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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 27 août 2007

APRES LES NOUVELLES PROVOCATIONS DE TBILISSI :
LA GEORGIE, UN ETAT FANTOCHE
ET AGRESSIF AUX MAINS DES USA ET DE L’OTAN !

 

Un missile d'origine inconnue tombé le 6 août 2007 dans une région de la Géorgie sans exploser est devenu le nouveau stimulant du rapprochement entre Tbilissi et l'OTAN dans la lutte contre « l'agression russe ».

A Moscou, on insiste sur la nature notoirement provocatrice de l'incident aérien dans la zone du conflit osséto-géorgien – auquel l’incident est étroitement lié – et on se déclare prêt à poursuivre la coopération dans l'enquête, lit-on dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères (MID, 17 août 2007).

Ce document a été publié à l'issue d'une rencontre vendredi à Moscou du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine, avec les ambassadeurs de France et d'Allemagne en Fédération de Russie.

« A également participé à cet entretien le représentant spécial du MID pour les relations avec les pays membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI), l'ambassadeur itinérant Valeri Keniaïkine, qui avait fait partie du groupe d'experts russes se trouvant en Géorgie les 16 et 17 août. Le diplomate a évoqué des données techniques militaires détaillées témoignant explicitement du caractère provocateur de l'incident, planifié et organisé par les forces en Géorgie qui, pour adhérer à des structures militaires bien connues (ndlr : l’OTAN), font tout pour compromettre les relations russo-géorgiennes », note le document.

Lors de cette rencontre au ministère russe des Affaires étrangères, la partie russe a réaffirmé sa disposition à poursuivre la coopération dans l'enquête sur cet incident aérien, indique la diplomatie russe.

La provocation géorgienne est bien entendu liée aux conflits osséto-géorgien et abkhazo-géorgien. Retour sur deux conflits « gelés » que le bellicisme géorgien ravive.

Ex-région autonome de la Géorgie d'après la division administrative de l'URSS, l'Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) a proclamé son indépendance le 20 septembre 1990. Tbilissi a alors riposté et les opérations militaires ont fait des milliers de morts de part et d'autre de 1990 à 1992. Lors du premier référendum de janvier 1992, au lendemain de la disparition de l'URSS, l'Ossétie du Sud s'est massivement exprimée en faveur de son indépendance envers la Géorgie. Les Sud-Ossètes mettent le cap sur le rapprochement avec l'Ossétie du Nord, république du Caucase du Nord russe, notant que les Ossètes, du Nord comme du Sud, ont bénévolement intégré la Russie en 1774, une bonne trentaine d'années avant la Géorgie. Près de 99% des Sud-Ossètes ont dit « oui » au référendum organisé ce 12 novembre 2006 par les autorités séparatistes et proposant de faire de la région un Etat indépendant. Tskhinvali ne cache pas son objectif stratégique de réunification avec l'Ossétie du Nord, une république russe du Caucase du Nord, et refuse catégoriquement de reconnaître la souveraineté géorgienne sur son territoire.

L'Abkhazie (capitale Soukhoum), ex-république autonome de la Géorgie soviétique depuis 1931, a combattu les forces géorgiennes de 1992 à 1994, au lendemain de la dissolution de l'URSS en décembre 1991. Soukhoum ne reconnaît pas la souveraineté de Tbilissi sur son territoire et applique une politique visant à accéder à une indépendance reconnue par la communauté internationale.

Deux « conflits gelés » perdurent autour de ces deux républiques, que l’on tente, avec l’appui de l’OTAN et de Washington, d’annihiler par la force. En Ossétie du Sud, comme en Abkhazie voisine, toutes deux agressées par la Géorgie, les combats n'ont cessé qu'après l'intervention d'une force internationale de maintien de la paix.

A noter que le 30 septembre 2006, les présidents des parlements de trois républiques non reconnues – mais néanmoins en Droit international reconnues comme « sujets de droit international » en tant que parties à des conflits – (Abkhazie, Ossétie du Sud, PMR ou Transnistrie) ont signé un accord instituant l'Assemblée parlementaire de la Communauté « Pour la démocratie et les droits des peuples »,  qualifiée depuis de « CEI-2 ». Le Traité d’amitié prévoit une assistance mutuelle au niveau politique et économique, mais aussi, en cas d’agression, une assistance militaire.

La presse russe dénonce pertinemment la provocation géorgienne, ses motivations et ses inspirateurs : « La Géorgie cherche à doper son rapprochement avec l'OTAN » titraient  VREMIA NOVOSTEÏ et la NEZAVISSIMAÏA GAZETA (24/ 08/ 2007) : « La Géorgie s'est officiellement déclarée prête à participer au système d'échange d'informations sur la situation aérienne entre les pays membres de l'Alliance et les Etats partenaires de l'OTAN. Dans le même temps, la République non reconnue d'Abkhazie prévient que, si des avions géorgiens font leur apparition dans son espace aérien, ils seront détruits. L'information sur l'intensification des consultations entre l'OTAN et la Géorgie est apparue jeudi après une nouvelle déclaration alarmiste du ministère géorgien des Affaires étrangères affirmant que, le 21 août, la DCA du pays avait enregistré deux violations de sa frontière d'Etat par un avion venant de Russie qui a pénétré dans l'espace aérien géorgien ».

A Moscou, ces nouvelles accusations géorgiennes sont accueillies avec ironie. « Nos collègues géorgiens ont des hallucinations », a avancé le général d'armée Iouri Balouïevski, chef d'état-major des forces armées russes. Il a en outre qualifié les données techniques présentées par la Géorgie de douteuses.

« Les raisons de toutes les déclarations de Tbilissi sur une prétendue implication de la Russie dans des violations de l'espace aérien géorgien sont connues », affirme Vladimir Jarikhine, vice-directeur de l'Institut des pays de la CEI (Communauté des Etats indépendants). Il a rappelé les nombreuses incohérences de la version géorgienne de l'incident du 6 août et déclaré : « Les autorités géorgiennes espèrent que les Etats-Unis et la communauté internationale mordront à l'hameçon de cette provocation ».

Dans la République d'Abkhazie, tous les scandales provoqués par les vols d'avions soi-disant russes au-dessus du territoire de la Géorgie sont considérés comme différents points d'un même plan visant à attiser les passions autour de la menace russe. « Plus le vacarme au sujet de « l'agression russe » à l'égard de la Géorgie est assourdissant, plus vite ce pays adhérera à l'OTAN, a indiqué le ministre abkhaze des Affaires étrangères Sergueï Chamba, expliquant la tactique géorgienne. Tbilissi voudrait accélérer ce processus, pour cela, il faut prouver que la Géorgie fait l'objet d'une menace permanente ». Le ministre a prévenu Tbilissi que les avions géorgiens qui apparaîtraient au-dessus du territoire abkhaze seraient abattus. « Nous avons des installations fixes et des avions intercepteurs », a-t-il souligné.

Etrange hasard, l'OTAN est aussitôt prête à assurer la sécurité aérienne de la Géorgie, annonce la NEZAVISSIMAÏA GAZETA de Moscou (24 août 2007). « La multiplication des incidents à la frontière russo-géorgienne dont se plaint Tbilissi pourrait accélérer le rapprochement de cette république caucasienne avec l'OTAN ». D'après la NEZAVISSIMAÏA GAZETA, « le Conseil de l'Alliance atlantique a débattu mercredi 22 août de l'affaire du missile tiré, selon Tbilissi, lors d'une violation de l'espace aérien géorgien par deux avions russes le 6 août dernier. Moscou a démenti toute implication, mais les pays occidentaux, qui ont dépêché une enquête de l'OSCE, ne le croient pas. Quelques jours plus tard, Tbilissi a de nouveau accusé la Russie d'avoir violé son espace aérien ».

Selon toute vraisemblance, cette « 'vulnérabilité' face à la Russie démontrée par la Géorgie peut favoriser un consensus au sein de l'OTAN sur la question du rattachement de Tbilissi à l'Alliance », note le journal libéral moscovite. Dans cette perspective, l'OTAN compte fournir des informations radar sur l'espace aérien géorgien. Ainsi, « les Géorgiens auront la possibilité de savoir ce qui se passe au-dessus du Caucase Nord. En cas d'incident impliquant la Russie, Tbilissi pourrait réagir grâce aux données venant de leur système de défense antiaérienne vieillissant mais aussi des informations de l'OTAN. »

On rappellera opportunément les propos du président géorgien le 12 février dernier. « La Géorgie se démène pour adhérer à l'OTAN et rien ne pourra l'en empêcher », a déclaré Mikhaïl Saakachvili – formé aux USA, salarié du groupe Soros, arrivé au pouvoir à l’occasion d’un coup d’état financé par les USA et improprement appelé « révolution de couleur » – lors d'une conférence de presse dans la région de Tskhinvali (Ossétie du Nord). « Je me suis toujours abstenu de répondre quand on me demandait des dates pour l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN, mais le secrétaire général a lui-même annoncé hier les délais fixés », a-t-il relevé. « Cela prouve une nouvelle fois que l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN est possible », a souligné Saakachvili, qui commentait la déclaration du secrétaire de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer le 11 février à la Conférence de Munich sur la sécurité.

Jaap de Hoop Scheffer avait alors affirmé que « si la Géorgie menait à bien certaines réformes, elle pourrait devenir candidate à l'adhésion à l'OTAN en 2009 ».

Pour l'heure, la Géorgie est en phase de « dialogue intensif » avec l'Alliance, condition préalable au « plan d'action d'adhésion » qui officialise la candidature d'un pays à l'intégration à l'OTAN. Reste que, parmi les pays membres, les avis divergent quant à l'opportunité d'accepter la Géorgie. La France et l'Allemagne craignent que cela ne détériore les rapports avec Moscou.

Le 13 mars 2007, le parlement géorgien a adopté une Déclaration sur l'adhésion complète et urgente de la Géorgie à l'OTAN. Une date qui risque de s'ajouter aux nombreux faux-fuyants de la Géorgie contemporaine. Le texte a été approuvé par 160 voix, soit à l'unanimité moins une voix  !

Lev Dzougaïev, membre du Conseil d'experts de RIA Novosti, analyse la situation en Géorgie : « Le récent vote par le parlement géorgien pour l'adhésion du pays à l'OTAN a marqué un retour du pays à ses vieux démons, celui-ci refusant de faire face à ses véritables problèmes en cherchant un bouc émissaire extérieur, en l'occurrence la Russie (…) Ainsi, à défaut de s'attaquer à ses véritables problèmes de développement économique et social, la nouvelle Géorgie impute à nouveau toutes ses difficultés à des forces extérieures, autrement dit à la Russie, dont les agissements l'empêcheraient de profiter pleinement de ses « capacités créatrices ». Pas un mot sur la responsabilité de la Géorgie, du moins de sa classe politique, quand elle se prend, avec une régularité étonnante, le même râteau dans la figure »…  

L’expert russe rappelle les fondements bien peu démocratiques du régime ultra-nationaliste de Saakachvili : « On se souvient des propos de l'éminent philosophe géorgien Merab Mamardachvili qui, à la charnière des années 1980-1990, a mis en garde contre la politique nocive de Zviad Gamsakhourdia. Hélas, sa voix n'a pas été entendue, et on ne connaît que trop bien la suite des événements et le sort du premier président géorgien. Certains responsables politiques ont apparemment des trous de mémoire, sinon ils ne commettraient pas, avec une persévérance digne d'un meilleur but, les mêmes erreurs en entraînant leur peuple dans le gouffre de nouvelles secousses politiques, économiques et sociales. Soutenu par plus de 90% de la population, Zviad Gamsakhourdia a lancé la politique de "la Géorgie aux Géorgiens" qui a débouché sur des purges ethniques et des massacres en Ossétie du Sud. Quelques années plus tard, des blindés ont investi le centre de Tbilissi pour renverser le premier président ».

Son successeur Edouard Chevardnadze, « élu lui aussi avec plus de 90% des suffrages, s'est empressé de déclencher une guerre contre l'Abkhazie, pour finalement y essuyer une défaite cinglante. Cette aventure lui a coûté des centaines de milliers de réfugiés géorgiens. En 2003, il a dû quitter son poste suite à la « révolution des roses ». »

Mikhaïl Saakachvili, le président en exercice, a « également recueilli plus de 90% des voix. Moins d'un an plus tard, sa « sagesse » politique a débouché sur des tirs de canon et une effusion de sang en Ossétie du Sud. La confiance fragile que les Ossètes et les Géorgiens avaient mis une dizaine d'années à bâtir a été brisée d'un seul coup. Sous Mikhaïl Saakachvili, les relations russo-géorgiennes se trouvent dans leur phase la plus froide, alors que les perspectives d'un règlement pacifique des conflits en Ossétie du Sud et en Abkhazie n'ont jamais été aussi illusoires. Selon le centre d'étude de l'opinion publique Gorbi, 65% des Géorgiens se déclarent aujourd'hui mécontents de la situation économique dans leur pays, malgré la rhétorique emphatique sur les progrès notables accomplis par l'administration de Tbilissi. Visiblement, Mikhaïl Saakachvili est incapable de tirer des enseignements du passé récent ».

Dans le dossier de l'adhésion à l'OTAN, comme dans les autres, l'unanimité est surprenante. « Nous serons membre de l'alliance politico-militaire la plus forte dans l'histoire de l'humanité. La Géorgie en a rêvé pendant des siècles », a constaté le numéro un géorgien. « Etait-ce bien le rêve des Géorgiens quand, persécutés par les troupes du schah de Perse, ils sont venus frapper à la porte du voisin russe », interroge encore Lev Dzougaïev.

Sur l’agenda de Mikhaïl Saakachvili, l’adhésion à l’OTAN précède étroitement une nouvelle guerre contre l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. « Certaines forces à l'intérieur comme à l'extérieur du pays spéculaient sur les perspectives d'adhésion de la Géorgie à l'OTAN, dans le contexte du rétablissement de la souveraineté géorgienne sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Et d'assurer que l'OTAN n'intervient pas dans le règlement des conflits intérieurs spécifiques », commente RIA NOVOSTI. Et quid des propos de la présidente du parlement géorgien, Nino Bourdjanadze, prononcés lors du sommet de l'OTAN à Riga : « Ne serait-il pas plus simple que la Géorgie adhère d'abord à l'OTAN, pour engager ensuite les pourparlers sur l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie avec la participation de l'Alliance Atlantique ».

La dernière provocation géorgienne fait suite à beaucoup d’autres. Déjà à la veille de l'examen de la Déclaration sur l'adhésion à l'OTAN au parlement géorgien, Tbilissi avait fait état de « frappes aériennes dans la haute vallée de la Kodori, à la frontière abkhazo-géorgienne, réalisées par des hélicoptères qui seraient entrés sur le territoire géorgien depuis la Russie ». Si aucune preuve établissant qu'il s'agissait d'hélicoptères russes n'a été fournie, les bombardements ont figuré parmi les principaux arguments avancés en faveur de la signature du Mémorandum de réconciliation nationale. « La signature d'un tel document est particulièrement importante dans le contexte des événements qui se déroulent dans la haute Abkhazie », a souligné Nino Bourdjanadze, avant d'ajouter : « La Géorgie fera le maximum pour entrer au plus vite dans l'organisation qui apportera paix et stabilité à toute la région ».

Le thème de la menace extérieure est délibérément inculqué dans l'esprit des Géorgiens. Et cette pression médiatique porte ses fruits: selon une étude réalisée par BALTIC SURVEY et l'INSTITUT GALLUP, 83% de la population approuve l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN.

Ce tableau, écrit  Lev Dzougaïev, « rappelle fortement la Géorgie des années 1989-1992, avec la désignation d'un ennemi incarné par les minorités ethniques, les réponses inappropriées aux défis de l'époque et la désintégration postérieure de l'Etat nouvellement proclamé. Aujourd'hui, on constate la même recherche d'un ennemi – il s'agit cette fois de la Russie –, la même incapacité à proposer des scénarios acceptables de règlement des conflits, les mêmes tentatives de mobilisation politique de la société ».

Washington est évidemment le plus fervent partisan de l'entrée de Tbilissi dans l'Alliance. Récemment, le Congrès des Etats-Unis a voté une loi de soutien financier en faveur de l'intégration simultanée de l'Albanie, de la Croatie, de la Macédoine et de la Géorgie. Cette dernière se verrait accorder une aide américaine de 10 millions de dollars, soit trois fois plus que les autres candidats.

Dès lors chercher à qui profite la dernière provocation géorgienne éclaire l’agenda réel de Tbilissi et des ses maîtres occidentaux !

Quant aux Républiques d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, face aux menaces du régime géorgien, « l'accès à l'indépendance est la seule voie possible », écrivait Igor Smirnov, président de la Pridnestrovie (ou PMR, une autre république « venue du froid »), dans un télégramme envoyé ce 17 août au président abkhaz Sergueï Bagapch à l'occasion des 15 ans du début du conflit armé avec la Géorgie (Le 14 août 1992, la Géorgie avait introduit ses troupes en Abkhazie où elles s'étaient heurtées à une forte résistance. Le conflit armé, au cours duquel la Géorgie a perdu le contrôle de l'Abkhazie, s'est achevé le 30 août 1993). « Nous comprenons votre douleur, nous avons connu la même tragédie. Le souvenir des événements passés nous persuade que l'indépendance est la seule voie possible pour nos peuples (…) Nous avons acquis le droit de vivre librement sur notre terre au prix du sang de nos meilleurs fils et filles. Notre histoire témoigne que nul n'est en droit de nous priver de ce droit ».

 

Luc MICHEL
(avec AFP, RIA NOVOSTI, VREMIA NOVOSTI, NEZAVISSIMAÏA GAZETA, LA CAUSE DES PEUPLES, BALTIC SURVEY)

 

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