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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 17 avril 2007

ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE :
LAISSONS LE SYSTEME A SA LENTE AGONIE !

 

En France, comme partout ailleurs en Europe et dans le monde, le Parlementarisme bourgeois – qu'il ne faut pas confondre et encore moins assimiler à la Démocratie, comme la propagande du Système veut fallacieusement le faire croire – a atteint le stade ultime de sa dégénrescence.

Partout la démocratie – ou plutôt la prétention abusive et illégitime à incarner un système démocratique – a fait place à un gouvernement oligarchique, à la confiscation de la représentation populaire par les puissances d'argent du Capitalisme libéral. Il y a aujourd'hui adéquation totale, absolue, entre le pouvoir économique et le pouvoir politique.

L'élection présidentielle révèle significativement cette situation.


I – POUR QUI VOTER ?

Dans le cadre de cette pseudo démocratie – confisquée par une minorité, biaisée par l'argent –, il n'y a plus aujourd'hui de choix à faire, car aucun candidat n'incarne un choix en dehors ou contre le Système. De l'extrême-droite à l'extrême-gauche, c'est le même consensus, les mêmes valeurs fondatrices.

La seule position cohérente, révolutionnaire, anti-Système, c'est donc de refuser un faux choix, qui n'existe pas réellement, à l'intérieur du Système. LE SEUL VOTE REVOLUTIONNAIRE, C'EST LE VOTE BLANC, NUL (1) OU L'ABSTENTION.

PAS UNE VOIX POUR LES CANDIDATS DU SYSTEME !
LAISSONS LE SYSTEME A SA LENTE AGONIE !

La Révolution, elle, s'incarne hors du Système, dans ce que le sociologue Pareto appelle la « contre-élite » (2) et d'autres la « contre-démocratie » (3). A nous de préparer, en dehors du Système, l'avenir de la Révolution européenne. Qui passe avant tout par la diffusion de notre idéologie et la formation d’un Cadre pan-européen.

On notera que Jean THIRIART, toujours prophétique dans sa pensée anticipatrice, ne disait pas autre chose dès 1969. Dans l'organe théorique de notre Organisation « LA NATION EUROPEENNE » (4), il théorisait déjà notre position : « Nous pensons quant à nous que l'unité européenne pourrait se faire par un mélange (variable selon la circonstance) entre la persuasion et la violence. – avec une dose dominante de violence – et dans un « climat tragique » – non pas dans l'actuel climat trivial. Ce sera un viol consenti après un moment d'émotion, ou plus exactement dans un moment de panique. Si cela se fait, cela ne pourra se faire par des marchands de voitures. Mais avant que cela ne se fasse, il faudra ouvrir quelques milliers de têtes à des concepts classiques de la politique de l'Etat, de politique d'intérêts, de la politique de pouvoir, de la politique laïque et lutter contre les fumées et les brouillards des politiques de contestation (le « socialisme » parlementaire en Europe ne peut exemple pris en passant – subsister qu'en parasitant le néo-capitalisme : c'est un phénomène-type de parasitisme symbiose, des politiques sentimentales, des politiques « religieuses », des politiques littéraires vertuistes... Nous devons avoir sous la main une équipe de têtes convaincues de l'Europe-fusion (par opposition à l'Europe-addition) et préparées à une Europe-Etat ».


II – CONTRE LES CANDIDATS DU FRIC-ROI

Que la politique bourgeoise soit confisquée par l'argent éclate au grand jour lorsqu'on voit le statut social des principaux candidats.

Tous sont des millionnaires, soumis à l'ISF (5). Millionnaires les Sarkozy et le couple Royale-Hollande (ayant des deux côtés manipulé l'état réel de leur fortune, pour la diminuer, comme l'a révélé l'hebdomadaire satirique parisien « LE CANARD ENCHAINE »). Millionnaire Le Pen, qui ose prétendre incarner « le peuple » (6).

Encore et toujours millionnaire Bayrou, le pseudo « candidat contre le Système » (où il est parfaitement inséré depuis toujours), gros propriétaire terrien dans le Bearn, qui n'échappe à l'ISF que grâce aux dispositions fiscales sur le patrimoine agricole.


III – OPPOSITION DU SYSTEME OU OPPOSITION AU SYSTEME ?

Reste le cas des « petits candidats ». On notera tout d'abord le ralliement aux candidats officiels du Système de ceux qui prétendaient – il n'y a guère encore – incarner un recours.

Exemplaire est le cas de Jean-Pierre Chevènement, qui représentait hier une opposition à l'axe américano-sioniste. Et qui avec son ralliement à la candidature de Royal, candidate, elle-aussi, de Washington et de Tel-Aviv, a rallié le camps de nos occupants (7).

Et les autres ne valent pas mieux. Les candidats de l'extrême-gauche, piégés par le vote utile à gauche au 2eme tour, ne sont que la digue élevée à gauche pour endiguer le mécontentement populaire (8).

Le vote d'extrême-droite – Le Pen, de Villiers et leurs épigones – est la copie sur la droite de la même opération d'endiguement. Le partage des mêmes valeurs fondamentales entre le candidat Sarkozy – la candidat préféré de Washington et Tel-Aviv – et les candidats de l'extrême-droite est exemplaire et exemplatif de l'excroquerie électorale que représentent les GADGETS ELECTORAUX impulsés par le Système.

PARETO et à sa suite THIRIART ont toujours insisté fort justement sur la différenciation fondamentale à opérer entre la pseudo opposition DU Système – la fausse opposition, escroquerie politique – et l'opposition radicale AU Système (comme l'incarne le PCN et la « contre-démocratie ») (3).


IV – L'Absence de l'enjeu fondamental : l'Ecologie absente du debat !

Actuellement émerge dans les masses ce qui devrait être l'enjeu fondamental du débat politique partout dans le monde : l'écologie, la nécessité de donner un coup d'arrêt à la destruction de notre planète par le Système capitaliste.

J'ouvrirai une parenthèse à ce sujet. Depuis les débuts de mon long parcours politique, au début des années 1970, l'écologie radicale a toujours fait partie de mes préoccupations. J'ai participé, comme acteur engagé, aux premiers pas de l'écologie politique, avant sa trahison par les politiciens « verts » et leur ralliement au Système. Il y a près de 40 ans, nous annoncions déjà la catastrophe à venir, celle que nous subissons aujourd'hui, notamment avec le réchauffement climatique. Cette catastrophe que les hommes et les media du Système faignent de découvrir en 2007. Il n'y a rien à attendre du Système !

Face à l'urgence vitale de sauver la planète et l'avenir de l'humanité, le Système répond par l'absence de l'enjeu écologique dans le débat de l'élection présidentielle française.

Les « Verts » et leur candidate Voynet sont plus préoccupés par leur survie politique lors des prochaines législatives et sénatoriales. Survie qui passe par la capitulation politique et idéologique face au PS et à Royal (9).

On notera encore la cas d'Antoine Waechter – le leader de l'écologie « ni droite ni gauche » - qui soutien Bayrou, l'un des quatre principaux candidats du Système.

On finira par la dénonciation – inattendue dans les colonnes de la très régimiste LIBRE BELGIQUE (Bruxelles, 31 janvier 2007) – d'un autre gadget du Système, l'imposture de Nicolas Hulot, « l'écologie au service du grand capital », fausse conscience écologique à l'usage des gogos qui croient encore que le Système peut apporter une solution à la crise écologique : « L'appui unanime des médias aidant, Nicolas Hulot fait un tabac avec les malheurs de la planète. Au nom d'un 'pacte écologique', qu'il veut 'transpolitique', son livre et son site font recette ». L'auteur rappelle au passage les liens de l'animateur, « ses pompes et ses œuvres, amis et projets. Marketing et sponsoring, produits dérivés, lignes de véhicules 4x4 labellisées Ushuaïa… l'argent, le pétrole et le CO2 coulent à flot dans le sillage du télé-écologiste de TF1 (…) Telle est, pauvres de tous les pays, la nouvelle nécessité que les grands médias vont vous vendre, tel est le plan des élites triomphantes. Vous croirez sauver vos descendants, mais vous assurerez leur sujétion au salariat, régime qui a mené l'espèce au bord du suicide. Vous croirez faire des sacrifices pour la vie et pour la planète, mais vous nourrirez Moloch. Alors qu'ils iront travailler en bicyclette, vos petits-enfants, par leurs impôts et par leurs achats, financeront la jet-society, carbon dioxyde authorized, des héritiers de M. Hulot et ses soutiens ».

« Il faut, face à cette grande machine médiatique, recentrer la question écologique, loin de l'image du monde lénifiante que nous construit jour après jour l'industrie omniprésente du spectacle. Il faut rendre leur place à quelques constats massifs et accablants, qui pèsent sur l'humanité mais sont quotidiennement marginalisés dans la représentation collective ». « Car, pour l'auteur, les propositions de Nicolas Hulot sont loin d'être aussi neutres qu'elles peuvent paraître. Elles constituent une nouvelle justification de la misère. Et de justifier son propos en quelques exemples. En 2002, des enfants sont morts de faim en Argentine alors que ce pays au nom emblématique, de 38 millions d'habitants, assure une production agroalimentaire lui permettant de nourrir facilement plus de 100 millions de personnes. L'Inde exporte des céréales alors que la moitié de ses enfants souffrent de malnutrition. Et sur une planète où la production alimentaire est de taille à largement suffire à l'humanité, 24.000 personnes meurent chaque jour des conséquences de la faim », affirme l'auteur en citant l'allocution d'ouverture du secrétaire général des Nations unies au Sommet alimentaire mondial de Rome, le 10 juin 2002. « La faim et la misère ne sont dues ni à un manque de croissance économique ni aux limites de la productivité agricole, elles sont un effet de la répartition sociale des ressources, une conséquence des rapports sociaux. Leur résorption n'est pas un défi technique ou scientifique, mais un problème de société, l'affaire de tous, une interrogation éminemment politique. La question sociale ne relève pas de l'expertise, mais du débat ». Pourtant, « depuis l'Antiquité, les élites ont consacré des efforts constants à travestir la réalité de la pauvreté, à l'adresse des gouvernés bien entendu, mais aussi pour leur propre paix de l'âme ».

Pour l’éditorialiste du quotidien bruxellois, « l'ami des multinationales, Nicolas Hulot, s'inscrit sans conteste dans cette lignée ancestrale trop respectueuse – et trop profiteuse ! – des injustices sociales. Il travaille avec d'autres à un capitalisme vert qui sauvera l'essentiel : les inégalités. Rien de plus. Les Grünen allemands sont déjà fortement gagnés à cette mouvance, et avec eux un nombre chaque jour croissant de patrons intelligents ou cyniques (…) si nous suivons des recommandations présentées comme techniques, à l'instar de celles, non pas transpolitiques, mais apolitiques, de Nicolas Hulot, les vrais pouvoirs seront libres de tout questionnement. A ce titre, ils imposeront d'autant plus aisément des solutions inéquitables faisant payer le prix de l'ajustement, une fois de plus, aux plus pauvres. On ne pourrait alors qu'assister à une reconduction de la domination sous des formes inédites, avec une mystification idéologique renouvelée, où l'argument d'une contrainte écologique non socialement analysée remplacerait peu ou prou l'actuelle et supposée intangible loi des marchés ».


V – L'AMERICANISATION DE LA VIE POLITIQUE FRANCAISE :

LE CHEVAL DE TROIE ATLANTISTE EST DANS NOS MURS !

Nous terminerons par le fait le plus marquant et le plus préoccupant de cette élection présidentielle : la disparition à droite (où le néo-gaullisme n'est plus qu'une imposture) comme à gauche (voir le ralliement de Chevènement à Royal et au Système)de l'anti-américanisme et l' « Atlantisation » de la vie politique et de la classe dirigeante française.

Ecoutons l’éditorialiste de LA STAMPA (Milan) dénoncer les « néoconservateurs sur Seine » (10) : « Ségolène, Sarkozy, même combat ? En effet, les positions sécuritaires des deux candidats virtuels rappellent parfois le programme de George W. Bush. Un vent néoconservateur souffle sur la France. On dirait une vengeance divine, une revanche de la culture dominante américaine, diabolisée dans ce pays au point de faire de George Bush un guignol télévisé. Paradoxal ? Peut-être. Mais qu’y a-t-il derrière cet empressement de la socialiste Ségolène Royal à se saisir des thèses sécuritaires de Nicolas Sarkozy ? Sans doute tout simplement la reconnaissance que la sécurité jouera le premier rôle lors de l’élection présidentielle de 2007. Une élection qui, de plus, marquera la fin des quarante années de carrière de Jacques Chirac et, avec lui, de toute une génération politique. Sécurité des citoyens face aux délinquants, mais aussi responsabilité de ces mêmes citoyens. Certes, dans la France laïque et laïciste, pas question de remettre en cause le droit à l’avortement, et jamais on n’assistera à une prière collective lors d’une réunion politique, comme cela se passe couramment à Washington. Mais tout le reste de l’attirail neocon s’est déjà implanté dans le débat politique, à droite comme à gauche. Des ruines encore fumantes des banlieues et du mouvement anti-CPE n’a émergé aucune réorientation néojacobine. Au contraire, ces événements ont mis à nu le désarroi de la précarité, que les révoltes n’ont pas entamée, mais confirmée jusqu’à devenir une identité angoissée : je suis précaire, donc je suis. Le mot qui revient le plus dans le débat culturel et politique français est “responsabilité”. Le jeu est clair et nous concerne tous, vu que le président du Conseil, Romano Prodi, a lui aussi imposé à ses ministres des exercices spirituels sur le mantra de la responsabilité. A Paris et aux alentours, le phénomène a pris un tour franco-français qui apparaît comme une version tardive et pourtant nécessaire du blairisme, considéré jusqu’à maintenant par les gauches transalpines comme le comble de l’affront. C’est de cette façon que Ségolène Royal a grillé la politesse à tous ces éléphants socialistes qui jouaient depuis trop longtemps aux chaises musicales. Pour le moment, Mme Royal, dont les sondages disent qu’elle est la seule à pouvoir défier Sarkozy, a brisé les tabous socialistes. Même son compagnon, François Hollande, a dû publiquement prendre ses distances (…) il est indéniable qu’un vent de néoconservatisme souffle sur les bords de la Seine ».

Qu'un Sarkozy, le « petit Bush français », « le candidat anti-antiaméricains » dixit LE FIGARO, incarne le choix du camps néo-gaulliste révèle la tragique déroute de l'anti-américanisme au sein de la classe politique française (11). Ce ralliement à l'Atlantisme, cette sujétion à l'Axe américano-sioniste, révèle aussi le divorce sociologique, politique et culturel entre la classe politique française et les masses populaires, où l'anti-américanisme est largement présent (comme il émerge partout en Europe).

« Aux Etats-Unis, la presse salue en Sarkozy le candidat « anti-antiaméricains » », écrit le correspondant du FIGARO à Washington (15 mars 2007). « Outre-Atlantique, on attend de la France qu'elle se débarrasse de sa « haine de l'Amérique ».

Etat des lieux du rêve américain pour la France de 2007 : « Pour NEWSWEEK, il s'agit de « l'Etat dirigiste le plus centralisé en dehors de la péninsule coréenne ». Les néoconservateurs Gary Schmitt et Reuel Marc Gerecht veulent oublier « l'extrême-gauche et l'extrême-droite anti-Macdonald, antimondialistes et anticapitalistes », se prenant à rêver d'une « France postgaulliste, proaméricaine ». La pierre d'achoppement est là : cette France où le mot antiaméricanisme « est entré dans le dictionnaire en 1968 », relève le WALL STREET JOURNAL. Or, voilà que surgit un candidat pas simplement proaméricain, mais « anti-antiaméricains », s'extasie le journal. Il n'est pas le seul : si l'intelligentsia américaine pouvait voter, elle serait tentée par Nicolas Sarkozy, le seul qui ait franchi l'Atlantique pour la courtiser durant la campagne. Lors de sa visite, en septembre dernier, le chef de l'UMP a « proclamé avec fierté » son amitié. Une photo avec George Bush a suffi pour lui coller l'étiquette de « néoconservateur au passeport français ». (…) Le WEEKLY STANDARD, l'organe des néoconservateurs, voit en lui « l'homme qui veut réveiller la France », le comparant à la fois à Bill Clinton et à Ronald Reagan. Ségolène Royal, elle, a eu droit aux épithètes de « glamour » dans USA TODAY, d' « exception française » dans TIME (…) Philip Gordon, de la Brookings Institution, est « frappé par l'américanisation de la politique française ». Ce pays « a manifestement soif de changement », souligne L'ATLANTIC MONTHLY. Si au passage il se débarrasse « de sa haine de l'Amérique », se prend à rêver le WALL STREET JOURNAL, ce sera un progrès » (sic).

Au moment où la construction de l'Axe Paris-Moscou (12) est la seule alternative pour mettre un terme à l'Occupation américano-sioniste en Europe – imposée depuis le 6 juin 1944 – la trahison des élites politiques françaises est tragique pour la liberté de notre Patrie continentale (13).

Rappelons-nous en à l’occasion de cette élection présidentielle :

PAS UNE VOIX POUR LES CANDIDATS DU SYSTEME !
PAS UNE VOIX POUR LES KOLLABOS DES USA !
LAISSONS LE SYSTEME A SA LENTE AGONIE !

 

Luc MICHEL,
Pour le Bureau Politique Européen du PCN-NCP.
(17 avril 2007)

 


NOTES ET RENVOIS :

(1) Mais le vote électronique amorcé en France – et que le PCN a été le premier a contester en Belgique devant la « Cour d'Arbitrage », la Cour constitutionnelle belge, ne le permet plus.

« Dans une semaine, plus d'un million de Français seront appelés à élire le futur chef de l'Etat en appuyant sur une borne à écran tactile, commente LE FIGARO (…) plus d'un million de Français seront appelés à élire le futur chef de l'État en appuyant sur une borne à écran tactile. Un choix novateur qu'ont fait notamment les maires d'Issy-les-Moulineaux, Bois-Colombes et Reims. Seul hic : outre la dématérialisation de l'acte civique, ces machines rendent le scrutin opaque et invérifiable. Fabriquée par des entreprises privées (Nedap et Indra), leur conception est en effet couverte par le secret industriel. L'accessibilité aux personnes âgées, non voyantes ou handicapées, pose elle aussi pro­blème. Les villes de Cannes et Grenoble, qui s'étaient engagées à la mettre en place, ont d'ailleurs préféré reculer devant l'obstacle. Opposés au vote électronique, Pierre Muller, animateur de « ordinateur-de-vote.org », et son équipe rappellent que l'Irlande a abandonné cette procédure et que la Belgique l'a suspendue ».

(2) Avec sa théorie de la « circulation des élites », le grand sociologue Vilfredo Pareto définit les conditions de la révolution : blocage du système politique (souvent couplé à une crise de civilisation) qui empêche tout renouvellement, constitution d’une « contre-élite » révolutionnaire, basculement de l’ « élite neutre » – les fonctionnaires, commis de l’Etat, militaires, etc – vers les thèses de la contre-élite. S’y ajoute la propagation de thèses opposées au système dominant parmi les masses, qui sont progressivement gagnées à des idéologies nouvelles.

L’Europe du siècle naissant nous offre un bon champs d’application des théories de Pareto. Nous assistons en effet, alors qu’une crise de civilisation prédomine, à deux phénomènes capitaux, qui inquiètent hautement nos occupants américains et la classe politique européenne qui leur est liée depuis six décennies (celle des Quislings de Washington) :

- la montée de la conscience européenne au sein des élites neutres européennes ;

- et la montée parallèle de l’anti-américanisme et de l’anti-sionisme – d’où le cirque actuel sur la pseudo « résurgence de l’antisémitisme » en Europe, qui ne repose que sur la manipulation médiatique – parmi les masses européennes.

Deux phénomènes qui vont directement à l’encontre des positions idéologiques atlantistes et pro-américaines de la classe dirigeante européenne.

Les Américains, avec leur arrogance, sont directement responsables de la prise de conscience européenne des nombreuses élites dans l’administration européenne, les milieux diplomatiques et militaires, les cadres de la grande industrie. La puissance naissante de l’Europe en devenir rend cette arrogance, et le lot d’humiliation constante qu’elle amène – rappelons-nous des propos méprisant de Rumsfeld sur la « veille Europe » –, insupportables. En humiliant le colonisé – et l’Europe n’est rien de plus que la première colonie de Washington – le colonisateur forge sa révolte.

La montée de l’anti-américanisme – et son corollaire l’anti-sionisme, qui lui est étroitement lié au sein de l’Axe américano-sioniste – parmi les masses européennes, à l’Est comme à l’Ouest est également suscité par la politique américaine de domination mondiale. Il prépare des lendemains douloureux aux occupants yankee.

Lorsque les élites européennes feront leur jonction avec les masses anti-américaines, les conditions seront réunies à la fois pour la libération de l’Europe, l’expulsion des USA d’Europe et de Méditerranée et l’avènement de la Grande-Europe en tant que première puissance mondiale. Nous en sommes encore loin mais cette marche de l’Europe vers sa libération constituera la trame de notre histoire dans les prochaines décennies.

Pour que cette jonction se fasse, il faut un catalyseur. Celui que Thiriart – encore lui – annonçait aussi dans son livre de 1964 : le Parti historique révolutionnaire européen, avant-garde de la Révolution européenne, minorité agissante – comme l’était hier son prédécesseur direct, le Parti bolchevique, dans la Russie des années 1890-1917 –, décidée à forcer l’Histoire.

Et il faudra une grande crise, car l’Europe véritable, Une, grande et libre, débarrassée de la souillure yankee, ne surgira que d’une aggravation de la crise de civilisation que nous subissons. Nietszche, ce grand européen, prophétisait que l’Europe ne se fera qu’au bord du gouffre. Nous partageons sa vision. Les grandes révolutions exigent un climat tragique et non la tonalité triviale de notre époque décadente.

(3) Sur la notion de « contre-démocratie », lire : Pierre ROSANVALLON, LA CONTRE-DEMOCRATIE, Seuil, Paris, 2007, 322 p.

« La démocratie est affaiblie mais elle vit, ailleurs », analyse Pierre Rosanvallon. Qui « s'intéresse à l'archipel des initiatives et des réflexes de la société civile, riches de contenu, inquiétantes aussi », commente LE TEMPS (Genève, 5 octobre 2006) : « La démocratie s'érode, elle a perdu de son éclat, de sa magie : sur ce thème du désenchantement, cher à Marcel Gauchet, tout a été dit, ces dernières années, de la perte de confiance des citoyens dans leurs dirigeants, de l'abstention, de la passivité civique. De très nombreuses études ont déjà traité de l'activité électorale et représentative. Professeur au Collège de France, Pierre Rosanvallon, lui, aborde le sujet par une autre face. Il note que la démocratie parlementaire n'a jamais cessé d'être à la fois une promesse et un problème, partagée qu'elle est entre la légitimité des gouvernants et la défiance des citoyens. Dans cette étude, de ton très universitaire, l'auteur se refuse aux lamentations ordinaires sur la décadence démocratique. Il s'applique à regarder de plus près ces innombrables manifestations de défiance, où les citoyens descendent dans la rue, manifestent, se mobilisent - jusqu'à la violence parfois - contre leurs élites, en marge du dispositif institutionnel ordinaire. Approche d'autant plus originale et révélatrice qu'elle opère un va-et-vient incessant entre les expériences institutionnelles du passé et le tableau, inquiétant souvent, du présent, où la société civile s'estime éloignée du pouvoir.

Dans la nébuleuse des comportements et des initiatives de ce qu'il nomme la « contre-démocratie », Rosanvallon discerne trois postures. C'est celle de la surveillance, obsession des grandes figures révolutionnaires. Et qu'incarnent les journalistes, les syndicats et, aujourd'hui, Internet et tout un archipel d'ONG, d'associations ou d'observatoires de l'action gouvernementale et parlementaire. On y ajoutera l'exigence de plus en plus forte de transparence. C'est, ensuite, la fonction d'empêchement, qui, très tôt, s'est incarnée dans les grèves du XIXe, et trouve dans le veto des grandes manifs françaises - contre le régime des retraites en 1995, contre le CPE l'été dernier - toute son efficacité. Enfin, voici le peuple-juge, apparent dans les procédures américaines du recall et de l'impeachment. Ce décentrement de la vie démocratique - vivante, incontestablement - ne va pas sans risques. La chute du mur de Berlin, en particulier, a eu pour effet d'affadir les antagonismes idéologiques. Elle a reporté sur les acteurs eux-mêmes (plus que sur leurs programmes) l'attention des électeurs. Evolution qui alimente aussi l'esprit de refus, plus que l'adhésion aux projets. Du coup, on vise d'abord à sanctionner les sortants, plus qu'à voter pour les candidats. S'y ajoute tout un espace d'abandon et d'indifférence politique, non moins inquiétant. L'autre face de cette « impolitique », comme il la nomme, c'est le populisme, qui conspue la démocratie et ses dirigeants. Le constat conduit à une interrogation: y aurait-il moyen d'institutionnaliser cette résistance ? Pierre Rosanvallon conclut en ouvrant quelques pistes ».

(4) Jean THIRIART, « L’Europe, un acte d’intelligence », in « LA NATION EUROPEENNE », 1ere série, n° 30, février 1969, Bruxelles et Paris.

(5) Pour nos lecteurs non-résidents en France, l'ISF est un « Impôt Sur la Fortune », imposé aux très gros revenus.

(6) On notera que de nombreux leaders de l'extrême-droite européenne sont des millionnaires. Non seulement Le Pen mais aussi Vadim Tudor en Roumanie ou encore Jorg Haider en Autriche.

(7) Mais pouvait-il en finir autrement lorsque l'on connaît l'infiltration et la place occupée à la direction du MRC par les militants trotskistes et sionistes, à Paris notamment ?!

(8) Avec une mention spéciale pour José Bové, ex-trotskiste et narcissique « leader alter-mondialiste », qui se livre en ce moment à une campagne indigne contre le Cuba socialiste, c'est-à-dire contre une des figures de proue du combat anti-yankee.

(9) Le désarroi des « Verts » français – dont la base militante mesure parfaitement la trahison et la capitulation idéologique – apparaît dans la crise qui frappe jusqu’à la direction du Mouvement, où certains dirigeants préfèrent soutenir la candidature Bové, qui apparaît plus radicale.

Patrick Farbiaz, membre du collège exécutif des Verts, a ainsi annoncé ce 15 avril 2007 dans un courrier interne son « auto-suspension » de la direction du parti, effective depuis il y a près d'un mois pour participer à la campagne de José Bové. Patrick Farbiaz est le troisième Vert à s'auto-exclure temporairement de la direction du parti (de 15 membres) après David Corman, qui soutenait le principe d'une candidature de Nicolas Hulot, et Francine Bavay, une des porte-parole de José Bové depuis qu'il a décidé d'être candidat à la présidentielle. Farbiaz note que la campagne de Dominique Voynet n’est plus que « celle de l'affirmation d'une écologie de gestion, s'appuyant sur les réalisations des élus Verts en région ou sur le plan local ». Il se réfère lui à « l'écologie populaire, le refus du système productiviste, la désobéissance civile, le refus de la guerre de civilisation et l'altermondialisme ».

« Comment les Verts ont disparu d'une campagne pourtant marquée par l'écologie » ? Dans LE FIGARO du 5 avril 2007, Rodolphe Geisler, journaliste au service politique, apporte une réponse qui met en lumière les compromissions des « Verts », devenus une simple force d’appoint de la gauche du Système : « C'est ce que l'on pourrait appeler « le paradoxe vert ». Jamais on n'aura autant parlé écologie en France que durant cette campagne présidentielle, mais, jamais aussi, le parti écologiste n'aura été, à moins de trois semaines d'un premier tour, si bas dans les sondages depuis la candidature de René Dumont en 1974. Dominique Voynet, qui tiendra ce soir, salle de la Mutualité à Paris, son troisième « grand » meeting national, est en effet créditée, selon les enquêtes, entre 0,5 et 1,5 % d'intentions de vote, quand Noël Mamère, en 2002, caracolait à la même période autour de 7 % et réalisera finalement 5,25 % des suffrages. Si les sondages ne se trompent pas, la pilule est d'au­tant plus amère à avaler pour les militants Verts que Nicolas Hulot était crédité, avant qu'il ne se retire de la course à l'Élysée fin janvier, de 11 % d'intentions de vote. Comment, alors, expliquer un tel décalage entre la candidate officielle des écologistes et les Français ?

(…) Voynet s'est trop éloignée des fondamentaux écologistes. Et son discours apparaît comme inaudible. Dans ses meetings, il est en effet peu question d'écologie. Elle se plaît, par exemple, à « taper » sur le candidat de la droite en moyenne trente minutes pour des discours types de trois quarts d'heure. Ou encore à défendre les langues régionales ! Mais là, disent les mauvaises langues, c'était pour obtenir, au moment de la course aux 500 parrainages, des signatures de maires corses, basques, ou encore bretons... Bref, la candidate des Verts parle de beaucoup de choses, mais assez peu d'écologie (…)

En interne, confie un cadre, « plus personne n'a intérêt à faire sa campagne ». Les « petits » élus municipaux – ils sont majoritaires sur les 2.200 élus que compte le parti pour 8.000 adhérents ! – n'ont pas envie de se fâcher avec le grand frère socialiste. « Ils pensent à leurs sièges », dit-on. Du coup, à défaut de soutenir ouvertement Voynet au premier tour – ils sont déjà dans l'hypothèse d'un second tour où Ségolène Royal pourrait être présente –, ils font les morts, tandis que le militant de base est démobilisé. De même que les « grands » élus Verts qui restent étonnamment absents. « Elle rêve d'un portefeuille ministériel et s'est fourvoyée pour ça avec le PS », disent certains, en se voyant déjà ministre à sa place en cas de nouvelle « majorité plurielle ».

La gauche du parti, à l'instar de Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, fait moins dans la dentelle et appelle à voter... José Bové ! »

(10) Cesare MARTINETTI, in LA STAMPA, Milano, 10 juin 2006, traduction française : « Néoconservateurs sur Seine », in COURRIER INTERNATIONAL, Hebdo, Paris, n° 815 - 15 juin 2006.

(11) Phénomène qui était inévitable au regard de l'américanisation profonde du pouvoir économique français, dont la classe politique n'est que l'émanation. On notera que la liquidation du Gaullisme historique est accompagnée de la liquidation du modèle économique social-étatique adopté par la France depuis 1945 et dont le général de Gaulle fut l’un des principaux architectes.

« La France va changer de modèle socio-économique », confiait un expert russe à RIA NOVOSTI (16 avril 2007). « La France va se délester du modèle socio-politique qui avait pris corps après la guerre », a déclaré le professeur Youri Roubinski, directeur du Centre d'études françaises à l'Institut de l'Europe de l'Académie des sciences de Russie. D'après le chercheur, une nouvelle génération s'insère dans la vie socio-politique de la France et d'importants changements vont se produire dans ce pays. « L'idéologisation propre à la France cède la place au pragmatisme » (lisez à l’adoption du modèle libéral globalisé américain), a dit le directeur du Centre d'études françaises, pour lequel la présidentielle actuelle fournira une réponse à la question de savoir si la France va continuer de « vivre à l'ancienne ou se moderniser ». Une question à laquelle s'ensuivra inévitablement une autre : « qui payera la note et à combien se montera-t-elle ? »

 

(12) L’Axe Paris-Moscou, c’est MOSCOU dans le rôle du PIEMONT DE LA LIBERATION DE LA GRANDE-EUROPE. Au début des années 80, avec Jean THIRIART, je lançait l’ « Ecole Euro-soviétique », qui pronait l’unification – contre les USA et l’OTAN – de la Grande-Europe d’Est en Ouest, l’URSS devevant le Piémont d’un « Empire Euro-soviétique », une thèse qui a fait depuis beaucoup de chemin à l’Est.

Notre soutien à Moscou, Piémont de l’Autre Europe, est l’adaptation de cette thèse fondamentale aux conditions géopolitiques du nouveau Siècle. Aujourd’hui la Russie, comme jadis l’URSS, est la seule puissance européenne réellement indépendante de Washington, la seule à mener une politique indépendante, réellement eurasienne et non pas atlantiste.

En Europe de l’Ouest, une autre puissance, la France, a encore des velléités d’indépendance sporadiques, lorsqu’elle se souvient de la grande politique anti-atlantiste – et déjà pro-russe – du Général de Gaulle. Mais la France post-gaulliste est un état skizophrene, paralysé par de puissants lobbies étrangers, où cohabitent des pulsions gaullistes et des états de soumission à l’Atlantisme (comme au Liban et en Syrie, où la France, jouant contre son propre intérêt, porte les valises néocolonialistes de Washingtton et Tel-Aviv). Les dirigeants français – les Chirac, Villepin, Sarkozy (le petit Bush français) – ont depuis longtemps trahit le Gaullisme. Prétendre le contraire est une escroquerie politique.

Un Axe Paris-Moscou – que nous prônons – n’existera réellement que si la France se souvient de de Gaulle et rompt avec l’Atlantisme. Nous en sommes fort loin. Reste donc Moscou et le bloc qui s’organise autour d’elle. Entre l’OTAN et ce bloc eurasien, la deuxième Europe, qui sont de facto des rivaux géopolitiques, s’esquisse une confrontation de plus en plus ouverte. Les analystes parlent ouvertement, et avec raison, de « retour à la Guerre froide ».

(13) Révélatrices sont les interrogations de Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue « LA RUSSIE DANS LA POLITIQUE GLOBALE » : « Comment les résultats des élections influeront-ils sur les rapports entre Paris et Moscou ? "Jacques Chirac a réussi à maintenir les relations avec Moscou à un niveau élevé, malgré l'état d'esprit de ses concitoyens qui ont une attitude défavorable à l'égard de la Russie, souligne Alexandre Ignatov, un des présidents de l'Association des amis de la France. Un homme nouveau, quel qu'il soit, n'aura pas un tel prestige, un tel courage et une telle expérience pour faire ce qu'il juge nécessaire de la manière dont il l'entend. Le départ de Jacques Chirac, de même que celui de Gerhard Schröder, entraînera, sinon une détérioration, en tout cas un certain refroidissement dans les rapports avec Moscou". Il est à noter qu'en Italie, après l'arrivée au pouvoir du centre-gauche avec à sa tête Romano Prodi et en Allemagne, après l'arrivée au pouvoir des partis de droite avec à leur tête Angela Merkel, une situation semblable s'est créée en ce qui concerne l'attitude à l'égard de la Russie: la coopération se développe comme par le passé, mais sans la chaleur politique d'antan. Iouri Roubinski se dit certain que le successeur de Jacques Chirac se comportera de la même façon: les relations ne subiront pas une crise, mais il n'y aura plus de "déclarations d'amour".

Qui plus est, M. Roubinski juge nécessaire de considérer le changement de politique étrangère de Berlin et Paris dans l'optique du changement de pouvoir en Grande-Bretagne où, en 2007 déjà, l'actuel ministre des Finances Gordon Brown succédera à Tony Blair au poste de premier ministre. "Les positions de Gordon Brown sont faibles aussi bien dans le pays qu'au sein du parti, c'est pourquoi on ne sait pas s'il pourra maintenir le statut européen de principal compagnon d'armes des Etats-Unis", poursuit le directeur du Centre d'études françaises. Mme Merkel a fait preuve de sagesse politique en "reprisant" les relations avec les Etats-Unis, il est peu probable que Nicolas Sarkozy ne profite pas du changement de pouvoir à Londres, estime Iouri Roubinski. D'autant plus que ce dernier a maintes fois manifesté sa tendance atlantiste, notamment au cours de ses nombreux voyages aux Etats-Unis.

En ce qui concerne la victoire éventuelle de Ségolène Royal, dans ce cas, il ne faut pas non plus s'attendre à une chaleur des contacts politiques, car la gauche critique traditionnellement la Russie pour la situation dans le domaine de la défense des droits de l'homme. Bref, les rapports russo-français connaîtront une certaine évolution, dont l'orientation sera claire après l'achèvement du cycle électoral, la présidentielle étant suivie par les élections législatives. Les experts sont unanimes à estimer que tout candidat qui l'emportera placera au premier plan l'édification européenne. Même une intensification possible des contacts avec les Etats-Unis doit être considérée dans le contexte de l'objectif de confirmer le leadership français dans l'UE. Les Européens comprennent parfaitement que, avec des Etats-Unis pas forcément hostiles, mais tout de même malveillants, il sera très difficile de compter sur des succès en matière d'intégration européenne, car les Etats-Unis ont beaucoup de leviers pour mettre en échec une véritable unification politique de l'Europe ».

 

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