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PCN-Infos du 13 avril 2005

 

PALESTINE OCCUPEE :
LA TRAGI-COMEDIE DE LA « PAIX » 
AMERICANO-SIONISTECONTINUE !

 

« Sharon refuse d'obtempérer au rappel à l'ordre de Bush sur les colonies » titrait l’AFP ce 12 avril. On ne saurait mieux illustrer les mediamensonges de la presse aux ordres sur le dossier de la Palestine occupée. Et que l’AFP – largement infiltrée par les lobbies médiatiques israéliens (*) –, agence de presse proche de l’Etat français, diffuse ce genre de manipulation est singulièrement révélateur du degré d’infection de la presse européenne.

Si l’on suit l’AFP, le Premier ministre israélien Ariel Sharon, en visite aux USA, aurait été « rappelé à l'ordre sur la colonisation en Cisjordanie lundi par George W. Bush » (sic) et  « a refusé de céder tout en obtenant de nouveau l'aval du président américain pour son plan de retrait de la bande de Gaza » (resic). En fait, il s’agit d’une nouvelle mise en scène de la comédie tragique – car payée avec le prix du sang des palestiniens et des juifs pris en otage par le Sionisme – que nous jouent Bush et Sharon au Proche-Orient. Car l’identité de vue des deux complices américain et sioniste est totale et le soutien de Washington à Tel-Aviv sans faille. Comment pourrait-il en être autrement ? Car le Régime de Bush est dirigé par une administration aux mains des néo-conservateurs d’extrême-droite alliés étroits de la Droite sioniste, de nombreux leaders neocons étant aussi d’anciens likoudniks.

Lors du Sommet au Texas, Sharon, est resté de marbre. Il a réaffirmé que les grands blocs d'implantations, où vivent la majorité des 240.000 colons, resteraient « aux mains d'Israël dans le cadre de tout accord sur le statut final, avec toutes les conséquences que cela implique ». Sharon a ainsi réaffirmé qu'il comptait annexer ces colonies.

Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a réagi vertement à cette déclaration. « Nous refusons catégoriquement de faire la moindre concession avec les blocs de colonies notamment celles entourant Jérusalem comme Maale Adoumim et Pisgat Zeev », a-t-il déclaré à l'ouverture de la réunion hebdomadaire de son cabinet. « Il s'agit de terres palestiniennes occupées en 1967 (...) Nous tenons aux frontières de 1967 et ne braderont pas un pouce de la terre de Jérusalem car il n'y aura pas d'Etat sans Jérusalem », a-t-il poursuivi.

Sharon n'a jamais cessé de justifier l'évacuation de la bande de Gaza face à ses détracteurs, en affirmant « avoir obtenu en contrepartie au mois d'avril 2004 une lettre de M. Bush dans laquelle celui-ci aurait admis pour la première fois que ces blocs de colonies resteraient sous souveraineté israélienne ».

Le Premier ministre israélien a fort justement interprété ce document comme un feu vert implicite des Américains pour l'agrandissement de ces colonies, en particulier de Maale Adoumim.

Et a annoncé – au mépris des accords conclu avec la directon palestinienne – la construction d'un nouveau quartier de 3.500 logements à Maale Adoumim, qui devrait permettre de relier la plus grande colonie (28.000 habitants) de Cisjordanie à Jérusalem. Ce projet vise à couper la Cisjordanie en deux et à empêcher une continuité territoriale du futur Etat palestinien. Vous avez dit « Bantoustan » ? Mais le futur « Etat » croupion palestinien n’est rien d’autre dans les projets sionistes !

Par ailleurs, Sharon a posé ses « conditions » à une relance de la Feuille de route que les Etats-Unis prétendent vouloir « promouvoir après le retrait de Gaza » (sic). Pour le Premier ministre sioniste, des négociations ne pourront s'ouvrir sur l'application de ce plan de paix que si l'Autorité palestinienne met fin au « terrorisme», démantèle et désarme les groupes armés. C’est-à-dire si elle se livre pieds et poings liés à Tsahal, la mal nommée armée coloniale sioniste, qui est la bien réelle première armée du Proche-Orient et la seule à disposer de l’Arme nucléaire. Sans oublier la guerre civile inter-palestinienne qu’implique un tel désarmement, qu’aucun radical palestinien ne peut – avec raison – accepter.

Quant à la réalité du pseudo « désaccord » entre Bush et Sharon, écoutons le porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner, qui précise au FIGARO (Paris) que « les Etats-Unis défendent la présence juive » sur une partie du territoire palestinien : « Il existe un échange de lettres entre George Bush et Ariel Sharon qui prévoit que tout accord de paix prendra en considération la présence juive dans les Territoires et qu'il n'y aura pas de retour à la frontière de 1967. Cela veut dire que là où la densité de population israélienne est forte, il y aura une revendication israélienne qui sera soutenue par les Etats-Unis ».

A usage interne, vers Israël, les proches de Sharon ont tout de suite remis les pendules à l’heure et ont fort justement minimisé la portée des « désaccords » apparus lors de la rencontre entre le Premier ministre israélien et Bush au Texas. « Au lendemain de sa rencontre avec George W. Bush, qu'il a qualifiée de grand succès, commente l’ASSOCIATED PRESS, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a balayé mardi les divergences entre les deux dirigeants sur la question de la colonisation en Cisjordanie (…) Avant de quitter le Texas pour Washington, Ariel Sharon a expliqué aux journalistes que les critiques américaines sur la poursuite de la colonisation en Cisjordanie étaient récurrentes depuis des décennies et qu'elles n'avaient entamé en rien le succès de sa rencontre lundi avec George W. Bush dans son ranch de Crawford ».

Et pendant le spectacle de la comédie de la « paix » américano-sioniste, la colonisation continue. Sur le terrain, les engins de chantier israéliens ont poursuivi, comme les jours précédents, leurs travaux de construction et d'agrandissement dans la colonie juive de Maaleh Adoumim, en Cisjordanie.

Au Texas, Ariel Sharon a laissé entendre qu'Israël « continuerait de solidifier son emprise sur les secteurs de Cisjordanie qu'il juge d'une importance stratégique ».

 

Luc MICHEL

 

(*) Comme le révèlent les récents accords de partenariat passés entre l’AFP et le site sioniste « PROCHE-ORIENT INFO », le principal canal de diffusion en France de la désinformation systématique sur le Proche-Orient concoctée dans les officines de propagande de Tel-Aviv et Washington, notamment du MEMRI israélien, « institut » lié à l’extrême-droite sioniste et proche de Tsahal et des néocons Faith et Wurmser (dont l’épouse Merad – qui a fait sa thèse sur Jabotinski, le chef de file du Sionisme « révisionniste » d’extrême-droite – dirige le MEMRI).

 

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