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L'actualité commentée du Parti Communautaire National-européen - PCN-NCP

 

PCN-Infos du 28 février 2006

 

LE DERNIER COMBAT DU PRESIDENT SADDAM HUSSEIN !

 

« Je n'ai pas peur de la peine de mort. Ce n'est pas Saddam qui est important, mais l'Irak et la nation arabe, afin qu'ils puissent garder la tête haute face au despotisme »
(Saddam HUSSEIN, 5 décembre 2005) 

Avant d’aborder les péripéties du pseudo « procès » contre Saddam HUSSEIN, il faut replacer celui-ci dans une perspective globale : celle des visées impérialistes américano-sionistes qui, sous le nom du projet du « Grand Moyen-Orient », visent à recoloniser cette région stratégique vitale pour les intérêts des complices de Washington et Tel-Aviv.

Dans cette optique, la guerre et l’invasion de l’Irak font partie d’une offensive globale contre le Nationalisme révolutionnaire arabe, dont le Parti Ba’ath hier au pouvoir à Bagdad et toujours à Damas représente le fer de lance.

Et le procès contre le Président légitime de l’Irak et ses co-accusés, tous hauts cadres ba’athistes, parmi lesquels figure le vice-président du pays Taha Yassine Ramadan, ne vise ni plus ni, moins qu’à humilier et détruire l’idéologie de la Résistance arabe.

Mais comme ils ont vendu la peau de l’ours ba’athiste avant de l’avoir tué, les occupants yankee ont fait un mauvais calcul. Car Saddam HUSSEIN défie ses « juges » fantoches, prostituées de Washington. Celui qui se faisait appeler le « Président-Combattant » reste fidèle à sa légende.

Dès l’ouverture du pseudo « procès », le 17 octobre 2005, Saddam HUSSEIN avait défié le « Tribunal spécial irakien », monté, financé et encadré par Washington, devant lequel il comparaissait, en affirmant « être toujours le président légitime de l'Irak » et en refusant de répondre aux questions du « juge » fantoche qui l'interrogeait. D'emblée, il avait récusé le tribunal, qu'il a qualifié d' « illégitime ».

La presse aux ordres devait vite déchanter. Loin du « Saddam déprimé et résigné » annoncé (notamment sur ARTE), l’AFP devait titrer le 6 décembre 2005  que « Saddam HUSSEIN prend le dessus face à ses juges ».

La troisième audience du procès de Saddam HUSSEIN, qui avait lieu le 5 décembre à Bagdad, voyait en effet le Raïs irakien prendre l’offensive. « Face au Haut Tribunal pénal irakien, l'ancien président est arrivé, une fois de plus, à profiter de sa parution pour retourner la situation autant que possible à son avantage. Ainsi, il s'emploie à gagner la confiance tant de l'opinion publique irakienne qu'arabe », commentait l'éditorialiste d'AL-QUDS AL-ARABI.

Saddam HUSSEIN y réaffirmait qu'il « est toujours le président de l'Irak » et que « son inquiétude ne concerne pas sa propre sécurité mais plutôt l'honneur de l'Irak et sa libération de l'occupation étrangère ». Sur un ton défiant et plein d'assurance, il avait lancé à son « juge » : « Je n'ai pas peur de la peine de mort. Ce n'est pas Saddam qui est important, mais l'Irak et la nation arabe, afin qu'ils puissent garder la tête haute face au despotisme ». 

L'éditorialiste d'AL-QUDS AL-ARABI soulignait que « de tels propos seront appréciés par une large tranche d'Irakiens et d'Arabes. Ils montrent le dirigeant irakien comme un homme de principes, qui défie courageusement ses bourreaux et ne craint pas la mort (…) La position affichée par Saddam HUSSEIN est accréditée d'ailleurs par la situation qui prévaut actuellement dans le pays, où règne une anarchie meurtrière sans précédent et où les divisions ethniques et confessionnelles sont exacerbées ». Et, pour étayer son analyse, l'éditorialiste rappelait que l'ancien Premier ministre irakien Iyad Allaoui, qui venait d’échapper pour la deuxième fois en quelques jours à une tentative d'assassinat en plein Bagdad, symbole de l’emprise de la Résistance, avait lui-même déclaré, fin novembre, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire britannique THE OBSERVER, que « la vie en Irak est actuellement aussi mauvaise qu'à l'époque de Saddam HUSSEIN, sinon pire ».

Ce nouveau round du cirque pseudo judiciaire monté par Washington mettait en pleine lumière «  les lacunes juridiques d'un procès qui se déroule dans un pays occupé où la sécurité est complètement inexistante. Ce procès est illégitime ».

A la mi-janvier, nouvelle victoire du Raïs. Face à Saddam, le Haut Tribunal irakien n'a en effet plus de président. 

A cette occasion, LE TEMPS (Genève, 16 janvier 2006) revenait sur une juridiction 100% made in USA : « Le 28 décembre dernier, des informations sur le départ du magistrat de 49 ans avaient circulé. Le Haut Tribunal pénal est l'instance spéciale créée par les autorités de Bagdad pour juger les anciens dignitaires de la dictature accusés de crimes. Le choix de ses juges, officiellement du ressort du gouvernement irakien, s'est en réalité fait en étroite concertation avec les forces américaines. Créé en mai 2004, le bureau de liaison pour les crimes du régime déchu - en fait, la cellule d'enquête principale - est ainsi dirigé par un procureur venu des Etats-Unis, Kevin Dooley ».

Le quotidien genevois estimait ensuite que « la démission du président du tribunal est une demi-victoire. Sur le papier, ce départ conforte les détracteurs de ce procès entamé le 17 octobre 2005. Au vu des sept premières audiences, le tribunal n'a jamais paru maîtriser la situation, confirme un diplomate joint à Bagdad. On se souvient des plaintes émises publiquement à la barre par l'ex-dictateur, qui s'est dit victime de tortures et de harcèlement. On se souvient aussi des injonctions de ses avocats emmenés par le Jordanien Issam Ghazzaoui et l'Américain Ramsey Clark, à propos des entorses évidentes faites aux droits des accusés, qu'ils n'ont pu rencontrer qu'à la dernière minute. La démission du juge Rizkar Amine ne fait par ailleurs que confirmer l'extrême dangerosité de cette fonction et de cette procédure déjà tachée de sang : deux avocats de la défense ont été tués et un magistrat irakien associé au tribunal avait auparavant subi le même sort ».

LE TEMPS dressait enfin le constat d’échec de la mascarade yankee : « Un Spielberg bien inspiré pourrait aussi raconter l'impasse dans laquelle se trouve la liquidation judiciaire de Saddam HUSSEIN. Le tyran sanguinaire a beau jouer sa tête devant le Tribunal spécial irakien, les imperfections de ce dernier lui ont pour le moment donné l'avantage. Là aussi, les Américains sont à la manœuvre partout : dans la recherche des preuves, dans la nomination des juges, dans la surveillance de la défense, qui rencontre ses clients dans des prisons gardées par les GI. Et voilà que le président dudit tribunal craque et démissionne, incapable de « liquider » les huit accusés passibles de la peine de mort. Tragique impasse que cette impression d'une guerre contre le mal dont les canons, comme les juges, finissent par s'enrayer ».

Rizkar Amin, le président du tribunal fantoche chargé d’exécuter Saddam HUSSEIN, avait présenté sa démission pour protester contre les critiques qui l'assaillent dans le milieu politique ou dans certains journaux. Le départ du magistrat est un nouveau coup dur pour la crédibilité de cette pseudo « cour » déjà suspecte d'un manque d'indépendance vis-à-vis du gouvernement irakien. Conscientes du risque, les autorités du Haut Tribunal pénal irakien et ses maîtres yankee ont tenté, en vain, de faire revenir Rizkar Amine sur sa décision. Une délégation gouvernementale avait même rencontré le « juge ». Rizkar Amine ne supportait plus les attaques et les pressions croissantes, notamment d'hommes politiques chiites, contre sa façon, jugée molle, de mener le procès de l'ancien dictateur irakien. Le ministre de la Justice, Abdel Hussein Chandal, avait lui-même vilipendé le « peu d'expérience » du magistrat.

Les reproches s’étaient accentués après les audiences des 21 et 22 décembre 2005. Un Saddam HUSSEIN en grande forme y avait pris la parole pour s'en prendre violemment à George Bush père et fils puis pour se livrer à un discours enfiévré contre les troupes d'occupation. Les tirades avaient été peu appréciées par le gouvernement et par les forces américaines qui redoutent de voir les débats se transformer en une tribune pour le Président irakien.

Techniquement, le départ du président de la cour était sans conséquence car il pouvait être remplacé par l'un de ses cinq suppléants, tout aussi fantoches que lui. Mais l'image de Haut Tribunal pénal mis en place sous l'égide des Etats-Unis en a pâti. L'assassinat de deux avocats de Saddam HUSSEIN avait déjà mis en lumière les difficultés de tenir des audiences sereines dans ce climat de fortes pressions politiques entre les communautés kurde, sunnite et chiite.

Le successeur de Rizkar Amin ne devait pas faire meilleure figure. Le 29 janvier 2006, le quotidien panarabe édité à Londres, revenait à son sujet sur la question cruciale de l’illégitimité du pseudo « tribunal ». « Le procès de Saddam HUSSEIN est une mascarade », affirmait-il !  

« Le procès du président irakien Saddam HUSSEIN et de sept de ses anciens comparses et coaccusés a repris dimanche 29 janvier sous la présidence d'un nouveau juge, Raouf Rachid Abdel Rahmane, et s'est révélé être une mascarade à tous les points de vue (…) L'audience de dimanche a été en effet marquée par la confusion et de vifs échanges ont eu lieu entre les accusés et le nouveau président du Haut Tribunal pénal irakien. Dès la reprise des débats, le demi-frère du président déchu s'est fait expulser de la salle après avoir qualifié la cour de "fille de pute". En signe de protestation, les avocats de la défense ont bruyamment quitté la salle, suivis quelques instants plus tard de Saddam HUSSEIN lui-même et de deux autres coaccusés (…) le nouveau juge s'est comporté d'une manière arrogante dès les premières minutes de la séance, peut-être parce qu'il voulait faire preuve de fermeté, pour marquer la différence avec son prédécesseur démissionnaire, Rizgar Amine, accusé de laxisme par les autorités (…) a été grossier avec les accusés et a ordonné leur expulsion d'une manière dictatoriale, poussant les avocats de la défense à se retirer en exigeant les excuses du juge ». 

Dans un réquisitoire cinglant, AL-QUDS AL-ARABI ne ménage pas ses critiques à l'encontre du nouveau président du tribunal fantoche : « Abdel Rahmane est supposé représenter la justice. Mais ses agissements odieux confirment tout ce qui a été dit sur les pressions exercées sur le président démissionnaire, qui avait tenu à réaliser un procès équitable laissant aux accusés la possibilité de s'exprimer et de se défendre d'une manière civilisée. Mais apparemment les nouveaux dirigeants de l'Irak souhaitent en finir rapidement avec ce procès et le conclure en proclamant la peine de mort (…) le tribunal manque de preuves à même de faire condamner les accusés. Les audiences qui se sont succédé depuis le début de ce procès montrent que l'ancien régime était plus miséricordieux à l'égard de l'Irak que ne le sont les nouveaux dirigeants. Ceux qui ont ordonné la tuerie dans la ville de Dujail sont traduits en justice alors que les forces américaines tuent dans l'impunité des milliers d'innocents (…) de nombreux observateurs et représentants de médias ont pu constater le mauvais déroulement des audiences. La délocalisation est nécessaire, sauf si la décision d'appliquer la peine de mort est déjà prise. Auquel cas les séances prochaines ne seront qu'une représentation de mauvaise qualité ». 

Le nouveau juge fantoche ne faisait qu’obéir à ses maîtres de Washington et Tel-Aviv. En effet, dès le 16 janvier, LE TEMPS pouvait annoncer, citant un diplomate occidental en poste à Bagdad, que « les Américains, à l'évidence, ne supportaient pas de voir Saddam dominer les débats … le remplaçant de Rizkar Amine sera beaucoup plus cassant et strict ».

A la reprise du « Procès », le 1er février, nouveau round, qui voit Saddam HUSSEIN et la défense boycotter l’audience, la moitié des accusés ayant également quitté théâtralement le prétoire.

Les avocats du Président et de ses sept co-accusés avaient réclamé publiquement la révocation du nouveau juge, à quelques heures de la reprise du procès. A peine arrivé à la tête du Haut tribunal irakien, le nouveau magistrat chargé de juger Saddam HUSSEIN et ses sept co-accusés est déjà sous le feu des critiques. Avocats et accusés ont menacé de boycotter le reste du procès si le juge kurde Raouf Rachid Abdel Rahmane était maintenu dans ses fonctions, la défense lui reprochant de manifester de l’hostilité et de la grossièreté à l’égard des huit accusés. Les avocats de la défense avaient quitté en groupe le tribunal, posant onze conditions à leur retour dans le prétoire, notamment le transfert du procès hors d’Irak « vers un pays où règne la sécurité » et la liberté d'accès aux accusés, qui ne leur est pas garantie au mépris du droit international. La moitié des accusés, dont Saddam HUSSEIN et son demi frère Barzan al-Tikriti, avaient également quitté théâtralement le prétoire dimanche après des échanges d'invectives et d'injures avec le juge.

Le 14 février 2006, nouvelle étape de l’offensive du Président irakien pour déstabiliser le « tribunal » fantoche : Saddam HUSSEIN annonce qu’il entame une grève de la faim ! « Nous sommes en grève de la faim depuis trois jours », a dit le Président en s'asseyant dans le box des accusés. Vêtu comme la veille d'une veste sombre sur une dichdacha, la robe masculine traditionnelle, il a crié à son arrivée dans la salle : « Vive la nation arabe ! » Son demi-frère Barzan a surenchéri en hurlant : « Je sacrifie le sang de mon père et ma mère pour le parti Ba’ath ». Saddam a de nouveau récusé le président du tribunal, Abdel Rahman : « C'est Paul Bremer (l'ancien gauleiter yankee de Bagdad) qui vous a mis à ce poste. Chaque jour, on répète la même chose, ce n'est pas un procès, mais une série télévisée », a clamé Saddam, alors que le président essayait de le faire taire en frappant avec son marteau sur la table. « C'est sur ta tête que tu devrais frapper avec ce marteau », a alors lancé le Raïs.

« La grève de la faim est l'arme des faibles et le président légitime de l'Irak est encore fort », avait déclaré un de ses avocats, Me Doulaïmi.

Un autre des avocats de Saddam HUSSEIN, Me Zyad Najdaoui a aussi indiqué que le Président irakien Saddam HUSSEIN et ses sept co-accusés avaient décidé d'observer une grève de la faim pour protester contre la décision du Haut tribunal pénal irakien de les forcer à comparaître.

Les avocats de la défense, eux, boycottent toujours le tribunal, qui siège dans la Zone verte ultra sécurisée au centre de Bagdad, exigeant notamment la révocation du juge Abdel Rahman.

A chaque audience, la « cour » fantoche et les putains de Washington qui osent y siéger s’enfoncent davantage dans le discrédit.

Et Saddam HUSSEIN y forge le dernier chapitre de sa légende. « Saddam domine la représentation du Tribunal » commentait avec amertume le correspondant de la BBC à Bagdad ce 14 février.

Ayant, comme il l’a annoncé déjà « fait don de sa vie à la Cause de la Nation arabe », le Raïs n’est pas de ceux que la mort effraye. Au cours de sa vie militante aventureuse, il a connu la misère, les prisons, la clandestinité, l’action directe, les coups d’état, les Révolutions, les attentats.

Quel contraste avec les vautours néo-conservateurs, rois du pétrole, de la corruption et du fric-roi, plus habitués aux grands hôtels et aux conseils d’administration des maîtres du monde. Et avec leur porte-parole « W » Bush, ex cocaïnomane et alcoolique, enfant trop gâté, planqué pendant la guerre du Vietnam grâce aux relations de papa.

Aujourd’hui, le Président-combattant reste fidèle à l’engagement ba’athiste de ses 15 ans : la vie comme mission et le combat comme horizon.

 

Luc MICHEL  

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