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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 08 octobre 2007

CETTE SECONDE EUROPE QUI SE CONSTRUIT A L’EST (2e Partie) :
LA REINTEGRATION DE L’ESPACE POST-SOVIETIQUE EST EN MARCHE

Lire la 1e Partie
 

En ce début d’octobre 2007, à l’occasion d’un sommet multiple des dirigeants de la CEEA, de l’OTSC et de la CEI à Douchanbe, Capitale du Tadjikistan, de nouvelles étapes décisives ont été franchies.

 

VERS UNE UNION DOUANIERE AUTOUR DE LA C.E.E.A.

Réunis en sommet à Douchanbe, les leaders de la « Communauté économique eurasiatique » (CEEA), une organisation regroupant six ex-républiques soviétiques, ont désigné un nouveau secrétaire général et lancé les formalités juridiques pour mettre en place une union douanière.

La CEEA regroupe la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan (Trois pays – l'Arménie, la Moldavie et l'Ukraine – y bénéficient aussi du statut d'observateurs).

Le Kazakh Taïr Mansourov, gouverneur de la région du Kazakhstan septentrional et ancien ambassadeur en Russie, a succédé au Russe Grigori Rapota au poste de secrétaire général de la CEEA. Sa candidature a été approuvée par le Conseil des chefs d'Etat de la CEEA réuni en petit comité, a précisé le président russe Vladimir Poutine. « C'est une personne très expérimentée qui est bien connue en Russie. Il a été pendant huit ans ambassadeur du Kazakhstan en Russie. Jusqu'à présent, il a dirigé une région du Kazakhstan », a-t-il rappelé.

Le prédécesseur de Taïr Mansourov, Grigori Rapota, assumait les fonctions de secrétaire général de la CEEA depuis octobre 2001. En outre, la Russie a transmis la présidence tournante de la CEEA au Tadjikistan, qui la suit par ordre alphabétique.

A l'issue du sommet, les chefs d'Etat de la CEEA ont signé une série de documents relatifs à la coopération en matière d'intégration entre les pays membres.

Les six présidents ont par ailleurs abordé le problème de l'exploitation efficace des ressources d'eau en Asie centrale en promettant d'engager au travail des experts internationaux.

 

VERS LA FORMATION D'UN MARCHE
ENERGETIQUE COMMUN DE LA C.E.E.A.
 

Sur le plan de l'énergie, la Russie s'est engagée à présenter prochainement à l'examen des chefs de gouvernement un projet de concept de la formation d'un marché énergétique commun de la CEEA.

On se rappellera opportunément que la Communauté Economique Européenne, matrice de l’UE, est issue de la CECA, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, pour juger de l’importance de ce projet.

 

LA RUSSIE, LA BIELORUSSIE ET LE KAZAKHSTAN
CREENT UNE UNION DOUANIERE
 

Noyau intégrateur de la CEEA, la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan – qui sont les trois acteurs actuels du projet de création d’un Etat unique, l’ancienne Union Slave – ont jeté l’impulsion décisive de la future « Union douanière de la CEEA » en créant une union douanière à trois.

Les présidents russe, biélorusse et kazakh ont en effet signé ce 6 octobre à Douchanbe une série de documents marquant la mise en place d'une union douanière à trois au sein de la CEEA.

Cette décision avait été prise en août dernier à Sotchi lors d'une session extraordinaire du Conseil interétatique de la CEEA, qui regroupe la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan.

Selon Vladimir Poutine, la rencontre de Douchanbe a « permis d'approuver une série d'accords internationaux qui constituaient l'assise juridique de l'union douanière entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan et un plan d'action pour la mise en place de cette union dans le cadre de la CEEA d'ici 2010 ».

 

POUTINE SALUE UN PAS DE PLUS
DANS L'INTEGRATION POST-SOVIETIQUE
 

Le sommet de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) qui s'est tenu samedi à Douchanbe est une étape importante de l'intégration dans l'espace postsoviétique, a estimé le président russe Vladimir Poutine.

« La CEEA est une organisation solide et dynamique qui fait ses progrès et se développe. Nous venons de franchir un pas très important et résolument qualitatif dans le cadre des processus intégrationnistes qui se déroulent sur l'échiquier postsoviétique », a déclaré le chef de l'Etat russe lors d'une conférence de presse à Douchanbe.

« Je me réjouis des résultats de la session du Conseil interétatique de la CEEA et des accords internationaux signés qui visent à renforcer l'assise juridique de l'union douanière », a-t-il souligné.

 

L’OTSC S’OPPOSE A WASHINGTON ET A L’OTAN

Les leaders de l' « Organisation du Traité de Sécurité Collective » (OTSC), une alliance militaire regroupant sept ex-républiques soviétiques, se réunissaient également à Douchanbe. L'OTSC regroupe l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan.

L'OTSC qui fête cette année son 15e anniversaire est devenue « une structure efficace et réputée qu'on respecte dans le monde », a affirmé à cette occasion le président tadjik Emomali Rakhmon.

Alors que le régime militariste géorgien se fait chaque jour plus menaçant et s’arme à outrance en partenariat étroit avec ses commanditaires de l’OTAN, l'OTSC met clairement en garde contre le règlement militaire des conflits gelés.

Les leaders de l'OTSC ont exprimé à Douchanbe leur hostilité au règlement par la force des conflits « gelés » hérités de l'URSS (Transdniestrie, Abkhazie, Ossétie du Sud et Haut-Karabakh). « Nous sommes très préoccupés par le potentiel conflictuel qui s'accumule à proximité immédiate de la zone de responsabilité de l'OTSC, ce qui risque de provoquer de nouveaux clivages, de faire renaître l'atmosphère de la méfiance et de la suspicion », lit-on dans une déclaration qui évoque directement la menace géorgienne, adoptée à l'issue du sommet de l'OTSC. « Les idées et les projets prévoyant de régler les conflits gelés par la force, en dehors des processus de paix en cours, représentent une menace », souligne le document. « Au cours des quinze années qui se sont écoulées depuis la création de l'OTSC, le monde n'est pas devenu plus sûr et stable, tandis que les relations internationales se caractérisent de plus en plus souvent par une aggravation des tensions ». L'OTSC « contribue considérablement à relever les défis de nos jours. Nous sommes convaincus que, pour parvenir à un règlement plus efficace de ces problèmes, la communauté internationale doit mobiliser tous les instruments politiques et diplomatiques dont elle dispose ».

Les leaders de l'OTSC estiment que, dans le contexte actuel, la priorité est d'adapter l'Organisation aux nouvelles tendances du développement mondial et de l'impliquer davantage dans la formation d'une architecture moderne de la sécurité internationale, sur base d’un Monde multipolaire. « Parmi les volets prometteurs du développement de l'OTSC on peut citer les missions de maintien de la paix, l'intervention dans les situations d'urgence de caractère naturel ou technique, la lutte contre les migrations clandestines et la sécurité informationnelle, autant d'éléments qui permettent de renforcer le potentiel de l'organisation et de la transformer en structure polyvalente et efficace de sécurité », précise le document.

Les Etats membres de l'OTSC ont par ailleurs confirmé leur intention de renforcer la coopération politique et militaire et de créer un système d'intervention souple et opportune aux crises internationales. Notamment au travers d’un Corps transnational de soldats de la Paix de l’OSCE, qui mettra un terme au monopole de l’intervention de l’OTAN dans les pays en crise.

Face à une OTAN inégalitaire, où les USA trustent tous les postes militaires importants – Jean Thiriart parlait fort justement des Européens dans l’OTAN comme de « l’infanterie coloniale du Pentagone » –, les participants au sommet ont développé une vision égalitaire et soutenu la candidature du Kazakhstan à la présidence de l'OSCE en 2009. « Nous sommes convaincus que cela permettra de donner une nouvelle impulsion au développement et au renouvellement de cette organisation, mais aussi garantira l'égalité en droits de ses membres et le respect de l'équilibre géographique dans les structures dirigeantes de l'OSCE », résume la déclaration.

 

L’OTSC INTERVIENT DANS LES DOSSIERS IRANIEN ET AFGHAN

L'OTSC prône par ailleurs le règlement pacifique du dossier nucléaire iranien. « Le dossier nucléaire iranien doit être résolu par des moyens pacifiques », lit-on aussi dans la déclaration adoptée à Douchanbe à l'issue du sommet de l'OTSC.

Les leaders de l'OTSC se sont dits gravement préoccupés par la situation autour du programme nucléaire iranien. « Nous préconisons le strict respect des engagements prévus par les accords internationaux tout en appelons à régler le problème par les seuls moyens pacifiques », souligne la déclaration.

L'OTSC contribuera au processus de paix en Afghanistan

L'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) entend aussi s'impliquer davantage dans le processus de paix en Afghanistan, a aussi déclaré samedi à Douchanbe le président tadjik Emomali Rakhmon. « Nous avons évoqué les mesures à déployer pour intensifier nos efforts sur l'axe afghan, pour que l'OTSC puisse apporter une contribution plus solide au renforcement du processus de paix dans ce pays », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de l'OTSC.

L'OTSC appelle également à se mobiliser face au trafic de drogue croissant en provenance de l'Afghanistan. Il s’agit d’une pierre de plus dans le jardin occidental, les seigneurs de la Guerre qui forment l’ossature du régime pro-occidental de Karzai, porté à bout de bras par Washington et l’OTAN, sont en effet les premiers producteurs de cette drogue qui envahit et ronge l’Europe. On oublie trop souvent que le régime des Talibans avait prohibé la culture du pavot avant d’être renversé par les USA et que l’invasion de l’Afghanistan s’est accompagnée de la reprise de la production de drogue.

Les leaders de l'OTSC ont donc appelé à multiplier les opérations conjointes en vue d'enrayer le trafic de drogue en provenance de l'Afghanistan. « Nous sommes particulièrement préoccupés par les difficultés qui entravent la reconstruction de l'Afghanistan d'où émane une menace qui pèse sur toute la communauté internationale, celle du trafic de drogue », lit-on dans une déclaration conjointe adoptée à l'issue du sommet anniversaire de l'OTSC. « Nous appelons toutes les parties intéressées à conjuguer leurs efforts en vue de parer la menace des drogues, y compris en organisant des opérations conjointes visant à enrayer le trafic de stupéfiants », résume le document. On notera que l’OTAN s’est toujours refusée jusqu’à présent à coopérer avec l’OTSC dans ce domaine.

 

Luc MICHEL

(Sources : RIA NOVOSTI, AFP)

 

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