PCN-INFOS

L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 31 mars 2008

La vérité sur le Tibet :
UN NOUVEAU FRONT DANS LE COMBAT POUR LA DOMINATION DE L’EURASIE !

 

« Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l’indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n’est pas le Tibet qui nous intéresse, c’est l’attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine »
(Rapport de l’Office des Affaires Etrangères des USA, avril 1949)

« Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! »
(Daniel Cohn-Bendit, député « européen »)

« Les faits parlent plus fort que n'importe quel discours »
(proverbe chinois)

L’impérialisme américain ouvre un nouveau front dans son combat pour la domination de l’Eurasie : le Tibet. Le but de la nouvelle offensive occidentale est de prendre l’Eurasie en tenaille. Comme le fait remarquer LE FIGARO (Paris), « dans les monastères, l'agitation a commencé en octobre, lorsque le Congrès américain a reçu le dalaï-lama à grand fracas ». L’une des branches de cette tenaille étant l’expansion de l’OTAN à l’Est afin de réduire définitivement la Russie, après la destruction de l’URSS et de la Yougoslavie.

L’autre branche vise à affaiblir le second pilier de l’Eurasie libre : la Chine, principal partenaire de la Russie dans le « Groupe de Schangaï », l’alliance politico-militaire eurasiatique qui se dresse face à l’OTAN et aux USA.

« D’autre part, à quel Tibet pense le Dalaï Lama quand il commence à brandir le drapeau de l’indépendance ?, demande Domenico Losurdo, spécialiste du Tibet (« La Chine, le Tibet et le Dalaï-lama », L’ERNESTO. RIVISTA COMUNISTA, n° 5, novembre/décembre 2003). C’est le Grand Tibet, qui aurait du rassembler de vastes zones hors du Tibet proprement dit, en annexant aussi les populations d’origine tibétaine résidant dans des régions comme le Yunnan et le Sichuan, qui faisaient partie depuis des siècles du territoire de la Chine et qui furent parfois le berceau historique de cette civilisation multiséculaire et multinationale. C’est clair, le Grand Tibet représentait et représente un élément essentiel du projet de démantèlement d’un pays qui, depuis sa renaissance en 1949, ne cesse de déranger les rêves de domination mondiale caressés par Washington ».  Une autre spécialiste du Tibet, Elisabeth MARTENS (auteur du livre TIBET, LA COMPASSION DES PUISSANTS), le « Grand Tibet » est « un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu’il n’y avait pas de cartes à l’époque) à ce qu’était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle ».

Ella ajoute que « la dimension géostratégique est au cœur du problème, bien sûr et ce, dès le début du 20e siècle. Il ne faut pas oublier que l’Europe avait beaucoup de « concessions » en Chine au début du 20e siècle et que le Tibet était, pour ainsi dire, sous la tutelle des Anglais. La prise de pouvoir par les communistes a mis fin à cette semi-colonisation. Je crois que chez nous, on n’a pas digéré cela. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ce sont les E-U qui ont repris le flambeau avec la guerre froide en toile de fond. Le Tibet et le DL sont devenus deux excellents chevaux de bataille pour les E-U dans leur tentative de diviser la Chine ».

Dans la nouvelle offensive contre la Chine, menée au moment le plus médiatique avec l’ouverture des prochains jeux olympiques à Pékin (on se souvient du jeu similaire mené à l’occasion des jeux de Moscou dans les années 80), le mythe du Dalaï-lama joue un rôle déterminant.

Création géniale de la CIA, digne des pires mensonges du Docteur Goebbels, ce mythe a fait du régime féodal et obscurantiste de la caste des bonzes tibétains, dominé par l’exploitation et le servage en pleine seconde moitié du XXe Siècle,  un modèle de « démocratie » (sic) et de « liberté » (resic). La base de la société tibétaine féodale, telle qu’elle existait jusqu’à la libération chinoise, reposait sur la distinction entre « demi-dieux » et « êtres inférieurs » ! Elisabeth MARTENS, qui fait autorité sur le sujet, analyse la féodalité tibétaine : « cette féodalité s’est figée durant un millénaire autour d’un pouvoir religieux extrêmement répressif et conservateur. Le Tibet a été arrêté dans son évolution en raison de ce pouvoir omniprésent et omnipotent. Il ne faut pas oublier que les monastères possédaient plus de 70 % des terres tibétaines, le reste allant aux familles nobles. Jamais n’a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C’était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-âge où les monastères devaient se faire une petite place à l’ombre des châteaux forts. Avec l’avènement de la RP Chine en 49, il fut d’autant plus difficile pour le haut clergé tibétain de renoncer à ce pouvoir (…) Etre responsable d’un monastère au Tibet à l’époque féodale, c’était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d’assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain ».

Goebbels n’est par ailleurs pas loin de la campagne actuelle de la CIA. On ignore souvent que le créateur du mythe tibétain actuel propagé par Hollywood et les media occidentaux est un nazi, envoyé spécial de la SS arrivé au Tibet dans le cadre d’une expédition financée en 1939 par le Reichführer SS Himmler, l’Autrichien Heinrich HARRER, auteur du livre SEPT ANS AU TIBET : « dans sa recherche des origines de la race « aryenne » ou « nordique » ou « blanche », la mythologie raciste et le Troisième Reich ont souvent regardé avec intérêt l’Inde et le Tibet : c’est de là qu’allait partir la marche triomphale de la race supérieure (…) Harrer arrive en Inde du Nord (aujourd’hui Pakistan) et, de là, pénètre au Tibet. Lorsqu’il rencontre le Dalaï-lama, il le reconnaît immédiatement, et le célèbre, comme membre de la race supérieure blanche ». Il écrit ce qui suit : « Sa carnation était beaucoup plus claire que celle du tibétain moyen, et par certaines nuances plus blanche même que celle de l’aristocratie tibétaine ».

On notera à nouveau le rôle des idiots utiles de la caste culturo-médiatique occidentale dans la construction de ce mythe, tous se précipitant sur les plateaux de télévision pour donner une image séduisante à la vieille crapule féodale et réactionnaire qu’est dans la réalité le Dalaï-lama. Tout comme la France de 1945, la culture européenne aura grand besoin un jour prochain de Commissions d’épuration …

Toujours dans cette optique, nos media aux ordres veulent ignorer que les événements actuels au Tibet résultent d’émeutes racistes et xénophobes. Comme le souligne Elisabeth MARTENS dans LE COURRIER (Genève, 27 mars 2008), « Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les témoignages des étrangers présents sur place vont tous dans le même sens : les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d’autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées. Les armes utilisées étaient des cocktails Molotov, des pierres, des barres d’acier, des poignards et des couteaux de boucher. Il y a eu 22 morts et plus de 300 blessés, quasi tous des Hui et des Han. Il s’agissait d’actes criminels à caractère raciste » . Elle ajoute que « la haine raciale vis-à-vis des musulmans est ancrée de longue date dans le Bouddhisme tibétain et véhiculée par lui (par le Kalashakra) : c’est en raison des invasions musulmanes dans le nord de l’Inde au 10ème et 11ème siècles que les maîtres tantriques ont été se réfugier au Tibet. Le Tantrisme indien, devenu au Tibet le bouddhisme tibétain, a gardé vis-à-vis de l’Islam une rancœur de longue durée à cause des persécutions musulmanes ». Serge Lachapelle, un touriste de Montréal, dit : « Le quartier musulman a été complètement détruit, plus aucun magasin ne tenait debout ». On est bien loin des « gentils bonzes » persécutés et autres « manifestants pacifiques » !

Dans LE FIGARO du 22/09/2000 (le mythe et la réalité à propos du Tibet), un spécialiste de la Chine dénonçait les « trois mythes » de la propagande occidentale concernant le Tibet.

Premier mythe, « L'occupation du Tibet par la Chine » : « Cette accusation est constamment entendue. Mais la réalité est la suivante : le Tibet a fait partie intégrante de la Chine sous la dynastie des Yuans, à partir du milieu du XIIIe siècle, bien avant l'indépendance des Etats-Unis (1776), l'intégration de la Corse à la France (1789) et celle de la Bretagne à la France (1532). La communauté internationale reconnaît que le Tibet fait partie intégrante de la Chine. C'est aussi la position du gouvernement français. Prétendre que la Chine occupe le Tibet, c'est comme si quelqu'un affirmait que la France occupe la Bretagne, la Bourgogne, la Côte d'Azur ou la Corse ! ».

En 1949, tout juste avant la victoire de Mao Zedong, dans un livre qu’il publie sur LES RELATIONS USA-CHINE, le Département d’Etat américain lui-même publiait une carte éloquente en elle-même : en toute clarté, aussi bien le Tibet que Taiwan y figuraient comme parties intégrantes de la République de Chine. Elisabeth MARTENS ajoute que « Quand on parle de « colonisation » d’un pays par un autre, il faut, au minimum, qu’il y ait deux pays. Dans ce cas précis, faut-il rappeler que le Tibet n’a jamais été reconnu comme « pays indépendant » ? Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l’empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce (…) Donc, si on analyse les faits de manière historique, on ne peut parler ni d’invasion, ni de colonisation, ni de génocide. Les émeutes qui ont eu lieu ce mois de mars 2008 doivent être analysées dans un contexte économique en tout premier lieu, sans oublier que le Tibet est un des terrains de combat entre les E-U et la Chine, depuis longtemps ».

Deuxième mythe, « Les droits de l'homme sont bafoués au Tibet » : « Pour certains, le gouvernement chinois est « le vilain des vilains », tandis que le dalaï-lama est « le saint des saints ». Quelle est la réalité ? Avant 1959, quand le dalaï-lama gouvernait le Tibet, le régime qu'il pratiquait était le servage, qui est pire que le régime du Moyen Age en Europe. Sous ce régime, les serfs, qui représentaient 95% de la population tibétaine, n'étaient pas considérés comme des êtres humains, mais plutôt comme des bêtes de somme ayant tout simplement la faculté de la parole (…) En 1959, le dalaï-lama, avec l'appui de forces étrangères, surtout de la CIA, a déclenché une rébellion contre le gouvernement central, dans le but de maintenir à jamais le servage au Tibet. Cette rébellion a été mise en échec. Le dalaï-lama a pris la fuite puis s'est réfugié en Inde. Le servage a été aboli au Tibet en 1959. Ce qui veut dire que sur le plan des droits de l'homme, le Tibet a fait un progrès sans précédent dans son histoire ». « Il suffit de lire des écrits historiques d'auteurs européens sur le Tibet pour s'en convaincre », ajoute cet analyste. Mais au sein de l’imposture médiatique, royaume frelaté et virtuel de l’immédiat, qui lit, qui vérifie encore une information ?

On notera aussi que le même mediamensonge est propagé sans relâche à propos de l’Afghanistan, livré à l’obscurantisme religieux et féodal par les USA et leurs valets occidentaux. Les mêmes qui ont fait du fameux Commandant Massoud, qui finançait ses troupes de guérilla par le trafic de drogue et était un de ses chefs de clans obscurantistes mercenaires des USA, un héros de pacotille. Les seules heures heureuses de l’Afghanistan, avec notamment l’égalité des droits pour les femmes et un enseignement généralisé, ont été celles du pouvoir pro-soviétique.  La situation est la même au Tibet : « Depuis, des avancées inouïes sur les plans politique, économique, éducationnel ou culturel ont été réalisées. Quelques chiffres le montrent: avant 1959, la population tibétaine était d'un million, aujourd'hui 2.4 millions, dont 95% sont Tibetains. Avant 1959, l'espérance de vie des Tibétains était de 35.5 ans, maintenant 67 ans. Avant 1959, le taux de scolarité des enfants n'était que de 2%, aujourd'hui il s'est élevé à 81.3%… Les faits sont là ».

Troisième mythe, « Le gouvernement chinois est en train de détruire l'identité culturelle tibétaine » : « C'est une autre grave accusation. Or, la Chine est un pays multiethnique : il y a cinquante-six ethnies en Chine. Les Han sont la majorité, ils représentent à peu près 92% de la population, le reste est partagé par cinquante-cinq ethnies minoritaires de la Chine. Quand on parle de la culture chinoise, il s'agit d'une culture à laquelle ont contribué les cinquante-six ethnies chinoises sans exception. La culture chinoise n'est pas exclusive, mais plutôt inclusive. Ce qui explique son dynamisme, sa vitalité et sa longévité. En d'autres termes, la culture tibétaine, tout en conservant son identité, fait partie intégrante de la culture chinoise. C'est le propre de la culture chinoise. Au Tibet, l'étude de la langue et de l'écriture tibétaine est garantie par la loi. Les établissements scolaires pratiquent un système d'enseignement bilingue, tout en donnant la priorité aux cours en tibétain. La radio et la télévision du Tibet consacrent plus de 20 heures par jour à des émissions en tibétain, etc. Aujourd'hui, le Tibet n'est plus fermé, il est ouvert au monde. Beaucoup de touristes étrangers le visitent ».

Elisabeth MARTENS ajoute que « dans l’enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouverts à l’intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l’étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc. Donc je pense que c’est vraiment un non-sens de dire que la culture et la religion sont opprimées ou détruites ».

Ici aussi la propagande occidentale ressert de vieilles recettes éprouvées contre l’URSS, la Transdniestrie (PMR) ou la Yougoslavie. Celles qui ont notamment présenté la Yougoslavie – celle de TITO comme celle du Président Milosevic – comme un Etat pratiquant le « nettoyage ethnique », alors qu’il s’agissait d’un Etat multinational et multiculturel. Et que ce sont précisément les états issus de la destruction de la Yougoslavie avec l’appui de Washington et de l’OTAN – Croatie, Slovénie, Kosovo – qui ont été nettoyé ethniquement (non seulement des Serbes mais des autres minorités, Roms, Turcophones, Hongrois notamment). Elisabeth MARTENS précise qu’ « en fait, les discours ethniques ne sont là que pour expliquer au grand public des guerres que se font entre elles les grandes puissances : cela s’est vu dans les Balkans, en Irak, en URSS, cela se reproduit au Tibet ».

 

Luc MICHEL

 

Retour à l'Accueil