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PCN-Infos du 12 juillet 2004

 

ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE
ET MEPRIS DES LOIS INTERNATIONALES :
IL EST TEMPS D'ORGANISER
LA MISE EN QUARANTAINE DE L'ETAT-VOYOU SIONISTE !

 

Lorsqu’ils déplaisent à l’Occident et à son hégémon américain, certains Etats – citons notamment l’Irak ba’athiste, le Belarus, la Syrie, Cuba ou la Corée du Nord – subissent une mise en quarantaine politique, un blocus économique destiné à les étouffer, quand ce ne sont pas des agressions militaires directes.

Le prétexte avancé par Washington, et aussitôt repris par ses politiciens et media aux ordres, est toujours le même : « armes de destruction massive » – le concept en fut inventé au début des Années 90 par un universitaire irakien passé au service des Américains –, violations des lois internationales et troubles de la « démocratie ».

Mais justement l’allié sioniste de Washington répond exactement et ici bien réellement à ce double concept. Car Tel-Aviv, non contente d’être la seule puissance nucléaire du Proche-Orient, développe aussi des armes biologiques et chimiques. Et l’entité sioniste viole systématiquement depuis quatre décennies toutes les lois internationales et toutes les résolutions des Nations-Unies, cette « Communauté internationale » si chère aux alliés américains du régime sioniste. Sans parler de la démocratie.

 

1ère partie :
LE MYTHE SIONISTE
D’ « ISRAËL,SEULE DÉMOCRATIE DU MOYEN-ORIENT »

Car il faut en finir avec le mythe sioniste d’ « Israël, seule démocratie du Moyen-Orient ». L’Etat israélien se veut « démocratique et juif ». Il est dans la réalité démocratique pour les Juifs et juif pour les Arabes, qui sont exclus de la démocratie sioniste. L’Afrique du Sud de l’Apartheid – qui fut l’Alliée privilégiée de Tel-Aviv – ne fonctionnait pas autrement : démocratique pour les Blancs et blanche pour les Noirs.

L’ancien diplomate palestinien, Ahmad Samih Khalidi, s’interrogeait dans le GUARDIAN (29 sept. 2003) sur le fait qu’Israël doit choisir entre être sioniste ou démocratique : « Il semble que nous assistions actuellement à un réveil de la gauche israélienne face à la politique de la droite. Malheureusement la gauche sioniste continue de tenter de concilier l’inconciliable : le sionisme et la démocratie. En effet, le sionisme signifie l’existence d’un État juif avec une majorité significative juive ce qui, en Palestine, se fait nécessairement au détriment des droits des Arabes palestiniens. Dès lors, la seule possibilité de maintenir la démocratie est la partition du territoire en deux Etats. Toutefois, les évènements récents montrent que la partition ne sera pas évidente en raison de l’implantation de colonies par les gouvernements successifs. En outre, dans la Palestine historique entre le Jourdain et la Méditerranée, les évolutions démographiques tendent à diminuer la part des juifs dan s la population. Enfin, comment les Palestiniens pourraient-ils accepter de faire une croix sur leur histoire en reconnaissant le droit historique des juifs sur le territoire, admettant implicitement que la présence arabo-musulmane sur ce sol pendant 1400 ans était illégitime ? Actuellement, ce qui inquiète le plus les responsables politiques israéliens, c’est que les dirigeants palestiniens changent leur discours et en viennent à revendiquer la constitution d’un seul Etat ou chaque homme disposerait d’une voix égale, sur le modèle de ce qui s’est passé en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid. Si un tel principe était appliqué, Jérusalem pourrait être la capitale unie de la patrie d’une nation arabo-juive ».

Et il concluait sur la question fondamentale qui met définitivement en cause toute légitimité du Sionisme : « Il est temps de se demander ce qui est le plus important : la démocratie ou la judaïté de l’Etat ? »

 

2éme partie :
LA MENACE NUCLEAIRE SIONISTE AU PROCHE-ORIENT

L’actualité immédiate nous donne la double illustration du danger que représente l’Entité sioniste pour la Communauté internationale. Et illustre le double langage de Washington.

La question de la menace nucléaire sioniste vient d’être réactualisée avec la venue du directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Mohammed El Baradei en Israël. Ariel Sharon en a profité pour réaffirmer la doctrine israélienne de « l’ambiguïté nucléaire » (sic) : « Je ne sais pas ce qu’il vient voir. Israël tient dans ses mains tous les éléments de puissance nécessaires pour se protéger par elle-même. Notre politique nucléaire a fait ses preuves et se poursuivra ».

El Baradei, marionnette aux mains de l’occident américain, comme il l’a prouvé en Irak, quant à lui, devait chercher à convaincre Israël de reconnaître qu’il dispose bien de l’arme nucléaire, avançant parallèlement l’idée d’un Proche-Orient dénucléarisé. Toutefois le directeur de l’AIEA devait se voir opposer une fois de plus la politique constante d’Israël sur le sujet qui est de « ne jamais démentir ni confirmer » quoi que ce soit.

« El-Baradei a déjà effectué une visite discrète en Israël en 1998. Il a visité à cette occasion le centre de recherche nucléaire de Nahal Sorek, sur la côte méditerranéenne, au sud de Tel-Aviv. Cette fois-ci, sa visite a été annoncée, mais la consigne de profil bas demeure. Il doit s’entretenir avec le directeur général de la commission de l’énergie nucléaire israélienne, Gideon Frank, et le Premier ministre Ariel Sharon qui le recevra en tant que président de cette commission, commente LIBERATION (Paris). Profil bas. Cette fois, aucune visite n’est prévue dans une centrale nucléaire. Ni celle de Nahal Sorek, ni, bien entendu, celle de Dimona, dans le désert du Néguev, où, selon l’espion nucléaire israélien Mordechai Vanunu, a été fabriquée l’arme de l’apocalypse avec l’aide technique de la France dans les années 50 ».

En politique intérieure, les dirigeants sionistes ont moins de pudeur. Selon le quotidien « AL-QUODS AL-ARABI » (3 juin 2004), le Premier ministre israélien Ariel Sharon a révélé devant la commission de Défense et des Affaires étrangères à la Knesset « avoir reçu le feu vert des Etats-Unis pour utiliser des armes non conventionnelles pour défendre Israël ». Selon un député extrémiste israélien membre de ladite commission, « Sharon a souligné avoir examiné avec le président Bush, lors de sa dernière visite à Washington, les menaces qui pèsent sur la sécurité d’Israël. Il a obtenu de la Maison-Blanche l’autorisation d’utiliser ces armes pour se défendre ». Le quotidien soulignait que « c’est la première fois qu’une personnalité publique israélienne reconnaît solennellement la détention par l’Etat hébreu d’armes non-conventionnelles ».

Ce qui n’a pas empêché Sharon, avec un cynisme outrancier, de se déclarer « prêt à œuvrer à la dénucléarisation du Proche-Orient dans un contexte de paix » (sic). Et El Baradei, dont la crédibilité est proche de zéro, de cautionner ses paroles mensongères. « La politique de l’Etat hébreu continue d’être la même, à savoir que dans le contexte de la paix au Proche-Orient, Israël envisagera favorablement la création d’une zone dénucléarisée » (resic), a affirmé el-Baradei, lors d’une conférence de presse ayant suivi son entretien avec Sharon. « Ce n’est pas une politique nouvelle, mais j’estime que le fait même qu’elle soit réaffirmée au niveau du Premier ministre est un développement bienvenu et positif », a-t-il ajouté. A noter qu’aucune date et aucun cadre n’ont été retenus pour des discussions en ce sens !

A l’issue de cet entretien « positif », un responsable israélien, évoquant la doctrine israélienne de « l’ambiguïté nucléaire », a tenu à préciser à nouveau que « pour l’heure, nous ne voyons aucune raison, aucune justification et aucune nécessité de modifier cette politique ».

Rappelons que l’Etat sioniste est le seul pays de la région à détenir l’arme nucléaire, et le mystère maintenu à ce sujet constitue selon lui un facteur de dissuasion. Israël est l’un des rares pays refusant de signer le Traité de non-prolifération (TNP) et les visites des inspecteurs de l’AIEA à sa centrale de Dimona, dans le désert du Néguev (sud). « La centrale de Dimona, dont le survol est interdit aux avions sous peine d’être abattus, est revenue à la une des médias à l’occasion de la libération, en avril dernier, de Vanunu après dix-huit ans de prison, pour avoir livré au Sunday Times britannique les secrets atomiques d’Israël », précise LIBERATION.

Il y a un an, El-Baradei était moins timide. Il estimait alors que « l’arsenal nucléaire d’Israël, qui n’est pas signataire du Traité de non-prolifération est un danger pour la région » dans un entretien avec le quotidien HAARETZ (décembre 2003). Il y précisait que l’arme nucléaire sioniste « accélère la course aux armements et crée des dangers» au Proche-Orient (…) Je ne peux le confirmer avec certitude, mais je lis les journaux et les documents et il me semble que l’on peut considérer cela comme un fait. Nous oeuvrons sur la base de l’hypothèse qu’Israël a une capacité nucléaire ».

Vous avez dit « armes de destruction massive » ?

 

3ème partie :
LE MUR DE L’APARTHEID SIONISTE
CONDAMNE PAR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Le second fait de l’actualité, c’est la condamnation du mur de l’Apartheid sioniste par la Cour internationale de justice (CIJ), principal organe judiciaire de l’ONU, qui a déclaré ce 9 juillet 2004 que la ligne de séparation construite par Israël en Cisjordanie est illégale et a réclamé le démantèlement de cet ouvrage. A l’unanimité moins une voix, celle du juge américain, les 15 juges ont estimé que « l’édification par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-Est [...], est contraire à la loi internationale ». La Cour a estimé que les exigences de sécurité mises en avant par Israël ne justifiaient pas la construction de ce mur destiné, selon le gouvernement israélien, à « empêcher les infiltrations de kamikazes palestiniens ».

La Cour a jugé contraire aux lois internationales le mur de sécurité. La CIJ mentionne, parmi les violations du droit occasionnées par la construction de la barrière, les entraves à la liberté de mouvement des Palestiniens, les entraves à leur droit au travail, à leur droit à la santé, à l’éducation, et à un « niveau de vie adéquat », tel qu’il est prévu par des conventions internationales.

En outre, la Cour n’estime pas que les exigences de sécurité d’Israël justifient ces infractions au droit international : « Les infractions (aux droits des Palestiniens) résultant du tracé du mur ne peuvent pas être justifiées par des exigences militaires, par les nécessités de la sécurité nationale ou par l’ordre public », indique l’avis. « La Cour considère qu’Israël ne peut pas s’appuyer sur un droit à l’auto-défense (...) pour écarter le caractère illégitime de la construction du mur ». Israël soutient en effet que la construction de la barrière de séparation est « nécessaire » pour se protéger des attaques de kamikazes palestiniens.

La CIJ réclame le démantèlement des quelque 200 Km de l’ouvrage construits en Cisjordanie. La Cour réclame également que les Palestiniens qui ont subi des dommages du fait de la construction de l’ouvrage soient indemnisés. Elle indique que « tous les Etats ont l’obligation de ne pas reconnaître la situation illégale résultant de la construction du mur » et de ne rien faire qui soit de nature à la prolonger. En outre, la CIJ a lancé un appel à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l’Onu afin qu’ils mettent fin à « la situation illégale » résultant de la construction du mur israélien. « Les Nations unies et en particulier l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité devraient considérer quelle action supplémentaire est nécessaire pour mettre fin à la situation illégale résultant de la construction du mur », déclare la CIJ.

Israël a rejeté par avance les conclusions de la Cour, exposant une fois de plus son mépris des lois et des institutions internationales. « La clé d’un règlement ne se trouve ni à La Haye (siège de la CIJ) ni à Manhattan (New York, siège de l’Onu) mais à Ramallah et Gaza d’où part le terrorisme palestinien », précise le gouvernement israélien.

L’entité sioniste a immédiatement reçu le soutien de Washington. Les Etats-Unis jugent « inapproprié l’examen par la Cour internationale de Justice (CIJ) du cas de la ligne de séparation construite par Israël en Cisjordanie », a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan. « Nous ne pensons pas qu’il soit approprié d’examiner ce cas dans cette instance (…) Nous avons fait part très clairement de nos vues au gouvernement israélien et nous continuons de leur parler de cette question. Nous reconnaissons le besoin pour Israël de se défendre et de protéger ses habitants ». Il a répété que les Etats-Unis « appuyaient le plan proposé par le Premier ministre Ariel Sharon » et a refusé d’indiquer si les Etats-Unis bloqueraient des initiatives de l’Onu qui pourraient résulter de l’avis de la CIJ.

L’Etat sioniste craint cependant que l’avis négatif de la CIJ n’entraîne le dépôt d’une nouvelle résolution devant le Conseil de sécurité exigeant le démantèlement de la barrière. Israël estime toutefois pouvoir compter sur l’appui des Etats-Unis pour contrer cette nouvelle offensive diplomatique.

Les Palestiniens estiment légitimement que la barrière vise à annexer de facto une partie de leur territoire car elle s’enfonce par endroits profondément en Cisjordanie. Commencée en juin 2002, la construction de la ligne de séparation raciste (prévue sur 730 Km) devrait coûter au total 3,4 milliards de dollars – financés en grande partie par les USA – et s’achever avant fin 2005.

Anticipant toujours sur l’hostilité de la Cour, le gouvernement de l’Etat hébreu avait déclaré depuis longtemps qu’il n’en reconnaissait pas la compétence (de la CIJ) en la matière.

De son côté, la CIJ avait réaffirmé sa compétence au sujet de la « barrière de sécurité » avant même d’avoir rendu sa décision. A l’unanimité, les 15 juges, y compris le juge américain, ont estimé que la CIJ était compétente. La cour a rejeté les objections israéliennes selon lesquelles l’Assemblée générale des Nations unies avait outrepassé ses droits en demandant son avis au tribunal de La Haye. Elle rejette de même l’argument avancé à la fois par Israël, les Etats-Unis et certains pays européens selon lequel la question était politique et non juridique, et qu’un avis de la CIJ pouvait avoir des « retombées négatives sur les efforts de paix ». « Une question juridique a aussi des aspects politiques », estime la CIJ. « En conséquence, la cour a compétence pour donner l’avis consultatif » demandé par l’Assemblée générale. Cet avis, toutefois, n’est pas contraignant.

La CIJ a particulièrement évoqué la IVe Convention de Genève où, pour la première fois, elle a jugé qu’elle s’appliquait à la situation d’occupation par Israël.

Elle a aussi estimé vendredi dans son avis que le « mur » que construit Israël en Cisjordanie pourrait devenir permanent et « équivaudrait alors à une annexion de facto (…) la construction du mur et le régime qui lui est associé créent sur le terrain un fait accompli qui pourrait fort bien devenir permanent, auquel cas, et nonobstant la description officielle qu’Israël donne du mur, la construction de celui-ci équivaudrait à une annexion de facto ».

Toute annexion – notion issue du Droit international du XIXe Siècle et aujourd’hui rejetée – est en effet contraire au droit international.

Les juges soulignent qu’ils ne peuvent pas rester indifférents « à certaines craintes d’après lesquelles le tracé du mur préjugerait de la frontière future entre Israël et les Palestiniens ». La barrière de séparation s’enfonce en effet par endroits profondément en Cisjordanie occupée afin d’englober le maximum de colonies juives. Une fois terminée, la barrière de séparation devrait englober quelques 80% des quelques 220.000 colons habitants en Cisjordanie sans compter Jérusalem est occupée et annexée. Par ailleurs environ 14,5% du territoire de la Cisjordanie devrait se trouver du « mauvais côté » du mur, c’est à dire dans la partie contrôlée par Israël. Ces colonies sont illégales au regard du droit international, a aussi confirmé la CIJ.

Le dirigeant palestinien Yasser Arafat a salué vendredi comme « une victoire » pour le peuple palestinien l’avis de la CIJ : « Nous saluons la décision condamnant le mur raciste. Cette décision constitue une victoire pour notre peuple, tous les peuples libres et tous les mouvements de libération dans le monde ».

De même, le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a déclaré : « ce jour est un jour historique et cette décision est une décision historique car elle a été rendue par la plus haute cour internationale ». « Cette cour a dit au monde, à Israël et aux Etats-Unis que ce mur est illégal car il est bâti sur la terre d’autrui, sur une terre occupée », a-t-il jouté.

La portée de l’arrêt de la CIJ n’a pas été mésestimée dans le Monde arabe. La presse arabe s’est félicitée de l’avis de la CIJ, certains l’assimilant à une « gifle » assenée à Israël, mais la plupart craignent que cet avis ne reste lettre morte. Ainsi, cet avis de la CIJ « représente une gifle pour l’entité sioniste », titre le quotidien AL-BAYAN des Emirats arabes unis, qui se félicite du fait que cet avis « a redonné confiance à bon nombre d’Arabes qui ont atteint le stade du désespoir en raison de la politique hypocrite envers Israël adoptée par plusieurs puissances mondiales, en particulier les Etats-Unis ». Son confrère saoudien AL-WATAN souligne de son côté que « l’avis de la CIJ a été considéré par les Palestiniens comme une grande victoire », mais, déplore-t-il, « il risque de n’être que de l’encre sur du papier, à l’instar de dizaines d’autres résolutions internationales dont a fait fi l’Etat hébreu ». « Les résolutions adoptées par la CIJ sont appliquées à la lettre sur les pays impuissants. Lorsque ces pays montrent le moindre signe de rébellion, les Etats-Unis tempêtent, enragent et mobilisent les potentialités mondiales et régionales pour appliquer ces résolutions (par la force). Mais lorsque ces résolutions ne versent pas dans l’intérêt de l’Etat hébreu, elles n’ont aucune valeur », relève encore pertinemment AL-WATAN.

« Certes, il s’agit d’une grande gifle à Israël assenée par la plus haute instance juridique internationale », renchérit le quotidien AL-RAYA du Qatar en soulignant qu’ « Israël est un Etat hors-la-loi qui mérite d’être isolé et auquel il faut imposer des sanctions s’il continue de défier la volonté internationale ». Et le journal d’imputer aux Etats-Unis « la responsabilité morale et politique » de faire appliquer la décision de la CIJ.

AL-CHARQ, du Qatar, considère l’avis de la CIJ comme « une victoire du peuple palestinien opprimé (...) en raison de l’hypocrisie politique des Etats-Unis ». Le journal souligne « l’importance d’une action arabe et islamique et des pays épris de justice (...) pour embarrasser l’administration du président (George W.) Bush qui, sans doute, recourra comme d’habitude au veto pour désamorcer n’importe quelle résolution qui ne plaît pas à Israël ». Le quotidien AL-KHALEEJ, des Emirats arabes unis, relève lui aussi que l’avis de la CIJ est « une grande victoire juridique, morale et politique pour le peuple palestinien ». « C’est une nouvelle arme que les Arabes pourront utiliser sur les instances internationales pour dénoncer la politique israélo-américaine », admet encore le journal. « C’est pourquoi il n’était pas étrange que les Etats-Unis, qui s’opposaient en fait à l’examen du cas par la CIJ, proclament leur rejet de l’avis, le jugeant "inadéquat" », déplore le journal.

RADIO-DAMAS se « félicite de la décision de la Cour de Justice Internationale sur l’illégitimité de la clôture de séparation, précisant qu’elle a révélé l’isolement d’Israël et la partialité américaine en faveur de l’agresseur (…) Cette décision est une victoire de la loi internationale et de la justice humaine, qu’Israël a défié à plusieurs reprises ». La Radio ba’athiste, qui s’en prend à Israël et aux Etats-Unis qui ont lancé des critiques contre cette décision, se demande à qui se recourir si la cour Internationale n’est pas le lieu convenable pour se décider de cette question épineuse qui menace la présence des Palestiniens ? Nos camarades ba’athistes appellent, enfin, la communauté internationale, dont en particulier le conseil de sécurité, à appliquer la décision de la Cour pour prouver qu’il oeuvre pour la victoire des causes justes, et l’administration américaine à dissuader l’agressivité israélienne pour parvenir à l’établissement de la sécurité et de la stabilité dans la région.

Des commentaires lucides, qui révèlent le fossé séparant le monde arabe des projets américains dans la région.

La portée de cet avis de la CIJ va beaucoup plus loin que son objet et aura des conséquences à long terme. « La question est de savoir quel est l’impact de cet avis, analyse LE TEMPS (Genève). Juridiquement, l’Etat hébreu ne s’estime pas lié. Politiquement, les Palestiniens vont se servir de cette décision pour dénoncer la construction du mur sur leur sol et, au-delà, pour isoler diplomatiquement l’Etat hébreu. En 1971, l’avis lui aussi non contraignant de la CIJ sur l’occupation par l’Afrique du Sud de la Namibie avait contribué à isoler le régime d’apartheid. Les Palestiniens et certains pays arabes vont vraisemblablement demander une réunion de l’Assemblée générale de l’ONU et du Conseil de sécurité consacrée au mur. Pour symbolique que soit l’arrêt non contraignant de la CIJ, il place le gouvernement israélien sur la défensive ».

« Enfin, en vertu du droit à l’autodétermination des peuples, la Cour se prononce pour la première fois en faveur de la création d’un Etat palestinien. Formellement, la CIJ n’a rendu qu’un avis consultatif pour éclairer la lanterne de l’Assemblée générale de l’ONU qui l’avait sollicitée », commente Luigi Condorelli, Professeur de droit international pénal ayant plaidé devant la Cour internationale de justice. « En vérité cet avis, par le soin et la force avec lesquels il a été rédigé, ressemble davantage à un jugement, puisque la Cour a même été jusqu’à préciser les principes généraux qui devraient conduire à l’indemnisation des Palestiniens lésés par l’édification du mur. Il est cependant aussi vrai, comme d’ailleurs l’a souligné la CIJ, que la balle est maintenant dans les mains du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU ».

Luigi Condorelli voit aussi dans cet arrêt de la CIJ une condamnation implicite de l’Axe du mal américano-sioniste : « la doctrine d’attaques préventives de l’administration Bush, les distances qu’elle a prises à l’égard du droit international, de même que l’unilatéralisme du gouvernement Sharon dans la construction du mur ont généré une profonde inquiétude à la CIJ, y compris auprès de juges connus pour leur conservatisme. Ils ont décidé de conjuguer leurs voix pour freiner le processus de déliquescence du droit en cours ».

Le mur de sécurité israélien est donc jugé illégal par l’Onu, cette communauté internationale dont on fait si grand cas à Washington lorsqu’il s’agit d’agresser ceux qui refusent l’ordre néocolonial yankee.

Armes de destruction massive, fausse démocratie restrictive, apartheid, refus des Lois internationales : Israël est un véritable Etat-voyou, qui menace ses voisins et méprise la Communauté internationale.

Il est temps de lui appliquer le traitement qui fut celui de son allié sud-africain, cet autre champion de l’Apartheid : le boycott international, la mise au ban des Nations, l’isolement total.

 

Luc MICHEL

(Sources : AFP, Reuters, AP, THE GUARDIAN, LIBERATION, Réseau Voltaire, HAARETZ)

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