europe et dans le monde) ne sont que des gesticulations désordonnées pour sauver les meubles de la maison du libre-échangisme mondiale.

Face à la crise avec le Plan de relance de Sarkozy-Fillon le compte n'y est pas ! Mais nous n'avons rien à attendre non plus de la gauche qui est d'accord sur le fond !

Le PCN et l'Action Syndicale Communautaire (ASC-PCN) appellent donc à s'engager activement et à poursuivre les mobilisations populaires en France, comme partout en Europe, afin de porter sur le devant de la scène le refus des travailleurs de payer la crise.

Il n'y a pas de « moralisation » possible du capitalisme. C'est de la foutaise! Le capitalisme ne permet plus de proposer l'espoir d'une vie meilleure. Il faut une autre politique pour un autre avenir ! Pour notre avenir, celui de la planète et de nos enfants ! L'avenir est au Socialisme!

Avec le PCN, pour le Socialisme de l'avenir, le Socialisme communautaire!

 

Fabrice BEAUR,
Secrétaire-Général du PCN-NCP.

 

Retour à l'Accueil