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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 12 novembre 2007

LA TRAHISON DU GAULLISME :
NICOLAS SARKOZY, PROCHAIN « CANICHE DE BUSH » ?

 

« L’Amérique peut compter sur la France »
(Nicolas Sarkozy, Capitole, Washington, novembre 2007) 

« Sarko l'Américain » parle aux Américains titrait LE TEMPS (Genève, 07.11.07), à l’occasion de la seconde visite du président français Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, ajoutant que « Devant le Congrès, le président français a définitivement tourné la page de la brouille entre les deux pays à cause de l'Irak »

Les dernières déclarations du président français Nicolas Sarkozy démontrent que Washington s'est trouvé un nouvel allié privilégié en Europe. La politique extérieure française a effectué un virage à 180 degrés. Si l'administration Chirac condamnait l'opération en Irak et avait son propre avis sur tous les problèmes clés, l'équipe de Sarkozy, quant à elle, évite soigneusement d'être en contradiction avec la Maison Blanche.

Les critiques sur la politique américaine ne se font plus entendre à Paris. La France préconise désormais la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo et un durcissement des mesures à l'égard de l'Iran, mais envoie également de nouveaux soldats et du matériel en Afghanistan. Et l’arrivée au gouvernement des laquais yankee les plus obséquieux, comme Kouchner l’ex-gauleiter de l’OTAN au Kosovo, symbolise la reddition sans conditions de la France post-gaulliste à l’impérialisme américain. « En s’adressant au Congrès américain pour sceller la réconciliation transatlantique, Nicolas Sarkozy a prononcé la semaine dernière à Washington un discours qui tranche singulièrement avec le ton de ses prédécesseurs », commentait avec satisfaction le très atlantiste FIGARO (Paris).

« La France a une particularité: lorsqu'un des leaders mondiaux renforce ses positions, Paris lui cherche tout de suite un contrepoids. Dans les années 1960, ce sont les Etats-Unis qui s'étaient renforcés, c'est pourquoi la France s'était liée d'amitié avec la Chine et l'URSS. A présent que les Etats-Unis s'affaiblissent, s'étant embourbés au Proche-Orient et ayant été confrontés à des problèmes financiers, la France commence à les aider », estime Anatoli Outkine, directeur du Centre d'études internationales de l'Institut des Etats-Unis et du Canada de l'Académie des sciences de Russie. Selon lui c’est l’idéologie de bloc atlantiste qui s’impose en France : « l'actuelle alliance entre Paris et Washington reflète l'aspiration du monde occidental à s'unir face à la menace de l'expansion des "nouveaux leaders" (Chine, Brésil et Inde), mais si les Etats-Unis se renforcent à nouveau, il est probable que les relations franco-américaines se refroidiront par la suite. Cependant, il n'est pas garanti que ce soit Sarkozy qui s'en occupera: à en juger par son intervention au Congrès américain, son amour des Etats-Unis est tout à fait sincère ». Pourtant, selon l'analyste politique Dimitri Evstafiev, le rapprochement avec Washington a été contraint pour Paris. Le potentiel du gaullisme en tant que pensée s'étant épuisé, le pays a besoin d'une nouvelle idéologie et d'après Sarkozy, ce sont l'atlantisme et le rapprochement avec les Etats-Unis qui doivent la représenter. 

En outre, le président français a déclaré que son pays souhaitait retrouver son influence dans le commandement militaire de l'OTAN, ce qui signifiera le retour de fait de son armée au sein de l'Alliance, d'où elle avait été retirée par le général de Gaulle il y a plus de 40 ans. « Le retour complet de la France dans l’Otan constitue un autre enjeu de l’amitié pleinement retrouvée entre les deux rives de l’Atlantique. Un enjeu largement symbolique dans la mesure où Paris a déjà repris sa place au comité militaire de l’Alliance depuis 1995 et participe à la quasi-totalité de ses structures et opérations », commente LE FIGARO.

Si l'on prend en compte que ce sont les Etats-Unis qui jouent le premier rôle au sein de l'OTAN, la conclusion s'impose : Sarkozy veut tout simplement que Washington puisse disposer de plus de personnel et de matériel.

Et Sarkozy a déjà engagé la France dans le piège des guerres de Washington. En Afghanistan notamment. « Dans cette guerre incertaine, Paris n’a pas failli à la solidarité transatlantique en dépêchant récemment sur place plusieurs centaines d’instructeurs supplémentaires et six avions Mirage stationnés auparavant au Tadjikistan », révèle LE FIGARO. « Sarkozy ne nous fait pas une faveur, il apporte une contribution intelligente et très appréciée à notre combat commun », affirme au même quotidien un haut responsable du Département US de la Défense.

C’était justement le piège mortel de l’Atlantisme que de Gaulle dénonçait : l’implication de la France dans des conflits voulus ailleurs. Même les partisans de l’alignement occidental s’inquiètent de la légèreté de Sarkozy en la matière. « L’ « amitié définitive » entre la France et les Etats-Unis pourrait également être invoquée par ces derniers si la crise du nucléaire iranien prenait un tournant critique. Entre un président français qui juge «inacceptable la perspective d’un Iran nucléaire» et son homologue américain aimant à rappeler que «toutes les options sont sur la table», subsistera-t-il la place pour un « partenariat libre » lorsqu’on battra le rappel de la « fidélité jamais démentie » ? », interroge LE FIGARO.

Sur le plan international, c’est également la trahison et la liquidation de la politique d’indépendance gaulliste. Notamment la fin de la Grande politique arabe de la France, remplacée par un soutien aux thèses sionistes. « Le monde arabe a reçu le discours du Congrès avec consternation », confie ainsi un diplomate de la région.

Tout cela au bénéfice exclusif des intérêts de Washington et de son allié de Tel-Aviv. Et avec un prix qui sera lourd à payer pour la France, qui voit les interrogations négatives s’accumuler. Une France qui devra « en mesurer les contrecoups à moyen terme, à l’extérieur, à l’intérieur, et jusque dans nos banlieues, constate encore LE FIGARO. Comment réagiront nos alliés traditionnels, en Europe et hors d’Europe ? (…) A Washington, Sarkozy « l’atlantiste » a fait bouger les lignes de la diplomatie française. En attendant d’en connaître le prix ».

Il est évident qu'après le départ de Tony Blair du poste de Premier ministre britannique, les Etats-Unis avaient besoin d'un nouvel allié européen. Nicolas Sarkozy a été un candidat idéal. Ce n'est pas un pays tapageur comme la Pologne ou l'une des « hypodémocraties » baltes qui s'est retrouvé sous le contrôle de Washington, mais une des grandes puissances de l'Ancien monde, disposant d'une puissante économie, d'un potentiel nucléaire et du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU.

Il est difficile de dire quel effet aura tout cela sur la France. « Tout dépend de la limite que Sarkozy est prêt à franchir en soutenant les actions des Américains. Il ne faut toutefois pas oublier le sort de son prédécesseur au poste de « principal allié des Etats-Unis en Europe » Tony Blair, surnommé « le caniche de Bush » du fait de son soutien consécutif à la Maison-Blanche », conclu M. Evstafiev.

 

Luc MICHEL
(version actualisée le 21 nov. 2007)

 

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