PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 27 décembre 2004

 

POUR UNE VISION GLOBALE DU COMBAT ANTI-IMPERIALISTE !
POUR LE FRONT QUADRICONTINENTAL UNITAIRE
DE LA CAUSE DES PEUPLES !

 

Une claire compréhension de l’actualité mondiale exige une double vision globale : dans le temps avec ses référents historiques et idéologiques, et dans l’espace avec ses contraintes géopolitiques et géostratégiques. Celui qui veut se passer de cette vision globale est comme un aveugle perdu dans la jungle. Nos ennemis américano-sionistes possèdent au plus haut point cette vision globale. Et la plus grande part des efforts de la presse aux ordres de Washington et Tel-Aviv vise à brouiller et à occulter ces réalités incontournables de la politique mondiale actuelle.

Nous sommes en guerre, la Quatrième Guerre mondiale. Cela nos ennemis sont les premiers à le reconnaître, faucons néo-conservateurs, Likoudniks et Atlantistes réunis. Mais, contrairement à leurs affirmations, cette guerre n’a nullement débuté le « 11 septembre ». Et elle ne vise pas à combattre un « islamo-terrorisme » mythifié.

La Quatrième Guerre mondiale a commencé, il y a bien plus longtemps, en ce soir de novembre 1989 où le DDR a été trahie par Gorbatchev – dont le nom restera maudit à jamais sur nos terres d’Europe – et livrée à ses ennemis (1). Ce jour là a commencé la marche de l’Impérialisme yankee et de l’OTAN vers l’Est.

Car la Quatrième Guerre mondiale a pour but ultime le contrôle de l’Eurasie, le « Heartland » des géopoliticiens, le « cœur du Monde ». Ce qui implique le démembrement de la Russie, étape dernière d’un processus qui a vu la destruction de l’Union Soviétique et de la Yougoslavie.

Relisez le « Grand échiquier » de Brezenski. Tout y est dit dès l’aube des années 90 (2).

Pour l’avoir compris trop tard, et s’être laissé endormir par les rêves illusoires d’une amitié occidentale dont on n’a que faire à Washington, le président Poutine – qui pour son malheur est issu du parti pro-américain d’Eltsine et des oligarques mafieux et a du se débarrasser de ses alliés originels – a vu l’OTAN s’installer dans les Pays baltes et connaît de sérieux revers en Ukraine, sans parler du Caucase et l’Asie centrale.

Tout ce qui se passe dans le monde, en cette période où l’Impérialisme est d’une arrogance sans pareille, procède de ce combat pour le contrôle de l’Eurasie, enjeu et pivot de la domination mondiale. Y compris les événements du Proche-Orient et d’Irak.

La volonté de domination impérialiste est globale. Et le combat pour la Cause des Peuples appelle une réponse globale. Sans cette vision, nous serons vaincus un par un, les uns après les autres. C’est ce que notre Ecole doctrinale, celle du « Communautarisme européen », appelle le « Front quadricontinental » (3).

En 1967, à La Havane, Castro lançait en compagnie de la Chine de Mao Zedong et contre l'avis de Moscou la « Tricontinentale ». Cette fameuse « Tricontinentale » dont on rêvait à Hanoi ou à la Havane vers 1967, a échoué. Elle n'a pas eu et n'aura jamais la force de venir à bout de la puissance américaine, même si hier la victoire du peuple vietnamien a permis de contester celle-ci.

Dès 1967, Jean Thiriart lançait dans « LA NATION EUROPEENNE », qui était alors l’Organe de notre Organisation transnationale, l'idée de la « Quadricontinentale ».

Aujourd'hui plus que jamais, il faut une alliance quadricontinentale contre l'impérialisme. La seule Europe occidentale détient aujourd'hui, comme il y trois décennies, des moyens de puissances cinquante fois supérieurs à la « tricontinentale » (Asie/Afrique/Amérique Latine). L'erreur commise hier à Cuba, à Alger ou à Hanoi, a été de n'avoir voulu introduire la révolution que dans les pays pauvres, de ne pas avoir vu qu'il fallait introduire l'action révolutionnaire dans la colonie la plus riche des Etats-Unis, l'Europe. Le dogmatisme qui inspirait hier les capitales anti-américaines au nom d'une solution idéale les a conduit à l'immobilisme.

La puissance industrielle américaine, renforcée de la puissance industrielle européenne, fait de celle-ci la super-puissance mondiale. C'est cette alliance des deux industries mondiales les plus avancées qui a contraint à la capitulation complète, économique et militaire, une URSS économiquement asphyxiée. L'URSS est aujourd'hui disparue, le mythe communiste est usé, l'URSS a été battue à plat de couture sur le terrain de l'économie pure par le néo-capitalisme américain renforcé de sa colonie européenne.

La victoire finale contre les USA ne pourra être remportée qu’en Europe. Le rôle de l'Europe dans la lutte contre les Etats-Unis est le rôle primordial, le rôle capital. Pour déséquilibrer le colosse américain, il faut lui faire perdre son terrain d'action européen. Au nom de la géopolitique, de la géostratégie et de la géo-économie, indissolublement liées, Zbigniew Brzenzinski ne nous dit pas autre chose dans son « grand échiquier ». Le sort de la superpuissance yankee se joue ici en Europe. Et l'unité entre l'Europe libre-actrice de son destin – qui est l’exact opposé de l’Europe-sujet atlantiste des putains de Washington – et la Russie est le péril qui lui donne le plus d'angoisses.

Les peuples opprimés par le « Nouvel Ordre Mondial », que se soit, en Afrique, en Asie, en Palestine, en Amérique ou en Europe doivent s'unir pour former un Front uni contre l'impérialisme  américain.

L'Europe occidentale est le second poumon de l'impérialisme américain, sa meilleure colonie, sa réserve d'hommes, de matériels industriels et militaires. Aujourd'hui, si l'on retranchait l'Europe de l'Ouest de l'empire néo-carthaginois américain, celui-ci  perdrait plus de la moitié de sa puissance, car de facto l'Union européenne est la première puissance économique mondiale. C'est en Europe que devra être porté le coup décisif qui abattra la nouvelle Carthage américaine !

Une part importante de l’activité de nos réseaux vise à constituer ce Front, à organiser cette réponse globale. A mettre en rapport les révolutionnaires d’Europe occidentale et occidentale, et le Mouvement révolutionnaire européen en contact avec celui d’Afrique, du Proche-Orient, d’Asie ou des Amériques.

Il est essentiel que l’on abandonne toute vision locale ou régionale au profit d’une conception globale, où chaque front, chaque bataille, est un élément de la Guerre planétaire et du combat commun.

Pour ceux qui en douteraient encore, l’actualité de l’offensive impérialiste nous démontre que cette vision globale est la seule réponse adaptée à la situation tragique que nous subissons tous.

Au moment même où l’OTAN, le bras armé de Washington – qui est aussi son instrument de vassalisation de l’Europe colonisée depuis juin 1944 – est en pleine offensive à l’Est, en Ukraine, en Moldavie et dans le Caucase, l’Alliance atlantique se déploie également au Proche-Orient, où l’Afghanistan sert de point d’appui.

L’ECONOMISTE (Paris) analyse comment « l’Otan courtise le Grand Moyen Orient » (4) : « Ainsi se décline la nouvelle stratégie de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) vis-à-vis du Moyen-Orient élargi et les pays du Dialogue méditerranéen. La nouvelle démarche de l’Alliance, qui est en pleine transformation militaire et politique, s’explique par les bouleversements qui ont radicalement transformé l’espace euro-atlantique et le monde arabe (…) de nouveaux engagements opérationnels s’imposent. Il s’agit de concrétiser et de rendre pratiques les mesures prises lors du Sommet d’Istanbul. Mais auparavant, mener des consultations politiques et instaurer un climat de confiance entre l’Alliance et les pays arabes. C’est dans cet esprit que s’inscrit le redéploiement de l’Otan dans le Moyen-Orient élargi. A cet effet, l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI) constitue un second volet de partenariat de l’Alliance dans le monde arabe. Cette coopération différente mais complémentaire avec le Dialogue méditerranéen a été initiée lors du Sommet d’Istanbul qui s’est tenu les 28 et 29 juin dernier. L’ICI consiste à renforcer la sécurité et la stabilité régionale par le biais d’un nouvel engagement transatlantique envers le Moyen-Orient élargi. Parmi les domaines de coopération envisagés, l’interopérabilité par la participation conjointe à des manoeuvres militaires. Mais aussi et surtout la lutte contre le terrorisme, le partage de l’information et des renseignements, la coopération maritime ou encore la sécurité frontalière ainsi que des plans civils d’urgence ».

Mais ce n’est évidemment pas tout. Car le pivot sur lequel compte s’appuyer l’OTAN au Proche-Orient, c’est évidemment l’Etat sioniste ! Preuve à nouveau de l’irréalisme forcené des théoriciens de Washington. L’impérialisme américano-sioniste, reposant sur l’osmose étroite entre l’impérialisme yankee et le colonialisme sioniste, est une réalité et non pas le fantasme d’obsédés du complot et n’a rien à voir avec des obsessions antisémites, comme voudraient le faire croire les nouveaux croisés de l’Occident à la Taguieff.

Le rôle dévolu à Israël dans les plans de l’OTAN, qui envisage tout simplement l’adhésion de l’Etat sioniste à l’Alliance, révèle crûment la position centrale de l’Entité sioniste dans les plans impérialistes.

PROCHE-ORIENT.INFO (Paris) ne fait pas mystère des plans américano-sionistes : « L’élite politico-économique de l’Etat hébreu semble séduite par l’idée d’adhérer à la plus puissante organisation de défense du monde. Parrainage US nécessaire (…) Dans le cadre du Forum de Herzliya – qui a réuni pour quelques jours de débats le gratin du monde politique et financier israélien –, il aura été beaucoup question, en aparté ou en public, du resserrement des liens entre Israël et l’OTAN, voire même de l’adhésion de l’Etat juif à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. De telles discussions autour d’un sujet pouvant porter à controverse non seulement à gauche de l’échiquier politique israélien, mais aussi parmi les 26 pays membres de l’OTAN, donnaient l’impression qu’en sous-main l’Administration américaine avait déjà accordé son aval, peut-être même George Bush en personne. En tout cas le rapprochement OTAN-Israël n’est envisageable que sous l’aiguillon des Etats-Unis ».

Le site sioniste confirme également que cette « Collaboration » est « déjà existante » : le « Dr. Uzi Arad – le principal organisateur de ce forum – devait souscrire du haut de la tribune à cette idée (…) L’apport stratégique de l’entrée dans l’OTAN viendrait en effet compenser l’étroitesse du territoire israélien, le retrait d’une grande partie de la Cisjordanie et de la totalité de la bande de Gaza ».

Ceci dévoile « la coopération croissante de Tsahal et des forces de l’OTAN en Méditerranée orientale. Les chefs militaires israéliens sont depuis peu invités à assister à des exercices navals de l’OTAN. Quant à la marine de guerre israélienne, elle participera dorénavant à des patrouilles multinationales antiterroristes en mer Méditerranée. Cette coopération maintenant avouable se pratique au grand jour ». D’après Uzi Arad, « pour mieux assurer sa sécurité, faire face aux futures menaces, en particulier iraniennes, Israël se doit d’intégrer la plus vaste, la plus puissante organisation de défense au monde, l’OTAN ». Que dire de plus …

Je suis souvent agacé par le manque de perspectives de certains camarades, qui ne voient que leur pré carré européen, africain ou arabe.

Comme le proclamait Jean Thiriart dès le milieu des années 60, face à un adversaire surpuissant il faut se battre groupé, il faut, comme il le disait de manière imagée, chasser l’impérialisme en meute. Et peu importe dans celle-ci la couleur de chaque loup.

Car l’autre clé d’un combat efficace contre l’ennemi impérialiste, c’est l’union des forces révolutionnaires sociales et nationales, sincères, au-delà de leurs divergences idéologiques secondaires.

Car le combat contre l’Impérialisme implique la libération nationale et sociale.

Face à l’ennemi du genre humain que dénonçait Che Guevara, dressons le Front unitaire des peuples !

 

Luc MICHEL

 

Notes et renvois :

(1) Comme la Troisième Guerre mondiale, la « Guerre froide », n’a pas débuté en 1945, en réponse à une « menace stalinienne », mais bien dès 1943, où elle a été théorisée par les théoriciens de l’impérialisme yankee, comme James Burnham (qui publie en 1943 son « Pour la domination mondiale », livre manifeste de l’impérialisme américain souvent méconnu) ou Goerges Kennan (le théoricien du « containment » de l’URSS).
Lire : « Les théories de l’impérialisme américain et la réponse des peuples » de Luc MICHEL.

(2) Brzezinski s'inspire directement des théories de la géopolitique sur l'Eurasie pour définir les conditions de la puissance américaine au XXIeme siècle, la maintenir dans son rôle hégémonique de garants du « Nouvel Ordre Mondial » et pérenniser la sujétion de l'Europe occidentale. Pour maintenir leur leadership, qui n'est rien d'autre que la domination mondiale annoncée dès 1943 par des théoriciens américains comme Burnham, les USA doivent avant tout maîtriser le « grand échiquier » que représente l'Eurasie, où se joue l'avenir du monde. Cette maîtrise repose sur la sujétion de l'Europe occidentale, étroitement liée aux USA dans un ensemble politico-économique occidental, la communauté atlantique cadenassée par l'OTAN. Elle repose aussi sur l'isolement de la Russie qu'il faut affaiblir irrémédiablement et démembrer. 
Le danger mortel pour les USA, puissance extra-européenne à l'origine de par sa situation même, serait d'être expulsée d'Europe occidentale, sa tête de pont en Europe. Dans cet objectif, tout rapprochement de l'Europe et de la Russie, toute union eurasienne, sans même parler de fusion comme l'évoquent les Communautaristes européens du PCN, doit être empêchée par tous les moyens. 
Zbigniew Brzezinski écrit : « L'Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l'Amérique. Pour l'Amérique, les enjeux géostratégiques sur le continent eurasien sont énormes. Plus précieuse encore que la relation avec l'archipel japonais, l'Alliance atlantique lui permet d'exercer une influence politique et d'avoir un poids militaire directement sur le continent. Au point où nous en sommes des relations américano-européennes, les nations européennes alliées dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité. Si l'Europe s'élargissait, cela accroîtrait automatiquement l'influence directe des Etats-Unis. A l'inverse, si les liens transatlantiques se distendaient, c'en serait finit de la primauté de l'Amérique en Eurasie »

(3) L’OTAN courtise, mais se prépare au viol. L’Alliance a célébré, le 8 décembre 2004 à Bruxelles, la commémoration du Xe anniversaire du « Dialogue méditerranéen » (sic) en présence de Colin Powell. « Une première étape marquée par une compréhension mutuelle des spécificités d’une région aux enjeux multiples et complexes mais aussi l’amorce du dialogue politique et de coopération pratique », précise-t-on à l’Otan.

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