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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 12 décembre 2006

 

AUGUSTO PINOCHET, DICTATEUR SANGUINAIRE
ET FIDELE LAQUAIS DE L’IMPERIALISME YANKEE

 

Comme il y a deux Europe – celles des Kollabos de l’OTAN qui prostituent l’Union Européenne à Washington et celle des Résistants à l’impérialisme yankee, l’Europe combattante, la nôtre –, il y a deux Amériques latines. Celle qui de Peron et Marti à Castro, le Che ou Chavez se bat pour la liberté du continent latino-américain. Et celle des putains locales de l’Amérique. Au premier plan duquel a figuré le Régime de Pinochet, marionnette du State Department et de la CIA.

Augusto Pinochet est décédé dimanche dernier à l’hôpital militaire de Santiago à l’âge de 91 ans des suites d’un infarctus du myocarde et d’un oedème pulmonaire. Ayant accédé au pouvoir après le coup d’Etat en 1973, il avait gouverné le Chili jusqu’en 1990.

Retour sur la carrière sanglante d’un dictateur au service des USA, qui reçut aussi le soutien actif de Margarette Thatcher, alors Premier ministre britannique. « Pinochet fait partie des dictateurs sanguinaires du XXe siècle », a déclaré fort justement ce 11 décembre le journaliste russe Igor Fessounenko, spécialiste des problèmes des pays d’Amérique latine.

Pinochet a été enterré ce 12 décembre, avec tous les honneurs dus au commandant en chef de l’armée de terre, mais sans ceux dus à un ex-président, selon les autorités chiliennes. Il n’y aura non plus aucun jour de deuil national.

« Un chien mérite une mort de chien. Le président du pays n’ira pas à l’enterrement. Des manifestations massives se tiennent à travers le pays en liesse. Il est privé des honneurs dus à un ancien chef d’Etat et sera enterré comme un simple général », a déclaré le journaliste.

« Je ne connais pas de pays où l’on aime Augusto Pinochet. Même l’Espagne franquiste a refusé de délivrer un visa d’entrée au général, ne voulant pas avoir affaire à un personnage politique aussi odieux », ajoutait Piotr Romanov, éditorialiste de RIA Novosti.

Celui-ci revient sur le coup d’état sanglant de Pinochet, commandité par les USA : « l’année 1973 fut marquée par une grande effusion de sang, des milliers de personnes furent tuées, des dizaines de milliers de personnes subirent des outrages et des tortures inhumaines. Personne n’oubliera les "escadrons de la mort" qui emportèrent des adversaires politiques à demi morts en hélicoptère et les jetèrent dans l’océan. Personne n’oubliera le stade de Santiago où fut torturé l’éminent guitariste, poète et chanteur Viktor Jara : on lui coupa les doigts. Personne n’oubliera les sévices exercés sur les femmes dans les prisons de Pinochet et beaucoup d’autres choses pour lesquelles Augusto Pinochet méritait certainement la peine capitale prévue par la loi ».

L’activité de Pinochet n’a pas besoin d’être évaluée. « Y aurait-il besoin de le prouver ? Il y a des choses inconditionnelles: Hitler est un inhumain et Pinochet est un personnage du même rang », a ajouté Igor Fessounenko, qui a travaillé pendant plus de vingt ans en Amérique latine.

Le politologue Sergueï Markov ajoute que « Pinochet a renversé le président Salvador Allende élu de façon démocratique après l’avoir perfidement trahi et a noyé le Chili dans le sang (…) Sous Pinochet, des milliers de représentants du peuple ont été exterminés sans autre forme de procès et des dizaines de milliers ont été obligés de quitter leur pays. En outre, il a établi au Chili une dictature politique et sociale draconienne (…) En ce qui concerne les progrès économiques du Chili sous Pinochet, dont on parle beaucoup actuellement, ces progrès ne sont pas prouvés, c’est le moins que l’on puisse dire. Sous Pinochet, le niveau de vie au Chili a été très bas et aucune croissance économique sérieuse n’a été constatée, l’essor n’a commencé qu’après le départ du dictateur. L’essentiel dans le phénomène Pinochet c’est le mythe de l’alliance bénéfique entre une politique économique libérale et une dictature politique et sociale draconienne. Ce mythe n’a pas encore trouvé de preuve et n’a pas encore été définitivement démenti, c’est pourquoi Pinochet reste un personnage politiquement vivant ».

Le peuple chilien n’a d’ailleurs pas encore fini de payer économiquement les années Pinochet. On est loin du mythe du « redressement de l’économie au prix de la dictature », comme l’expliquent nos camarades du Parti Communiste Chilien : « La société chilienne a été profondément et durablement transformée par le régime de Pinochet. Le Chili ne s’est pas encore libéré du lourd héritage de la dictature pinochetiste. La Constitution, encore en vigueur, a été votée sous la menace des baïonnettes. La plupart des juges actuels, comme les fonctionnaires, ont été mis en place sous l’administration du dictateur. La dette sociale de l’Etat envers les exclus du système ne cesse d’augmenter. Les pratiques de corruption s’étendent à toutes les échelles de l’Etat. Les pouvoirs de facto (armées, médias, judiciaire, patronat, etc.) continuent à imposer leurs choix de société. La concentration des pouvoirs politiques entre les formations qui soutiennent et renforcent le système en place, marginalise toute forme de contestation. A l’exception du Brésil, le Chili présente la plus inéquitable distribution de ses richesses, concentrées aux mains d’une infime minorité de privilégiés. Font aussi partie de l’héritage : la concentration des médias et moyens de communication presque exclusivement aux mains de la droite. Le renforcement de l’exclusion et la non reconnaissance des peuples originaires. L’exploitation effrénée des richesses non renouvelables du pays par des multinationales. L’incapacité d’indignation des Chiliens face aux injustices, qui ressemble fort à de la résignation ».

Et le PCC de dénoncer ensuite et fort justement la complicité de l’Occident dans les crimes de Pinochet, mais aussi et surtout celle de la Sociale-démocratie chilienne, cette si vertueuse « gauche » chilienne montrée en exemple par la Sociale-démocratie européenne : « Cependant, bien que Pinochet ait été, de son vivant et de par le monde, associé à l’abject, il n’a jamais été jugé. Au Chili, le statut de Pinochet relève du scandale. Il est mort en bénéficiant de la totale impunité malgré l’engagement des autorités chiliennes de le juger. Cette impunité a certainement fait partie des accords secrets qui ont permis à la Concertation (alliance de partis politiques de centre gauche au pouvoir) de prendre le relais après le dictateur. La complicité du gouvernement chilien, de responsables politiques ainsi que de juges est évidente. Le ministre de l’intérieur anglais de l’époque, Jack Straw, porte aussi une part de responsabilité : il l’a laissé repartir de Londres, où il était en état d’arrestation, après que des examens médicaux truqués aient conclu que sa maladie l’empêchait de pouvoir supporter un procès ».

Si nos media ont largement souligné le côté sanglant de la dictature chilienne, ils sont restés bien silencieux sur ses commanditaires nord-américains.

Car Augusto Pinochet a été placé au pouvoir par les Etats-Unis. « Le dictateur chilien Augusto Pinochet a été placé au pouvoir par les Etats-Unis en vue de lutter contre le communisme en Amérique latine » rappelait pertinemment le politologue russe Viatcheslav Nikonov. « L’indépendance du dictateur était très limitée (…) Salvador Allende, président du Chili renversé par le général Augusto Pinochet, était le premier leader socialiste élu par un vote populaire dans l’histoire de l’Amérique latine. Ce précédent était absolument intolérable pour les Etats-Unis. Partant, ils ont orchestré l’opération visant à renverser Salvador Allende conduite par Augusto Pinochet. Par la suite, Pinochet devait s’acquitter de deux tâches: élimination physique des communistes et édification d’un modèle économique libéral, à l’instar des Etats-Unis, avec la participation des représentants de l’Ecole économique de Chicago ».

Comme le rappelle le PCC, « Pinochet, symbole d’iniquité et de crime, pouvait narguer tout le monde car il jouissait de l’inavouable complicité de responsables politiques de divers pays, Chiliens, Anglais, mais aussi Nord-Américains. Pinochet a pu se permettre tous ces agissements car il était secrètement considéré, par beaucoup de responsables, comme celui qui a sauvé les privilèges de classes et les intérêts des multinationales en même temps que le système capitaliste chilien. L’exemple de la condamnation d’un dictateur aurait élimé les éventuelles vocations dont les pays développés, pourraient bien, à l’avenir, avoir besoin. Le continent africain nous rappelle en effet que cette option est toujours valable. Dans cette optique, Pinochet, bien que trahissant systématiquement sa propre parole, n’a, en fait, jamais été qu’un fidèle à ses commanditaires de l’empire américain. En tant que pantin du gouvernement américain et des multinationales, Pinochet ne fut pas à proprement parler un traître, mais un fidèle laquais de l’impérialisme ».

Ceci pour ceux qui s’obstinent à tenter de nous faire croire que le libéralisme économique est le jumeau indissociable de la démocratie, alors qu’il en est l’exact opposé : le règne darwinien des grands prédateurs bourgeois, ce que l’on appelle aussi l’oligarchie.

 

(Sources : AFP, RIA NOVOSTI)

 

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