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PCN-Infos du 20 mai 2005

 

LEUR « EUROPE » N’EST PAS LA NOTRE :
LE PCN, LE PARTI DE L’EUROPE UNITAIRE ET COMMUNAUTAIRE,
DIT « NON » A L’ANTI-EUROPE AMERICAINE
DE L’OTAN ET DU CAPITALISME !

 

Les « Communautaristes européens », qui sont les partisans radicaux de la Grande-Europe depuis plus de cinq décennies,  disent « Non » au projet de Traité constitutionnel et à la fausse Europe satellisée à Washington et organisées selon les valeurs du capitalisme yankee. Notre vision de l’Europe-puissance en tant qu’ « Empire d’Europe », est une des raisons principales qui motivent notre refus global du projet pseudo-européen présenté par les Kollabos de l’Atlantisme.

Notre choix du Socialisme et notre aspiration à une société sans classes, délivrée de l’exploitation, nous conduit évidemment, et également, à refuser le libéralisme égoiste et darwinien que consacre le projet de traité. Le projet de constitution européenne représente en fait la liquidation de tout ce qui existait comme inspiration sociale dans le processus d’unification européenne. Le projet de constitution européenne est donc une terrible régression par rapport aux traités précédents qui ont rythmé et organisé le processus d’unification européenne. Les partisans d’une vision socialiste de l’Europe ne peuvent donc que s’opposer à cette constitution ultra libérale.

LA FRANCE POPULAIRE CONTRE LES PROFESSIONNELS
DE LA POLITIQUE ATLANTISTE

Malgré l’artillerie propagandiste mobilisée par les tenants de la fausse « Europe » américanisée, et ce, au plus grand mépris du pluralisme démocratique, le « oui » au « traité constitutionnel » est loin d’être acquis. Au contraire, le référendum français du 29 mai prochain laisse augurer un salutaire sursaut populaire ! Et celui-ci se propage dans les autres provinces européennes.

Il faut en effet attendre des urnes qu’elles dédisent les sombres desseins des pseudo-« élites » qui, élaborant ce texte dans les antres bureaucratiques de Bruxelles, Strasbourg ou Francfort,  ont une nouvelle fois trahit le peuple européen et, en définitive, l’Europe elle-même, en réitérant leur allégeance à l’hégémonie américaine.

Car, ce qu’il faut redouter du « traité constitutionnel », au cas où il viendrait à s’appliquer, ce dont le référendum français constitue le préalable, ce n’est rien de moins que la consécration de l’ « Europe » atlantiste, c’est-à-dire satellisée et vassalisée par Washington, la poursuite indéfinie de notre soumission économique au libre-échangisme mondialisé de Wall-Street, le parachèvement de la dictature de l’actionnariat au mépris du bien-être social du peuple, l’anéantissement des valeurs  républicaine et laïques qui doivent fonder l’Europe de tous les Européens. 

LE PECHE ORIGINAL DE L’EUROPE INSTITUTIONNELLE :
LA SOUMISSION AUX ETATS-UNIS

Tout comme le traité de Maastricht et le traité de Nice, le projet de constitution européenne porte en lui-même ce que Jean Thiriart appelait le péché originel de l’Europe institutionnelle c’est-à-dire l’Atlantisme, la vassalisation de l’Europe à Washington, la conception d’une Europe néo-coloniale second pilier de la puissance américaine, en résumé l’intégration de la défense européenne et de sa politique extérieure et militaire dans le cadre de l’OTAN qui comme le rappelait Jean Thiriart n’était pas le bouclier de l’Europe mais son harnais.

Qu’est-ce que cela fait dans une constitution ? Une constitution n’a pas à figer les alliances qui peuvent changer en fonction des attitudes des uns et des autres ? Les pays européens devront-ils, de par leur constitution et au nom de l’OTAN, fournir indéfiniment à Washington des supplétifs pour toutes ses guerres de conquête ?

La constitution, c’est le renforcement du rôle de l’OTAN, donc des Etats-Unis en Europe. Ce traité fait donc de l'Europe le contraire d'une Europe-puissance : c'est l'Europe américaine, puisque le P.E.S.C. est mise entre les mains de l'O.T.A.N., c'est-à-dire d'un général de Washington !

Avec ce traité, qui prévoit aussi la création d'un « Ministre des Affaires étrangères européennes », la France n'aurait pu tenir tête à Washington en refusant d’engager ses troupes dans l’invasion de l’Irak. Ce traité, c'est donc la consécration institutionnelle de la vassalisation de l'Europe et de la France par les Etats-Unis d'Amérique et l'hyperpuissance yankee confortée.

L’EUROPE MARCHE OUVERT A TOUS VENTS ?

Le « traité constitutionnel » érige la « concurrence libre et non faussée » en principe intangible, ce qui au demeurant fait de ce texte une bien étrange « constitution » ; la fonction d’une Constitution étant, selon l’usage, d’établir les institutions, de répartir les pouvoirs, de régir les rapports entre gouvernants et gouvernés – ce qui en fait un texte fondamentalement politique –, et nullement, comme cela se trouve être en l’occurrence le cas, d’instaurer à titre de dogme un modèle économique unique, celui, puisque tel est le cas, du libre-échangisme généralisé. La « concurrence libre et non faussée » signifie aussi l'impossibilité pour l'Etat de venir en aide aux entreprises en difficultés et de conduire une véritable politique industrielle.

Du côté des partisans du « oui », tout se passe comme si un certain fanatisme libre-échangiste imposait de s’interdire les mesures interventionnistes, que les USA n’hésitent pas à se prescrire à eux-mêmes. Il faudrait donc que l’Europe s’interdise toute protection et toute politique industrielle. Ainsi, l'Europe, marché ouvert à tous les vents, ne peut préserver son tissu productif, du fait de la mise en concurrence sur le marché mondial des territoires et des mains d’oeuvres.

LA VISION ANGLO-SAXONNE DU MONDE IMPOSEE A L’EUROPE ?

Le projet de constitution européenne est de l’aveu même de ceux qui ont participé à sa conception totalement dominée par la conception anglo-saxonne de l’économie, de la politique et du droit. Et c’est bien la politique libérale et la politique de soumission aux intérêts anglo-saxons que cette constitution tente de « graver dans le marbre ».

Le projet de constitution européenne représente également un pas supplémentaire vers la consécration de la vision ultra-libérale prônée par le monde anglo-saxon et qui vise à la destruction des services publics tels qu’ils sont conçus en Europe et à leur privatisation, c’est-à-dire que l’intérêt général et le service justement du public sont remplacés par la course aux profits.

La laïcité y est aussi menacée, et la balkanisation y est orchestrée, par une conception purement anglo-saxonne de la liberté de conscience. Reconnue comme principe général du droit communautaire, la « liberté de manifester sa religion en public » a toutes les chances de donner lieu à une jurisprudence contraire à la laïcité française, notamment à la loi interdisant les signes religions ostensibles à l'école.

Allons nous voter en 2005 la déconstruction de la laïcité conquise en 1905 et confortée l'an dernier ?

QUELLE DEMOCRATIE ?

Le projet de Constitution va à l'encontre d’une Europe démocratique, et ce pour deux raisons : la paralysie des institutions et le manque de responsabilité démocratique.

La majorité des citoyens européens n’ont pas été consultés pour l’adoption du projet de traité constitutionnel. C’est cela la réalité ! Elle est révélatrice, elle aussi, du déficit démocratique du projet européen. Et explique le désintérêt populaire pour la politique européenne. En France, où le projet est soumis à référendum, le peuple s’est saisi du débat, au grand désespoir des professionnels du parlementarisme. Et le débat déborde aujourd’hui vers des pays, comme l’Allemagne, la Belgique et tant d’autres pays, où les parlements ont confisqué ce choix européen capital.

LA CONSTITUTION PORTE EN ELLE
LA FIN DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE

Plus grave, et cela a été souligné par très peu des adversaires du projet de constitution européenne, celle-ci représente non pas l’aboutissement du processus unificateur amorcé par la CEE à la fin des années 50 mais bien au contraire l’arrêt de la solidarité européenne et du projet unificateur de la CEE car le projet de constitution européenne introduit dans le processus d’unification un véritable darwinisme national et social inter-européen qui détruit définitivement toute inspiration solidaire au sein de l’Union Européenne.

Il annonce donc la fin de la solidarité européenne et de la vision unitaire et solidaire qui avaient présidé à  la naissance de la CEE. Loin d’être, comme le disent certains, un début, cette constitution marquerait en fait la fin de la construction européenne, dissoute dans un vaste marché ouvert à la concurrence... libre et non faussée par les législations sociales.

NOUS NE CRAIGNONS PAS L’ECHEC DE L’EUROPE INSTITUTIONNELLE !

Disons le franchement, nous pensons que l’Union Européenne se dirige inévitablement vers un échec à plus ou moins long termeet nous souhaitons ardemment cet échec –, tout simplement parce qu’elle recèle en elle-même des contradictions internes insurmontables, contradictions entre l’outil de puissance qu’est l’Europe en devenir et l’Europe institutionnelle qui se vassalise d’elle-même à l’impérialisme américain, contradictions entre l’alliance atlantiste dont elle ne peut sortir et son opposition irrémédiable contre les Etats-Unis.

Nous ne sommes pas de ceux qu’effraye un échec de l’Europe institutionnelle ; et nous sommes sans doute les seuls pro-européens à oser l’envisager. Ce grand européen qu’était dès le 19ème siècle Friedrich Nietzsche disait que l’Europe se ferait au bord du gouffre. C’est notre avis.

L’AXE MOSCOU-PARIS ALTERNATIVE
A L’ECHEC DE L’EUROPE DE BRUXELLES

Il convient donc d’encourager et de prendre position dès maintenant pour une voie alternative à l’échec de l’Union Européenne. Cette voie alternative nous la voyons reposer sur l’axe Paris-Moscou qui doit devenir le pivot d’une autre Europe. Paris et Moscou étant les deux seules capitales de l’Europe où l’on tente encore de mener une politique indépendante des Etats-Unis.

Moscou d’une part qui malgré l’effondrement de la puissance russe suite à l’implosion de l’Union Soviétique et à sa défaite dans la troisième guerre mondiale, reste une grande puissance militaire et nucléaire. Moscou dont la dimension géopolitique de la Fédération de Russie fait d’elle l’ennemi fondamental de la puissance américaine en Europe et dans le monde. Moscou où le régime de Poutine, se dégage chaque jour davantage des positions pro-américaines de l’aire d’Eltsine, dont il fut au début l’héritier, et dont la politique – qualifiée de « néo-stalinienne » ou « national-bolchevique » par de plus en plus d’observateurs atlantistes – recèle les voies de l’affirmation d’une véritable politique indépendante pour l’Europe.

Paris d’autre part, où s’affirme encore parfois la volonté d’indépendance qui était celle de la France du général de Gaulle, une France que le général, dans son opposition (exprimée dès 1943) aux puissances anglo-saxonnes, voulait orienter fort précisément vers Berlin et Moscou. Une France où règne aujourd’hui une politique schizophrénique éclatée entre la vassalisation atlantiste esquissée par les présidents français après le départ du général de Gaulle et la volonté d’indépendance de la France qui repose sur les restes de la grandeur française, son exception culturelle – qui en fait l’adversaire premier de l’anti-civilisation yankee.

L’axe Paris-Moscou doit donc devenir le point de référence de ceux qui envisagent une autre Europe, une Europe non plus atlantiste mais eurasienne, grande, indépendante, libre.

COMBATTRE L’ATLANTISME
ET SOUTENIR PARIS ET MOSCOU

Il est bien clair pour nous donc que la politique doit être d’affaiblir et de combattre tout ce qui tend à renforcer l’atlantisme en Europe et l’Europe américaine et qu’il convient par contre de soutenir tout ce qui renforce la position de Paris dans l’Union Européenne et en Europe et la position de Moscou dans sa sphère d’influence traditionnelle et par rapport à l’Union Européenne.

En ce sens, il faut insister là dessus, préparer la grande Europe indépendante de demain, l’Empire d’Europe eurasiatique, ne suppose pas actuellement de soutenir les projets d’extension de l’Union Européenne, notamment en Ukraine, mais bien au contraire de soutenir les projets d’Union Slave et d’extension de celles-ci à l’ensemble des Etats de la Communauté des Etats Indépendants issus de l’explosion de l’Union Soviétique. C’est cette Union slave, base d’une restauration de la puissance impériale russe en Europe, qui seule permettra à Moscou d’offrir une alternative à la puissance américaine en Europe.

Il faut unir l’outil de puissance forgé à Bruxelles à la volonté de puissance qui existe encore à Moscou. Car la puissance garantit seule la liberté.

Pour l’avoir négligé ou oublié – par l’anesthésie imposée à nos peuples par les Kollabos de Washington, la cohorte des Quislings « européens » –, nous subissons depuis juin 1944 les vomissures de l’anti-civilisation yankee, la domination économique de Wall Street et l’humiliante présence des soudards de l’US Army.

 

Luc MICHEL

 

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