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PCN-Infos du 18 janvier 2005

 

MYTHES ET REALITES DE LA PROPAGANDE AMERICANO-SIONISTE :
QUI EMPECHE VRAIMENT LA PAIX EN PALESTINE ?

 

L’une des principales manipulations de l’opinion publique dans l’Occident américanisé consiste à faire passer l’agresseur pour la victime et l’agressé pour le fauteur de guerre. Le régime Bush excelle dans ce jeu subtil. Et son allié sioniste n’est pas en reste.

Ainsi, alors que le colonialisme sioniste a jeté – par la guerre et la terreur organisée - depuis 1948 le peuple palestinien sur les routes de l’exil, des camps et de la misère, la presse aux ordres de l’Axe américano-sioniste nous répète ad nauseum que les Palestiniens sont « d’abominables terroristes ». Et singulièrement que « le principal obstacle à la Paix » était Yasser Arafat, le leader historique de l’OLP. Arafat décédé, la paix n’est pourtant toujours pas à l’ordre du jour !

Et derrière le mediamensonge éculé du pseudo « terrorisme palestinien » apparaît le véritable obstacle à la Paix en Palestine : l’entité sioniste elle-même.

Dès le 4 janvier 2005, le quotidien AL-WATAN pouvait titrer ironiquement sur le fait que le gouvernement israélien préparait un « cadeau qu'il offrira au futur président de l'Autorité palestinienne ». Il s'agit « d'un programme de colonisation de la Cisjordanie qui devra engloutir une dizaine de villages palestiniens ». Le quotidien dénonçait le double langage israélien et l'inaction américaine pour mettre un terme à la politique expansionniste d'Israël. Sharon avait pourtant promis (sic) de geler la colonisation (resic), mais il n'a pas hésité à lancer un nouveau programme grignotant des territoires palestiniens alors que Bush, qui s'était engagé à soutenir l'instauration d'un État palestinien fiable, le laisse faire.

Certains naïfs qui voyaient en Sharon « un de Gaulle israélien » (sic) devraient se rappeler que Sharon et les Likoudniks plongent leurs racines idéologiques dans le Sionisme révisionniste de Jabotinski, grand admirateur de Mussolini, c’est-à-dire dans la version fasciste du Sionisme.

C’est une réalité qui se dresse aussi face aux rêves illusoires de l’aile conciliatrice et pro-occidentale de l’OLP, rassemblée derrière le nouveau président palestinien Mahmoud Abbas, élu sur la base d’un programme qui prévoit la démilitarisation de la Résistance palestinienne.

Nos excellents confrères du quotidien AL QUDS AL ARABI précisent à ce sujet que la première réunion du Comité exécutif de l'OLP après l'élection de Mahmoud Abbas, tenue ce 16 janvier, « a connu un vif débat autour de la nécessité d'arrêter les tirs de roquettes sur Israël et les colonies ». Le quotidien ajoute que le débat s'est emballé quand le leader radical Saëb Ereikat a souligné que « le monde nous demande d'arrêter la violence, alors que ce sont les Palestiniens qui tombent sous la violence israélienne, qui perdent leurs maisons détruites par l'armée israélienne, et qui sont montrés coupables ». Un représentant du FPLP a alors ajouté que « la résistance à Gaza est honnête et il faut que l'Autorité la respecte ». Il a ajouté que « le retrait israélien de Gaza est le fruit de cette résistance ».

Le candidat du FDLP à l’élection présidentielle palestinienne, Tayssir Khaled, insistait lors de sa campagne sur le fait qu’ « Il ne faut pas faire l'amalgame entre la démilitarisation de l'Intifada et notre droit légitime à lutter contre l'occupation » Il critiquait fort justement dans une interview au quotidien AL-HAYAT « ceux qui évoquent la naturalisation des réfugiés palestiniens dans leurs pays d'accueil ». Il défendait le « droit des réfugiés de 1948 à retourner dans leurs maisons, conformément à la résolution 194 des Nations unies » et  estimait qu'il est « indispensable de mettre un terme à la politique israélienne de colonisation, d'arrêter la construction du mur de séparation et sa destruction, au lieu de parler de démilitarisation de l'Intifada ».

En fait, les conciliateurs palestiniens sont piégés dès le début. Ils ont le choix entre l’abandon des buts légitimes de la Résistance – dont le droit des réfugiés au retour, selon les lois internationales – et la guerre civile, à laquelle les pousse l’Axe américano-sioniste, pour le plus grand profit de l’Etat sioniste. Ce que l’éditorialiste du TEMPS (Tunis) appelle « Le dilemme de Mahmoud Abbas » : « Mahmoud Abbas (Abou Mazen) n'aura pas le temps de savourer sa victoire, note LE TEMPS. Il doit se mettre tout de suite au travail pour répondre aux attentes de la population palestinienne et de la communauté internationale. Les Palestiniens attendent de leur nouveau président qu'il réalise le rêve d'un Etat indépendant et viable, rêve caressé et poursuivi depuis plus de trente-six ans, et leur assure de meilleures conditions de vie. (...) Pour Mahmoud Abbas, le problème est double. D'abord, le temps lui est compté. Ensuite, les attentes internes et externes qu'il doit satisfaire sont difficilement conciliables. Ainsi, s'il se met en tête de créer, à l'intérieur, les conditions d'un règlement avec Israël, en mettant au pas les mouvements radicaux, il risque de provoquer un très dur affrontement, voire une guerre civile ».

Pourtant, forcer les Palestiniens à abandonner leur droit légitime au retour sur leur terre, d’où ils ont été chassés par les armes et la terreur en 1948, est une nécessité vitale pour la survie de l’Etat sioniste. Comme le précisait dans LIBERATION (Paris) Marius Schattner, auteur d’une « HISTOIRE DE LA DROITE ISRAELIENNE », Sharon « proclame sans cesse qu'Israël ne peut préserver son caractère « juif et démocratique » en gardant la bande de Gaza ou d'autres zones à forte population palestinienne. D'abord pour des raisons démographiques : dans cinq ans voire moins, les juifs seront une minorité dans le Grand Israël. Les Palestiniens ont beaucoup d'enfants, et les immigrants juifs sont de moins en moins nombreux : 22 000 à peine pour 2004. Que faire ? Les tenants du Grand Israël misaient sur une immigration massive : celle venue d'ex-URSS n'a rien changé, et désormais le flot s'est tari. Ils tablaient sur un départ, censé volontaire, de millions de Palestiniens : il ne s'est pas réalisé. Les plus extrémistes continuent à prôner un « transfert » forcé des Palestiniens vers les pays arabes (…) Reste la séparation. C'est le retour à la conception classique du partage du territoire, celle que le créateur de l'Etat, David Ben Gourion, avait fini par imposer à l'ensemble du mouvement sioniste. Cette séparation, Sharon la conçoit comme un acte unilatéral. Il compte en dessiner les frontières, jouant de l'appui américain, de la victoire militaire sur l'Intifada, face aux Palestiniens à bout de souffle ».

D’autres, au sein de la Droite et de l’extrême-droite religieuses, notamment, rêvent encore du « Grand Israël », ce rêve vénéneux du Sionisme radical (*). Ils représentent « un puissant groupe de pression, disposant de relais jusqu'au sommet d'un pouvoir qui leur fut si longtemps acquis », écrit Marius Schattner, qui évoque encore « des ministres nourris de l'idéologie du Grand Israël » qui  « donnent un écho complaisant à la lutte des colons ». 

On est loin ici des médiamensonges de la propagande américano-sioniste sur la « seule démocratie du Moyen-Orient ». Israël se veut un « état juif et démocratique ». Dans la réalité, l’entité sioniste est démocratique pour les seuls juifs et juive pour les Arabes.

Un schéma de pouvoir typiquement colonial, du genre qui prévalait à Pretoria et au Cap du temps de l’Apartheid. Et ceci n’est pas une autre histoire …

 

Luc MICHEL

 

(*) Croire que le projet du « Grand Israël » - du Nil à l’Euphrate ! – n’émanait que de la droite israélienne est une grave erreur et une méconnaissance de la véritable nature colonialiste du Sionisme. Le partage des rôles politiques entre likoudniks et travaillistes, jouant les méchants et les gentils comme dans les mauvais films policiers, est une des grandes trouvailles de la propagande sioniste. Dans la réalité historique, les uns et les autres ont partagé le même rêve colonialiste et expansionniste.
Révélateurs sont à ce sujet les commentaires de la presse israélienne lors des premières actions de colonisation, après la guerre des Six Jours, comme le rappelle Marius Schattner. Ainsi le journal travailliste à grand tirage YEDIOT AHARONOT titrait-il, le 27 septembre 1967 : « Les fils des vétérans du Goush Etzion sont revenus à leur terre libérée », pour la création de la première colonie de peuplement, sur le site de villages conquis par les forces arabes durant la guerre de 1948, dans le sud de la Cisjordanie. En ce même septembre 1967, les plus grands écrivains israéliens, dont Nathan Alterman, le poète emblématique du mouvement travailliste, et Shaï Agnon, prix Nobel de littérature 1966, publiaient un manifeste « Pour le Grand Israël », proclamant qu'à la suite de la victoire de l'armée israélienne « aucun gouvernement n'a le droit de renoncer à l'intégralité d'Eretz Israël ». Le chef historique du Likoud, Menachem Begin, appelle, lui, à une colonisation massive en « Judée-Samarie (Cisjordanie), dans la bande de Gaza, sur le plateau du Golan et dans le Sinaï »

 

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