PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 21 février 2005

 

UN HOMME DE CONSENSUS,
ROGER CUKIERMAN ? A VOIR !

 

NOS COMPATRIOTES EUROPEENS DE CONFESSION JUIVE
PRIS EN OTAGE PAR LES LOBBIES ISRAELIENS :
LES SIONISTES NE REPRESENTENT NULLEMENT LA COMMUNAUTE JUIVE !

La classe politique française a encore les oreilles qui sonnent des violentes attaques portées par le président en titre du CRIF, Roger Cukierman, visant la politique étrangère de la France à l’égard de l’Etat hébreu.

Rappelons, d’entrée, les propos du président du CRIF à l'adresse du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, en plein dîner annuel du CRIF : « Je dois vous faire part du malaise que je ressens. Malaise devant ce qui me paraît être une incompatibilité entre la politique étrangère de la France et la politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme ».

Ce que le téléspectateur ou l’auditeur lambda savent moins, c’est, qu’en fait, cette saillie est loin d’avoir fait l’unanimité en sa faveur.
En effet, comme on lui demandait comment les ministres avaient réagi aux propos de Roger Cukierman, François Fillon, répondait, dès le dimanche soir sur EUROPE-1, ne pas trouver normal « que le président du CRIF se livre chaque année à une attaque globale de la politique étrangère de son pays. Ce n'est pas de cette manière que je conçois le fonctionnement de la République ».
Et de souligner que « le président du CRIF a pu constater, lorsqu'il est revenu s'asseoir, que les membres du gouvernement autour de la table estimaient que les attaques très fortes portées contre la politique étrangère de la France n'étaient pas acceptables ».
« Je pense qu'il est du devoir des responsables de l'Etat, du gouvernement, des responsables des partis politiques d'aller au contact d'une communauté qui est l'objet d'agressions qui sont absolument insupportables pour l'assurer de son soutien et pour lui démontrer qu'elle a toute sa place dans notre pays. Qu'elle est protégée, que toutes les mesures sont prises pour que les actes odieux qui s'exercent contre elle soient punis », a poursuivi le ministre.
« Mais la France est un pays qui a des responsabilités mondiales », a-t-il ajouté, « et sa politique étrangère ne peut pas se réduire à la seule question de ses relations avec l'Etat d'Israël, aussi importantes soient-elles ».
« Je souhaite qu'à l'avenir, on puisse avoir un débat qui s'installe dans les limites de la République », a conclu le ministre.

Mais, il a plus embarrassant pour le chef de file d’un lobby se voulant emblématique de l’ensemble de sa communauté. En effet, les attaques les plus vives le visant en retour, ont émané d’autres membres de la communauté mosaïque n’appréciant guère son comportement à la limite du tolérable.

Première volée de bois vert, le jeudi soir suivant :
Cukierman, en plein débat sur FRANCE-3 sur l’antisémitisme, dans un mouvement d’unanimité contre lui, se faisait épingler par la majorité des invités sur le plateau. Ses détracteurs, Jean-François Kahn en tête, dénonçant notamment l’inadéquation de ses propos au moment même où le dialogue israélo-palestinien donnait, enfin, des signes de reprises.

Même rejet des propos outranciers de Roger Cukierman de la part d’Alain Minc, interrogé pour LE FIGARO [18 février 2005] par Alexis Lacroix, et qui s’est dit « profondément scandalisé par ces déclarations ».
Et de noter combien « Le discours de Roger Cukierman devrait provoquer une indignation beaucoup plus massive. Le juif que je suis n'a vraiment pas l'habitude de se mêler de la vie de ce qu'on appelle la communauté juive. La faute, sans doute à mon penchant instinctif à l'universalisme... Mais la gravité des propos tenus pousse à réagir. Il n'est pas admissible que le président du CRIF, au nom de la communauté qu'il croit représenter, ait prononcé des paroles si dénuées de mesure et de maîtrise de soi », dans la mesure où pour Alain Minc, « Le président du CRIF instruit contre les plus hauts dirigeants français un réquisitoire totalement infondé. Il est absurde et, pour tout dire, grotesque de désigner à la vindicte des juifs français les hommes qui exercent leurs fonctions au sommet de l'Etat. Je ne suis pas suspect de chiraquisme, mais je trouve impeccable l'attitude dont le président de la République n'a jamais dévié depuis dix ans. Roger Cukierman a-t-il oublié que c'est Jacques Chirac qui a eu le courage de nommer une réalité que ses prédécesseurs ont inlassablement déniée: la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs français ? Le président du CRIF n'a-t-il pas observé que, depuis quatre ans, les juifs français trouvent dans le président de la République un homme qui n'accepte aucun accommodement avec l'antisémitisme en ses différentes formes ? »
Pour Minc, Roger Cukierman « franchit la ligne jaune quand il suggère que son appréciation de l'action politique de la France est tributaire des analyses israéliennes les moins nuancées. Si l'on voulait réveiller le fantasme antisémite de la “double allégeance”, qui empoisonne la relation des Français juifs avec leur pays depuis 1967, on ne s'y prendrait pas autrement. Lorsqu'on s'exprime au nom des Français juifs, on n'est pas comptable des intérêts légitimes de l'Etat d'Israël ».
Selon Alain Minc, pas de doute possible : « Samedi dernier, M. Cukierman s'est comporté comme un ambassadeur in partibus de l'Etat d'Israël ».

Mais, de loin, la plus vive remise en cause de Cukierman serait venue de L’UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX (UJFP) qui a remis en cause le principe même de la représentativité communautaire du CRIF, et de son chef.
Affirmant par voix d’un communiqué intitulé : « Au nom de qui parle le CRIF ? », qu’ « Une de tâches primordiales de l’UJFP est de faire entendre la diversité réelle de pensée, d’opinion, et de sensibilité des Français d’origine juive qui sont plus d’un demi million en France. A ce titre il nous paraît scandaleux que le dîner du CRIF soit considéré ces dernières années par toute la classe politique comme la troisième chambre du parlement français ».

Et de souligner, au passage, le suivisme de classe politique hexagonale, dans la mesure où « Chaque année le gouvernement entier, et de nombreux parlementaires s’y précipitent pour montrer patte blanche et faire la démonstration qu’ils ne sont pas antisémites. Et chaque fois le piège tendu par cette "instance communautaire" et son président Roger Cukierman se referme un peu plus, sur les politiques français entraînés dans une logique infernale : démontrer que l’on n’est pas antisémite ne peut se faire selon le CRIF qu’en acceptant toujours plus l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme, et en se taisant de plus en plus sur la politique israélienne d’occupation ».

Et de rappeler qu’ « en 2003 Cukierman désignait les ennemis antisémites : "verts bruns rouges" accusant ainsi des forces progressistes d’antisémitisme parce qu’elles se mobilisent pour la Palestine et contre le gouvernement de Sharon. Aujourd’hui il rend les copies au gouvernement : sur l’antisémitisme, assez bien, mais sur la politique étrangère du gouvernement concernant le monde arabe, très médiocre. Et ce au nom des Juifs de France ! »

Une tutelle inacceptable pour l’UJFP, car selon elle, « Les Juifs français ont toutes les opinions politiques sur leur gouvernement, et votent dans tous les partis, leurs choix sont individuels et non communautaires, contrairement à ce que veut faire croire Monsieur Cukierman. Pratiquant le pire des communautarismes, il associe publiquement Juifs et Israéliens, antisémitisme et antisionisme, faisant croire qu’il y a dans ce pays une "communauté" qui voterait d’une seule voix pour des intérêts qui sont aujourd’hui ceux de Sharon ».
« Quant à nous, nous considérons que  ceux qui tentent d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien systématique de la politique de Sharon, et qui manipulent l'antisémitisme dans ce pays comme une arme pour faire taire toute critique à l'égard de la politique israélienne, portent une responsabilité grave dans les tensions qu'ils réveillent et entretiennent ».
Et d’affirmer attendre « du gouvernement qu’il agisse en matière de racisme avec fermeté et détermination contre toutes les discriminations et violences racistes, antisémitisme inclus, en montrant ainsi qu’il respecte le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi. En tant que Juifs nous ne souhaitons pas de régime privilégié, qui ferait de nous des citoyens " protégés ", nous revendiquons les mêmes droits, les mêmes devoirs et le même respect que tous les citoyens ».
Quant à la politique étrangère de la France, si sévèrement tancé par Roger Cukierman, l’UJFP, a contrario, d’en attendre « des mesures fermes de sanctions contre les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement israélien, l'arrêt de toute coopération militaire avec Israël, l’application des décision de la Cour internationale de justice de la Haye concernant le Mur, l’application du vote du parlement européen demandant la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Pour nous la législation internationale est la même pour tous les Etats, le rôle de la France est d’exiger son application par tous et de condamner toute violation de ce droit. Nous avons par ailleurs été sensibles aux honneurs rendus par notre gouvernement au Président Arafat, représentant défunt de tout son peuple ».
Et l’UJFP de conclure que « Les citoyens français juifs que nous sommes condamnent avec la plus grande fermeté les propos communautaristes et sectaires tenus par Monsieur Cukierman, et affirment avec force : non il ne parle pas en notre nom ! » (*)

 

Yag Bazhdid

(*) Ne voyant rien à ajouter à ces propos, auxquels nous ne voions aucune ligne à retrancher, nous ne pouvons que finir en vous précisant que l’UJFP, peut être contactée aux coordonnées suivantes : BP 102, 75960 PARIS Cedex 20, tél.: 01 42 02 59 76, fax: 01 42 02 59 77.

(Paris - Le 21 février 2005 - Avec l'aimable autorisation d'Yag Bazhdid)

 

*****

ABONNEZ-VOUS A LA CAUSE DES PEUPLES !
La Tribune libre du combat contre l'impérialisme et l'exploitation !
- La Cause Des Peuples -

Retour à l'accueil