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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 10 août 2007

L’AFFAIRE LIBYENNE
OU LA REDISTRIBUTION DES CARTES

 

        Depuis plusieurs jours le petit monde politico-médiatique français, euh parisien, parle, discute et polémique sur les suites de l’affaire de la libération des infirmières bulgares. Elles sont, enfin, rentrées chez elles et, plus que tout autre, nous nous en félicitons.

Mais ce qui est préoccupant c’est l’attaque en règle pour des raisons de petite politique intérieure voire intestine de la gauche française, épaulée en cela par quelques députés de droite aux accointances toutes particulières.

Aujourd’hui, le PS a trouvé un nouvel angle dévoilant sa véritable nature au grand jour : l’ « éventuel projet » de la construction d'un réacteur nucléaire pour une usine de dessalement d'eau de mer. Noter bien la précaution abordée par les deux gouvernements français et libyen.

Selon Bruno Rebelle, ancien conseiller de Ségolène Royal, et le député socialiste Jean-Louis Bianco (« Le Monde » du 8 août 2007) fournir une centrale nucléaire à la Libye est « géopolitiquement irresponsable et énergétiquement inutile ».

Ils avancent également le fallacieux argument que la « finalité de cette coopération d'autant plus discutable que l'argument énergétique avancé est totalement inepte ». Selon les deux hommes, la Libye, qui « pompe depuis toujours dans une nappe phréatique profonde », n'a pas particulièrement besoin d'une usine de dessalement, et est assez riche en pétrole et en gaz pour fournir l'énergie nécessaire pour une éventuelle usine.

Fallacieux car hier ce qui était un projet dispendieux et mégalomane (*) est aujourd’hui subitement pour ce même milieu une évidence qui va de soi.

Quant à leur argument « que la Libye, comme tous les pays de la région, possède une autre ressource énergétique illimitée, renouvelable et gratuite: le soleil! » relève de l’évidence de café de comptoir ! Toutes les personnes expertes sur la question du dessalement de l’eau de mer connaissent la complexité du processus et de l’énorme quantité d’énergie à fournir. Les technologies de l’énergie solaire ne peuvent à ce jour être adaptées au projet à destination de masses importantes.

De tels a priori relèvent de la même pensée colonialiste de Pères blancs que la dernière chronique raciste d’Alexandre Addler dans LE FIGARO du 6 août 2007 qui indique qu’ « on ne peut parler de la Libye qu'entre le rire et les larmes. Les pitreries diverses de son chef, ainsi que son goût des accoutrements issus du Cirque Pinder, donnent souvent à sourire ».

C’est ici que se rejoignent une certaine droite atlantiste pour éviter un qualificatif plus proche-oriental et une gauche qui a oublié qu’elle n’est pas à la tête de l’Etat.

Car que peut vouloir bien dire l’entretien de la polémique autour des dites « zones d’ombre » si ce n’est la prétention de régler des comptes de petite politique en visant la personne du chef de l’Etat, qui quoi qu’on en pense sont dans cette affaire, en contradiction avec les intérêts économiques et industriels de la France.

Tout cela révèle que derrière les étiquettes se cachent soit des médiocres politiciens à la vue bien courte et partisane, soit des affiliés à une idéologie, à des intérêts étrangers. Nous craignons que ce soit les deux à la fois !

        Depuis les premiers pas dans la politique étrangère, il nous faut avouer que Sarkozy nous surprend positivement. Et si notre analyse sur le fond anti-démocratique du Parlementarisme bourgeois ne change en rien (voir le PCN-Infos du 8 juin 2007), cela ne nous empêche pas de noter les évolutions – surprenantes – de la situation politique française. Combien d’hommes élus sur un programme en appliquent souvent un autre !

L’envoyé de bon office à Damas, son positionnement sur le Kosovo faisant écho à la position russe et son action autour du dossier des infirmières bulgares sont autant de bons points pour Sarkozy. Surtout le petit tour de passe-passe vis-à-vis de la Commission de Bruxelles dans la « diplomatie » de cette dernière affaire. Cela change de l’immobilisme, du verbiage et du copinage de l’ère glacière de la chiraquie.

Pour autant, au-delà des premiers effets de manche médiatiques et parties de cartes internationales, nous attendons d’autres preuves de son désengagement atlantiste. Et ce n’est pas encore gagné. Les vacances aux Etats-Unis et son repas « amical » avec Bush permettent encore le doute sur le fait que cela soit une politique mûrement réfléchie en terme géopolitique. La question militaire sur le choix entre l’OTAN et ses préparatifs en vue de la troisième guerre mondiale ou l’entente-défense commune avec la Russie sera déterminante. N’est pas de l’envergure de Poutine qui veut !

        Quant à la politique intérieure de son gouvernement, elle nous trouvera sur son chemin afin de défendre les acquis fondamentaux comme :

- Le droit de grève, arraché par la lutte de la classe ouvrière en 1864.
- Le contrat de travail, le Code du travail, les conventions collectives.
- La Sécurité sociale conquise en 1945.
- Les régimes de retraite.
 

 

Fabrice BEAUR

 

(*) La « grande rivière verte » artificielle est un immense projet en fin de réalisation qui permet d’acheminer sur les villes des côtés libyennes d’immense volume d’eau nécessaire au quotidien de la population, à l’irrigation des nouvelles cultures sans cesse croissantes et aux industries.

 

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