PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 01 mai 2005

 

FETE DU 1er MAI 2005 :
LES PEUPLES ET LES TRAVAILLEURS
DES QUATRE CONTINENTS
EN LUTTE POUR LEUR DIGNITE !

 

« On » nous affirmait la fin des idéologies et la « fin de l’Histoire ». Mais face à l’arrogance du capitalisme globalisateur et de l’impérialisme américano-sioniste, la lutte des peuples et des travailleurs des quatre continents est chaque jour davantage une réalité. Comme ce 1er mai nous le rappelle.

Des Philippines à Cuba en passant par l'Espagne, la Russie ou la France, des millions de travailleurs ont manifesté à travers la planète pour demander l'amélioration de leurs conditions de travail et protester contre les politiques de leurs gouvernements. 

UNION EUROPEENNE :
LES TRAVAILLEURS CONTRE LA LOGIQUE « BOLKENSTEIN »

Dans l’Europe de la « directive Bolkenstein » et contre elle, les travailleurs sont descendus dans la rue pour défendre l’Europe sociale.

En Allemagne, plus de 500 000 travailleurs ont manifesté à travers le pays – à l'appel des syndicats, très critiques vis-à-vis des réformes sociales du chancelier social-démocrate (SPD) Gerhard Schroeder – dans une centaine de défilés avec un thème récurrent : la politique des entreprises qui consiste à accroître les bénéfices et dividendes à coups de licenciements et baisses salariales.

En Belgique, les syndicats – malheureusement traditionnellement noyautés et contrôlés par les partis de la gauche régimiste – ont mis en avant la défense de la sécurité sociale ainsi que, pour certains, leur opposition à la Constitution européenne.

Dans le sud de l'Europe, des milliers d'Espagnols ont également défilé en ce 1er mai pour exiger des emplois plus stables et davantage de protection sociale. Selon des chiffres publiés fin avril, le taux de chômage espagnol est officiellement tombé à 10,2% (soit 2 millions de personnes), mais – subterfuge habituel – un tiers des salariés sont en CDD. « Nous avons besoin d'un emploi stable et productif », a estimé dimanche José Maria Fidalgo, secrétaire-général des Commissions ouvrières (CCOO). Selon lui, « ce pays a besoin d'investir davantage dans l'éducation, la rénovation et la technologie ».

En Grèce, en raison de la Pâque orthodoxe tombait ce 1er mai (et qui a « plombé » beaucoup de manifestations en Europe orientale), les syndicats ont décidé de célébrer la fête du travail le 11 mai prochain par une grève générale.

A Istanbul, 47 personnes ont été interpellées dans le quartier européen où les manifestations avaient été interdites, tandis que se tenait à Ankara un grand rassemblement.

FRANCE :
LE POIDS DU « NON » AU REFERENDUM

En France, situation spéciale, en raison du référendum du 29 mai sur la Constitution européenne : des dizaines de milliers de personnes – 71.770 pour le ministère de l'Intérieur, quelque 100.000 pour le syndicat CGT – ont manifesté pour les salaires, l'emploi et le maintien du lundi de Pentecôte férié, tandis que des partisans du « non » au référendum sur la constitution européenne ont fortement donné de la voix.

Comme l’analyse LE FIGARO, « à côté de la défense des salaires, de l'emploi ou des services publics, un mot d'ordre inédit est revenu dans tous les défilés ». La CFTC, centrale chrétienne, en avait même fait son principal slogan : « Touche pas à ma Pentecôte ». A Toulouse, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a qualifié d' « inacceptable » la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié, demandant au gouvernement de « revoir sa copie ». Une hypothèse à laquelle ne croit plus Bernard Thibault, son homologue de la CGT : « Raffarin ne changera plus d'avis. Mais nous ferons tout pour que cette journée de travail gratuit ne soit pas appliquée. De plus en plus d'entreprises y ont déjà renoncé ». Les six fédérations de fonctionnaires appellent à une « journée de mobilisation » le 16 mai.

Le sujet reste d'actualité aujourd'hui puisque Jean-Pierre Raffarin, le premier ministre du MEDEF, installe la « Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie », financée par un prélèvement versé par les employeurs, en « échange » de cette « journée de solidarité » travaillée.

Le non au référendum du 29 mai était très présent dans les défilés : tracts, affiches, journaux et slogans en faveur du non se sont multipliés. En réponse à Jacques Chirac pour qui la France serait le « mouton noir » de l'Europe en cas de victoire du non, certains manifestants chantaient hier dans le défilé parisien : « Au milieu du troupeau qui bêle, le mouton noir se rebelle ».

EUROPE DE L’EST :
LA NOSTALGIE DU COMMUNISME

A Prague, des milliers de partisans du communisme se sont rassemblés sur une esplanade de la capitale tchèque.

En Slovaquie, nos camarades communistes se sont rassemblés à Bratislava et à Kosice, une ville de l'est du pays, avec drapeaux rouges et banderoles contre le gouvernement libéral du Premier ministre Mikulas Dzurinda et l'Union européenne.

A Sofia, des milliers de camarades ont défilé à l'appel de l'opposition socialiste (PSB, ex-communiste). Le 1er mai coïncidant cette année avec la Pâque orthodoxe, les syndicats n'avaient pas organisé de manifestation.

A Varsovie, on a aussi manifesté à l'appel des organisations de gauche. 

UKRAINE :
« L'UKRAINE N'EST PAS UN ETAT AMERICAIN ! »

En Ukraine, mobilisation à la fois pour la préservation des derniers acquis issus du Socialisme et pour l’indépendance nationale bradée par le gouvernement pro-américain de Viktor Ioutchtchenko : plusieurs milliers de communistes ont défilé dans le centre de Kiev pour dénoncer les politiques pro-occidentales du gouvernement. Les manifestants brandissaient des drapeaux rouges et des bannières avec les slogan : « L'Ukraine n'est pas un Etat américain ! », « Vive le 1er mai, jour de la solidarité internationale des travailleurs » et aussi « L'Otan c'est un noeud coulant pour l'Ukraine ».

RUSSIE :
« POUR LA PATRIE ET LA JUSTICE SOCIALE »

Dans la Russie post-soviétique, où la Fête du Travail était cette année malheureusement durement concurrencée par la Pâque orthodoxe, les communistes de toutes obédiences ont également manifesté en brandissant des portraits de Lénine, de Staline et des bannières « Levez-vous, Sauvez la Russie ! », tandis que des dizaines de milliers de syndicalistes et d'opposants de protestaient contre une vague de réformes sociales décidée par le chef du Kremlin, Vladimir Poutine.

A noter la mobilisation en Sibérie, touchée par la crise sociale. Ce sont les communistes et les nationalistes de gauche de « Patrie », hostile au pouvoir du président Vladimir Poutine et nostalgiques de l'URSS, qui ont fourni le gros des manifestants à Omsk, à Krasnoïarsk (Sibérie) ou à Vladivostok (Extrême-Orient), où l'on a pu voir par exemple une banderole fort sympathique déclarant « Eh, si le camarade Staline était là… ».

A Moscou, la retraitée Antonina Ameltchenkova, venue manifester plutôt que fêter la Pâque, expliquait à l’AFP que le Pouvoir soviétique lui « avait donné plus que l'Eglise : l'éducation gratuite, un bon salaire, une vie digne ». « Je manifeste pour le retour de l'égalité sociale. Nous sommes peu nombreux parce que les vieux meurent et les jeunes sont des zombies abrutis par la télévision, ils ne comprennent pas qu'il faut résister », a aussi déclaré à l'AFP Iouri Basko, professeur d'architecture retraité, âgé de 70 ans.

Toujours à Moscou, outre leurs drapeaux rouges soviétiques, les communistes et leurs alliés portaient des portraits de Staline, bien plus nombreux que ceux de Lénine, et lançaient des slogans hostiles au pouvoir. « A bas le gouvernement anti-populaire et la Douma véreuse »,  « bas les pattes des avantages des vétérans », « pour la patrie et la justice sociale », pouvait-on lire sur leurs banderoles ».

Le chef du KPRF, le national-communiste Guennadi Ziouganov, bien loin du discours « rouge-brun » qu’on lui prête faussement dans les media de l’OTAN, a saisi l'occasion pour faire l'éloge de Staline « qui avait fait preuve de grande volonté et de talent stratégique » conduisant le peuple soviétique à la « grande victoire en mai 1945 » sur les nazis.

A noter, outre les provocations habituelles des « rouge-bruns » locaux (en fait des groupuscules néonazis manipulés par les occidentaux), la grosse provocation des libéraux du parti SPS (à ne pas confondre avec le SPS socialiste de Milosevic en Serbie !) qui avaient choisi à l'occasion de la fête du Travail une promenade en bateau-mouche sur la Moskova avec des affiches : « Il faut plus de riches, bons et différents » ou « Compte surtout sur toi-même, non sur le pouvoir ».

AMERIQUE LATINE :
L’AXE CASTRO-CHAVEZ OU LA CONTRE-OFFENSIVE DU SOCIALISME

Plus d'un million de Cubains se sont réunis dimanche sur la Place de la Révolution à la Havane pour entendre le discours du 1er mai de Fidel Castro. Vêtu de son traditionnel uniforme vert olive, le Lider Maximo s'est adressé aux Cubains, dont nombre d'entre eux portaient des T-shirts rouges apparemment distribués par les autorités. « Le travail de cette révolution est indestructible », proclamait une bannière derrière la foule.

Au Venezuela, le gouvernement du président Hugo Chavez a augmenté à partir de dimanche le salaire mensuel minimum de 149,4 à 188,3 dollars. Une véritable mesure socialiste à l’image de la Révolution bolivarienne en marche !

Mélange de panlatino-américanisme, de populisme social et d'opposition à Washington, la révolution du président vénézuélien Hugo Chavez est désormais officiellement « socialiste ». Le proclamant à La Havane devant Fidel Castro, le président Chavez a cité Karl Marx en prônant l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Le 2 décembre 1961, Fidel Castro, au pouvoir alors depuis près de trois ans, proclamait que la révolution cubaine était socialiste et adhérait au marxisme-léninisme. Cuba devenait un bastion communiste. De La Havane, Hugo Chavez, président du Venezuela depuis 1998, vient de définir ainsi sa révolution : « Nous l'appelons bolivarienne, mais c'est du socialisme. Nous devons réinventer le socialisme. Je renie la notion de révolution démocratique et je mise sur celle de démocratie révolutionnaire... La démocratie représentative fut un piège au Venezuela ». « Tous unis, reprenant le cri de Marx aux prolétaires du monde, unissez-vous ! » lançait ensuite Hugo Chavez, prophétisant que « le XXIe siècle serait le siècle de l'Amérique latine ».

« Se proclamer socialiste et citer Marx à Cuba, au théâtre Karl Marx de La Havane, devant Fidel Castro et des milliers de notables du Parti communiste cubain n'a pas la même portée idéologique que se dire socialiste à Paris, Madrid ou Berlin. A moins que l'ait emporté sa verve oratoire, Hugo Chavez semble désormais pencher vers un socialisme révolutionnaire – et non réformateur- d'ordinaire associé à une organisation collectiviste de la société » commentait  LATINREPORTERS.COM.

AILLEURS DANS NOTRE MONDE GLOBALISE

Dans le Tiers-monde, on se bat tout simplement pour la dignité et la survie.

Au Bengladesh – symbole de l’exploitation mondiale du capitalisme libéral global – plusieurs milliers de travailleurs ont défilé dans la capitale Dacca pour demander un salaire mensuel minimum de 3000 takas (38,85 euros) et une meilleure protection au travail une semaine après que 73 ouvriers eurent été tués dans l'effondrement d'une usine de vêtements. Dans cette nation classée parmi les plus pauvres de la planète, le revenu minimum n'existe pas: les travailleurs non qualifiés gagnent une moyenne de 800 à 1.200 takas (10 à 15 euros) par mois. « C'est une question de survie », a déclaré une militante, Chirine Akter. « Nous voulons un nouveau plan maintenant pour sauver nos travailleurs ».

À Hong Kong, des dizaines de milliers de femmes, originaires d'Asie du Sud et employées comme domestiques dans l'opulente cité ont défilé pour demander des horaires de travail fixes et un salaire minimum pour tous. Une situation honteuse dans une province réunifiée à la Chine, qui se prétend encore « socialiste ».

Les manifestations du 1er mai au Népal ont été marquées par un défilé géant de 10.000 personnes dans Katmandou : la foule a lancé un appel au retour de la démocratie et à la fin de la monarchie absolue exercée depuis trois mois par le roi Gyanendra.

Au Japon également, les défilés du 1er mai ont été plus politiques que sociaux: des dizaines de milliers de travailleurs ont demandé une interdiction mondiale des armes nucléaires, trois mois avant le 60e anniversaire du bombardement de Hiroshima et de Nagasaki.

Au Sénégal, comme un peu partout en Afrique, les manifestations ont été placées sur le thème de la lutte contre la pauvreté.

MONDE ARABE

Les syndicats marocains ont réclamé plus d'emplois notamment pour les jeunes et le respect des droits et libertés des syndicats.

A Nouakchott, en Mauritanie, des marches et meetings ont mobilisé des militants qui ont demandé « l'amélioration des conditions de vie des travailleurs ». Le tout dans un climat tendu agité par de nombreuses actions – organisées par les partis arabes et le Ba’ath clandestin (de tendance pro-irakienne et qui a toujours été très présent dans le pays) – contre la venue du Ministre israélien Shalom et le procès fait aux patriotes arabes (notamment pro-Ba’ath) qui avaient tenté de renverser le gouvernement pro-occidental en juin 2003.

Au Liban – en pleine tourmente politique –, le député libanais Mohammad Raad, chef du « bloc al-Wafaa pour la résistance », a insisté sur la nécessité de l'arme de la résistance « qui défend le Liban et la sécurité et la dignité des libanais face aux agressions israéliennes ». C'était au cours d'une cérémonie organisée à Bint Jbeil au Sud-Liban à l'occasion de la fête des ouvriers, où le député Ali Hassan Khalil a souligné, de son côté, que « l'arme de la résistance est une affaire intérieure libanaise et qu'aucune Etat étranger n'a le droit d'y intervenir ». Pour sa part, cheikh Naïm Qassem, vice secrétaire général du Hezbollah, a affirmé le « refus de la résistance de toute intervention étrangère dans les affaires internes libanaises ».

SYRIE BA’ATHISTE :
FETE MONDIALE DES OUVRIERS

En Syrie, comme le Liban dans l’œil du cyclone américano-sioniste, l' « Union générale des syndicats des ouvriers » a organisé un meeting central à Damas à l'occasion de la fête mondiale des ouvriers, qui coïncidait cette année avec le 1er mai.

Dans une allocution de circonstance, M. Mohammad Moustafa Miro, membre du Commandement régional du Parti Ba’ath, chef du Bureau régional des ouvriers, a souligné « le rôle essentiel que joue la classe laborieuse en Syrie dans la réalisation de l'indépendance et le développement du pays ».

Quant à M. Hassane Jammam, secrétaire général de l' « Union internationale des syndicats des ouvriers arabes », il a affirmé « la poursuite de l'action de l'union pour défendre les droits et les libertés syndicales et renforcer les droits économiques et sociaux des ouvriers dans la Patrie arabe », mettant l'accent à cet effet sur « le rôle du mouvement syndical arabe dans la réalisation de la complémentarité interarabe » . Il a rendu hommage, à cette occasion, à « l'attitude nationale pan-arabe de la Syrie à l'égard de la défense des intérêts de la Nation arabe » et au rôle de l' « Union des ouvriers syriens » dans l'amélioration des conditions de vie des ouvriers.

IRAK OCCUPE :
NOUVELLE TRAHISON DES « COMMUNISTES » PRO-YANKEE

A noter qu’en Irak occupé par l’Axe américano-sioniste, les « communistes » du PCI et les syndicats apparentés, laquais de Washington, et qui soutiennent le processus colonial, on une fois de plus trahi leur peuple en organisant des défilés dans le centre de Bagdad en scandant des slogans contre la « violence » – entendez la Résistance armée.

 

Luc MICHEL

(avec AP, AFP, LE FIGARO, GRANMA, LATINREPORTERS.COM)

 

*****

ABONNEZ-VOUS A LA CAUSE DES PEUPLES !
La Tribune libre du combat contre l'impérialisme et l'exploitation !
- La Cause Des Peuples -

Retour à l'accueil