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PCN-Infos du 23 septembre 2005

 

ARMES CHIMIQUES ET NAPALM SUR TALL AFAR !

 

Les « armes de destruction massive » – un concept de propagande conçu par le traître et Kollabo irakien Kanan Makiya à la fin des années 80 pour le compte du State Department – sont à la mode. La propagande américano-sioniste a fait en effet des « armes de destruction massives » son cheval de bataille (1).

Oubliant deux faits gênants pour la thèse impérialiste.

Le premier que les fameuses armes nucléaires, chimiques et bactériologiques sont avant tout massivement présentes dans les arsenaux yankee et sioniste, Israël étant le seul état du Proche-Orient à détenir l’arme nucléaire.

Le second que l’usage massif de ces « armes de destruction massive » est l’apanage exclusif des Etats-Unis et leur bras armé l’OTAN depuis six décennies (2), des crimes de guerre d’Hiroshima et de Nagasaki – perpétrés principalement pour faire peur à Staline – à l’emploi des armes « à uranium appauvri » contre la Yougoslavie et l’Irak, en passant par l’usage systématique des armes chimiques – le fameux « agent orange » – contre le Vietnam (3). Soixante ans après l’holocauste nucléaire du Japon, des victimes meurent encore des suites de l’irradiation (et on attend avec angoisse leur effet sur les générations suivantes). Trente ans après la fin sans gloire de l’agression yankee contre le Vietnam, la mort chimique frappe encore.

Qui menace donc vraiment la paix mondiale ?

Les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein – inexistantes, la seule chose massive dans l’affaire étant l’intoxication des media de l’OTAN – ont été l’élément déterminant pour justifier l’agression contre l’Irak ba’athiste.

Il n’est pas un seul jour où on ne nous ressort pas par ailleurs la fameuse intoxication du « gazage des Kurdes à Halabja par Saddam Hussein ». Une fausse accusation qui a été réfutée depuis la fin des années 80, Halabja étant un crime de guerre iranien (4), perpétré par l’Armée des Mollahs de Téhéran, renforcée de supplétifs kurdes sous les ordres de Talabani, aujourd’hui éminent kollabo de l’Irak colonisé (une tradition de trahison pour celui qui est surnommé le « prince des mercenaires »).

Mais l’usage d’armes chimiques en Irak n’est pas seulement l’élément moteur de la « légende noire de Saddam Hussein », c’est aussi et surtout aujourd’hui une réalité.

L’opération militaire lancée depuis le 10 septembre par les Etats-Unis à Tall Afar, ville du Nord-Ouest de l’Irak, avec l’appui des mercenaires kurdes et chiites « irakiens » voit en effet les croisés de l’Occident et du pétrole associés utiliser massivement des armes chimiques. Comme ce fut déjà le cas à Fallujah.

« Les nouvelles venant de la ville font état de l’utilisation de napalm et d’armes chimiques contre les insurgés, dénonce Dogan Tilic dans le quotidien turc BIRGÜN. La prétendue possession d’armes chimiques par Saddam Hussein n’était-elle pas l’un des prétextes de la guerre en Irak ? Apparemment, l’Amérique n’hésite pas à s’en servir elle-même aujourd’hui.

On nous fait savoir qu’il y a des centaines de cadavres d’animaux domestiques et d’oiseaux dans les rues, que l’armée américaine a lancé des appels à la population pour qu’elle ne boive pas l’eau des puits et qu’elle ne consomme pas les fruits et légumes des potagers (…) Nous apprenons les atrocités commises à Tall Afar par les témoignages directs des rescapés qui commencent à arriver en Turquie ».

Les témoignages des rescapés font état de crimes de guerre, authentiques ceux là : « Des massacres ont eu lieu dans la ville, raconte l’un d’entre eux. Ils ont même tué un enfant de 8 ans que nous avions envoyé pour faire ouvrir les robinets d’eau. L’enfant portait un drapeau blanc. Ils nous ont d’abord coupé l’eau. Puis ils ont supprimé les véhicules de l’administration de la ville qui transportaient de l’eau. Ils ont raflé tous les hommes. Aucun d’entre eux n’est encore revenu (…)  Lors de l’attaque aérienne, quelque chose de jaune est tombé du côté de la ville où les combats se déroulaient. Et puis on a vu des fumées jaunes et vertes qui dégageaient une odeur nauséabonde. Quand l’attaque s’est terminée, nous nous sommes rendus sur place et nous avons trouvé une centaine de cadavres littéralement carbonisés. Nous avons appris par la suite que les forces américaines avaient lancé du napalm ».

Les témoins dénoncent aussi la sauvagerie des supplétifs de l’Armée d’occupation yankee : « Les peshmergas [combattants kurdes] tuent sauvagement tous ceux qu’ils attrapent. On a découvert un cadavre le cœur troué avec une perceuse ».

L’agression américano-sioniste en cours contre la ville irakienne martyre de Tall Afar n’en est donc que plus exemplative de la pseudo morale à double standard de l’Occident. Une pseudo morale à géométrie variable qui n’est que le cache-sexe obscène de la rapacité impérialiste et l’alibi de la prostitution médiatique qui en assure la propagande !

 

Luc MICHEL

 

NOTES ET RENVOIS :

(1) Dès qu’il s’agit de justifier une agression impérialiste contre une cible potentielle de Washington ou Tel-Aviv, elles servent immédiatement de prétexte. Nous avons donc assisté hier au show des ADM irakiennes ou libyennes – dont on sait aujourd’hui qu’elles n’existaient que dans les media du Pentagone. Nous subissons aujourd’hui le nouveau spectacle à cibles multiples – comme il y a des missiles à ogives multiples, la propagande est une arme comme les autres – : ADM syriennes, nord-coréennes ou encore iraniennes.

(2) Rappelons que les USA ont massivement employé l’arme chimique au Vietnam. Et l’OTAN les armes à uranium appauvri contre l’Irak ou la Yougoslavie. Mais les USA ont aussi et surtout le sinistre privilège d’être les seuls à avoir utilisé l’arme nucléaire contre des populations civiles, faisant pour des motifs politiques et non militaires, circonstance aggravante, des centaines de milliers de victimes. On n’a jamais jugé les criminels de guerre yankee – leaders, généraux et exécutants – pour ces faits répugnants.
Lire : Luc MICHEL, « ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE : 59E ANNIVERSAIRE DE L'ATOMISATION D'HIROSHIMA ET NAGASAKI PAR L'ETAT-VOYOU DES ETATS-UNIS », PCN-INFOS HEBDO, 16 août 2004. 

(3) Au moment où Washington donne des leçons de morale, il faut rappeler les atrocités de la guerre chimique yankee en Indochine. Les victimes vietnamiennes souffrant d’une intoxication à la dioxine liée à une arme chimique utilisée par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam, un défoliant connu sous le nom de « agent orange ». La population et l’environnement dans le sud du Vietnam ont souffert de ce produit répandu entre 1961 et 1971 par l’armée américaine en guerre. La dioxine, un poison puissant contenu dans le défoliant, continue d’agir trente ans après la fin de la guerre. 
L’agent orange a tué plusieurs centaines de milliers de personnes, et environ 3 millions de Vietnamiens auraient été affectés par la dioxine. Les victimes sont d’anciens combattants, des civils et leurs descendants vivant dans les zones d’épandage.
Entre 1961 et 1971, l’opération baptisée « Ranch Hand » avait consisté à larguer environ 75 millions de litres d’herbicides contenant l’agent orange dans le sud du Vietnam afin de raser la végétation qui protégeait les combattants vietnamiens. La Fédération des scientifiques américains avait condamné l’opération dès 1964, la considérant comme une expérience chimique injustifiée. « La dioxine est l’un des composés les plus toxiques connus, qui, de plus, se maintient longtemps dans la terre. Elle perturbe les fonctions hormonales et immunitaires, contient des substances cancérigènes. Le défoliant utilisé provoque des malformations épouvantables chez les enfants des individus exposés », précise THE NEW YORK TIMES.
Des scientifiques américains, allemands et vietnamiens ont révélé que l’agent orange peut contaminer l’organisme humain par le biais de l’alimentation. Les séquelles de la dioxine persistent ainsi durant trois générations. Des analyses récentes montrent que les vétérans de l’armée américaine affectés par le produit au cours de la guerre du Vietnam risquent de développer des cancers de la prostate et de la peau.
Si prompts à exiger des réparations – que l’on se souvienne de la Libye –, les USA sont inversement peu enclins à payer pour leurs crimes. En 2001, les Etats-Unis et le Vietnam ont conclu un accord pour entreprendre des recherches scientifiques conjointes. Mais les Américains ont systématiquement évité le débat au sujet des compensations des victimes vietnamiennes.

(4) Jamais autant que dans ce cas exemplaire les mediamensonges de la presse occidentale n’ont été aussi évidents.
Car à Halabja, crime de guerre honteusement exploité par les impérialistes occidentaux et leurs mercenaires féodaux kurdes, c’est l’Armée iranienne qui a gazé le village kurde ! Et dans le cadre d’une opération militaire, Halabja se trouvant alors sur la ligne de Front ! Il ne s’agit donc pas de « représailles contre des populations civiles ». Et tout le monde le sait. 
Le massacre de Halabja à l'arme chimique remonte à mars 1988, soit à la fin de la guerre Iran-Irak, à une époque où les Américains, avec à leur tête le président républicain Ronald Reagan, étaient engagés en plein « Irangate ». C’est-à-dire qu’ils aidaient et armaient, en compagnie de leurs complices israéliens, les fondamentalistes chiites iraniens.
Le « WASHINGTON POST » du 4 mai 1990 résumait l’affaire en ces termes : « L'affirmation iranienne du 20 mars [1990] selon laquelle la plupart des victimes d'Halabja ont été empoisonnées par du cyanide a été considérée comme un élément clé [...]. Nous savons que l'Irak n'utilise pas de gaz cyanide. Nous avons une très bonne connaissance des agents chimiques que les Irakiens produisent et utilisent, et nous savons ce que chacun ne fait pas ».
Récemment, Stephen C. Pelletiere, analyste politique pour l'Irak à la CIA pendant la guerre Iran-Irak, puis professeur à l' « Army War College » qui participa à la rédaction du rapport officiel d’enquête sur l’affaire, en confirma les conclusions. Il rappela dans le « NEW YORK TIMES » que « le massacre d'Halabja était un crime de guerre, commis par l'armée iranienne, et non un crime contre l'humanité commis par l'armée irakienne. Et, qu'en aucun cas, il ne s'est agit de l'assassinat délibéré de populations civiles ».
Lire : Luc MICHEL, « LE PRESIDENT SADDAM HUSSEIN N'A JAMAIS "GAZE DES KURDES" A HALABJA ! », PCN-INFOS HEBDO, 16 septembre 2003.

 

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