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PCN-Infos du 16 août 2004

 

ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE :
59E ANNIVERSAIRE DE L'ATOMISATION D'HIROSHIMA
ET NAGASAKI PAR L'ETAT-VOYOU DES ETATS-UNIS

 

« La vision égocentrique portée sur le monde par les Etats-Unis atteint des extrêmes »
(Tadatoshi Akiba, maire d'Hiroshima)

« Aussi longtemps que la superpuissance qui dirige le monde ne changera pas sa position de dépendance aux armes nucléaires, il est clair que la menace de la prolifération nucléaire ne peut être écartée »
(Ittcho Ito, maire de Nagasaki)

Les « armes de destruction massive » – un concept de propagande conçu par le traître et Kollabo irakien Kanan Makiya à la fin des années 80 pour le compte du State Department – sont à la mode. Dès qu’il s’agit de justifier une agression impérialiste contre une cible potentielle de Washington ou Tel-Aviv, elles servent immédiatement de prétexte. Nous avons donc assisté hier au show des ADM irakiennes ou libyennes – dont on sait aujourd’hui qu’elles n’existaient que dans les media du Pentagone. Nous subissons aujourd’hui le nouveau spectacle à cibles multiples – comme il y a des missiles à ogives multiples, la propagande est une arme comme les autres – : ADM syriennes, nord-coréennes ou encore iraniennes.

Celles d’Israël, bien réelles, sont opportunément oubliées par les alliés yankee du colonialisme sioniste. Pourtant l’entité sioniste est avec son complice yankee l’un des deux véritables Etats-voyous qui menace la paix. Quant aux ADM des USA, on reste à un silence aussi pesant que complice.

Rappelons que les USA ont massivement employé l’arme chimique au Vietnam. Et l’OTAN les armes à uranium appauvri contre l’Irak ou la Yougoslavie. Mais les USA ont aussi et surtout le sinistre privilège d’être les seuls à avoir utilisé l’arme nucléaire contre des populations civiles, faisant pour des motifs politiques et non militaires, circonstance aggravante, des centaines de milliers de victimes. On n’a jamais jugé les criminels de guerre yankee – leaders, généraux et exécutants – pour ces faits répugnants.

L’actualité nous conduit à nous souvenir. A l'occasion du 59ème anniversaire de l'atomisation d'Hiroshima par les Etats-Unis, le 6 août 1945, le maire de la ville a vivement critiqué la politique américaine sur le nucléaire et « l'égocentrisme » des Etats-Unis, leur reprochant de développer un armement nucléaire toujours « plus facile à utiliser » et dénonçant la politique d’agression yankee contre la Corée du Nord. « La vision égocentrique portée sur le monde par les Etats-Unis atteint des extrêmes », a affirmé Tadatoshi Akiba lors d'une cérémonie commémorative de l'explosion de la première bombe atomique. « Ignorant les Nations unies et leur attachement au droit international, les Etats-Unis ont entrepris des recherches pour rendre les armes nucléaires plus petites et plus faciles à utiliser », a ajouté le maire. « Pendant ce temps, la chaîne de la violence et des représailles dans le monde demeure sans fin », a-t-il dit. « Se reposer sur une terreur qui amplifie la violence et sur la Corée du Nord, parmi d'autres, ou sur une politique de 'garantie nucléaire' sont des signes révélateurs de notre temps », selon le maire de Hiroshima.

Environ 160.000 personnes – près de la moitié de la population de la ville en 1945 – sont mortes immédiatement dans l'explosion de la bombe et dans les mois qui ont suivi, des suites des radiations ou de brûlures extrêmes.

Trois jours après Hiroshima, les Etats-Unis lançaient une seconde bombe atomique sur Nagasaki, qui y tuait quelque 74.000 personnes et en blessait 75.000. Le 15 août, le Japon capitulait. A l'occasion du 59ème anniversaire de l'atomisation de Nagasaki par les Etats-Unis, le 9 août 1945, le maire de la ville a, lui, appelé le « peuple d'Amérique » à s'engager sur la « route » de l'élimination des armes nucléaires. Ittcho Ito, a lancé un appel au « peuple d'Amérique » à éliminer les armes nucléaires. « Nous appelons les citoyens des Etats-Unis à regarder de près la réalité des tragédies nées dans le sillage des explosions atomiques, il y a 59 ans », a déclaré le maire lors d'une cérémonie tenue près du centre de l'explosion. « Aussi longtemps que la superpuissance qui dirige le monde ne changera pas sa position de dépendance aux armes nucléaires, il est clair que la menace de la prolifération nucléaire ne peut être écartée », a-t-il estimé. « Peuple d'Amérique, le chemin vers la survie de la race humaine passe sans équivoque par l'élimination des armes nucléaires. Le temps est venu de joindre nos mains et de nous embarquer sur cette route », a-t-il encore déclaré. Critiquant l'insistance de Washington à posséder 10.000 bombes nucléaires et à poursuivre les essais nucléaires, Ittcho Ito a fustigé les « mini-bombes nucléaires » dont la capacité d'irradiation n'est pas très éloignée de la bombe larguée jadis sur Nagasaki.

Plus encore qu’Hiroshima, Nagasaki est un crime inexcusable. Comme le précisait au NOUVEL OBSERVATEUR un membre de la « Commission sur les Bombardements stratégiques américains » (1946) : « En 1946, le gouvernement américain a lancé une grande enquête sur les bombardements de l'US Air Force dits « stratégiques », ceux qui ont dévasté l'Allemagne et le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale : ont-ils été utiles, quelles en ont été les conséquences ? J'étais l'un des responsables de cette étude. Concernant les bombes atomiques, nos conclusions étaient claires : elles ont été inutiles pour arrêter la guerre, le Japon étant sur le point de déposer les armes au plus tard quelques semaines après. Mais cela ne veut pas dire que, pour Hiroshima, la décision de Truman était injustifiable. Apparemment, il ne savait pas tout ce que nous avons appris après la reddition, sur le moral des troupes japonaises, l'asphyxie de leur économie… Et puis c'était la guerre totale, une guerre sans limite, engagée par le Japon à Pearl Harbor. Le premier bombardement atomique était donc probablement inévitable. Nagasaki, en revanche, est inexcusable. La démonstration terrifiante d'Hiroshima était suffisante. Largement suffisante, n'est-ce pas ? »

Mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui, la controverse fait rage sur les véritables motivations de l’atomisation d’Hiroshima et de Nagasaki. Depuis 1945, Washington nous expliquait que ces crimes de guerre se justifiaient par la nécessité de limiter les pertes militaires américaines et d’écourter la guerre. Cette auto-justification apparaît aujourd’hui aussi fausse qu’hypocrite.

L’émission « LA MARCHE DU SIECLE », produite par la chaîne française France 3, qualifie Hiroshima de « mensonge du siècle » et dénonce « la vérité cachée depuis un demi-siècle » : « Les clefs de cette énigme ? Probablement la précipitation du bombardement. Pourquoi, en effet, la bombe atomique a-t-elle été utilisée si tôt, dès le premier jour de disponibilité, c'est-à-dire dès que l'usine d'enrichissement d'Oak Ridge a fourni suffisamment d'uranium 235 et que celui-ci a pu être livré sur l'île de Tinian, base des bombardiers américains dans le Pacifique, alors que l'invasion n'était prévue que trois mois plus tard ? Pourquoi Truman n'a-t-il pas attendu quelques jours, neuf exactement, c'est-à-dire le 15 août, date à laquelle les Soviétiques devaient déclarer la guerre au Japon, ainsi que Staline l'avait promis à Truman, fin juillet à la conférence de Potsdam – la plupart des rapports des services spéciaux annonçaient que cette nouvelle serait un choc terrible pour le gouvernement japonais et que celui-ci capitulerait, ce que d'ailleurs l'empereur a décidé faire le jour même de l'entrée de l'Armée rouge en Mandchourie occupée ? Pourquoi Truman n'a-t-il pas suivi les recommandations de tous ceux, scientifiques et militaires, qui plaidaient pour une démonstration grandeur nature de la bombe, dans une zone inhabitée ou dans le ciel du Japon ? Pourquoi n'a-t-il pas répondu aux émissaires japonais qui, quelques semaines avant Hiroshima, proposaient en secret de négocier la paix, ainsi que le prouvent les rapports de Bill Donovan, le patron de l'OSS (l'ancêtre de la CIA) ? Pourquoi a-t-il rejeté la proposition de son ministre de la Guerre, Henry Stimson, et de nombreux conseillers de déclarer publiquement que si les Japonais capitulaient, ils pourraient conserver leur empereur – c'était la seule condition qu'ils mettaient à une reddition totale, et les Américains le savaient puisque, grâce à l'opération de décryptage Magic, ils interceptaient et déchiffraient tous les télégrammes diplomatiques japonais (cette exigence, le maintien de l'empereur, a d'ailleurs été satisfaite après Hiroshima) ? Autrement dit, Truman et les hommes forts de la Maison-Blanche le savaient : pour faire capituler les Japonais, il y avait d'autres solutions que la bombe atomique. Pourquoi les ont-ils négligées ? Pourquoi ont-ils préféré précipiter l'holocauste nucléaire ? »

Les véritables motivations sont en effet liées à la volonté américaine – exprimée dès 1943 – de contenir la puissance soviétique et d’empêcher Staline, vainqueur du Reich nazi et qui vient de déclarer la Guerre au Japon, de prendre ses avantages en Asie. L’offensive soviétique est fixée au 15 août et les Américains en sont avertis. « Deux thèses principales s'affrontent chez les historiens. La plus ancienne est défendue depuis trente ans par Gar Alperovitz dont le livre « Atomic Diplomacy, Hiroshima and Potsdam » est toujours l'un des ouvrages historiques les plus controversés aux Etats-Unis. Inquiet de l'avance soviétique en Europe et en Asie, Truman aurait voulu démontrer à Staline sa puissance toute nouvelle et ainsi imposer sa vision du Nouveau Monde dans les négociations d'après-guerre. Il n'aurait pas attendu l'entrée en guerre de l'URSS contre le Japon, justement parce qu'il voulait à tout prix les prendre de vitesse et ainsi éviter une co-occupation de l'archipel, comme en Allemagne. Hiroshima ne serait donc pas le dernier acte de la Seconde Guerre mondiale mais le premier de la guerre froide ».

Le fils de Lavrenti Beria, alors le tout-puissant lieutenant de Staline, explique au NOUVEL OBSERVATEUR comment le Kremlin a réagi au premier bombardement atomique : « Ils (Staline et Beria) ont tout de suite compris que les Américains avaient avant tout voulu leur faire peur. Ils n'ont jamais pensé que cela avait été décidé pour terminer la guerre avec le Japon. De toute façon, l'Armée rouge n'avait besoin que d'une ou de deux semaines pour obtenir la capitulation japonaise ». A la question « Donc le bombardement d'Hiroshima n'était pas nécessaire ? », il répond : « Du point de vue militaire, absolument pas. Il y avait peut-être une raison d'ordre émotionnel : les Américains souhaitaient se venger de Pearl Harbor. Mais avant tout ils entendaient montrer leur prédominance militaire sur l'URSS, et nous l'avons parfaitement compris. Staline a d'ailleurs arrêté tous les projets d'expansion militaire qui pouvaient provoquer un affrontement direct avec les Etats-Unis, comme l'invasion de l'île japonaise d'Hokkaido (…) Hiroshima a énormément accéléré la course aux armements… Quelques jours après le 6 août, Staline a qualifié le projet soviétique de bombe atomique de « problème numéro un ». Il a donné tous les moyens et tout le pouvoir à la Commission spéciale d'Etat pour le Problème numéro un dirigée par mon père. Toutes les ressources du pays détruit par la guerre ont été consacrées à ce projet. Jusqu'en 1949, année de l'explosion de la première bombe soviétique… »

L'ambassadeur Joseph Davies, l'un des émissaires de Truman auprès de Staline, confirme ces accusations. Davies note dans son journal intime : « A ma surprise [Truman] m'a dit qu'il ne voulait pas d'une rencontre au sommet avant juillet. Officiellement, je pourrais invoquer le vote du budget. « Mais, dit-il, il y une autre raison dont je n'ai parlé à personne ». Il a évoqué la bombe atomique. Le test final prévu pour le mois de juin ne pourra avoir lieu qu'en juillet. J'étais effrayé, choqué, stupéfait ».

En 1946, l’un des pères de la bombe yankee, Einstein, dénonçait ces crimes parce qu'il avaient été décidé uniquement « pour mettre fin à tout prix à la guerre dans le Pacifique avant l'intervention de la Russie ».

Le soir même du premier bombardement, Truman déclare à l'Amérique, dans un message radiodiffusé : « Nous pouvons dire que nous sortons de cette guerre la nation la plus puissante du monde, la plus puissante, peut-être, de toute l'Histoire » !

« Bon nombre d'Américains refusent d'entendre ces versions peu reluisantes de leur histoire », écrit le NOUVEL OBSERVATEUR. « Leur obstination confine, depuis quelques mois, à l'hystérie. L'an dernier, le prestigieux Musée de l'Air et de l'Espace, à Washington, demande à des spécialistes de préparer une grande exposition sur Hiroshima, à l'occasion du cinquantenaire. Les associations de vétérans se procurent le projet, qui fait naturellement état des derniers travaux des historiens. Déchaînées, l'American Legion et surtout l'US Air Force Association lancent une vaste campagne contre cette rétrospective, jugée « antiaméricaine » (…) La droite ultraconservatrice arrive au pouvoir. Newt Gingrich, son leader, prêche pour une écriture « positive » de l'histoire américaine. Il obtient l'annulation de l'exposition et la démission du directeur du musée, Martin Harwit. Comme aux heures sombres du maccarthysme, la censure est de retour ».

Les USA patrie des Droits de l’Homme, parangons de la démocratie et champions de la paix, comme on nous l’assène quotidiennement dans les media aux ordres de l’Otan ?

Assez de bobards ! Stop à la propagande yankee !

Comme viennent de nous le rappeler les maires d’Hiroshima et de Nagasaki, les crimes abominables de 1945 ne sont pas des actes isolés. Ils prennent place, logiquement, dans la continuité des agressions néo-coloniales yankee développées contre les peuples du monde depuis le XIXème Siècle. Les USA sont bien cet « ennemi du genre humain » que dénonçait Che Guevara ! Le véritable Etat-voyou qui menace la paix du monde !

 

Luc MICHEL
(Sources : AFP, Reuters, AP, Nouvel Observateur)

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