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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 29 mars 2006

 

NON AU « CPE » ! NON A LA PRECARITE !
NON A LA SOCIETE A DEUX VITESSES A L’AMERICAINE !
NOUS VOULONS UN AUTRE AVENIR !

 

Le combat des étudiants et syndicalistes français 
dans sa perspective anti-capitaliste,
Sa véritable portée pan-européenne et mondiale ainsi que ses limites.

Sous le titre « Génération précarité », LE TEMPS (Genève) donnait son véritable sens au combat de la jeunesse française : une révolte à l’échelle de l’Europe contre le retour au capitalisme sauvage et à cette précarité qui rappelle le XIXe siècle et que veut nous imposer l’ordre libéral. Celui des maîtres du monde de Washington et Wall-Street et de leurs valets de Bruxelles et Strasbourg.

« Des dizaines de milliers de lycéens et d'étudiants ont manifesté dans toute la France, commentait le quotidien genevois. Le mot précarité est devenu l'étendard de la révolte contre le contrat première embauche (CPE). Ce mot d'ordre tire son impact d'une réalité incontestable. Dans presque tous les pays industrialisés, les jeunes souffrent de handicaps multiples sur le marché du travail ». « En Suisse aussi, la détérioration de la situation des jeunes est flagrante », estimait le quotidien genevois.

LE COMBAT DES ETUDIANTS FRANÇAIS
CONTRE LE MODELE SOCIAL YANKEE

Car derrière le CPE – un des coups de sonde incessants donnés pour tester l’affaiblissement des résistances sociales – se profile le modèle de société à deux vitesses à l’américaine.

La lecture de la presse yankee, qui tire à boulets rouges sur les étudiants français, est à ce sujet révélatrice. « La presse américaine regarde d'un œil moqueur la révolte des "jeunes bourgeois" contre le CPE qu'elle compare aux émeutes des "jeunes de banlieue" de novembre dernier. Pour les Américains, ces manifestations ne sont qu'une preuve de plus de l'immobilisme français ». « C'est le printemps, et les Français manifestent à nouveau », s'amuse le LOS ANGELES TIMES. « Les étudiants français auront sans doute de bonnes notes en engagement citoyen, mais zéro en économie » (sic). « La France a plus de mal que les autres nations européennes à s'adapter à la mondialisation de l'économie, surtout parce que les Français préfèrent accuser 'le capitalisme anglo-saxon', c'est-à-dire l'ouverture des marchés, plutôt que d'examiner leur propre politique dévastatrice. Villepin, qui paie un fort tribut politique pour son bon sens, devrait s'accrocher. La loi sur le travail des jeunes ne va pas assez loin, mais c'est déjà ça », conclut le LOS ANGELES TIMES.

L'INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE est encore plus éclairant quant aux véritables enjeux du combat engagé : « La résistance à la loi est moins fondée sur les pour et les contre que sur la défense de la sécurité de l'emploi que les Français – du moins ceux qui ont un emploi – considèrent comme sacrée ».

LA PORTEE PAN-EUROPENNE 
DU COMBAT DES ETUDIANTS FRANÇAIS

La portée du combat engagé en France dépasse de loin les frontières de l’Hexagone. Elle n’est pas le symptôme d’une « France arriérée », avec ses soi-disant « peurs » et « traditions archaïques » - Dixit le WALL STREET JOURNAL mais bien un des fronts d’un combat à mener partout en Europe.

Ainsi en Allemagne, les syndicats promettent de suivre l'exemple français. Car la grande coalition au pouvoir à Berlin – particratie de droite et de gauche unie – prévoit en effet une réforme du Code du travail, qui comprendrait notamment l'introduction d'une période d'essai de deux ans – pour tous les salariés, et non seulement pour les jeunes comme en France. Mais le président de la fédération syndicale DGB, Michael Sommer, a déclaré dans les colonnes du quotidien NEUE OSNABRÜCKER ZEITUNG que ce projet allait se heurter à une résistance acharnée de la part de son organisation. « Les slogans des étudiants et lycéens français qui manifestent contre le CPE s'appliqueraient de manière encore plus aiguë à l'Allemagne », a-t-il déclaré. « Avec un emploi précaire, on ne trouve ni appartement, ni crédit bancaire ». « Heureusement que les Français sont là ! », écrit DIE TAGESZEITUNG, qui ajoute que « les défenseurs du libéralisme expliquent que la contestation a des origines spécifiquement françaises. Ce n’est pas faux : mener une politique de l’emploi sans dialogue social ni débat parlementaire est spécifiquement français – et autoritaire. Mais cela ne peut faire oublier que les Français se battent non seulement contre la méthode, mais aussi contre le contenu. En ce sens, ils s’opposent à une politique européenne qui redistribue de bas en haut, annihile les conquêtes sociales et vide de sa substance le droit du travail. Alors que les changements de régime en Allemagne sont le fruit de guerres perdues ou de Mur effondré, les Français, eux, les provoquent. Dans les phases critiques, ils se souviennent des luttes passées. Le seul fait qu’ils aient le courage de partir seuls à la bataille mérite l’admiration. S’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. Dommage qu’ils soient encore isolés ».

Même écho en Suède, jadis paradis d’un bien-être social-démocrate en faillite. A l'heure où la révolte contre le CPE fait rage en France, le parlement suédois débat d'une proposition similaire, avancée par la dirigeante du Parti du centre, Maud Olofsson, rapporte le quotidien AFTONBLADET. « En prenant exemple sur la France, Mme Olofsson veut en réalité abolir la sécurité de l'emploi (…) En France, les manifestations n'ont pas uniquement lieu au nom de principes, mais au nom d'une injustice quotidienne. En France comme en Suède, un contrat d'embauche est la clé d'accès à des besoins vitaux tels que pouvoir louer un logement ou faire un prêt bancaire pour en acheter un ». Le journal suédois s'insurge contre ce projet présenté comme un « accord pour les jeunes » et l'accuse de « se moquer de la situation précaire qui touche surtout les moins de 25 ans, et plus particulièrement les femmes. La sécurité de l'emploi, cette plate-forme pour le bien-être dans la vie, est devenue un objet rare, voire un luxe (…) la dernière chose dont ce pays a besoin est plus d'insécurité et de règles discriminatoires envers les jeunes. Les manifestions violentes dans les rues de Paris en sont la preuve ».

Même sympathie pour le combat français en Grèce, où le quotidien ELEFTHEROTYPIA  salue les étudiants en révolte : « Dominique de Villepin a son sosie ici, en Grèce. La mesure proposée en France, qui favorise les licenciements non motivés, a été votée par l’Assemblée nationale grecque à l’été 2005. Personne n’a alors réagi, mais la précarité était installée. Aujourd’hui, les étudiants français envoient un message qui traverse les frontières et s’adresse à nos dirigeants qui prévoient de mettre en œuvre une politique de rigueur néolibérale. Pour les étudiants grecs, le climat social justifie une contestation générale. Les jeunes veulent s’appuyer sur l’initiative française pour demander le retrait des mesures draconiennes de diminution du coût des heures supplémentaires et d’extension des horaires de travail qui ont précédé la réforme. Les étudiants ont déserté les universités ces jours derniers, et un appel à manifester a été lancé pour le 23 mars. Grâce au message des Français, les jeunes Grecs se sentent prêts à lutter à leur tour contre les manigances des politiques sur le plan social. Le gouvernement grec craint à présent une grande mobilisation des travailleurs et des étudiants. Il a d’ailleurs pris ses distances avec M. Kyriakopoulos, le président des industriels de Grèce, qui a provoqué un tollé en apportant son soutien au Premier ministre français, ce qui lui vaut depuis le surnom d’“Odysseas de Villepin”. Plus qu’une inquiétude pour la précarité, les étudiants grecs se mobilisent pour leur avenir. Ils envisagent même de porter l’affaire devant l’Union européenne et demandent pour cela le soutien des autres pays européens ».  

Bastion du capitalisme de choc – celui de Thatcher et de Blair –, la Grande-Bretagne est aussi secouée par la révolte syndicale. Les syndicats britanniques, avec à leur tête le plus grand d'entre eux, UNISON, organisent aussi ce 28 mars une journée massive de grève nationale pour « protester contre le projet de réforme des retraites des employés de l'administration locale ». Une grève qui, « selon les syndicats, sera suivie par plus de 1 million de leurs membres, dans la plus grande manifestation de colère depuis la grève générale de 1926 », note THE TIMES. « Par une coïncidence intéressante, la France vivra également aujourd'hui une journée d'agitation ouvrière », ajoute le quotidien. 

LA JUSTICE SOCIALE AU CŒUR
DU COMBAT DES ETUDIANTS FRANÇAIS

Ces réactions de soutien au combat mené en France donnent à celui-ci sa véritable portée. Non pas la défense de « privilèges » et d’ « égoïsmes » comme l’écrivent les media capitalistes, mais bien une révolte fondamentale pour la solidarité et la justice sociale. La psychologue portugaise Joana Amaral Dias (dans le DIARIO DE NOTICIAS) dénonce « le mépris dans lequel on tient les jeunes » : « Crédits étudiants, tarifs réduits, Carte jeunes… une kyrielle de privilèges ! Pour les partisans du marché, le torrent humain qui a investi les rues françaises ne comprend pas que le CPE, qui permet le licenciement sans motif des moins de 26 ans pendant leurs deux premières années de travail, est une aubaine. C’est la solution au chômage des jeunes. Et les commentateurs n’ont pas manqué qui ont devisé sur l’utopie et l’ignorance de ces Français : s’ils lisaient les journaux, ils verraient que, sans le CPE, ils n’auront pas de travail du tout, ils comprendraient qu’on va combattre le chômage en créant plus de chômage. Ces partisans du CPE ne doivent pas avoir lu, cependant, les divers rapports montrant que cette mesure ne fera qu’augmenter le chômage des jeunes et ne contribuera d’aucune façon à en combattre les causes. Et, quand ils les ont lus, ils en concluent qu’on devrait l’appliquer à tous. Tous, jeunes et vieux, devraient être sujets au licenciement non motivé. Au moins les choses seraient claires… Ce que les anti-CPE contestent, c’est cette scission entre les âges qui n’octroie de droits qu’aux plus de 26 ans. Mais leur contestation est aussi une lutte contre la légitimation du fossé entre les générations, contre la précarisation du travail, contre la discrimination et l’individualisme. Le CPE ne valorise ni le mérite ni l’efficacité. Il s’en remet au libre-arbitre d’un quelconque patron. Cette vague de contestation s’appuie, évidemment, sur un questionnement social de fond, plus ample. C’est l’exclusivité du marché que l’on interroge ici ; et ce sont de nouveaux intérêts publics qui se dessinent. C’est bien pour cela que l’alliance des jeunes et des syndicats a pu jouer et que la solidarité a pu s’opposer à cette mesure de capitalisme sauvage ».

LA FAILLITE ANNONCEE 
DU SYSTEME CAPITALISTE-BOURGEOIS

On notera au passage que la presse occidentale dresse – sans en mesurer les conséquences, tant est immense l’arrogance occidentale qui fait du parlementarisme bourgeois la seule « démocratie » (alors qu’il en est la négation) – le constat de faillite du Système occidental qui repose sur le Capitalisme libéral et le Parlementarisme. Ecoutons le réquisitoire du WASHINGTON POST : « Personne ne veut abandonner les protections de l'Etat-providence, mais cet attachement à des bienfaits aussi coûteux empêche l'Europe de se préparer à un avenir pourtant inévitable. A vrai dire, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent. Le dilemme des démocraties avancées, dont les Etats-Unis, est qu'elles ont promis plus qu'elles ne peuvent tenir. Les promesses politiques dépassent les capacités de l'économie. Ces promesses ont parfois été faites malhonnêtement. Parfois, elles ont été faites sincèrement – sur la base de mauvaises analyses. Parfois, les hommes politiques ont été dépassés par les nouvelles circonstances. Peu importe : le dilemme reste le même. Renier les promesses passées entraîne la colère populaire; ne pas les renier aggrave les problèmes futurs (…) Tout cela est de mauvais augure pour l'Europe, parce que d'autres pays sont dans la même situation. Les gouvernements semblent incapables de réconcilier leurs engagements politiques avec les réalités économiques ».

A l'instar de l'ensemble de la presse européenne, les media russes ont suivi avec attention les manifestations anti-CPE en France et leurs analyses sont souvent les plus pertinentes. « La France résiste au capitalisme », analyse ainsi GLOBALRUS.RU. : « L'Etat social que les Européens ont bâti au moment du triomphe de leur capitalisme s'est mis à s'écrouler, quand ce capitalisme s'est retrouvé face à des problèmes sérieux. Mais si le gouvernement est suffisamment mûr pour virer à droite, à l'instar du cabinet Thatcher, l'opinion publique refuse obstinément d'abandonner ses privilèges. On verra bien qui cédera le premier, la société ou l'économie, mais quelle que soit l'issue de cette confrontation, on peut dire qu'il ne s'agit que d'une bataille qui sera suivie de nombreuses autres ».

Pour prendre le pouls de la contestation, le quotidien russe IZVESTIA s'est joint au cortège parisien qui défilait de la place Denfert-Rochereau à celle de la Nation. De toute évidence, et à juste titre, le journal moscovite a été frappé par le radicalisme de certains manifestants et de leurs slogans. D'ailleurs, les IZVESTIA, publiées depuis mars 1917, décèlent une certaine « nostalgie de l'Union soviétique » dans les propos désenchantés d'un manifestant de gauche de 77 ans. « Je ne crois plus à l'avenir radieux, mais cela ne veut pas dire que je dois baisser les bras », confie ce retraité au journal. Le journal russe reprend même en titre de Une les propos significatifs d'un étudiant de banlieue : « Pour mettre de l'ordre en France, il nous faut un Staline »…    

LES LIMITES DU COMBAT DES ETUDIANTS FRANÇAIS :
LE MANQUE DE PERSPECTIVE REVOLUTIONNAIRE
ET DE PERSPECTIVE GLOBALE

Phrase révélatrice non seulement du radicalisme de la révolte mais surtout – hélas ! – des limites du mouvement étudiant et syndical, qui, encadré par les proxénètes gauchistes du Système, manque à la fois de perspective révolutionnaire et de perspective globale.

Tant que le combat social restera limité à des revendications limitées et ne visera pas à frapper à la source, c’est-à-dire à poser la question de la Révolution et de la destruction du système, celui-ci se maintiendra. C’est justement le rôle des gauchistes et trotskistes, recyclés à l’age mur, générations après générations dans la Sociale-démocratie, voire le libéralisme : endiguer la  révolte, l’empêcher d’aller trop loin.

Tant que le combat social ne s’inscrira pas dans la perspective globale qui est la contestation planétaire du capitalisme, il restera une machine tournant à vide.

Car le combat est bien global. C’est la même bataille qui se joue sur différents fronts, en France, en  Allemagne, mais aussi à Minsk – où le président Lukashenko oppose avec succès son modèle de « socialisme postsoviétique » au libéralisme –, à Belgrade – où derrière le martyr du président Milosevic se dresse la nostalgie de la Yougoslavie socialiste –, ou encore à Caracas – où Chavez, après Peron et Castro, lève le drapeau du combat anti-capitaliste et anti-américain.

L’HISTOIRE N’EST JAMAIS FINE !

Ceux qui annonçaient triomphalement la « fin de l’Histoire » et l’instauration du « Nouvel Ordre Mondial » libéral et capitaliste se sont trompés. Les peuples en lutte leur répondent partout. Les étudiants français, même s'ils n’en ont pas conscience, participent à ce grand combat de libération nationale et sociale : celui de la Cause des Peuples !

Ce qui s’amorce en France – la Grande Nation de 1789 et 1793 dont la révolution jacobine est la matrice de toutes celles qui lui ont succédé – c’est le combat pour la Révolution mondiale contre le marché mondial libéral.

Nous partageons les conclusions du philosophe hongrois Gábor Kardos (dans le MAGYAR NEMZET) : « Le mouvement des étudiants va déjà plus loin. Il est trop tôt pour dire jusqu’où il ira, mais il est urgent d’y réfléchir. La France aurait donc apparemment entamé la Bastille de la globalisation. Tôt ou tard, les conséquences écologiques du modèle global dominant imposent un changement d’attitude révolutionnaire. Une révolution globale s’impose ainsi comme le destin de cette civilisation. En particulier de ce point de vue, ce qui, vers la fin du XXe siècle, a pu apparaître pendant un temps comme “la fin de l’Histoire” peut se lire aujourd’hui comme le calme qui précède la tempête (…) Le printemps français nous rappelle qu’il ne faut jamais accepter l’absence d’avenir comme une fatalité et s’y soumettre comme à une “contrainte économique”. Individuellement comme collectivement, nous pouvons toujours reprendre en main notre destin et notre liberté. Si nous n’en faisons rien, nous n’en sommes pas moins responsables ».

 

Luc MICHEL

 

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