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PCN-Infos du 08 février 2005

Cette semaine nous laissons la parole à Yves BATAILLE, géopolitologue et spécialiste, notamment, de l’Aire francophone et des Balkans dont les analyses rejoignent les nôtres. 

 

HOMMAGE MILITANT AU PRECURSEUR
DES COMBATS EURASISTES ACTUELS :
JEAN THIRIART A L’HONNEUR A BELGRADE !

 

On avait fait croire aux Serbes qu’avec le départ de Slobodan Milosevic tout irait mieux. Que le Kossovo serait sauvé, que la prospérité s’installerait et que la « communauté internationale » leur ferait les yeux doux. Au lieu de cela les Américains évoquent ouvertement l’ « indépendance » du Kossovo et poussent le Monténégro à la sécession, le chômage et la précarité augmentent encore et le Tribunal de l’OTAN (TPIY) exige sans cesse la livraison de nouveaux patriotes comme les généraux Lazarevic ou Pavkovic, les héros de la dernière bataille du Kossovo. En conséquence, et mordant sur la fraction de l’opinion qui avait cru à ces mensonges, l’Opposition nationale-patriotique représentée principalement par le Parti radical serbe (SRS) se renforce, multiplie les victoires électorales et fait une percée remarquable dans un secteur réputé difficile, celui des intellectuels .

Aux dernières élections municipales le SRS, sous la direction de l’avocate Maja Gojkovic, a pris le contrôle de Novi Sad, capitale de la Vojvodine et  deuxième ville du pays, et manqué de  peu (2%) la ville de Belgrade. Le SRS a repris la ville de Zemun entre Belgrade et Nouveau Belgrade (perdu en 2000 et qui avait été sa première base de départ), gagné des dizaines de communes et placé des conseillers dans pratiquement toutes les municipalités. A Belgrade même, le SRS s’est retrouvé majoritaire dans le tiers des arrondissements, encerclant « par la campagne » le centre ville des frivolités, des banques et du show biz.

Le dimanche 23 janvier la réunion du Srpska Radikalna Stranka (SRS) au Centre Sava de Nouveau Belgrade a obtenu un succès dépassant les espérances: la salle retenue contenant 2000 places étant trop petite pour accueillir tous les participants qui débordaient dans le hall du complexe commercial, des écrans durent être installés pour permettre à la foule de plusieurs milliers de personnes de suivre les déclarations de 26 personnalités du monde de la culture et de la politique (1). Outre des représentants du SRS – les débats étaient dirigés par le secrétaire général du parti, Alexandar Vucic –, on notait la présence d’académiciens, d’universitaires, de journalistes, d’anciens officiers de l’Armée Yougoslave ainsi que de représentants du Parti Socialiste (SPS) et même du DSS (qui mène la coalition gouvernementale actuelle). C’est l’académicien Kosta Cavoski (2) qui devait ouvrir le feu, dénonçant le TPIY et montrant son caractère illégitime et illégal. Parallèlement au soutien qu’il apporte aux Comités pour la défense de Slobodan Milosevic et de Vojislav Seselj, Cavoski anime le Comité pour la Vérité sur Radovan Karazic.

 

LE NOM JEAN THIRIART ACCLAME A BELGRADE

Ecouter en une journée continue 26 orateurs constitue un véritable tour de force et pour les organisateurs et pour les participants. La mission pourtant devait être menée à bien, l’objectif étant de placer la question des prisonniers politiques de La Haye au centre du débat politique  et de mettre le Parti radical en première ligne (3).

A signaler que l’une des participantes, évoquant au nom du Congrès des Serbes d’Eurasie (KSEA) la nécessité de situer le combat serbe dans le cadre de la lutte paneuropéenne de libération de Vladivostok à Dublin (ou Rejklavik), le dr Mila Aleckovic, devait faire longuement applaudir le nom de Jean Thiriart, le précurseur des combats eurasistes actuels et le fondateur du Communautarisme national-européen dont le Parti communautaire national-européen (PCN) fondé par Luc Michel est le seul représentant légitime à vocation unitaire à l’échelle du continent.

Tous les participants devaient apporter leur soutien au Dr Seselj, le chef du Parti radical serbe, qui ne s’est pas « livré volontairement » à l’Inquisition de La Haye, mais a décidé il y a deux ans d’affronter physiquement et moralement le pseudo-tribunal pour organiser la défense de ses compatriotes et dénoncer sur place cette assemblée rituelle.

De nombreux orateurs devaient s’élever aussi contre l’activité des Organisations Non Gouvernementales, les fameuses ONG du genre d’International Crisis Group (ICG) de Morton Abramowitz et de son représentant en Serbie James Lyon, qui ne sont que des faux-nez  de la politique US ou des couvertures  des services secrets. A l’occasion de cette réunion capitale de nouveaux livres édités par le Parti expliquant la position de Seselj et des prisonniers politiques et dénonçant les inquisiteurs, en particulier le président du tribunal, l’israélien Teodor Meron, et la procureur(e) suisse Carla del Ponte, étaient présentés. Se retrouver en face d’un « israélien génocidaire » devant le Sanhédrin du TPIY est tout un symbole pour le Dr Vojislav Seselj qui a clairement pris le parti des Palestiniens face aux crimes de guerre de Sharon et a effectué un voyage de solidarité à Bagdad juste avant le départ à La Haye. Seselj, qui a défendu son peuple aussi bien contre des catholiques que contre des musulmans agissant pour le compte de l’ennemi, se bat aussi contre des orthodoxes qui trahissent. Au parlement de Vojvodine un mouvement hongrois apporte son soutien à la coalition majoritaire radicale dans la province. On voit que ce n’est pas, comme on a voulu le faire croire, une affaire de race ou de religion, mais une question politique et même géopolitique. Dans cet esprit, le chef du Parti radical accusé de « crimes de guerres » pour avoir défendu son peuple sur son territoire contre les pions de l’ennemi s’est clairement placé du côté de la juste lutte du peuple irakien agressé par les envahisseurs anglo-américains et leurs supplétifs de la « New Europe » (en particulier les misérables dirigeants polonais, roumains et bulgares…).

Dans l’affaire des Balkans comme dans celle du Proche Orient, les criminels de guerre sont les accusateurs et non les accusés de tribunaux bidons, les criminels de guerre sont ceux qui occupent des territoires étrangers, bombardent et tuent chaque jour des innocents avec des armes de riches et non ceux qui résistent chez eux dans la guerre asymétrique du pauvre avec des kalachnikovs et des grenades à main. Outre qu’elle a permis aux Etats-Unis d’avancer vers l’Est en direction de la mer Noire et au plus près de la Russie pour installer de nouvelles bases militaires et imposer le « free market » l’affaire des Balkans a aussi été une sournoise entreprise de diversion par la communication consistant à duper les Musulmans. Pendant qu’on dressait l’Oumma  contre les Orthodoxes en diffusant les images de « massacres » de musulmans à Sarajevo, le monde arabe et/ou islamique était censé regarder un peu moins du côté de Jérusalem. Les Sionistes n’étaient plus les seuls à tuer des Musulmans. L’affaire tchétchène, outre le fait qu’elle a été lancée pour gêner la Russie, est lisible aussi dans cette optique. Quand on sait que le plus grand soutien au monde arabo-musulman ne peut venir que du monde slave orthodoxe, en particulier de la Russie, on mesure l’importance stratégique de la question. 

 

Yves BATAILLE (*)

(*) Yves Bataille est une figure bien connue du Mouvement national révolutionnaire européen et eurasiste. Marié à une Serbe, il vit à Belgrade depuis une dizaine d’années. Géopolitologue et spécialiste, notamment, de l’Aire francophone et des Balkans, il édite LA LETTRE GEOPOLITIQUE. Il est aussi éditorialiste de la Lettre d’information FREE SLOBO et du site FREE SLOBO.ORG, consacrés à la défense de l’Idée yougoslave, de la cause serbe, du Président Milosevic et de tous les prisonniers politiques serbes détenus par le pseudo TPI.

 

Notes et renvois :  

(1) Les noms: Académicien Kosta Cavoski, Académicien Cédomir Popov, Prof. Dr. Milan Bulajic, Dr Slavenko Terzic, Prof. Dr. Mirko Zurovac, Prof. Dr.Stevan Djordjevic, Prof. Dr. Oliver Antic; Prof. Dr. Milan Pak ; Académicien Veselin Djuretic, Prof. Dr.Zoran Stojanovic, Prof. Dr Radivoje Marinkovic, Prof. Dr. Miroljub Jevtic ; Dr. Radovan Radinovic ; Brana Crncevic ; Dr. Mila Aleckovic ; Prof.Dr.Ivan Cukalovic ; Prof. Dr. Milan Petrovic ; Prof. Dr. Radomir Zivotic ; Prof.Dr. Sreten Sokic ; Prof. Dr. Zoran Bingulac ; Dr. Zoran Avramovic ; Dr. Branko Nadoveza ; Milovan Drecun ; Miroslav Toholj ; Danilo Lazovic ; Rajko Petrov Nogo.      

(2) Un libéral, opposant de la première heure de Milosevic, devenu par les bombardements criminels de l’OTAN et sa bête le TPIY, défenseur de la première heure de… Milosevic. Libéral sur le plan philosophique et non politique…

(3) En réunissant ces intellectuels et leaders d’opinion, le SRS a brisé la gangue de conformisme et de peur qui avait été placée sur lui pour le confiner au « petit peuple ». Le ralliement des intellectuels à ce parti conscient et organisé est un signe: contre l’Occupant et ses Kollabos le peuple serbe se prépare à de nouveaux combats sans concession.

 

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