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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 20 novembre 2006

 

LE PSEUDO « TRIBUNAL HARIRI » : 
UNE NOUVELLE MACHINE DE GUERRE OCCIDENTALE CONTRE LA SYRIE BA’ATHISTE ET LE LIBAN

 

Le gouvernement libanais reste embourbé dans une nouvelle crise politique, exacerbée par la démission des ministres pro-syriens, au lendemain de son aval au projet de l'ONU d'un pseudo « tribunal spécial international » sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri (mort dans un attentat à la voiture piégée, le 14 février 2005 à Beyrouth. Un crime qui ne profite qu’aux ennemis de la Syrie ba’athiste est singulièrement aux sionistes).

Dominé par la majorité anti-syrienne soutenue par l'Occident – majoritaire au Parlement, mais minoritaire dans le pays –, le gouvernement de Fouad Siniora a transmis ce 13 novembre 2006 à l'ONU son aval au projet de création du tribunal chargé de juger les meurtriers de Hariri, selon une source officielle. « Le Liban s'attend à ce que le texte soit adopté par le Conseil de sécurité au cours des prochains jours », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement a adopté le projet élaboré conjointement par les experts de l'ONU et des magistrats libanais, malgré la démission de six ministres depuis ce 11 novembre, dont cinq des partis chiites du Hezbollah et d'Amal.

La campagne de l'opposition s'est d'ailleurs accentuée, le chef du puissant Hezbollah, Hassan Nasrallah, et son allié chrétien, Michel Aoun, qualifiant tous deux le gouvernement d' « illégitime ». Ils ont tous deux souligné que « tous les moyens permis par la loi » seront utilisés pour faire tomber le gouvernement, y compris des manifestations.

« Ce gouvernement ne peut pas durer. Le Liban aura bientôt un gouvernement composé de gens honnêtes et capables de reconstruire ce que l'agression israélienne », a dit cheikh Nasrallah, cité par la presse. « Ce gouvernement doit être considéré comme démissionnaire et il n'y aura pas de dialogue (avec la majorité anti-syrienne) sauf s'ils sont disposés à nous rendre justice », a déclaré pour sa part le général Aoun.

Les ministres du tandem Hezbollah-Amal ont démissionné pour protester contre le refus de la majorité anti-syrienne d'élargir leur assise au sein du cabinet de coalition avec l'entrée notamment des proches du général Aoun et d'accroître leur influence par le biais d'une « minorité de blocage ». Un tel système permettrait aux forces pro-syriennes de s'opposer aux décisions de la majorité anti-syrienne, dont celle concernant le processus de création d'un pseudo tribunal international.

Le président pro-syrien, Emile Lahoud, a indiqué que l'approbation du tribunal « n'engageait pas l'Etat libanais ». Il avait déjà qualifié d' « anti-constitutionnelle » la réunion du gouvernement au cours de laquelle celui-ci a approuvé le projet du pseudo tribunal, en l'absence d'une des principales communautés du pays, les chiites. Lahoud, qui a émis de fortes réserves sur le texte de l'ONU, avait refusé de présider ce Conseil des ministres.

Une commission d'enquête de l'ONU avait mis en cause, dans des rapports d'étape, des responsables syriens et leurs alliés libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri, mort dans un spectaculaire attentat à Beyrouth le 14 février 2005, alors que le Liban était sous tutelle syrienne. On devait découvrir ensuite que le rapport se basait sur de faux témoignages et diverses intimidations et manipulations. La Syrie a nié toute implication et promis néanmoins de coopérer à l'enquête.

Le journaliste Hassan Nafaa dénonçait l’enquête truquée et le parti-pris anti-syrien des enquêteurs de l’ONU dans Al Ahram  (17/23 novembre 2005) : « La force de la stratégie occidentale s’appuie sur sa confiance en la légitimité internationale représentée par le Conseil de sécurité de l’ONU. La résolution 1636 démontre que ce dernier soutient Mehlis mais de telles prétentions à la légitimité internationale ne sont pas sans éveiller les soupçons. Il suffit de se rappeler la situation à laquelle a dû faire face l’Irak. La Syrie peut à juste titre dire que les Etats-Unis et la France utilisent l’affaire Hariri pour poursuivre des objectifs politiques qui y sont étrangers. La résolution 1559 a, après tout, été adoptée bien avant l’assassinat d’Hariri et les USA n’ont eu de cesse d’obtenir de la Syrie un changement politique sur l’Irak et le conflit israélo-arabe. La Syrie peut jeter le doute sur la probité de l’ONU et des USA.  Elle peut rappeler au monde  les armes de destruction que l’on accusait l’Irak de détenir et les renseignements fabriqués aux fins de justifier l’invasion US.

Zahir al Siddiq, l’un des témoins sur lequel repose le rapport de Mehlis, est un criminel connu et un parjure. De plus, Louay Al Saqqa, un citoyen syrien, en prison en Turquie, dit qu’on lui a offert 10 millions de dollars en échange d’un faux témoignage selon lequel il a rencontré Shawkat qui lui a demandé de trouver un terroriste irakien pour tuer Hariri ».

La France – qui joue contre ses intérêts vitaux au Liban et porte les valises de Washington et Tel-Aviv –, et qui s'est beaucoup investie pour la création du tribunal, s'est félicitée de l'aval du gouvernement Siniora et l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, John Bolton, a appelé Damas à respecter sa décision.

Ceux qui ont étudié l’histoire du pseudo « Tribunal Pénal International sur la Yougoslavie » savent que le TPIY a surtout été une machine de guerre de l’OTAN et des USA contre la Yougoslavie du Président Milosevic, qui finira assassiné dans les geôles de La Haye.

Avec la création du pseudo « Tribunal Hariri », c’est une nouvelle étape de l’agression occidentale et sioniste contre la Syrie ba’athiste, le Liban et la Nation arabe qui s’ouvre.

Pour ceux qui en douteraient, la tentative de créer un pseudo « Tribunal Hariri » – et d’utiliser contre la Syrie et ses alliés les méthodes qui ont si bien marché contre la Yougoslavie – s’accompagne d’une nouvelle offensive médiatique contre Damas.

On connaît trop bien les sales méthodes de désinformation qui ont été utilisées pour justifier l’agression contre l’Irak ba’athiste. « Aide à Al-Qaida » (sic), « soutien au terrorisme » (resic) et autres « armes de destruction massive » (un concept clé forgé dans les officines du Pentagone contre l’Irak dès la fin des Années 80) : tout s’est révélé faux !!! A commencer par les « analyses » et les mediamensonges de la presse aux ordres du Pentagone et de l’OTAN.

Les mêmes bonnes veilles méthodes sont à nouveau utilisées, cette fois contre Damas. Et nos prostituées médiatiques – que l’on aurait pu croire échaudées par la manipulation contre l’Irak – sont une fois de plus à la pointe de la désinformation « made in USA ». On pouvait ainsi lire dans LE TEMPS (Genève, le cousin suisse du MONDE) – exemple entre trop d’autres – de ce 16 novembre 2006, un curieux article anti-syrien intitulé « Somalie, nouveau front pour l'islam radical », où Damas était accusée de rien moins que d’armer et d’entrainer les islamistes radicaux de Somalie.

« Vous avez aimé l'Irak, l'Afghanistan? Vous adorerez la Somalie, affirme le quotidien genevois, qui reprend les élucubrations pentagonistes de Reuters. Ce pays martyr et déchiqueté de la Corne de l'Afrique est livré depuis quinze ans, avec plus ou moins d'intensité, aux clans armés. Le foyer purulent, qui s'est développé depuis quelque temps en conflit régional, devient maintenant un nouveau lieu d'affrontement entre un agglomérat pro-occidental et des forces islamiques qui se radicalisent. Un rapport soumis vendredi au Conseil de sécurité des Nations unies (mais dont le contenu a été révélé par l'agence Reuters) affirme que l'intervention d'Etats et de groupes extérieurs pousse inexorablement à la guerre. Pour la première fois, le groupe d'experts chargé de vérifier le respect - en fait le viol permanent - de l'embargo sur les armes voté en 1992 met en cause l'Iran, la Syrie et le Hezbollah (…) Les experts des Nations unies sont basés à Nairobi. Leur chef est un Belge, Bruno Schiemsky, son adjoint est Américain, Melvin Holt; un Kenyan s'occupe des questions maritimes, un Colombien des finances. Leur rapport est d'une extraordinaire précision. Comment font-ils? Ils reçoivent, entre autres, leurs informations des services de renseignement des quinze Etats membres du Conseil de sécurité, dont certains sont plus puissants et mieux organisés que d'autres (…) La nouveauté du rapport, c'est la mise en cause de l'Iran, de la Syrie, et du Hezbollah. Damas est accusé comme d'autres (Egypte, Arabie saoudite, Libye, Algérie) d'avoir violé l'embargo, mais aussi d'avoir accueilli, le 27 juillet, 200 combattants de l'UTI pour les entraîner ».

Un cas d’école de mediamensonge qui fleure bon les affabulations des Bush, Rice et autres Blair sur l’Irak !

Tout ceci n’est intelligible que si l’on comprend que Damas – et non pas Téhéran – est la cible prioritaire de l’Administration yankee au Proche-Orient, comme nous l’annoncions dès 2003. Les vautours du régime de Bush ne sont pas allés en Irak uniquement pour les dollars du pétrole et du pillage – la soi-disant « reconstruction » du pays. Ils sont là aussi, et surtout, pour des motifs idéologiques. Et leurs visées sur la Syrie, le Liban et l’ensemble du « Nouveau Moyen-Orient » répondent aux mêmes motivations.

Comme le soulignait avec mous dès 2003 AL-AHRAM HEBDO, la guerre coloniale contre l’Irak est « une tentative américano-israélienne pour faire installer une idéologie proche-orientale en substitut à l'idéologie du nationalisme arabe ». « La politique américano-israélienne au Proche-Orient est fondée sur l'hostilité envers le nationalisme arabe, doctrine qui considère que les Arabophones forment une nation unique, et non une collection d'États, qui doit s'affranchir de la tutelle étrangère », précisait encore feu Edward Saïd, professeur à l'Université de Columbia à New-York, dans DAR AL HAYAT. C’est ce nationalisme arabe, révolutionnaire, laïque, unitaire et anti-sioniste qu’incarne le Ba’ath, dans ses versions syrienne ou irakienne. 

La bataille pour la défense de la dernière forteresse du Ba’ath est donc engagée. Nous entendons y participer !

Luc MICHEL

(Sources : RIA NOVOSTI, REUTERS, LE TEMPS, AL HARAM, L’ORIENT-LE JOUR)

 

Pour en savoir plus :

- « DEFENDRE LA FORTERESSE BA’ATHISTE SYRIENNE », PCN-INFOS HEBDO du 29 mars 2005.

- De Luc MICHEL, « L'AGRESSION AMERICANO-SIONISTE EST UNE GUERRE IDEOLOGIQUE CONTRE LE NATIONALISME ARABE », LE QUOTIDIEN DU PCN, 7 octobre 2003 -  N° 765.

 

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