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PCN-Infos du 15 mars 2005

 

RETOUR A LA LUTTE SALARIALE :
L’ULTRALIBERALISME SAUVAGE FRAPPE !

 

La première conséquence de l’ultra-libéralisme sauvage, cet immonde Darwinisme social, a pour première conséquence de voir les riches de plus en plus riches et de moins en moins nombreux et les pauvres, masse sans cesse croissante, de plus en plus pauvre. Un écart vertigineux se creuse entre la classe « d’en-haut » et celles « d’en-bas ».

La caractéristique du développement capitalisme à l’ère moderne en Europe était le développement des classes moyennes, à la fois avec le maintien de la petite-bourgeoisie, mais aussi et surtout l’embourgeoisement des couches supérieures des salariés. Ayant tiré la leçon des assauts communistes – qui avaient vu le prolétariat se soulever – et populistes, où ce sont justement les classes moyennes qui lui échappaient, le Système capitaliste avait assuré sa stabilité politique et sociale en maintenant un garde-fou de sécurité socialeles assurances-chômage notamment et l’hyper développement de l’aide sociale (l’ex assistance publique) –. Et en favorisant le développement et l’embourgeoisement des classes moyennes.

Tout cela est remis en cause chaque jour davantage partout en Europe occidentale. Le Système, parce que sa logique est celle du profit égoïste d’une minorité sans cesse plus réduite – le Capitalisme tend naturellement au monopole – est donc en train de saper lui-même a base sociale.

La France est un excellent exemple de cette situation, où la question des salaires redevient la base des revendications sociales du peuple « d’en-bas ». Bousculées par leur base, les organisations syndicales l’ont bien compris, qui ont transformé jeudi dernier leur essai du 5 février et ont massivement mobilisé pour la défense du pouvoir d'achat, contraignant le gouvernement à modifier son discours sur ce terrain.

La journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations dans les secteurs public et privé s'est traduite par de fortes perturbations dans les transports urbains, à la SNCF et dans le trafic aérien. Selon la CGT, plus d'un million de personnes ont manifesté dans toute la France, selon un décompte provisoire, dont 150.000 à Paris et 100.000 à Marseille, 50.000 à Toulouse et Bordeaux.  Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a prévenu que les organisations syndicales réfléchiraient à « la suite à donner au 10 mars ».

Confortés dans leur stratégie par ce troisième succès depuis le début de l'année et décidés à tirer parti du calendrier alors que la campagne référendaire est lancée, les syndicats ont exigé du gouvernement une relance des négociations salariales dans le public et dans le privé.

Une question sur laquelle Jean-Pierre Raffarin, le meilleur employé du MEDEF, apparaît bien démuni. En visite sur le chantier de la Cité de l'architecture, au Palais de Chaillot, le Premier ministre du Baron Seillière, s'est abstenu de tout commentaire sur le mouvement social.

Pour tenter d'enrayer la détérioration du climat social dont il doit tenir compte pour éviter un vote-sanction au référendum européen du 29 mais, ses ministres en ont été réduits à multiplier toute la journée les assurances.

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a ainsi mis en avant « la situation économique (qui) ne peut pas donner de grandes marges de manœuvre » (sic) pour réaffirmer sur LCP et FRANCE INFO que la solution résidait dans la généralisation de la participation salariale, prévue par le projet de loi sur les PME élaboré par le ministre Christian Jacob. « Il faut écouter. Il ne faut pas dramatiser (resic) mais tenir compte des messages, du contenu qui nous est envoyé par les manifestants », a dit le ministre des Transports Gilles de Robien, en reconnaissant sur BFM « des problèmes de pouvoir d'achat en général ». Le gouvernement « peut faciliter la négociation, dans le cadre de commissions mixtes paritaires », a-t-il dit au Monde, tout en rappelant que « les négociations salariales dans le secteur privé sont évidemment de la responsabilité des partenaires sociaux, dans les branches et dans les entreprises ».

Pour appuyer ce message, le ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil a annoncé qu'il proposerait aux fédérations de fonctionnaires une réunion « avant la fin mars » pour évoquer « sans aucun tabou » les préoccupations des fonctionnaires « et les pistes de réformes à engager ».

Son communiqué a été accueilli avec circonspection par la FSU, première fédération de la fonction publique d'Etat, qui a parlé de « formule curieuse » et craint fort légitimement « que le gouvernement ne continue à jouer l'esquive ». « Le ministre sait très bien qu'il faut un premier geste sur le point d'indice » (à la base du calcul des traitements), a ajouté son secrétaire général Gérard Aschieri. « Toutes les fédérations attendent des choses concrètes sur la valeur du point d'indice ».

Mais qu’attendre d’un gouvernement aux ordres du Grand patronat et émanation d’une classe de parasites politiques repus de prébendes, comme l’a rappelé récemment l’Affaire du ministre Gaymar. Que connaissent ces privilégiés de la vie difficile de la masse de nos concitoyens ?

Fonctionnaires, notamment enseignants, et agents des services publics ont constitué le gros des troupes des quelque 150 manifestations organisées dans tout le pays.

A l'Education nationale, les syndicats ont affiché 60% de grévistes, en moyenne nationale, chez les enseignants des écoles (maternelle et primaire) et 54% dans le secondaire. Selon le ministère, la grève a été suivie par 31,27% à 41,23% des personnels, selon les catégories.

Dans les services publics, le taux de grévistes s'est inscrit à 30% à la SNCF, avec un TGV sur deux et un train Corail sur trois en circulation. A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, 25% des vols ont été supprimés, un taux qui est monté à 75% à Orly pour les liaisons nationales et internationales.

A La Poste, la direction a signalé 15% de grévistes, les syndicats en revendiquant 30%.

Comme le constatait « Le Temps » (Genève), « A onze semaines du référendum européen, la crise sociale s'aggrave en France », précisant que « les syndicats ont mobilisé de 500 000 à 1 million de manifestants et sont passés d'une stratégie défensive à l'offensive sur les salaires. Employés du secteur public et du secteur privé se rapprochent ». 

Tout cela aura bien entendu des conséquences politiques. « Le gouvernement sait qu'il doit maintenant faire face à une vague de mécontentement qui ne s'exprimera pas seulement par de mauvais sondages. Le mouvement, qui a commencé au début du mois de février par une protestation contre la révision de la loi sur les 35 heures hebdomadaires de travail, contre l'assouplissement du droit de licenciement et contre une réforme de l'enseignement dont beaucoup d'enseignants et d'élèves ne veulent pas, s'est transformé en revendication pour des augmentations de salaire ».

A noter que l’Etat, jusque là artisan majeur de la promotion sociale – le fameux « ascenseur social » -, voit ses fonctionnaires appauvris se dresser aussi contre lui. « Ce passage du contre au pour, d'une stratégie défensive à une stratégie offensive, est d'autant plus inquiétant pour le pouvoir qu'il rapproche les salariés du secteur public et ceux du secteur privé, analyse « Le Temps ». Le défilé parisien en a apporté la preuve. Cela fait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de banderoles signalant la présence de salariés des grandes entreprises privées – en tout cas depuis les élections de 2002 qui ont donné à la droite une majorité écrasante à l'Assemblée nationale. Jusqu'ici, le gouvernement pouvait minimiser cette participation et présenter les fonctionnaires ou les employés du secteur public comme une population conservatrice voulant préserver ses privilèges. Ce sera difficile désormais. D'autant que, tout en refusant des augmentations substantielles à ses propres salariés (il propose au plus 1% en 2005), il a reconnu dans les faits que le pouvoir d'achat a subi au cours des dernières années une stagnation, dont témoignent les indices officiels, voire une diminution selon d'autres enquêtes ».

Nous évoquions l’Affaire Gaymard. « Au cours du mois de février, trois événements ont contribué à modifier l'orientation des revendications syndicales, commente encore « Le Temps ». Premièrement l'affaire Gaymard et la publicité faite autour du logement de 600 m2 (loué 14.000 euros par l'Etat) qu'il a dû finalement quitter comme il a quitté le Ministère des finances. Deuxièmement, l'annonce des profits record des entreprises cotées au CAC 40 (l'indice boursier français). Troisièmement, la publication d'un taux de chômage qui dépasse la barre symbolique des 10%. La semaine sociale, commencée mardi avec des manifestations de lycéens et poursuivie mercredi par celle des chercheurs, s'est terminée jeudi sur un nouveau rapport de force. Le gouvernement doit affronter cette crise en même temps qu'une échéance électorale incertaine, le référendum du 29 mai sur le Traité constitutionnel européen (hué par une partie des syndicalistes de FO et de la CGT) (*) (…) une victoire du non serait un désaveu de sa politique avant d'être celui de l'Europe ».

L’Action Syndicale Communautaire (ASC-PCN) soutient bien entendu l’action des salariés et appelle, comme elle l’a toujours fait, à l’unité d’action à la base des syndicats.

Mais nous tenons aussi à rappeler que la solution n’est pas dans un aménagement de l’ordre capitaliste, mais bien dans sa destruction. Et que la question de la disparition du salariat reste plus que jamais à l’agenda des partisans de la Justice sociale.

Les solutions esquissées par les théoriciens économiques de notre Communautarisme européen, Jean Thiriart et René Dastier notamment, en faveur de la « propriété sociale » des entreprises et de la « transformation des prolétaires en producteurs » trouvent là tout leur sens. Le but étant la société sans classe communautaire : l’Etat du Travail européen.

 

Pour le Bureau Politique,
Luc MICHEL

(*) Nous donnerons dans quelques jours notre position officielle CONTRE la Constitution de la fausse Europe du Capital et de l’OTAN, pour l’Europe-puissance, socialiste, unitaire et communautaire.

 

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