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PCN-Infos du 08 mars 2005

 

LA REPONSE DU LIBAN ARABE :
1,5 MILLIONS DE PATRIOTES DANS LES RUES
CONTRE L’INGERENCE OCCIDENTALE ET LE SIONISME,
POUR DEFENDRE LA SYRIE BA’ATHISTE

 

Les formations pro-syriennes ont décidé d'occuper le terrain à Beyrouth après trois semaines d'attentisme, en annonçant une mobilisation contre « les ingérences étrangères au Liban et la résolution 1559 » de l'Onu, qui exige un retrait syrien total et « en gratitude à la Syrie ». Les partis libanais prosyriens se sont livrés à une vaste mobilisation pour assurer une participation sans précédent à la manifestation prosyrienne à Beyrouth, alors que se poursuivent les préparatifs pour un repli militaire syrien.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a qualifié la manifestation d'« historique ». Plus de 1,5 million de personnes ont manifesté dans le centre-ville de Beyrouth, à l'appel des partis pro-syriens. Les manifestants, brandissant des drapeaux libanais et des portraits des présidents syriens, Hafez et Bachar Assad, et libanais Emile Lahoud, affluaient de toutes parts en rangs serrés. Une dizaine de jeeps et cinq blindés de l'armée libanaise séparent la place Riad Solh de la place des Martyrs voisine, où tous les soirs se rassemblent depuis trois semaines quelques milliers de partisans de l'intervention occidentale. « Beyrouth est libre, l'Amérique dehors ! », scandaient les manifestants mardi. « Non à l'ingérence extérieure, ô ambassadeur américain, ne te mêle pas du Liban », reprenaient-ils en choeur. Une demi-heure avant le début de la manifestation, des embouteillages monstres étaient encore signalés aux entrées de Beyrouth, où des files de voitures et de bus, transportant des manifestants, attendaient de pouvoir rejoindre la manifestation.

Un appel à l'observation d'une minute de silence à la mémoire de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné le 14 février, a été suivi de la diffusion de l'hymne national libanais, pour marquer le début de la manifestation tenue sous le slogan de « la souveraineté du Liban et la fidélité à la Syrie ».

Tous les axes menant à cette place, interdits à la circulation automobile, étaient envahis par les manifestants, venus de toutes les régions du Liban. « Merci à la Syrie, merci pour ta fermeté ô Bachar », pouvait-on lire sur une banderole tendue sur la place, où une tribune a été érigée aux côtés de la statue de ce héros de l'indépendance.

Hussein Faqih de Kafra, un commerçant de 24 ans, a planté un drapeau à la porte de son magasin et diffuse par haut-parleur des chants patriotiques et l'hymne national. « Nous allons manifester pour exprimer notre condamnation des résolutions de l'Onu et pour soutenir la résistance. Ni Bush, ni l'Onu ne décidera quelle forme de vie et de gouvernement nous voulons avoir. Nous sommes contre l'intervention étrangère et l'intervention américaine », affirme-t-il. « Nous respectons l'opposition, mais nous avons notre position et nous allons l'exprimer aujourd'hui dans la rue », affirme un autre commerçant, alors que Fatima, une mère de famille de 55 ans, indique qu'elle va manifester pour la première fois.

Le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a affirmé à la presse que ce serait « la manifestation la plus importante que le Liban aura connue et nous avons choisi la place Riad Solh, où se trouve un bâtiment de l'Onu, afin que le message parvienne à la communauté internationale ».

La France – grande perdante au Liban, où elle sert la politique américano-sioniste contre ses intérêts vitaux et ceux de l’Europe – et les Etats-Unis ont été hués par la foule immense, tandis que le chef du parti chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, appelait les pays occidentaux à mettre fin à « l'ingérence étrangère » au Liban.

« Regarde avec tes deux yeux, ces gens qui manifestent aujourd'hui ne sont-ils pas des Libanais ? » a lancé le dirigeant chiite à l'adresse du président français Jacques Chirac. « Le Liban n'est ni la Somalie, ni l'Ukraine ni la Géorgie, le Liban, c'est le Liban », a-t-il dit devant une foule électrisée qui, réunie à l'appel des partis prosyriens, a hué la France et les Etats-Unis lorsque cheikh Nasrallah a évoqué ces deux pays. « Ne vous mêlez pas de nos affaires internes, laissez-nous, en tant que Libanais nous sommes plus soucieux que vous de notre paix civile, de notre unité et de notre pays », a-t-il ajouté, longuement ovationné par la foule compacte rassemblée au centre de Beyrouth. « Il est difficile de diviser le Liban », a déclaré le responsable chiite, poursuivant : « Le Liban, c'est l'arabité et la résistance ». « Avez-vous peur de la flotte américaine ? », a-t-il lancé, tandis que des centaines de milliers de voix répondaient en coeur « Non ». « Si la flotte américaine débarque à nouveau au Liban, elle serait défaite », a-t-il dit.

Le chef du Hezbollah a appelé Jacques Chirac à « réviser son appui » à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'Onu, votée en septembre 2004. « Tous ces Libanais vous disent que nous voulons préserver les relations historiques privilégiées avec la Syrie, que nous demeurons attachés au choix de la résistance (contre Israël) et que nous refusons l'installation » définitive au Liban des quelque 400.000 réfugiés palestiniens, a ajouté cheikh Nasrallah. « Au nom de la démocratie, nous vous exhortons à cesser votre appui à la résolution 1559 qui est impopulaire au Liban et n'est pas appuyée par la majorité des Libanais. Si la démocratie signifie la majorité, la majorité refuse la 1559 », a-t-il souligné. « Nous nous sommes réunis ici pour avant tout remercier la Syrie, le peuple syrien et l'armée syrienne qui est restée à nos côtés pendant de longues années et qui est toujours là », a déclaré Hassan Nasrallah. Il a encore estimé qu'Israël n'avait « aucune place au Liban ». « Vive la résistance, vive le Liban, vive la Syrie ! », a-t-il conclu, un slogan repris en écho par la foule.

Les Libanais favorables aux Syriens ont été invités à cette manifestation par Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, une des principales forces politiques et militaires du Liban. Une manifestation pour dénoncer « les ingérences étrangères au Liban et la résolution 1559 », et que soutiennent les quotidiens beyrouthin As-Safir et syrien Al-Thawra.

« Hassan Nasrallah a lancé un cri d’alarme pour prévenir de l’enfer de l’ingérence internationale, de ce qui se manigance concernant le Liban, menaçant son présent et son avenir », écrit le quotidien libanais As-Safir dans un éditorial commentant le discours prononcé par le chef du parti politique chiite Hezbollah le dimanche 6 mars. Ce discours survient au lendemain de celui du président syrien Bachar El-Assad promettant un retrait total en deux temps de ses troupes du Liban. La première phase devrait commencer ce lundi 7 mars et consiste en un repli des troupes syriennes vers la plaine de la Bekaa, à l’est du pays du Cèdre.

Ce repli, qui va dans le sens des revendications de l’opposition libanaise, est dénoncé par Nasrallah car « il survient à l’ombre d’énormes pressions internationales liées aux plans prévus par les Américains pour la région dans son ensemble ». « Ce repli ne répond pas à une demande libanaise légitime », comme le prévoient les accords de Taëf, auxquels le chef du Hezbollah a réaffirmé son attachement. 

Ainsi, Hassan Nasrallah a clairement pris fait et cause pour la Syrie, et As-Safir ne cache pas son soutien à la position du Hezbollah. « Hassan Nasrallah a eu raison lorsqu'il a qualifié l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri de complot ourdi contre le Liban et la Syrie. Ce complot vise l’union nationale et les relations libano-syriennes, voire l’identité de notre petit pays et son rôle régional grandiose ». On retrouve le même son de cloche dans Al-Thawra. Dans son éditorial principal de ce 8 mars, le quotidien ba’athiste syrien dénonce « les campagnes de diffamation » orchestrées contre la Syrie

The Independent, le grand quotidien de Londres, titre en une : « Le Liban se dirige-t-il vers un autre cauchemar ? » Robert Fisk, qui écrit à partir de Beyrouth, y dresse un réquisitoire contre l’ingérence occidentale : « Il y a de plus en plus de signes indiquant que le repli des troupes syriennes risque de rouvrir les divisions sectaires remontant aux années 1975-1990, années de la guerre civile libanaise ».

Fisk souligne qu’ « actuellement, le premier souci de Bush est le soutien présumé qu’apporte la Syrie aux insurgés en Irak ». Fisk poursuit en replaçant la crise syro-libanaise dans le contexte régional et constate sur un ton ironique : « Le président américain exige le départ de 14.000 soldats syriens du Liban à un moment où 140.000 soldats américains occupent l’Irak. Quant à l’occupation israélienne des Territoires palestiniens, il semblerait qu’elle ne rentre pas dans cette équation. C’est ça, la démocratie ! »

 

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