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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 18 décembre 2006

 

CONTRE WASHINGTON, L’OTAN ET LA FAUSSE
« EUROPE » ATLANTISTE DE BRUXELLES :
AVEC MOSCOU POUR UNE AUTRE EUROPE,
GRANDE ET LIBRE, DE VLADIVOSTOK À REYKJAVIK !

 

Depuis l’implosion de l’URSS, un « grand jeu » géopolitique se joue sur tout le territoire des ex-républiques soviétiques et aux frontières de la Russie. Le but est le contrôle des richesses énergétiques (pétrole, gaz, minerais stratégiques) et de leurs voies d’acheminement. Mais aussi et surtout la domination en Eurasie, dont les théoriciens de l’impérialisme américain, comme Brezinski et son « Grand échiquier »,  font – avec raison – la clé de la domination mondiale.

LA POLITIQUE FONDAMENTALEMENT ANTI-RUSSE
DE WASHINGTON ET DE L’OTAN

Le But : refouler la Russie, démembrer la Fédération russe (comme l’a été la Yougoslavie, première étape de ce vaste projet impérialiste), dissocier son noyau historique. « Les pays baltes déjà membres de l’OTAN, l’Ukraine et la Géorgie qui frappent à la porte de l’OTAN, l’Azerbaïdjan en fera de même dans un proche avenir: bref, on est en train de tendre autour de la Russie un "cordon sanitaire" à l’instar de celui qui fut établi par la communauté mondiale dans le premier quart du siècle dernier autour de l’Etat bolchévique qui venait de faire son apparition », dénonce la NEZAVISSIMAÏA GAZETA de Moscou.

Brezinski précisément publiait à la fin des années 90 dans la prestigieuse revue américaine NATIONAL REVIEW un plan de démembrement de la Russie en trois petits états (Moscovie, Oural, Sibérie). Un air de déjà vu puisque c’était déjà le projet du théoricien nazi Alfred Rosenberg, chantre raciste de l’expansion germanique à l’Est !

La Russie – paralysée une décennie durant par ses dirigeants pro-occidentaux, la clique des Eltsines, des politiciens libéraux et des oligarques qui pillaient le pays –, a longtemps subit ce nouveau « drang nach osten », allant de recul en recul, ramenée sur ses frontières du XVIe siècle, perdant territoires historiques (comme les pays baltes) et alliés.

LA RUSSIE EST DE RETOUR !

Mais aujourd’hui, et c’est une révolution géopolitique, la Russie est de retour. Puissance énergétique mondiale, dotée d’un Etat fort restauré, fière de son passé qu’il soit soviétique ou russe, refusant la voie occidentale. « Après la disparition de l’Union Soviétique, la Russie n’a cessé un seul instant d’ambitionner sa restauration et, à l’heure actuelle, elle est en train de réaliser en quelque sorte ce plan », commentait le quotidien d’Azerbaïdjan AZADLIQ (29 novembre 2006).

Et les projets de Moscou révèlent la puissance retrouvée du géant européen. « Les experts entrevoient dans la politique du Kremlin des tentatives de créer une nouvelle alliance sur l’échiquier de la CEI. "Contrairement aux projets des techniciens politiques occidentaux, la Russie a non seulement préservé, mais aussi renforcé son rôle de leader économique, politique et culturel dans les pays que Moscou appelle gentiment "l’étranger proche"... Et si le Kremlin avait une envie secrète de mener les processus d’intégration dans l’espace de la CEI à leur fin logique, jusqu’à la création d’un nouvel Etat, d’une alliance à la manière de l’Union européenne ? », interrogeait le quotidien GOLOS ARMENII (7 septembre 2006).

UNE « SECONDE EUROPE »,
UNE « AUTRE EUROPE » EURASIATIQUE SE DRESSE

Autour de la Russie et de ses alliés – notamment le Belarus du Président Lukashenko, mais aussi la Chine, toute aussi inquiète des prétentions de Washington en Eurasie – se reconstitue un pôle de puissance, géopolitique, économique et militaire, qui dresse à nouveau sur l’Espace ex-soviétique une grande puissance capable de rivaliser avec Washington et son bras armé colonial l’OTAN.

Autour des organismes transnationaux qui se constituent autour de Moscou Communauté économique eurasiatique (CEEA : Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizie, Ouzbékistan, Russie et Tadjikistan), Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC de la Communauté des Etats indépendants, alliance militaire du type de l’Organisation du Traité de Varsovie), Organisation de coopération de Shanghai (OCS : Russie, Kazakhstan, Kirghizie, Chine, Tadjikistan et Ouzbékistan. Le Pakistan, l’Iran, l’Inde et la Mongolie y ont le statut d’observateur, la Chine et la Russie y jouent des rôles clés), Espace économique commun (EEU, Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizie et Tadjikistan) –, une SECONDE EUROPE, une AUTRE EUROPE eurasiatique se dresse face à la Petite-Europe atlantiste de Bruxelles prostituée aux USA.

Plus personne ne conteste aujourd’hui cette thèse géopolitique, énoncée pour la première fois par Jean THIRIART, le père de notre « Communautarisme européen » dès 1964, selon laquelle l’Europe va de l’Atlantique à Vladivostok.

C’est bien une seconde Europe qui émerge. Comme l’affirme aujourd’hui clairement le Président russe Poutine. Le récent article de Vladimir Poutine « sur le partenariat Russie-Union européenne » publié initialement dans le FINANCIAL TIMES a suscité de vastes échos dans la presse mondiale. Des paroles de Vladimir Poutine, on peut comprendre qu’un accord avec l’UE est son grand souhait. Par exemple, il est instructif de lire que, de l’avis de Poutine, la Russie fait partie de la famille européenne.

Cette seconde Europe est, elle, indépendante des USA à la différence de l’Europe-croupion – géant économique et nain politique pour cause d’OTAN – de Bruxelles et Strasbourg.

UNE SUPERPUISSANCE SE LEVE A L’EST !

Il est significatif que les media de l’OTAN ne parlent jamais du nouveau bloc et de ses organismes transnationaux qui se dresse à l’EST. Qui dans le public ouest-européen a entendu parler de l’OCS, de la CEEA ou de l’OTSC ? Il s’agit de faire croire aux masses occidentales lobotomisées que l’Union Européenne incarne seule le projet européen (sic) et que l’OTAN est le seul bloc militaire tout puissant du nouveau siècle (resic).

Rien n’est plus faux ! « Au-delà des critiques objectives, la CEEA est aujourd’hui l’une des alliances régionales les plus efficaces sur l’échiquier postsoviétique... Le ralliement de l’Ouzbékistan à la CEEA en janvier dernier et la reprise des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine permet de supposer que la CEEA succédera à la CEI. Et si la CEEA s’unit avec l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC : Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizie, Russie et Tadjikistan), ce qui est fort probable, on assistera enfin à la formation définitive d’une nouvelle organisation internationale militaro-politico-économique... La Russie commence ainsi à réaliser activement son propre projet d’intégration dans l’espace postsoviétique, doté d’une forte composante militaire et renforcé de subventions économiques réelles », commentait récemment le quotidien du Caucase LRAGIR (23 août 2006).

Quant à l’OCS, elle est un bloc qui effraye Washington et l’OTAN. « A l’échelle globale, c’est une association puissante. Les membres de l’organisation occupent les trois cinquièmes du territoire de l’Eurasie, comptent un quart de la population de la planète et ont un PIB total de 2500 milliards de dollars, commentait le VOENNO-PROMYCHLENNY KOURIER (11 octobre 2006). Compte tenu de l’adhésion possible de nouveaux membres, l’OCS disposera de ressources humaines immenses (3 milliards de personnes), de la moitié des réserves mondiales de pétrole et de gaz et de moitié environ du potentiel défensif accumulé sur le globe terrestre. Outre l’intégration économique (l’organisation projette la libre circulation des marchandises, des capitaux, des technologies et des services d’ici vingt ans), non moins importante s’avère l’intégration militaire (…) Réuni fin septembre à Pékin, le Conseil de la Structure antiterroriste régionale de l’OCS a confirmé que les six pays avaient institué leur organisation non seulement en vue du développement et de la coopération économiques mais aussi pour assurer leur sécurité et accomplir des tâches géopolitiques.

L’intégration militaire et la géopolitique énergique des six Etats de l’OCS a déjà "effrayé" les Etats-Unis au point que le sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Asie centrale et l’Asie du Sud, Richard Boucher, a exhorté l’OCS, au nom de l’administration Bush, à renoncer aux déclarations géopolitiques pour se concentrer sur l’économie. L’OCS et les Etats-Unis et aussi, dans un certain sens, l’OTAN sont, déjà de fait, des rivaux géopolitiques ».

Ajoutons que l’OSC et l’OTSC mènent une politique d’intégration au niveau militaire. L’été prochain, ces deux organisations procéderont à leurs premiers exercices tactiques conjoints. « L’OTSC et l’OCS rassemblent presque la moitié de la population du globe. Par leur influence au sein de l’ONU et d’autres organisations internationales, elles peuvent rivaliser avec les Etats-Unis et les pays de l’OTAN, ce que beaucoup de responsables politiques des pays en question n’apprécient guère, analyse RIA NOVOSTI. Résultat : Bruxelles refuse toujours d’accepter la proposition de l’OTSC l’invitant à coopérer dans la lutte contre l’afflux de drogue afghane, même si beaucoup de pays membres de l’OTSC partagent une frontière commune avec l’Afghanistan, et que les efforts conjoints de l’OTAN et de l’OTSC seraient plus utiles que les actions disparates. Toujours est-il que l’OTAN ne considère pas l’OTSC comme un partenaire égal. Or, Moscou s’en soucie peu ».

AVEC MOSCOU, PIEMONT
DE LA LIBERATION DE LA GRANDE-EUROPE

Au début des années 80, avec Jean THIRIART, je lançais l’ « Ecole Euro-soviétique », qui prônait l’unification – contre les USA et l’OTAN – de la Grande-Europe d’Est en Ouest, l’URSS devenant le Piémont d’un « Empire Euro-soviétique », une thèse qui a fait depuis beaucoup de chemin à l’Est.

Notre soutien à Moscou, Piémont de l’Autre Europe, est l’adaptation de cette thèse fondamentale aux conditions géopolitiques du nouveau Siècle. Aujourd’hui la Russie, comme jadis l’URSS, est la seule puissance européenne réellement indépendante de Washington, la seule à mener une politique indépendante, réellement eurasienne et non pas atlantiste.

En Europe de l’Ouest, une autre puissance, la France, a encore des velléités d’indépendance sporadiques, lorsqu’elle se souvient de la grande politique anti-atlantiste – et déjà pro-russe – du Général de Gaulle. Mais la France post-gaulliste est un état schizophrène, paralysé par de puissants lobbies étrangers, où cohabitent des pulsions gaullistes et des états de soumission à l’Atlantisme (comme au Liban et en Syrie, où la France, jouant contre son propre intérêt, porte les valises néocolonialistes de Washington et Tel-Aviv). Les dirigeants français – les Chirac, Villepin, Sarkozy (le petit Bush français) – ont depuis longtemps trahit le Gaullisme. Prétendre le contraire est une escroquerie politique.

Un Axe Paris-Moscou – que nous prônons – n’existera réellement que si la France se souvient de de Gaulle et rompt avec l’Atlantisme. Nous en sommes fort loin. Reste donc Moscou et le bloc qui s’organise autour d’elle.

RETOUR A LA GUERRE FROIDE

Entre ces deux blocs, qui sont de facto des rivaux géopolitiques, s’esquisse une confrontation de plus en plus ouverte. Les analystes parlent ouvertement, et avec raison, de « retour à la Guerre froide ».

« Les conflits qui éclatent pour diverses raisons avec les plus proches voisins (les pays baltes et ceux de la CEI), et sur de nombreux problèmes avec les Etats-Unis, les pays et les structures de l’Union européenne sont devenus ces derniers temps une constante de la politique étrangère russe. Ces conflits sont interprétés à l’intérieur du pays comme un témoignage du retour de la puissance d’antan qui semblait être perdue à jamais », commentait récemment le quotidien russe KOMMERSANT.

En réponse à cette situation de crise, le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a proposé de diviser le monde entre l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et l’OTAN. Selon lui, « la mise au point d’un mécanisme de coopération entre l’OTAN et l’OTSC, puis la délimitation nette des sphères de responsabilité, contribueront au renforcement de la sécurité internationale ». « La proposition de Sergueï Ivanov ramène à l’époque de la confrontation entre l’OTAN et les pays du Pacte de Varsovie », ajoute KOMMERSANT.

A Washington, les faucons yankee recherchent la confrontation. Le sénateur américain Richard Lugar a tenu des propos dans l’esprit de la « guerre froide » à l’adresse de la Russie, l’accusant de ne pas vouloir partager sa souveraineté énergétique. Cependant, l’un des objectifs principaux de l’OTSC est d’assurer la souveraineté énergétique des pays membres de cette organisation. Le très influent sénateur républicain Richard Lugar, président du Comité sénatorial des affaires étrangères, a déclaré que le bloc militaire de l’OTAN devait se tenir prêt à réagir à une « attaque » et à un chantage avec utilisation de l’énergie en tant qu’arme de la part de pays comme la Russie. « L’utilisation de l’énergie en tant qu’arme n’est pas une menace théorique de l’avenir : elle est déjà en cours », a affirmé M. Lugar à Riga, ce 28 novembre 2006, à la veille du sommet de l’OTAN. Selon le sénateur yankee, « la suspension par la Russie des livraisons de matières énergétiques à l’Ukraine a témoigné d’une tentation de se servir de l’énergie en vue d’atteindre des objectifs politiques ». « La Russie a abandonné la confrontation après une réaction sévère de l’Occident, mais quelle aurait été la réponse de l’OTAN si la Russie avait maintenu l’embargo ? », a demandé le sénateur américain, avertissant que, dans ce cas, « l’économie et les forces armées ukrainiennes auraient été sapées sans coup férir, et le danger et les pertes essuyées par plusieurs pays de l’OTAN auraient été considérables ».

« L’OTAN doit déterminer les mesures à prendre si la Pologne, l’Allemagne, la Hongrie ou la Lettonie faisaient l’objet de la même menace que l’Ukraine », a martelé Richard Lugar, invitant à étendre au secteur énergétique le « chapitre 5 » des statuts de l’OTAN qui précise qu’une agression contre un membre de l’Alliance équivaut à une agression contre le bloc militaire tout entier. « Puisqu’une attaque avec utilisation de l’énergie en tant qu’arme peut ruiner l’économie d’un pays et faire des centaines, voire des milliers de victimes, l’Alliance doit prendre un engagement selon lequel la défense contre une telle attaque rentre dans le cadre du "chapitre 5", a poursuivi le président du comité sénatorial, soulignant que, dans les conditions actuelles, un conflit énergétique équivalait à un conflit armé. "Cela ne fait pratiquement aucune différence quand un membre (de l’OTAN) est contraint de se soumettre à la volonté d’autrui à cause d’une coupure d’énergie ou quand il se heurte à un blocus militaire ou à une démonstration de force à ses frontières », a-t-il dit.

« Acceptant la démolition du mur de Berlin, la Russie espérait que l’OTAN tiendrait ses promesses de ne pas s’élargir à l’Est, mais les anciens membres du Pacte de Varsovie et les pays baltes ont adhéré à l’Alliance. Réagissant aux notes de confrontation qui pointent dans les rapports avec l’OTAN, Moscou propose à l’Alliance de l’Atlantique Nord un nouveau format des rapports en Europe. L’OTAN voudrait continuer à s’étendre en admettant de nouveaux Etats de la CEI (Communauté des Etats indépendants). La Russie s’y oppose activement. Les démarches diplomatiques n’y font rien. Il ne reste guère que l’alternative de mesures violentes », avertit encore KOMMERSANT.

L’opposition des blocs dans l’esprit de la « guerre froide » doit dissuader certaines républiques post-soviétiques d’adhérer de façon précipitée à l’Alliance. VOILA POURQUOI L’OTSC – « ce nouveau Pacte de Varsovie » dixit KOMMERSANT – DEFINIT CLAIREMENT SA PLACE EN EUROPE. Ce bloc compte, parmi ses alliés potentiels, les pays d’Asie faisant partie des Six de Shanghai, avant tout la Chine, qui représente une force imposante dans la compétition avec l’OTAN.

TRANSNISTRIE, ABKHAZIE ET OSSÉTIE DU SUD :
SUR LE FRONT DE LA « CEI-2 »

Un des points chauds de cette confrontation, ce sont les Républiques auto-proclamées de Transnistrie, Abkhazie et Ossétie du Sud, que l’on appelle aussi la « CEI-2 ». C’est là que la confrontation entre l’OTAN et la Russie s’exprime directement, aux frontières caucasiennes et aux marches européennes de la Russie.

L’Abkhazie (capitale Soukhoumi), ex-république autonome de la Géorgie soviétique depuis 1931, a combattu les forces géorgiennes de 1992 à 1994, au lendemain de la dissolution de l’URSS en décembre 1991. Soukhoumi ne reconnaît pas la souveraineté de Tbilissi sur son territoire et applique une politique visant à accéder à une indépendance reconnue par la communauté internationale.

Ex-région autonome de la Géorgie d’après la division administrative de l’URSS, l’Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) a proclamé son indépendance le 20 septembre 1990. Tbilissi a alors riposté et les opérations militaires ont fait des milliers de morts de part et d’autre de 1990 à 1992. Lors du premier référendum de janvier 1992, au lendemain de la disparition de l’URSS, l’Ossétie du Sud s’est massivement exprimée en faveur de son indépendance envers la Géorgie. Les Sud-Ossètes mettent le cap sur le rapprochement avec l’Ossétie du Nord, république du Caucase du Nord russe, notant que les Ossètes, du Nord comme du Sud, ont bénévolement intégré la Russie en 1774, une bonne trentaine d’années avant la Géorgie. Près de 99% des Sud-Ossètes ont dit « oui » au référendum organisé ce 12 novembre 2006 par les autorités séparatistes et proposant de faire de la région un Etat indépendant. Tskhinvali ne cache pas son objectif stratégique de réunification avec l’Ossétie du Nord, une république russe du Caucase du Nord, et refuse catégoriquement de reconnaître la souveraineté géorgienne sur son territoire.

La Transnistrie (la PMR, capitale Tiraspol), zone la plus industrialisée de l’ancienne République soviétique de Moldavie et peuplée aux deux tiers par des Slaves, a proclamé son indépendance envers Kichinev en 1992, après la dislocation de l’URSS et à l’issue de plusieurs mois de combats contre les forces moldaves pro-roumaines. Depuis, Tiraspol refuse de reconnaître la souveraineté moldave sur son territoire et applique une politique indépendante, renforcée après le référendum sur l’indépendance de septembre 2006, très largement remporté par les partisans du rapprochement avec la Russie. Le 17 septembre dernier, un référendum a eu lieu en effet en République Moldave de Transnistrie (PMR), et, dans le cadre de cette consultation nationale, la majorité écrasante de la population de cette république autoproclamée s’est prononcée pour la poursuite de la politique d’indépendance de la Transnistrie et de son union avec la Russie.

Enfin le Nagorny-Karabakh (capitale Stepanakert), qui se veut « le deuxième Etat arménien », enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan, a fait sécession de Bakou au terme d’un conflit armé qui a fait, entre 1988 et 1994, des milliers de morts. Le Haut-Karabakh bénéficiait, au sein de la république soviétique d’Azerbaïdjan, du statut de région autonome. En 1988, à la faveur de la perestroïka gorbatchévienne, la population locale a exigé la réunification de l’enclave à la république soviétique d’Arménie. Malgré de multiples tentatives de Moscou de faire revenir le calme dans le pays, une véritable guerre a éclaté entre la région et l’Azerbaïdjan après la chute de l’URSS en 1991. Le 2 septembre 1991, les autorités séparatistes ont proclamé l’indépendance de la République du Haut-Karabakh englobant la région autonome du Haut-Karabakh et le district de Chaoumian. Un cessez-le-feu est intervenu en 1994 mais la situation reste tendue, malgré des efforts de médiation du groupe de Minsk de l’OSCE. Depuis, des négociations sont en cours à différents échelons entre Bakou et Erevan..

Quatre « conflits gelés » perdurent autour de ces quatre républiques, que l’on tente, avec l’appui de l’OTAN et de Washington, d’annihiler par la force. En Abkhazie et en Ossétie du Sud agressées par la Géorgie, les combats n’ont cessé qu’après l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix. La situation reste tendue dans le Haut-Karabakh, malgré le cessez-le-feu et les efforts de médiation de l’OSCE. La Transnistrie réclame depuis 16 ans son indépendance par rapport à la Moldavie, au travers de plusieurs referendum, et abrite un contingent de paix russe malgré l’opposition moldave.

A noter que le 30 septembre 2006, les présidents des parlements de trois de ces républiques non reconnues – mais néanmoins en Droit international reconnues comme « sujets de droit international » en tant que parties à des conflits – (Abkhazie, Ossétie du Sud, Transnistrie) ont signé un accord instituant l’Assemblée parlementaire de la Communauté « Pour la démocratie et les droits des peuples ». La Communauté « Pour la démocratie et le droits des peuples », qualifiée depuis de « CEI-2 », a été instituée en juin 2006 par les leaders des trois républiques et le Traité d’amitié prévoit une assistance mutuelle au niveau politique et économique, mais aussi, en cas d’agression, une assistance militaire.

LE COMBAT DE LIBÉRATION DE LA GRANDE-EUROPE
PASSE PAR TIRASPOL, SOUKHOUMI ET TSKHINVALI

Nous avons choisi de nous engager aux côtés de ces jeunes Républiques et de leurs dirigeants courageux. Non seulement parce que le combat de libération de la Grande-Europe passe par Tiraspol, Soukhoumi et Tskhinvali, mais aussi parce que nous sommes idéologiquement proches d’elles (comme nous le sommes du Belarus du président Lukashenko, avec son « socialisme post-soviétique ») et singulièrement de la Démocratie directe en action à Tiraspol.

L’OTAN C’EST LA GUERRE EN EUROPE !

Mais notre solidarité avec nos frères de Transnistrie, d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud n’implique aucune hostilité de notre part envers les peuples de Moldavie et de Géorgie, conduit à la guerre et au chaos par leurs mauvais dirigeants pro-américains. Depuis 40 ans nous affirmons que l’OTAN c’est la guerre et le militarisme. Et les conflits de la « CEI-2 » le démontrent à nouveau.

C’est l’OTAN qui pousse à la pérennisation de ces conflits, à l’hostilité entre les peuples voisins. Parce que l’OTAN a intérêt à créer des abcès de fixation, à entretenir la logique de guerre pour laquelle elle a été créée. Parce que l’OTAN soutient directement les extrémistes aux thèses fascisantes de Kichinev et de Tbilissi (comme elle le fait aussi dans les pays baltes en soutenant étroitement les extrémistes baltes dans leur haineuse xénophobie anti-russe), contre les partisans de la paix.

Moscou a proposé divers plans de paix, sur base de la fédéralisation des Etats concernés, tous torpillés par les extrémistes soutenus par l’OTAN.

C’est l’OTAN, Washington et la division de l’Europe qu’ils entretiennent depuis 60 ans qui est responsable de toutes ces guerres civiles entre Européens. Demain, dans la Grande-Europe, unie, grande et libre, de Vladivostok à Reykjavik, il n’y aura plus de place pour des guerres civiles de division entretenues par l’étranger pour des intérêts impérialistes extra-européens.

DEMAIN TOUS CITOYENS UNIS
DE NOTRE GRANDE PATRIE EURASIATIQUE !

Nos frères de Transnistrie et de Moldavie, d’Ossétie, d’Abkhazie et de Géorgie, auront de droit, comme tous les autres européens, toute leur place dans la Nouvelle Europe libre. Ajoutons une place égale en droits et en devoirs, autour d’une même citoyenneté, et non pas des droits réduits et variables selon l’origine comme dans la très inégalitaire et anti-démocratique l’Union Européenne (où cohabitent le « peuple des seigneurs » du noyau fondateur muni de tous les droits, des « peuples de seconde zone » comme les nouveaux adhérents dont les citoyens ont des droits réduits et qui fait face aux « peuples ilotes » à qui est promis un jour lointain l’entrée dans l’UE).

Européens de l’Est et de l’Ouest, sans aucune distinction d’origine nationale, ethnique, linguistique ou confessionnelle : Tous citoyens unis de notre Grande Patrie eurasiatique !

Luc MICHEL

 

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