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PCN-Infos du 19 mai 2004

 

LA RESISTANCE BA'ATHISTE
ET LE NATIONALISME PETROLIER :
LE COMBAT POUR LE PETROLE IRAKIEN

 

Si l’on veut comprendre ce qui se passe en Irak, il faut lire attentivement les multiples communiqués, déclarations et manifestes-programmes du Parti Ba’ath clandestin et de la direction du mouvement de résistance ba’athiste « Résistance et Libération ». On y découvre l’annonce des événements, actions et campagnes militaires qui visent l’occupant américano-sionistes, ses supplétifs de l’OTAN et ses Kollabos locaux.

Ainsi, l’annonce de l’intensification des actions destinées à éliminer les dirigeants de la Kollaboration – comme les résistances françaises et belges le faisaient sans état d’âme en 1942-44 - et singulièrement les islamistes chiites liées à Téhéran et les traîtres du « conseil de gouvernement » fantoche aux ordres de Bremer, le gauleiter yankee de Bagdad, faisait l’objet de plusieurs communiqués ba’athistes des dernières semaines.

La « décapitation » - selon la terminologie du Pentagone - du « président » fantoche Abdel Zahra Osmane Mohammad, dit Ezzedine Salim, qui vient d’être exécuté en est la spectaculaire illustration. Notons à ce sujet l’hypocrisie des Américains, de l’ONU et des kollabos arabes de Washington – comme le petit roi de Jordanie formé dans les écoles américaines d’officiers – qui osent dénoncer cet acte légitime de la Résistance mais saluaient, il y a tout juste un an, les opérations menées pour tuer Saddam Hussein.

Et remarquons la désinformation des media occidentaux aux ordres, qui évoquent à ce propos, une fois de plus, le spectre d’Al-Qaida. Comme si la Résistance irakienne, qui envisageait dès juillet 2003, suivant l’exemple palestinien, l’usage de commandos suicide, avait besoin de l’aide des islamistes. « L'Irak est une nouvelle terre de libération nationale, pas de djihad », précise à ce propos Olivier Roy, chercheur au « Centre d'études en relations internationales » (CERI) à Paris, qui minimise l'implication d'Al-Qaida.

Dirigeant d’une des fractions du parti islamiste « Al Dawa » contrôlé par Téhéran, Ezzedine Salim était l’une des figures de proue du « Conseil suprême de la révolution islamique en Irak » (CSRII), dont les milices combattaient l’Armée irakienne aux côtés de l’Armée iranienne lors de la guerre Iran-Irak. Traître parmi les traîtres, il a reçu son légitime châtiment au terme d’une vie honteuse placée au service de l’étranger.

L’autre axe de l’action de la Résistance ba’athiste va être l’intensification des actions pour paralyser la production de pétrole, sur laquelle les stratèges néo-conservateurs comptaient pour financer la guerre et l’occupation de l’Irak.

Un combat que la résistance mène avec succès depuis un an. Et que l’occupant yankee doit aujourd’hui reconnaître comme un de ses échecs majeurs. La direction du Parti Ba’ath clandestin vient à cet effet de publier un important manifeste-programme, intitulé « LE PETROLE IRAKIEN AU COEUR DU BA'ATH ET LA STRATÉGIE DE RÉSISTANCE » (1) et qui précise que « le pétrole irakien accaparé par les Armées d’occupation des USA qui se sont emparé cette richesse, est et sera une cible légitime et permanente dans les plans et les objectifs des actions armées de résistance visant à libérer l'Irak et à défaire les envahisseurs (…) La bataille pour empêcher la prise de contrôle du pétrole irakien est partie intégrante de la bataille de libération de l'Irak ».

« Si George W. Bush a fait la guerre à Saddam Hussein dans le but de mettre la main sur l'or noir irakien, comme certains le croient encore, il a raté son coup. Ses perspectives de réélection sont plombées par la hausse de l'essence à la pompe. Les prix du brut un an après sa "victoire" dans la seconde guerre du Golfe sont au niveau record qu'ils avaient atteint en 1990, à la veille de la première guerre du Golfe. Bush est le principal, sinon le seul, coupable d'une situation que les experts décrivent comme un « choc pétrolier » larvé. Il a fait de tout le Moyen-Orient une zone de guerre », commente LIBERATION (Paris).

Le « nationalisme pétrolier » est un des fondements de l’action ba’athiste. Dès 1946, Michel Aflak, le théoricien du Ba’ath, proposait aux Arabes l’utilisation de l’arme du pétrole pour contrer les manoeuvres sionistes en Palestine. Et au début des Années 70, après avoir nationalisé le pétrole irakien, l’Irak ba’athiste a été le pionnier de l’utilisation de l’embargo comme arme de la Nation arabe face aux sionistes et à leurs complices occidentaux.

« Le 1er juin 1972 était un tournant, un début prometteur et un défi permanent, conçu, lancé et soutenu par le Ba'ath, et par lequel Irak a assuré son développement sur les plans économique et social, ainsi que sa véritable indépendance nationale (…) afin de construire la puissance et la force, qui définissent et protègent l'identité nationale et arabe du pétrole irakien », rappelle la direction du Parti Ba’ath clandestin dans son manifeste-programme sur le Pétrole. 

Après avoir nié les succès ba’athistes, les Américains et leurs alliés fantoches reconnaissent aujourd’hui, pour la première fois, qu’ils sont aussi en train de perdre la bataille du Pétrole.

Le « ministre irakien » fantoche du Pétrole, Ibrahim Bahr al-Ouloum, s’est alarmé ce 19 mai 2004, dans une interview à l’AFP, de la poursuite des opérations de sabotage des installations pétrolières. « Deux oléoducs ont été sabotés mardi, le premier à Fahhama (à la sortie nord de Bagdad) et le second dans la région d'Amara (sud) (…) Les sabotages des principaux oléoducs du pays commencent à prendre l'allure d'opérations organisées et à affecter les exportations, les approvisionnements du marché intérieur et à menacer la vie des employés du secteur pétrolier ».

Bahr al-Ouloum n'a pas précisé l'impact de ces sabotages sur l'activité pétrolière, mais a appelé les Irakiens, notamment les chefs de tribus, à « coopérer avec le ministère pour protéger les installations pétrolières du pays, qui sont la propriété de tous les Irakiens ». Oubliant que la privatisation du Pétrole, qui vise à mettre à néant l’action du Ba’athisme pour l’indépendance de l’Irak, est une des nombreuses traîtrises commises par son « conseil » fantoche. Il a ajouté que son département « s'efforçait de son côté à renforcer les mesures de sécurité autour des oléoducs et autres installations pétrolières du pays ».

Le « ministre » fantoche a tenu ces propos après l'annonce par un responsable pétrolier de Bassorah de la reprise des exportations, à la suite du sabotage d'un oléoduc du sud qui les avait réduites de moitié, après que l'oléoduc ait été saboté le 9 mai à 40 km au sud de Bassorah.

La Résistance ba’athiste est bien décidée à franchir un nouveau stade dans la bataille du Pétrole. Elle annonce que son action va maintenant viser le personnel des compagnies et installations pétrolières : « tous ceux qui collaborent avec l'occupant, comme les employés, les négociants, intermédiaires, qu’ils soient des Irakiens, des Arabes ou des non-Arabes, seront visé sans aucune hésitation. Il n'y aura aucun autre avertissement, et ceux qui se sentent concernés doivent reconsidérer leur position. Les employés, les techniciens et ingénieurs sur les emplacements d'extraction et le long des itinéraires de transport, dans les stations pétrolières et les bureaux du secteur pétrolier, doivent abandonner leur travail ».

Le but principal de la guerre américano-sioniste contre l’Irak, dont le contrôle du Pétrole n’est qu’un des éléments, était de frapper à mort l’Idéologie révolutionnaire arabe (2), celle du Ba’ath irakien et syrien principalement. Et de lui substituer une idéologie moyen-orientale, base du projet du « Grand Moyen-Orient », destiné à assurer la domination de Washington et Tel-Aviv sur la Région.

Mais les stratèges néo-conservateurs et leurs alliés de la droite sioniste ont vendu la peau de l’ours ba’athiste avant de l’avoir tué. Leur échec dans la bataille du Pétrole joue un rôle déterminant dans l’échec américano-sioniste en Irak. « Le pétrole irakien sera un facteur actif menant à l'échec le projet impérialiste des USA en Irak et dans la région », précise le Parti Ba’ath irakien. Qui inscrit son combat dans la lutte globale des peuples du monde pour leur liberté.

Car pour les stratèges du Ba’ath, comme pour les militants Communautaristes européens du PCN, le combat planétaire pour la Cause des Peuples est un et indivisible. Et à Bagdad ou à Falloujah se forge aussi notre indépendance future.

 

Luc MICHEL

 

Notes :
(1) Le Manifeste-programme du Parti Ba'ath arabe socialiste d'Irak, LE PETROLE IRAKIEN AU COEUR DU BA'ATH ET LA STRATÉGIE DE RÉSISTANCE sur le site des Comités Irak de Base
(2) Luc MICHEL, THE US-ISRAELI WAR AGAINST ARAB NATIONALISM, sur Al Jazeerah, 31 octobre 2003.

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