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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 25 décembre 2006

 

RUSSOPHOBIE (2)
AVEC L’AFFAIRE LITVINENKO,
UNE CAMPAGNE ANTI-RUSSE
EST ORGANISEE PAR L’OCCIDENT

 

« L’empoisonnement au polonium de l’ex-agent secret russe Alexandre Litvinenko est contraire aux intérêts de l’Etat russe et à ses relations avec l’Union européenne. Le meurtre de Litvinenko et les autres meurtres spectaculaires ne profitent ni aux relations entre la Russie et l’UE ni à l’Etat russe, ce qui est évident pour tout le monde. On dit couramment qu’il faut toujours chercher à qui profite le crime », a déclaré à Moscou le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko (8 décembre 2006).

L’ex-officier du Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie, Alexandre Litvinenko, transfuge depuis 2000 en Grande-Bretagne et porteur d’un passeport britannique depuis octobre dernier, est décédé le 23 novembre dernier à l’University College Hospital de Londres.

Après l’assassinat de la journaliste américaine Politovskaia, l’empoissonnement de Litvinenko et de l’ex ministre libéral Gaidar (*) (le père des « réformes » russes des années 90 qui ont permis le pillage du Pays par les Oligarques) marquent une nouvelle étape dans la campagne anti-russe organisée en Occident. Et derrière laquelle on retrouve notamment les ombres menaçantes de l’affairiste Soros (qui entend financer une « révolution de couleur » en Russie, notamment avec la barbouze néonazie Limonov) et l’Oligarque Berezovski (qui, de son exil londonien – il est poursuivi pour ses pillages éhontés en Russie – prépare ouvertement « un coup d’état contre Poutine »), le dernier employeur de l’ex barbouze Litvinenko (passé à l’Ouest après avoir trahit le FSB russe).

Le but : isoler une Russie qui est de retour sur la scène mondiale. Comme l’affirme – exemple entre des centaines – sans détour le JOURNAL DE CHISINAU (28 novembre 2006), torchon moldave anti-russe financé par l’OTAN et l’extrême-droite roumaine : « M.Litvinenko a émis des propos sensationnels sur l’implication des services secrets russes dans l’organisation d’attaques et d’attentats et sur la dérive de la société russe vers le totalitarisme. Malheureusement, il n’avait pas tort. Enivrés par les prix élevés du pétrole et du gaz naturel, les dirigeants russes ont choisi une voie qui éloigne leur pays des grandes démocraties mondiales... M.Poutine qualifie son régime de "démocratie souveraine". En effet, il s’agit d’un hybride russe qui cherche à associer économie de marché et dictature nationaliste ».

Dans le même registre, un florilège de la presse lithuanienne, la plus anti-russe : « C’était un assassinat incroyablement professionnel et sadique à la fois. Ils l’ont tué (Litvinenko) par haine et par soif de vengeance. Une lutte pour le pouvoir se déploie au Kremlin et il en a été victime » (« Respublika », 25/11). « L’Occident doit enfin ouvrir les yeux : un régime tel que le Kremlin de Poutine ne saurait être qualifié autrement que de barbare. Au lieu de s’entendre avec ses opposants, il les anéantit. Bientôt les coups de théâtre comme celui-ci seront de plus en plus nombreux » (« Lietuvos rytas », 25/11). « Les poisons à l’aide desquels sont éliminés des opposants sont un vieux truc des services secrets russes auquel ils recouraient à l’époque terrible de la guerre froide. Il n’y a pas longtemps, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko défiguré a failli partager leur sort. Tout porte à croire qu’il faut y voir, cette fois également, la main de Moscou » (« Panorama », 28/11). Tous les médias occidentaux brossent un tableau de plus en plus sombre de la Russie. Voici encore quelques titres de publications récentes : « L’ennemi, c’est la Russie » (« The Wall Street Journal »), « Corruption, violence et vices triomphent dans la Russie de Poutine » (The Guardian), « Méfiez-vous de la Russie » (« Financial Times Deutschland »). Le tout est évidemment soigneusement orchestré dans les officines occidentales spécialisées.

Sergueï Stepachine, président de la Cour des comptes, a commenté la mort d’Alexandre Litvinenko : « Il est évident qu’Alexandre Litvinenko a été éliminé par ceux qui voulaient porter un coup au pouvoir actuel (en Russie). En tant qu’ancien directeur du FSB (Service fédéral de sécurité), je peux l’affirmer catégoriquement ». A son avis, Alexandre Litvinenko a décidé qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait, ce que prouvent les derniers contacts d’Alexandre Litvinenko qui avait rencontré Boris Berezovski et qui lui était tout dévoué. « Alexandre Litvinenko ne disposait d’aucune information secrète », estime Sergueï Stepachine.

Voyons, comme nous l’avions déjà fait avec l’affaire Politovskaia, ce qui se cache vraiment derrière le déchaînement de propagande anti-russe des media occidentaux.

« Les médias accueillent avec méfiance les informations selon lesquelles, dans sa lettre posthume, Alexandre Litvinenko aurait accusé le président russe d’être à l’origine de sa mort. La lettre ayant été lue après le décès de l’ex-agent des services secrets russes, les journalistes supposent qu’elle a pu être fabriquée par des personnes intéressées à ternir l’image de marque de Vladimir Poutine. L’ex-officier du FSB avait suffisamment de temps pour accuser le Kremlin de sa mort. Il avait des chances d’être cru. Mais il est resté silencieux... Litvinenko mourrait suffisamment lentement pour pouvoir démasquer n’importe qui... D’autres sont aujourd’hui obligés de mentir à sa place: Berezovski, Zakaïev et tous ceux avec qui l’ex-officier était proche ou avait des liens de son vivant », dénonçait le quotidien kazakh NOMAD, (28 novembre 2006).

La mort de l’ex-officier du Service fédéral de sécurité (FSB), Alexandre Litvinenko, pouvait en effet directement profiter à Boris Berezovski, a estimé vendredi dans une interview à RIA Novosti (8 décembre 2006) Alexandre Khinchteïn, député à la Douma d’Etat (Chambre basse du Parlement russe). « Je pense que c’est justement pour Berezovski que Litvinenko constituait le plus grand danger, car vu son tempérament instable et en raison de ses particularités psychologiques bien déterminées, Alexandre Litvinenko aurait pu à tout moment se comporter de façon tout à fait imprévue et se mettre tout à coup à démasquer Boris Berezovski lui-même », a précisé le parlementaire.

Selon Alexandre Khinchteïn, Litvinenko n’était tout simplement plus utile pour Boris Berezovski. « C’est que Boris Berezovski avait déjà tiré de Litvinenko tout ce qu’il pouvait en tirer », a poursuivi le député. Somme toute, Boris Berezovski est extrêmement pragmatique et cynique. Il n’aime que lui-même. « Aussi, cette version peut-elle parfaitement être retenue », a fait remarquer M. Khinchteïn. A ce jour, a-t-il repris, la mort de Litvinenko ne profite ni à la Russie, ni aux autorités russes, ni, en particulier, aux services secrets de Russie.

« J’ai bien connu personnellement Litvinenko tout au long d’une dizaine d’années. Aussi, puis-je affirmer qu’aujourd’hui, cet homme ne présentait aucune menace pour la Russie et sa sécurité. Je suis même certain que tout le volume, d’ailleurs très modeste, d’information dont il disposait dans le cadre de ses anciennes fonctions avait déjà été transmis depuis longtemps par Litvinenko à ses collègues étrangers », a noté le parlementaire russe.

Les spécialistes à l’Agence britannique de Protection de la Santé (Health Protection Agency) ont détecté dans le corps d’Alexandre Litvinenko des traces d’une substance radioactive, du polonium-210. Par la suite, les mêmes traces ont été retrouvées dans certains endroits que Litvinenko avait visités de son vivant, y compris dans un restaurant et dans un hôtel.

Le polonium a pu être employé par les services secrets occidentaux, selon un expert allemand (cité par Vremia novosteï – 14/12/2006) : « La mort mystérieuse de l’ex-officier du KGB Alexandre Litvinenko reste inexplicable à bien des égards. Selon le physicien Sebastian Pflugbeil, président de l’Office allemand de protection contre les rayons ionisants, plusieurs détails ne seront jamais élucidés ». Néanmoins, comme il l’a déclaré au correspondant du quotidien Vremia novosteï à Berlin, il juge incroyable la version d’un « complot de Poutine et du KGB (aujourd’hui FSB) » contre un ancien agent émigré. L’expert allemand a qualifié d’invraisemblable la version selon laquelle Alexandre Litvinenko aurait été tué par les services secrets russes. Il est impossible d’imaginer que le FSB ne dispose pas de personnes capables d’accomplir professionnellement une opération avec emploi d’un radio nucléide tel que le polonium-210, a-t-il affirmé. Les traces de polonium et d’autres « preuves » mènent trop clairement à Moscou, ce qui tend à compromettre la « carte de visite » du KGB.

De l’avis de Sebastian Pflugbeil, « l’opération avec utilisation de polonium-210 a été effectuée par des gens pour qui l’élimination de l’ex-officier du KGB était moins importante que le débat actuel et le déchaînement des passions au niveau international. Le but de ce débat est de nuire à l’image de Poutine et de compromettre les services secrets russes », a estimé l’expert.

Il a rappelé que Vladimir Poutine aurait des rencontres internationales importantes dans les mois qui viennent, et que l’élection présidentielle approchait. « Il est difficile de s’expliquer que Poutine ait choisi ce moment pour se venger de son ancien collègue du KGB, qui plus est d’une manière aussi dilettante », a ajouté Sebastian Pflugbeil.

Il a avancé en outre que les services secrets occidentaux pourraient être impliqués dans l’affaire Litvinenko, car ils sont intéressés à créer actuellement une mauvaise image de Vladimir Poutine et des services secrets russes. A regarder plus attentivement l’entourage d’Alexandre Litvinenko, a fait remarquer l’expert, on constate que c’est un milieu relativement opaque où n’importe quoi peut se produire et où les ambitions personnelles peuvent jouer un certain rôle.

La « version principale » examinée aujourd’hui, à savoir un meurtre commandité par le KGB et Poutine, n’est pas convaincante, a résumé l’expert.

L’avis de Evguéni Adamov, ex-directeur de Rosatom, l’Agence atomique russe, va dans le même sens : « Si l’on admet qu’Alexandre Litvinenko a effectivement été empoisonné au polonium 210, alors il faut savoir que c’est dans le secteur nucléaire russe qu’il est le plus difficile à se procurer. Pour cette simple raison que depuis belle lurette le contrôle du stockage des matériaux radioactifs est devenu si routinier chez nous qu’il est plus facile d’en fabriquer hors du secteur nucléaire. Aujourd’hui sur Internet vous pouvez commander du bismuth, un métal librement accessible. Avec un petit morceau de cet élément allez trouver des géologues disposant d’un laboratoire utilisant des sources neutroniques n’impliquant pas l’emploi d’un réacteur. Placez-y le bismuth et vous obtiendrez du polonium 210. Toutes ces histoires de resto-sushi et de jets, c’est du délire total. L’hystérie rappelle beaucoup ce qui s’était passé au moment de l’accident de Tchernobyl. Le mal qui avait été fait pourrait être identique. Quand les gens meurent non pas irradiés, mais terrassés par la peur.

Je suis en mesure de déceler du polonium dans des cheveux, je vous le garantis! Mais dans des quantités absolument inoffensives pour l’homme. Je pourrais en trouver aussi dans d’autres avions et trains. Ou encore dans un quignon de pain ou n’importe où ailleurs parce qu’il est présent dans la nature. Par contre, s’il s’était agi de milligrammes à même de tuer une personne, ils se seraient forcément dispersés ou disséminés, ce qui aurait provoqué une hécatombe. Et parmi les premières victimes il y aurait eu l’auteur de l’empoisonnement ».

Ajoutons que e seul réacteur russe qui produisait le bismuth nécessaire pour fabriquer du plutonium-210 a été arrêté il y a deux ans, a déclaré mardi un responsable de l’Agence fédérale russe de l’Énergie atomique (Rosatom) confirmant les informations diffusées par l’AIEA. « Ce réacteur a été arrêté il y a deux ans », a-t-il noté sans préciser où se trouvait le réacteur. Dans le même temps, Moscou dispose d’un stock de bismuth produit par le réacteur mis à l’arrêt. La Russie fabrique environ huit grammes de polonium-210 par mois et en vend à des industriels américains, selon le responsable. « Nous en livrons à des sociétés américaines et nous en avons exporté en Grande-Bretagne. La disparition du polonium russe est impossible en Russie. Mais nous ne contrôlons pas le destin du polonium après sa vente », a conclu le responsable.

Le député russe Alexandre Khinshteïn estime encore que le cas d’Egor Gaïdar, directeur de l’Institut d’économie de transition, hospitalisé d’urgence pour un malaise subit, pourrait être « orchestré » pour discréditer les dirigeants et les services secrets de Russie : « Je n’écarte pas l’éventualité d’un plan élaboré en Occident visant à discréditer massivement les dirigeants et les services secrets de Russie en essayant ostensiblement de supprimer les représentants et les idéologues de l’aile libérale de la politique russe ». D’après le député, les autorités russes ne sauraient être impliquées dans cet incident. « Tout cela ressemble à une farce tragique. Si, dans le cas de Litvinenko, l’opposition a pu affirmer que son empoisonnement et sa mort ont pu être montés par les services spéciaux russes, il est parfaitement évident que les autorités russes ne peuvent en aucune manière être impliquées dans cette histoire ».

Dès lors, vers qui orienter les recherches ? Une piste conduit directement non seulement à Berezovski mais aussi à … Litvinenko lui-même, personnage profondément amoral, plongé dans un milieu glauque et en liaison avec les milieux terroristes tchétchènes.

« La détection de particules de polonium 210, matière radioactive, dans le bureau de Boris Berezovski à Londres témoignerait de son implication dans la mort de l’ancien officier du FSB Alexandre Litvinenko », estime Nikolaï Kovalev, ancien directeur du Service fédéral de sécurité. « La version de l’implication de Boris Berezovski trouve une nouvelle confirmation », a déclaré Nikolaï Kovalev, président du Comité de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour les vétérans à RIA Novosti.  « L’analyse des informations fournies permet de supposer que Berezovski et Litvinenko préparaient une opération nécessitant l’emploi du polonium », a-t-il dit. « Cette opération pourrait avoir pour but d’agiter l’épouvantail du KGB, de montrer que la Russie est dirigée par d’anciens agents des services secrets », a déclaré le député. « L’introduction du polonium à Londres pouvait avoir pour but d’accuser la Russie de préparer une attaque radioactive contre la Grande-Bretagne, ni plus, ni moins », a déclaré Nikolaï Kovalev.

Quant aux causes hypothétiques de la mort d’Alexandre Litvinenko, Nikolaï Kovalev a cité notamment une négligence commise par Litvinenko dans le maniement du conteneur de polonium 210 qui lui avait été transmis. Il n’exclut pas non plus l’empoisonnement de Litvinenko par Berezovski. « Il se peut que Boris Berezovski envisageait de faire d’une pierre plusieurs coups », a supposé Nikolaï Kovalev.

Les spécialistes de l’Agence britannique de protection de la santé ont détecté dans son corps des traces de polonium 210, matière radioactive, qui ont également été découvertes ensuite dans les endroits où s’était rendu Alexandre Litvinenko le 1er novembre : le restaurant Itsu et l’hôtel Millennium au centre de Londres, ainsi que sa maison dans le quartier de Maswell Hill, dans le Nord de la capitale britannique. Des traces de polonium 210 ont été détectées dans le bâtiment où se trouve le bureau de Boris Berezovski à Londres.

 

(*) Le directeur de l’Institut d’économie de transition Egor Gaïdar, premier chef du gouvernement russe après la dislocation de l’URSS à la fin de 1991, a été hospitalisé d’urgence à Moscou après le malaise dont il a été victime en Irlande, lors d’une conférence scientifique.

 

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