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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 26 novembre 2007

VERSION CAUCASIENNE DE LA « NUIT DES LONGS COUTEAUX » EN GEORGIE :
LA REVOLUTION DES ROSES VIRE OUVERTEMENT AU BRUN !

 

« La déclaration du président géorgien Mikhaïl Saakachvili sur l'implication de Moscou dans l'organisation de meetings de protestation à Tbilissi n'a pas été soutenue dans la presse. Les journalistes attribuent les actions de masse au niveau de vie très bas du peuple qui est le résultat de la politique appliquée par les autorités. Lorsqu'on se rend dans ce pays, le chômage massif et la misère sautent aux yeux »
(AÏKYN, Kazakhstan, 06.11.2007).
 
« Dans son message adressé à la nation, le président géorgien a expliqué le recours à des mesures violentes par la menace pour la sécurité de l'Etat émanant de la Russie. Cette affirmation est d'autant plus ridicule que l'opposition ne nourrit aucun sentiment amical envers Moscou, bien au contraire »
(AÏOTS ACHKHAR, Arménie, 09.11.2007).
 
« La campagne électorale en prévision de l'élection présidentielle anticipée de janvier en Géorgie est lancée dans un lourd climat d'intimidation, et la très jeune équipe au pouvoir autour de Saakachvili fera tout pour conserver les commandes et ses privilèges ».
(LE TEMPS, Genève, 20.11.2007)

 

Nous avions déjà abordé la question de la fascisation et de la militarisation du régime Saakachvili « made in NATO » en Géorgie dans notre précédent numéro, en mettant en avant les faits occultés en Occident sur la véritable nature de la dictature géorgienne.

L’actualité brûlante a confirmé nos accusations. Des centaines de manifestants pacifiques – dont de nombreuses femmes et enfants – sauvagement matraqués (plus de 500 blessés graves hospitalisés), les blindés, l’armée et les unités spéciales de la police quadrillant Tbilissi, les media fermés et censurés (dont une station de télévision saccagée), des arrestations et l’Etat d’urgence proclamé sans raison : voilà le vrai visage du régime Saakachvili !

Confronté à une grave crise dans l’ex majorité pro-américaine qui a éclaté en clans irréconciliables – la crise géorgienne n’est nullement un clash entre « démocrates » et gouvernement autoritaire, mais une lutte interne pour le pouvoir entre factions pro-occidentales –, Saakachvili a jeté bas les masques. La crise géorgienne s’apparente à une version caucasienne de la « nuit des longs couteaux ». pas à un processus démocratique, et encore moins à une « révolution » !

Et nous partageons entièrement l’avis de la diplomatie russe (15.11.2007), pour qui la prochaine « élection présidentielle est une farce » : « L'élection présidentielle anticipée géorgienne programmée pour le 5 janvier 2008 est une farce qui doit permettre aux dirigeants actuels de rester au pouvoir, a déclaré jeudi le ministère russe des Affaires étrangères. Malheureusement, la première impression se confirme – l'élection anticipée est une véritable farce destinée à préserver le pouvoir des dirigeants actuels. D'ailleurs, c'était déjà clair après l'annonce de la date du vote qui ne permettra pas à l'opposition de se réunir, ni à la société de dominer sa peur après la répression violente des protestations. Les récentes interventions publiques du président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui ont été largement médiatisées, marquent le début de la campagne électorale. Elle commence dans une situation assez singulière – l'état d'urgence est toujours en vigueur malgré les appels de la communauté internationale, la liberté d'expression et de réunion est limitée, l'opposition fait l'objet de pressions. Les dirigeants géorgiens misent probablement sur l'apathie des électeurs pendant les fêtes de fin de l'année qui pourrait leur permettre de falsifier les résultats de l'élection. Les autorités géorgiennes mettent en place ce scénario cynique, qui rappelle la situation des élections régionales de 2006, en poursuivant leur chasse aux espions et en créant l'image d'un ennemi extérieur ».

La russophobie est un élément clé de la campagne électorale, comme le dénonce également la Diplomatie russe : « Le président géorgien se montre très inventif. On a récemment diffusé des mensonges sur des raids aériens et des attaques de missiles. Ensuite, on a effrayé la société avec une histoire selon laquelle trois espions auraient rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Tbilissi. A présent, le président géorgien parle d'un transfert de chars russes et de matériel lourd vers l'Abkhazie. Les déclarations géorgiennes ont obligé la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) à inspecter les régions indiquées. La patrouille spéciale n'y a rien trouvé et les habitants n'ont pas fait état de déplacements de matériels de guerre. Les observateurs de l'ONU en ont informé leurs dirigeants et les missions diplomatiques à Tbilissi ».

« Mikhaïl Saakachvili ne s'intéresse pas aux faits, selon le ministre russe. Il est plongé dans un monde virtuel où rien ne l'empêche d'inventer des dangers terribles pour les combattre. De telles chimères à la Ian Fleming ne seraient pas dignes d'attention s'il ne cherchait pas à y entraîner l'ensemble de la société géorgienne ».

La thèse russe dénonçant les mensonges de la propagande de Tbilissi est singulièrement appuyée par un Démenti de l'ONU sur l'introduction du matériel de guerre russe en Abkhazie (15.11.2007). Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Géorgie Jean Arnault a en effet démenti la déclaration du ministre d'Etat géorgien pour la Résolution des conflits David Bakradzé selon laquelle « la Russie aurait introduit du matériel de guerre lourd dans le district d'Otchamtchira en Abkhazie ». Le 13 novembre dernier, M. Arnault a envoyé au nom des ambassadeurs du Groupe des amis du secrétaire général de l'ONU pour la Géorgie une lettre circulaire dans laquelle il dément la déclaration faite la veille par David Bakradzé sur une prétendue introduction dans le district d'Otchamtchira en Abkhazie de militaires et de matériel lourd russes (12 chars T-72, quatre lance-roquettes Grad, cinq véhicules blindés et sept mortiers).  M. Arnault a indiqué qu'une patrouille spéciale de la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) s'était rendue à la gare d'Otchamtchira, sur le polygone d'entraînement et le territoire attenant au port maritime. A l'issue de cette inspection, il a été établi qu'aucun matériel lourd n'y était stationné ni n'avait transité par-là ces derniers temps, à l'exception d'un seul char T-55 qui effectuait des manoeuvres d'entraînement dans le polygone évoqué.

Le principal commandement de l'Armée de terre russe a, lui, qualifié ces déclarations du ministre géorgien de « mensonge éhonté que Tbilissi ne cessait de répéter en dépit des faits ». Les représentants du ministère abkhaz de la Défense ont vu dans ces déclarations une « provocation informationnelle ».

La Guerre de l'information de Tbilissi contre Moscou trouve incontestablement son origine dans les élections géorgiennes, comme le souligne le président abkhaze (entretien accordé à RIA Novosti, 14.11.2007) : « Les provocations et la désinformation diffusées quotidiennement sur la Force de paix russe en Abkhazie s'expliquent par l'approche de l'élection présidentielle en Géorgie. Le thème antirusse se fera entendre en permanence tant que les autorités et l'opposition en Géorgie estimeront que cela leur est avantageux. La Géorgie mène une guerre de l'information depuis l'arrivée au pouvoir du président Mikhaïl Saakachvili, et ce dans l'objectif unique de dénigrer le contingent de paix russe et d'en obtenir le retrait de la zone du conflit abkhazo-géorgien ».

M. Bagapch a aussi qualifié d'erreur les affirmations des autorités géorgiennes selon lesquelles le départ des soldats de paix russes et l'arrivée de forces internationales permettraient de régler le problème de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud (*) : « Cela n'a rien à voir avec les réalités et en plus c'est stupide. Notre attitude envers les soldats de la force de paix est immuable. Ils remplissent honnêtement leur fonction, dans les strictes limites de leur mandat ». S'agissant de la prochaine élection présidentielle en Géorgie, M. Bagapch a affirmé qu'elle « ne concernerait en aucune manière l'Abkhazie » : « L'unique chose qui puisse nous concerner, c'est la situation qui ne cesse de s'aggraver en Géorgie et dont on pourrait profiter pour détourner l'attention de la population des problèmes internes ». Selon lui, la situation à la frontière abkhazo-géorgienne est calme. « Les forces que nous avons déployées à la frontière géorgienne sont suffisantes », a-t-il noté, ajoutant que « nos forces armées sont maintenues en état d'alerte élevé, ce que nous ne projetons pas d'abroger ».

 

Bureau de Presse du PCN-NCP.

 

(*) Les républiques d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, estimant qu'elles avaient été arbitrairement rattachées à la Géorgie à l'époque soviétique (1931 pour l'Abkhazie), ont proclamé leur indépendance après la chute de l'URSS en 1991. Des affrontements meurtriers ont opposé Abkhazes et Sud-Ossètes aux forces de Tbilissi à partir de 1992 et n'ont cessé qu'après l'intervention d'une force internationale de maintien de la paix. Au pouvoir depuis 2004, Mikhaïl Saakachvili a promis de rétablir par la force l'autorité de la Géorgie sur ces territoires.

 


 

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