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PCN-Infos du 21 septembre 2004

 

Cette semaine nous laissons la parole à Jacques BORDE, journaliste et écrivain très au fait de l’actualité internationale que nous apprécions grandement au PCN pour ses analyses majoritairement identiques aux nôtres.

 

Complot ? Odigo ! rEpondit l’Echo
Etats-Unis / 11 septembre
Jacques Borde

 

Auteur du livre Pourquoi l’Amérique - 11 septembre, j’ai, au moment où j’y travaillais, entendu parler, comme beaucoup de mes confrères, de ces fameux « 4.000 juifs » qui ne seraient pas venus travailler ce jour-là, prévenus de l’imminence de ces attentats. De prime abord, et quels qu’aient pu être les dessous de cet élément trouble du « 9/11 », je me suis d’abord dit qu’au moins cela aurait fait 4.000 victimes de moins au palmarès des assassins d’un ordre dont je me garderai bien de dire qu’il ait été lié à l’Islam.

Par ailleurs, la lecture de mon livre vous confirmera que je n’ai pas intégré cet élément du dossier à mon modeste ouvrage.

Pourquoi ? Oh, pour une simple raison, à l’époque où je travaillais sur mon livre, les seuls éléments dont je disposais se limitaient à quelques dépêches contradictoires. Trop peu, donc, pour me faire sérieusement une opinion.

Par la suite, cette théorie de ressortissants israéliens et/ou américano-israéliens « protégés » par Dieu sait qui, a déchaîné des passions aussi contradictoires que violentes.

D’un côté, des media, majoritairement arabes, y faisaient fréquemment référence en soutenant mordicus la crédibilité. Mais sans toujours développer le sujet de manière convaincante. J’entendis également des diplomates accrédités d’Etats arabes et/ou arabo-musulmans se référer le plus sérieusement du monde à des avertissements mystérieux adressés à des entreprises du WTC, sur le plateau de LCI, notamment.

De l’autre, avec une touchante unanimité, les media occidentaux – sans d’ailleurs jamais vérifier quoi que ce soit – tirèrent à boulets rouges sur leurs confrères arabes. Ces derniers, se retrouvant accusés pêle-mêle de folie douce, d’attiser la théorie du complot, et, clou sur le cercueil de leur professionnalisme, d’être d’indécrottables antisémites. Quod erat demonstrandum !

Il y eut bien sûr quelques allusions, ça et là, sur le Ouèbe notamment, pour tenter de faire refleurir le sujet. Sans véritables succès. Du coup, j’ai, moi le premier, fini par ne plus attacher d’importance à ce qui ressemblait par trop à des rumeurs infondées et, convenons-en, assez douteuses.

Or, mea culpa, les media arabes avaient bel et bien raison sur le fond : des Américano-Israéliens, ont bien été avertis – deux heures avant qu’elles n’aient lieu – des frappes aéroportées attribuées au dirigeant (en exil) de l’Organisation de la Réforme & du Conseil, Ossama Bin-Laden, bien que ce dernier ne les ait jamais revendiquées, se contentant d’applaudir à leur accomplissement.

Naturellement, vous le pensez bien, ce n’est pas moi qui le dit, mais le pdg de la firme américano-israélienne Odigo, Micha Macover !

Alors, complot sordide ou nouvel élément à intégrer à l’enquête ?

Pour bien juger de la portée réelle de ces affirmations, je ne peux que vous inciter à lire ce qu’en a écrit notre estimé confrère Yuval Dror, dans les colonnes du très sérieux quotidien de centre-gauche israélien, Ha’aretz que vous trouverez, in extenso ci-dessous :

La société israélienne Odigo affirme que deux de ses employés ont (bien) été avertis des attentats du 11 septembre 2001
Yuval Dror / Ha’aretz

La société israélienne de messagerie électronique Odigo a fait savoir que deux de ses employés ont (bien, effectivement) reçu des messages, deux heures avant l’attentat contre les tours jumelles (Twin Towers) du World Trade Center de New York (le 11 septembre 2001), les avertissant que l’attaque allait avoir lieu. Odigo a ajouté qu’elle coopère, depuis lors, avec les services judiciaires israéliens et américains (notamment, le FBI - Federal Bureau of Investigation), afin de retrouver l’émetteur premier du message avertissant de l’attaque.

Micha Macover, PDG de la compagnie, a indiqué que les deux employés avaient reçu ces messages et avaient informé la direction de l’entreprise, immédiatement après l’attentat. La direction avait alors immédiatement pris contact avec les services israéliens de sécurité, lesquels avaient immédiatement mis le FBI au courant.

« Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle ce message a été envoyé à nos deux employés, qui n’en connaissent pas du tout l’expéditeur. Il pourrait s’agir de quelqu’un qui plaisantait simplement, et dont la plaisanterie se serait avérée prémonitoire par un pur effet du hasard. Je ne sais d’ailleurs pas si notre information a joué un rôle éventuel dans l’une quelconque des arrestations opérées par le FBI », a déclaré M. Macover.

Odigo, compagnie (israélienne) sise aux Etats-Unis, a son siège à New York et ses bureaux à Herzliya (Israël).

Les utilisateurs de la messagerie Odigo ne sont pas limités dans l’expédition de leurs messages à la seule liste de leurs « copains » [contacts], comme c’est le cas pour les clients d’ICQ, l’autre serveur bien connu de messagerie instantanée (elle aussi) israélienne.

Généralement, Odigo protège jalousement la confidentialité de ses utilisateurs dûment catalogués, a indiqué M. Macover, mais, dans le cas d’espèce, la compagnie a pris l’initiative de fournir aux services judiciaires l’adresse Internet initiale (de l’émetteur) du message, afin que le FBI puisse retrouver le fournisseur d’accès Internet utilisé par l’émetteur effectif du message original, et donc l’identité de cet expéditeur.

(c) Ha’aretz (17 août 2004) & Point d’Information Palestine nø240 (21 août 2004) - traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier.

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