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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 26 juillet 2006

 

FRONT ANTI-AMERICAIN (2) :
MINSK-CARACAS, L’ « AXE DU BIEN » !

 

« Le président vénézuélien légalise l’anti-américanisme comme facteur de la politique mondiale et des relations internationales » (Novosti, 24 juillet 2006)

« Certains historiens définissent le 20e Siècle comme un siècle où les USA ont tenté d’effacer une partie de l’Histoire. Mais le 20e Siècle n’a pas été le siècle de l’Amérique. Ce fut un siècle de grandes révolutions. Les dernières années du siècle ont été une époque d’épreuves et de tremblements de terre dans l’arène politique. L’Union Soviétique se désintégra et les USA … proclamèrent la victoire finale du capitalisme et du marché libre, et annoncèrent la mort du Socialisme et de la souveraineté des peuples. Mais la souveraineté, le Socialisme ne mourront jamais » (Hugo Chavez, 24 juillet 2006)

Le Président vénézuélien, Hugo Chavez, entame ce 24 juillet 2006 une grande tournée internationale. La Biélorussie, la Russie, l’Iran, le Qatar et le Vietnam figurent au programme. Ce même 24 juillet, Hugo Chavez a rencontré le Président biélorusse, Alexandre Loukachenko.

Voici six mois, Hugo Chavez avait imaginé le terme « axe du bien » pour désigner l’alliance du Venezuela, de Cuba et de la Colombie, créée surtout pour faire la nique aux Etats-Unis. La proximité idéologique des trois régimes peut être sujette à discussion, il n’en reste pas moins que la rhétorique anti-impérialiste et anti-américaine les rapproche et est aussi devenue un important facteur de la vie politique dans l’ensemble du continent.

La tournée internationale de Chavez apparaît comme un prolongement de l’ « axe du bien » à l’échelle mondiale. Le fait que l’itinéraire passe par des pays de l’ « axe du mal » américain ne doit rien au hasard. (La nouvelle version de la "liste noire" a vu le jour en janvier 2005, quand la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait énuméré les « bastions de la tyrannie » : Iran, Corée du Nord, Cuba, Biélorussie, Zimbabwe et Myanmar).

« En effectuant ce voyage, commente l’Agence russe NOVOSTI, le président vénézuélien légalise l’anti-américanisme comme facteur de la politique mondiale et des relations internationales ». Il ne fait aucun doute qu’avec les présidents biélorusse et iranien Hugo Chavez trouvera la compréhension totale sur les dossiers internationaux sensibles.

LE CONTREPOIDS RUSSE A LA PUISSANCE AMERICAINE

Entre les deux rencontres l’ennemi du président Bush s’entretiendra encore avec le président Poutine et vient chercher en Russie un contrepoids à la puissance américaine. Chavez, qui connaît l’importance des symboles en politique, a choisi Volgograd, l’ancienne Stalingrad pour sa première étape russe.

L’agenda russe d’Hugo Chavez est chargé. Il mènera des pourparlers sur l’achat de chasseurs Su-30 et d’hélicoptères ainsi que sur la construction au Venezuela de deux usines de fusils d’assaut Kalachnikov (Caracas a déjà conclu un accord portant sur l’acquisition de 100.000 Kalachnikov). Enfin, Hugo Chavez recherchera un soutien avant le vote en octobre à l’ONU sur la rotation de certains membres non-permanents du Conseil de sécurité. Les Etats-Unis sont bien décidés à faire opposition à l’entrée du Venezuela dans cette structure internationale.

Seul bémol, malgré l’irritation suscitée par le bilan du G8 et des négociations bilatérales avec les partenaires, le Kremlin n’est pas – encore !? – disposé à rallier le club anti-américain. Cependant, si Moscou n’avait pas figuré sur l’itinéraire d’Hugo Chavez, sa tournée serait passée comme une visite effectuée en Iran accompagnée d’escales dans des pays d’importance secondaire. « Les pourparlers avec Vladimir Poutine lui conféreront la stature de première tournée mondiale du promoteur numéro un de l’anti-américanisme », écrit NOVOSTI.

L’AXE MINSK-CARACAS :
« UNE EQUIPE DE COMBAT » ANTI-YANKEE

La rencontre Loukachenko-Chavez à Minsk invalide les mensonges de la propagande des media de l’OTAN sur « l’isolement du Belarus » (sic).

Le service de presse du chef de l’Etat biélorusse a annoncé que les négociations se dérouleraient en tête-à-tête et en comité élargi. Elles ont eu « comme thème majeur la coopération commerciale et économique des deux pays ». Il a été également question de la collaboration au sein des organisations internationales, notamment à l’Organisation des Nations Unies et dans le Mouvement des non-alignés, où Chavez mais aussi Lukashenko prennent une part dirigeante.

Sept documents ont été signés par les parties. Le principal en est la « Déclaration sur la coopération du Venezuela et de la Biélorussie ». Des accords sur la coopération scientifique et technique, sur la coopération dans les domaines de l’éducation, de l’énergie et de la pétrochimie ont aussi été signés.

Le président vénézuélien s’est aussi rendu au mémorial historico-culturel « La Ligne Staline » et a fleuri l’obélisque de la Victoire sur le Nazisme dans le centre de Minsk. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a proposé à son homologue biélorusse, Alexandre Loukachenko, de créer une « équipe de combat », lors de leur rencontre à Minsk. « J’ai trouvé ici un nouvel ami et nous créerons une équipe. Ce sera une équipe de combat », a indiqué le leader vénézuélien.

Le président vénézuélien a exprimé sa reconnaissance au numéro un biélorusse pour la solidarité manifestée à son égard depuis des années, ajoutant qu’il souhaitait depuis longtemps se rendre en Biélorussie. Il a également jugé symbolique le fait que sa rencontre avec le leader biélorusse ait lieu le 24 juillet, une journée particulière pour le Venezuela, car c’est le jour de la naissance de Simon Bolivar, chef des guerres d’indépendance des colonies espagnoles d’Amérique du Sud, libérateur du Venezuela.

Pour sa part, Alexandre Loukachenko a souligné la disposition de la Biélorussie à coopérer avec le Venezuela. Il existe de nombreux domaines de coopération, selon lui.

Il existe des possibilités de former une alliance stratégique contre les guerres et les révolutions – les pseudos-révolutions « de couleur » financées par Washington et ses larbins de l’OTAN –, a encore estimé lundi à Minsk le président vénézuélien Hugo Chavez. « Il existe beaucoup de possibilités de créer une alliance stratégique pour protéger le monde contre la folie des guerres et des révolutions colorées », a-t-il indiqué au cours de sa rencontre avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko. Par ailleurs, Chavez a préconisé la création d’un monde multipolaire.

LA COOPERATION ECONOMIQUE BIELORUSSO-VENEZUELIENNE

S’agissant de la coopération économique biélorusso-vénézuélienne, Chavez a estimé qu’elle avait un grand potentiel.

Loukachenko a, pour sa part, déclaré que la visite de Chavez en Biélorussie ouvrait une nouvelle page dans l’histoire des rapports bilatéraux. « Je ne m’attendais pas à ce que les propositions de M.Chavez puissent avoir un tel effet économique », a-t-il dit. Loukachenko a vanté le « grand effet économique » de la rencontre, assurant que l’économie bélarusse et son « Socialisme post-soviétique » avaient suscité un grand intérêt auprès des Vénézuéliens.

Le président vénézuélien avait notamment proposé de collaborer dans le bâtiment et la production de pétrole. Les négociations entre les deux chefs d’État ont débouché sur la signature de la Déclaration conjointe et d’accords de coopération sur la scène internationale, dans la recherche, les technologies et l’agriculture.

A l’issue de cette rencontre historique qui voit la fondation de l’Axe anti-américain Minsk-Caracas, Alexandre Loukachenko a accepté l’invitation de son homologue vénézuélien Hugo Chavez à se rendre au Venezuela, a annoncé le chef du service de presse du président biélorusse Pavel Legki. Les chefs d’État ont également convenu de créer une commission interétatique mixte qui devrait formuler des propositions concrètes et élaborer des contrats dans un mois, a ajouté le porte-parole.

Les parties signeront des contrats portant sur la coopération dans les secteurs pétrochimique et énergétique, la construction de logements et d’usines au Venezuela. On notera qu’ici aussi la propagande des media de l’OTAN, qui parle sans cesse d’une « économie biélorusse vieillie et inefficace, produisant des produits dépassés », est prise en flagrant délit de mensonge, le Belarus étant en pointe mondiale dans des domaines comme l’électronique de pointe, les armements ou la pétrochimie.

Le Venezuela a l’intention de porter la production de pétrole de 3,3 à 5,8 millions de barils par jour d’ici à 2012, selon le président vénézuélien. Cela permet de compter sur un succès de la coopération biélorusso-vénézuélienne, a estimé P. Legki.

CONTRE L’ENNEMI AMERICAIN !

Enfin ce 25 juillet, le président vénézuélien a proclamé la création d’une « alliance stratégique entre le Venezuela et la Biélorussie », lors de son intervention à l’Académie militaire biélorusse.

« Nous créerons une alliance au moyen de la coopération dans le domaine scientifique et technique, dans l’industrie, les secteurs énergétique, pétrolier, gazier et, bien entendu, grâce à la coopération militaire et technique », a indiqué Chavez. La Biélorussie et le Venezuela, selon lui, doivent « se tenir par la main » et « garder la main ... sur l’épée », afin de « protéger la patrie contre les menaces extérieures et intérieures aux projets nationaux qui dérangent l’impérialisme, parce qu’ils sont fructueux ». « Les projets nationaux dans, les deux pays visent à créer un monde multipolaire », a-t-il souligné.

« Les leaders de ces deux pays soumis à un isolement en Occident ont d’emblée trouvé un langage commun », commentait le quotidien moscovite Kommersant.

Un langage qui vise directement l’ennemi américain !

« Certains historiens, dit Chavez, définissent le 20e Siècle comme un siècle où les USA ont tenté d’effacer une partie de l’Histoire. Mais le 20e Siècle n’a pas été le siècle de l’Amérique. Ce fut un siècle de grandes révolutions. Les dernières années du siècle ont été une époque d’épreuves et de tremblements de terre dans l’arène politiquer. L’Union Soviétique se désintégra et les USA … proclamèrent la victoire finale du capitalisme et du marché libre et annoncèrent la mort du Socialisme et de la souveraineté des peuples. Mais la souveraineté, le Socialisme ne mourront jamais ».

« La Biélorussie et le Venezuela ont beaucoup d’intérêts communs et poursuivent un objectif, celui de relever le niveau de vie et de garantir la paix », affirme en écho le président biélorusse Alexandre Loukachenko. « Le cercle des pays qui s’opposent aujourd’hui au diktat de la force ne cesse de s’élargir », tandis que « la volonté naturelle d’abandonner le modèle de monde unipolaire pour une communauté de partenaires égaux en droits devient un facteur de consolidation incontournable », a-t-il estimé. « La Biélorussie et le Venezuela connaissent des changements politiques semblables qui s’opèrent dans l’intérêt des citoyens et non des multinationales (…) Le chemin indépendant choisi par nos peuples et le succès du modèle économique orienté sur le social ont provoqué une pression sans précédent de la part des nouveaux candidats à la domination mondiale », a poursuivi Alexandre Loukachenko. « On s’obstine à nous imposer une idéologie et une morale étrangères, des réformes pseudo-économiques visant à appauvrir la population au nom des superprofits d’un groupe de richards », a encore estimé le président biélorusse. « Lorsque le peuple s’oppose à ces manipulations, le pays est accusé de bafouer la démocratie et de violer les droits de l’homme (…) Mais nous réaffirmons que nous bâtirons notre maison nous-mêmes sans les architectes étrangers et leurs sous-traitants locaux. Ce droit sacré, nos pays l’ont défendu et ils le défendront avec tous les moyens disponibles », a averti Loukachenko.

« La Biélorussie poursuit une politique étrangère multivectorielle visant à former une ceinture de bon voisinage à ses frontières ». Elle « prône un ordre mondial équitable sans diktats ou ultimatums extérieurs. Chaque Etat est en droit de suivre le chemin choisi par son peuple », a souligné M. Loukachenko, sûr que les deux pays réaliseront tous leurs projets dans l’intérêt du développement et de la prospérité des peuples.

De son côté, le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré que le Venezuela et la Biélorussie suivaient leur propre voie dans des conditions difficiles. Tous les deux font l’objet d’attaques impérialistes extérieures et de la désinformation véhiculée par les média. « Les dix dernières années de l’histoire mondiale ont fait de nous deux pays frères, a-t-il indiqué. Il y a dix ans commençaient la renaissance de la Biélorussie indépendante, après l’éclatement de l’Union soviétique, et celle du Venezuela, après le soulèvement du peuple et son « non » décisif à l’impérialisme (…) Cela fait dix ans que nous marchons d’un pas sûr, la tête haute, mais des dangers nous guettent partout. Nous sommes déterminés à atteindre note objectif, car l’heure est venue de conjuguer nos efforts ».

LE MODELE DU BELARUS :
LE « SOCIALISME POST-SOVIETIQUE »

Le dirigeant vénézuélien a offert un cadeau de choix à Alexandre Loukachenko en disant que le lointain Venezuela avait fait sien le modèle biélorusse de développement. « La Biélorussie matérialise le slogan de Vladimir Lénine selon lequel il faut en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme. Nous voyons ici un modèle de société socialiste que nous commençons à mettre en place chez nous », a annoncé Chavez. 

« Ici nous nous sentons parmi nos frères et amis », a déclaré Chavez à son arrivée à l’aéroport de Minsk. « Nous voyons ici un modèle d’État social comme nous commençons à en créer un au Venezuela », a ajouté le dirigeant sud-américain, allié du président cubain Fidel Castro dans un front antiaméricain. Et il a ajouté : « Nous devons défendre les intérêts de l’homme et non pas les intérêts démoniaques des capitalistes, où qu’ils se trouvent, en Amérique du Nord, en Europe. Nous devons en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme ».

Loin d’être un résidu oublié du monde soviétique, le Belarus du Président Lukashenko est en effet une expérience-pilote, connue aujourd’hui sous le nom de « socialisme postsoviétique ». Lukashenko, qui a inversé l’histoire, arrêté la colonisation du capitalisme occidental amorcée au Belarus en 1991-94, et développé depuis une décennie une économie socialiste efficace basée sur la solidarité et le bien-être du peuple, apparaît aujourd’hui comme un modèle.

Un modèle étudié avec intérêt parmi les Non-alignés, dont la Chine, la Libye et Cuba. C’est la véritable raison de la haine de Washington et de ses valets « européens » contre le Président du Belarus, « pourfendeur du capitalisme et de la mondialisation », qui sera la vedette du prochain sommet des Non-alignés – représentant 130 pays ! – à la Havane. Une réalité bien éloignée de la propagande made in NATO que propagent les media aux ordres occidentaux, comme LE MONDE, qui décrivait sans rire « l’isolement quasi complet du pays, décrit sur la scène internationale comme "la dernière dictature en Europe" ». (sic)

Dans « Le retour de la Russie », Michel GURFINKEL et Vladimir FEDOROVSKI analysent les orientations idéologiques convergentes du KPRF de ZOUGANOV et du national-communisme de LUKASHENKO au Belarus : « Zouganov … instaurerait sans doute un régime analogue à celui du Belarus : l’ex-Biélorussie soviétique. Cette république de 10 millions d’habitants, enclavée entre la Russie, la Lituanie, la Pologne et l’Ukraine, est devenue indépendante en 1991 et a connu une brève expérience libérale avec son premier président, Vladislav Chouchkevitch. En 1994, les néo-communistes d’Alexandre Loukachenko reprennent le pouvoir par les urnes (…)  ils ne se contentent pas, comme les néo-communistes polonais, lituaniens ou hongrois, de gérer le capitalisme à leur profit : ils rétablissent un Etat totalitaire … Les armoiries et le drapeau de la Biélorussie soviétique, créés sous Staline, sont remis en place. L’économie, qui n’avait jamais été réformée, repasse sous le contrôle de la bureaucratie ». « Seule différence avec le régime soviétique proprement dit : la justification idéologique du système. Au marxisme « scientifique » et athée de naguère, Loukachenko a substitué un néo-marxisme hybridé de nationalisme slave et de religiosité orthodoxe ». Belle exemple de synthèse nationale-communiste slave, qui rappelle étroitement le « national-bolchevisme russe » de l’URSS sous la direction de Staline.

LE « SOCIALISME POST-SOVIETIQUE » :
UNE ALTERNATIVE EFFICACE

Le soutien populaire au président Lukashenko repose surtout sur la préservation des acquis du Socialisme. Exemple unique en Europe depuis la fin de la Yougoslavie de Milosevic. Et sur une réussite sociale et économique exemplaires.

Ici aussi, les media aux ordres de l’OTAN mentent effrontément. Un exemple : « Sous la direction de M. Loukachenko, la Biélorussie connaît un retour à une gestion de type soviétique, son économie piétine et les investisseurs occidentaux se font remarquer surtout par leur absence », écrivait LE MONDE (4 août 2003). La réalité inflige un cruel démenti aux mediamensonges du MONDE.

« Espérance de vie, éducation et pouvoir d’achat donnent au Belarus un rang élevé dans l’index du développement humain des Nations-Unies » écrivait le 20 juillet 2003 l’agence russe ROSBALT ! « La haute position du Belarus (53e) dans les statistiques des Nations-Unies concernant le développement humain est due aux résultats forts du pays suivant trois critères, selon Neil Buhne, le chef du programme des Nations-Unies pour le développement au Belarus. Le premier critère est l’espérance de vie. L’ONU a calculé que celle-ci augmentera au Belarus jusqu’à 70,1 ans pour 2005 (comparables aux 68,5 ans entre 1995 et 2000) ». Rappelons que dans la Russie « démocratique » et pro-occidentale d’Eltsine, elle a chuté de près de 10 ans depuis la fin de l’URSS !

« Le second critère est l’éducation. Au Belarus, comme dans la plupart des pays développés, le taux d’alphabétisation approche des 100 %. Le Belarus a aussi de hauts résultats dans tous les secteurs éducatifs ».

Le troisième critère est le PIB par tête en terme de pouvoir d’achat. Ce qui prend en compte les différences entre les prix des biens et services entre pays. En 2001, le PIB par tête au Belarus était de 1226 dollars US, mais si l’on prend en compte le pouvoir d’achat véritable il correspond à 7.620 USD », cette différence – les chiffres ne sont rien sans comparaisons – étant due à la vie bon marché et aux services publics et sociaux de l’Etat que garantit le gouvernement sous la direction du Président Lukashenko. Ajoutons que le même rapport de l’ONU précise que « le développement social s’est effondré aux USA depuis 1980 ». Socialisme ou barbarie capitaliste, l’alternative est sans appel !!!

Le Belarus a aussi un secteur industriel de pointe, notamment dans le domaine des armements, comme le précise LE MONDE DIPLOMATIQUE (septembre 2001) : « la Biélorussie demeure un des centres d’industries de pointe pour toute l’ex-URSS, ce qui permet à M. Loukachenko, et, derrière lui, aux lobbies économiques biélorussiens, de ne pas se trouver systématiquement en position de faiblesse face au Kremlin ».

WASHINGTON PREOCCUPEE

A la Maison blanche, on ne se trompe pas sur la portée de l’événement. « La tournée de Chavez agace les Etats-Unis », titre LE FIGARO (Paris), qui y voit une « provocation » (sic) et du « folklore » : « La provocation est montée d’un cran dimanche, avec la tournée lancée par Hugo Chavez en Biélorussie, en Russie, au Qatar, en Iran, au Vietnam et au Mali. Le président vénézuélien a profité de sa première étape à Minsk auprès du président biélorusse, Alexandre Loukachenko, une des bêtes noires des Etats-Unis, pour conspuer le capitalisme. Au-delà du folklore, ce qui inquiète plus la Maison-Blanche est sa visite aujourd’hui à Moscou, où il devrait concrétiser l’achat de 30 avions de chasse russe Sukhoï et de 30 hélicoptères. Puis son arrivée à Téhéran, le Venezuela étant un des seuls pays d’Amérique latine à s’opposer aux actions de l’ONU sur le dossier nucléaire iranien. La tournée de Chavez a pour objectif principal de rallier des voix en faveur de la candidature du Venezuela au Conseil de sécurité de l’ONU. Washington y est fermement opposé, et a poussé le Guatemala à se présenter au nom de l’Amérique latine. Le gagnant doit emporter plus de 128 votes à l’automne. Caracas compte déjà sur les voix des membres du Mercosur, du Caricom (l’union des Caraïbes), de l’Union africaine et de la Ligue arabe ».

FRONT MONDIAL ANTI-AMERICAIN

Au cours de la visite qu’il avait effectué à Minsk à la fin du mois de juin pour préparer la venue de son frère, Adan Chavez avait annoncé contre qui jouerait l’ « équipe combative » biélorusso-vénézuélienne : « Nous avons un ennemi commun qui entend s’opposer à la réalisation de nos objectifs. Le Venezuela unit les efforts de la communauté internationale contre le diktat des Etats-Unis », avait déclaré alors le frère du Président vénézuélien.

Ce Front mondial anti-américain qui se met en place à Minsk et à Caracas, deux hommes, deux précurseurs, deux prophètes, l’ont pensé, théorisé, espéré dès les années 60. Il s’agissait du Général Peron, le leader latino-américain dont Chavez est l’héritier direct, et de son ami Jean Thiriart, le fondateur de notre Organisation communautariste européenne. Ainsi, en 1967, dans les colonnes de LA NATION EUROPEENNE, que nous publions encore aujourd’hui, Jean Thiriart lançait, avec le soutien de Peron, l’idée du « Front anti-américain quadricontinental » (*). Il proclamait que face à un adversaire surpuissant il faut se battre groupé, il faut, comme il le disait de manière imagée, chasser l’impérialisme en meute. Et peu importe dans celle-ci la couleur de chaque loup.

Au sein de ce front, une solidarité étroite unit le combat des Patriotes européens, en lutte pour la libération et l’unification du continent, et celui des Patriotes latino-américains.

C’était aussi l’avis du Général Juan PERON, le grand révolutionnaire argentin. Dans les années 60, celui-ci avait manifesté publiquement son soutien actif à nos thèses. Dans LA NATION EUROPEENNE (décembre 1968), il écrivait ce qui suit : « Il faut considérer que l’unification doit être le principal objectif de tous ceux qui luttent pour une même cause. Je dis unification et non union ou association. Ce qu’il faut, c’est s’intégrer. Parce que nous aurons bientôt l’occasion d’agir, et pour une action efficace il faut être intégrés et pas seulement associés (…) Je suis partisan des alliances tactiques, selon la formule : les ennemis de nos ennemis sont nos amis ».

A l’heure où Chavez et Lukashenko réalisent cette unité anti-impérialiste, souvenons-nous des nôtres qui l’ont annoncée !

 

Luc MICHEL

 

(Sources : BELTA / Minsk, ROSBALT / Russie, NOVOSTI, KOMMERSANT / Moscou, Le Monde, Le Monde Diplomatique, Le Figaro, « Le retour de la Russie » de Michel GURFINKEL et Vladimir FEDOROVSKI)

(*) Lire « POUR UNE VISION GLOBALE DU COMBAT ANTI-IMPERIALISTE ! POUR LE FRONT QUADRICONTINENTAL UNITAIRE DE LA CAUSE DES PEUPLES ! », PCN-INFOS HEBDO du 27 décembre 2004.

 

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