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PCN-Infos du 06 juillet 2004

 

TENSION SINO-AMERICAINE,
CRISE COREENNE ET QUESTION TAIWANAISE :
PEKIN SE DRESSE SUR LA ROUTE DE WASHINGTON EN ASIE !

 

Les événements d’Irak et du Proche-Orient ne doivent pas nous faire oublier que la volonté d’hégémonie mondiale de Washington a pour cadre le « grand échiquier » eurasiatique, où l’Asie occupe une place déterminante. Une Asie où les USA entendent contenir la puissance chinoise, faire reculer encore la Russie et mettre au pas leur adversaire déclaré la Corée populaire nationale-communiste.

La question coréenne est l’épicentre de la crise en Asie. Pyongyang rejette en effet l’exigence US d’un démantèlement complet de ses programmes atomiques et les deux Corées prônent un rapprochement sur fond de négociations nucléaires.

Au moment même où Washington tonne contre PyongYang, les deux Corées multiplient les signes de rapprochement à quelques jours de nouveaux pourparlers multilatéraux sur les ambitions nucléaires du Nord, qui semble désireux d’améliorer sa donne dans la perspective de ces discussions. L’habile dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, dont l’intelligence politique est loin de la caricature donnée de lui dans les media occidentaux, a tendu la main à Séoul en appelant à une relance du rapprochement entre son pays et la Corée du Sud à la faveur de la « dynamique favorable actuelle ». « Le Nord et le Sud doivent poursuivre dans la dynamique favorable actuelle et développer largement leurs relations bilatérales ».

L’appel de la Corée du Nord survient alors que se tient à Pékin une troisième session de pourparlers multilatéraux sur les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Jusqu’à présent, la Corée populaire de Kim Jong-Il a exigé légitimement des compensations économiques et des garanties de sécurité avant de renoncer à son programme nucléaire.

Et Pyongyang a face à Washington un allié de taille : Pékin ! « La Chine mettra tout son poids diplomatique pour défendre bec et ongles le régime nord-coréen », analyse LE FIGARO. « La position chinoise a été définie au plus haut niveau : elle a été imposée par les hauts responsables de l’Armée populaire de libération (APL). Les généraux de l’APL sont obsédés par l’idée que la Chine puisse être encerclée par des forces hostiles. Ils ne veulent à aucun prix de troupes américaines sur leurs 700 km de frontières communes avec la Corée du Nord, si le régime de Kim Jong-Il venait à s’écrouler. Ils ont également rappelé que la Corée du Nord était « un vieil ami » de la Chine ».

Pékin et Pyongyang sont en effet liés par un traité d’assistance militaire datant de 1961, qui stipule : « Si la Corée du Nord est attaquée par un pays tiers, la Chine assistera la Corée du Nord par tous les moyens ». Comme le remarque un bon connaisseur de ce dossier, cité par LE FIGARO, « pour les chefs du Parti communiste chinois, les intérêts stratégiques sont toujours passé avant les considérations économiques ». « Les dirigeants de Pékin ont donc tranché : ils feront la sourde oreille aux pressions américaines et protégeront à tout prix le régime de Pyongyang ». C’est dans cet esprit que la Chine, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, s’est toujours opposée à ce que le dossier nord-coréen soit discuté à New York.

Pékin, pour donner un contenu acceptable à la défense de ses intérêts propres, invoque la nécessité de « maintenir la paix et la stabilité » dans la péninsule coréenne. Une politique déjà endossée par les Russes (Pyongyang est à quelques encablures de Vladivostok…) et les Sud-Coréens.

Les Etats-Unis se retrouvent bien isolés dans les discussions sur la question nucléaire nord-coréenne en raison de leur intransigeance face au régime de Pyongyang. Cette intransigeance est considérée comme irréaliste par le Japon et la Corée du Sud, les deux « alliés » américains dans cette partie du monde. Les experts notent que l’inflexibilité de Washington n’est pas partagée par Tokyo et Séoul, qui semblent disposés à soutenir la stratégie de Pékin.

Mais le contentieux sino-américain ne concerne pas seulement la politique internationale ou asiatique mais aussi et surtout une affaire intérieure chinoise : la question de Taiwan, cette province chinoise détachée depuis 1949 par le soutien apporté par Washington au régime réactionnaire de Chiang Kai-Chek.

La question de Taiwan connaît une nouvelle actualité due à deux facteurs : la montée en puissance militaire de la Chine et le soutien affirmé de Bush au gouvernement taiwanais. « Le président américain est son mauvais génie depuis qu’il s’est engagé en 2001 à protéger « par tous les moyens » la démocratie taïwanaise d’une agression chinoise (…) La prochaine visite à Taipeh du général John Allen, responsable de l’Asie-Pacifique au Pentagone, confirme les pires soupçons de la direction pékinoise : il est l’officier américain le plus gradé à se rendre à Taiwan depuis la reconnaissance diplomatique de la Chine par les Etats-Unis, en 1979 », commente LE FIGARO, qui ajoute que « de son côté, le prochain président américain devra tenir compte d’une nouvelle réalité : l’inversion du rapport de forces dans le détroit de Formose. C’est sous son mandat en 2006 ou 2007 d’après les experts que la Chine aura compensé son handicap militaire et technologique avec Taiwan. L’hypothèse d’une attaque chinoise deviendrait alors moins invraisemblable, tout comme celle d’une implication des Etats-Unis dans la défense de l’île. Pour s’éviter d’avoir à tenir parole et à envoyer les boys, Washington a donc tout intérêt à faire monter les enchères ».

Et les USA le font avec la brutalité qui caractérise les faucons néo-conservateurs du gouvernement Bush. Parmi les projets militaires du Pentagone, rien moins qu’un encouragement à Taiwan pour une frappe sur le barrage des Trois-Gorges, orgueil de la Chine, en cas d’attaque chinoise contre l’île !

« Après leurs erreurs de calcul en Irak, les cerveaux du Pentagone viennent-ils de commettre une nouvelle bourde avec la Chine, seule rivale qui les inquiète ? L’idée, mûrie à Washington, que Taiwan pourrait inscrire le barrage géant des Trois-Gorges sur la liste de ses cibles en cas d’agression chinoise, vient en tout cas d’offrir à Pékin le prétexte de tester les plus gros calibres de sa propagande », analyse LE FIGARO. « Le barrage des Trois-Gorges, appelé à devenir le plus puissant ouvrage hydroélectrique de la planète, reste un objet de fierté nationale pour bon nombre des 1.300 millions de Chinois, quoi qu’on en pense en Occident. Le menacer, c’est atteindre toute la Chine (…) C’est précisément la valeur dissuasive d’une attaque contre le barrage qui semble avoir poussé le Pentagone à l’envisager froidement un demi-siècle plus tard, dans un rapport officiellement destiné au Congrès ».

« Brandir des menaces crédibles contre la population urbaine chinoise ou contre des cibles à haute valeur, comme le barrage des Trois-Gorges, dissuadera le recours de la Chine à la coercition militaire », écrivent les Docteur Follamour du Pentagone !

Soulignons en passant que de tels projets, qui rejoignent ceux de Clinton envisageant une frappe préventive contre la Corée populaire en 1996, donnent leur pleine légitimité aux projets de PyongYang visant à se doter de l’Arme nucléaire.

La réplique chinoise à ces projets criminels a été virulente et a pris des accents qui tintent fort agréablement à nos oreilles. Au nom de l’Armée populaire de libération, le général Liu Yuan, fils de l’ancien président Liu Shaoqi, a dénoncé violemment à la une du QUOTIDIEN DE LA JEUNESSE (Pékin) les faucons yankee : « Certains de ceux qui soutiennent la démocratie, agitent la bannière des droits de l’homme et battent le rappel contre le terrorisme ne sont en fait qu’une bande de provocateurs résolus à prendre leur revanche sans égard pour les conséquences. Ce sont des catins déguisées en gentlemen, (des terroristes) bien plus néfastes qu’Oussama Ben Laden ».

 

Luc MICHEL

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