PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 23 mars 2004

 

LA LUTTE POUR LA LIBERATION NATIONALE
ET SOCIALE DE L'EUROPE
EST AUSSI UNE GUERRE CIVILE QUI S'ANNONCE
ENTRE UNE CLASSE POLITIQUE DE KOLLABOS
ET DES MASSES POPULAIRES
OU EMERGENT ANTI-AMERICANISME
ET CONSCIENCE EUROPEENNE

 

Au lendemain des attaques du « 11 Septembre », nous analysions (1) – seuls et au milieu des huées ou des sarcasmes – que celles-ci représentaient, quels que soient leurs instigateurs – un tournant dans la lutte qui oppose l’Axe américano-sioniste aux peuples du monde. Nous affirmions que Washington et son complice de Tel-Aviv se retrouveraient très vite seuls, isolés, dans leurs menées pour l’hégémonie mondiale.

A l’aube du XXIe siècle, les peuples du monde sont en effet plus que jamais confrontés à une menace globale : la volonté des Etats-Unis d’imposer partout leur hégémonie politique et militaire, ainsi que celle du système économique dont ils sont le centre et le moteur, le capitalisme libéral. L’Amérique fait la guerre aux peuples du monde. Une guerre impitoyable et totale menée depuis la fin du XIXème Siècle pour imposer partout l’hégémonie yankee au nom d’une « destinée manifeste » autoproclamée qui ferait des USA le nouveau « peuple élu ». Sous couvert de « Nouvel Ordre Mondial », de « Globalisation », de « Nouveau siècle américain » ou encore de « grand Moyen-Orient », Washington entend réduire à néant la liberté et l’indépendance des peuples.

 

L’ISOLEMENT CROISSANT DE L’AXE AMERICANO-SIONISTE

L’isolement croissant de l’Axe américano-sioniste confirme notre analyse et nous donne raison.

La nouvelle enquête menée par le « Pew Research Center », un institut d’étude lié à l’establishment yankee et dirigé par Madeleine Albright (2), véritable baromètre de l’anti-américanisme 2004, éclaire crûment cet isolement. Le ressentiment envers les Etats-Unis reste très ancré dans le monde arabe et musulman – échec définitif des prétentions yankee à y imposer leur vision politique sous couvert du projet néo-colonialiste du « Grand Moyen-Orient - et un nombre croissant d'Européens souhaitent un divorce diplomatique et militaire avec Washington, indique cette étude américaine portant sur neuf pays et rendue publique ce 23 mars. Comme l’analyse le « Quotidien Voltaire », ceci « montre à la fois que les États-Unis ne font plus vraiment peur et qu'ils n'inspirent plus l'admiration. Les sondés sont de plus en plus sceptiques quant aux explications fournies sur la menace terroriste depuis le 11 septembre. Ils pensent que les guerres entreprises par Washington ne sont pas sincèrement dirigées contre le terrorisme, mais visent à dominer le monde et à contrôler les ressources pétrolières. Ils estiment que Bush et Blair ont menti à propos de l'Irak et que les Etats-Unis ne sont plus dignes de confiance ».

 

L’ECHEC DES POLITIQUES YANKEE

Cette enquête expose également l’échec total et irréversible des différentes politiques américaines pour imposer leur domination mondiale. « Deux écoles s'affrontent aujourd'hui pour déterminer la politique étrangère des États-Unis. Pour l'administration Bush, Washington doit assumer sa fonction impériale et ne pas hésiter à faire usage de la force pour mettre de l'ordre dans le monde et prévenir l'émergence d'un compétiteur. Au contraire, pour les démocrates, Washington doit exercer un leadership souple en s'appuyant sur la coopération de ses partenaires. Dans le premier cas, les Etats-Unis doivent être craints, dans le second, ils doivent être admirés », écrit encore le « Quotidien Voltaire ».

 

LE COUP D’ARRET DE LA RESISTANCE BA’ATHISTE IRAKIENNE

"Il existe toujours une hostilité considérable envers les Etats-Unis dans les pays musulmans étudiés (…) Même si le sentiment de haine a diminué, la colère envers les Etats-Unis demeure omniprésente dans les pays musulmans étudiés (…) la "guerre contre le terrorisme" est perçue par une majorité comme une opération américaine visant à contrôler le pétrole du Moyen-Orient et à dominer le monde", souligne notamment l'enquête.

Dans un éditorial de « Al-Ba’ath al Iraqi » (3) (4), j’expliquais récemment que la Résistance ba’athiste, en portant un coup d’arrêt aux visées néo-colonialistes yankee au Moyen-Orient, dont l’Irak est la première étape, représentait l’obstacle principal à la politique américano-sioniste. L’enquête du « Pew Research Center » le confirme : "Des majorités écrasantes en Jordanie et au Maroc estiment que les attentats suicide contre les Américains et d'autres Occidentaux en Irak sont légitimes. A titre de comparaison, une proportion à peine supérieure de personnes dans ces deux pays disent la même chose à propos des attentats suicide palestiniens contre les Israéliens."

 

C’EST EN EUROPE QUE L’IMPERIALISME YANKEE SERA DETRUIT

Mais le cauchemar qui hante les stratèges de l’Axe américano-sioniste n’est pas centré au Moyen-Orient, mais bien en Europe même. Car c’est en Europe et en Europe uniquement que l’impérialisme yankee pourra être définitivement écrasé et détruit.

La seule Europe occidentale détient en effet aujourd'hui, comme il y trois décennies, des moyens de puissances cinquante fois supérieurs à la «tricontinentale » (Asie/Afrique/Amérique latine). L'erreur commise hier à Cuba, à Alger ou à Hanoi, a été de n'avoir voulu introduire la révolution que dans les pays pauvres, de ne pas avoir vu qu'il fallait introduire l'action révolutionnaire dans la colonie la plus riche des Etats-Unis, l'Europe. Le dogmatisme qui inspirait hier les capitales anti-américaines au nom d'une solution idéale les a conduit à l'immobilisme. La puissance industrielle américaine, renforcée de la puissance industrielle européenne, fait de celle-ci la super-puissance mondiale. C'est cette alliance des deux industries mondiales les plus avancées qui a contraint l’URSS, économiquement asphyxiée, à la capitulation complète, économique et militaire. L'URSS est aujourd'hui disparue, battue à plat de couture sur le terrain de l'économie pure par le néo-capitalisme américain renforcé de sa colonie européenne.

La victoire finale contre les USA ne pourra donc être remportée qu’en expulsant les Américains d’Europe. Le rôle de l'Europe dans la lutte contre les Etats-Unis est donc indispensable. Pour déséquilibrer le colosse américain, il faut lui faire perdre son terrain d'action européen. Au nom de la géopolitique, de la géostratégie et de la géoéconomie, indissolublement liées. Le sort final de la superpuissance yankee se jouera en Europe.

Selon les théoriciens américains eux-mêmes, et notamment Zbigniew Brezenski, « L'Europe est donc la tête de pont géostratégique fondamentale de l'Amérique. Pour l'Amérique, les enjeux géostratégiques sur le continent eurasien sont énormes. L' Alliance atlantique lui permet d'exercer une influence politique et d'avoir un poids militaire directement sur le continent. Les nations européennes alliées dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité. Si les liens transatlantiques se distendaient, c'en serait finit de la primauté de l'Amérique en Eurasie ».

 

LA PERTE DE CONTROLE DE L’EUROPE EST EN MARCHE :

« IL EXISTE UN SOUTIEN CONSIDERABLE EN FAVEUR D'UNE UNION EUROPEENNE QUI DEVIENDRAIT AUSSI PUISSANTE QUE LES ETATS-UNIS »

La perte de contrôle de l’Europe, qui se caractérise par deux phénomènes émergents et convergents, la montée de l’anti-américanisme dans les masses et la naissance de la Conscience européenne dans certaines élites, est en marche.

L'hostilité aux États-Unis a progressé pendant la première année de l'occupation de l'Irak. En France et en Allemagne, les deux pays qui se sont le plus opposés à la guerre, 37 et 38 % respectivement de la population ont encore une bonne image des États-Unis, contre 43 et 45 % l'année dernière et contre 63 et 61% en 2002. Même en Grande-Bretagne, l'image des États-Unis a pris un coup, chutant à 58 % contre 70 et 75 % en 2003 et 2002.

"Les doutes sont nombreux quant aux motivations de la guerre menée par les Etats-Unis contre le terrorisme et un pourcentage croissant d'Européens réclament une politique étrangère et une politique de sécurité distinctes de celles des Etats-Unis", résument encore les auteurs de l'étude du « Pew Research Center ».

"Il existe un soutien considérable en faveur d'une Union européenne qui deviendrait aussi puissante que les Etats-Unis", ajoutent-ils !!!

 

LA POLITIQUE YANKEE EST DISCREDITEE

Dans l’opinion publique européenne, la politique des Bush, Blair, Aznar et autres Leznek est discréditée. Dans presque tous les pays étudiés, européens compris, à l'exception des Etats-Unis, on estime que la guerre en Irak a nui à la guerre contre le terrorisme au lieu de la servir.

"Des majorités en Allemagne, en Turquie et en France - et la moitié des Britanniques et des Russes - estiment que le conflit en Irak a miné la guerre contre le terrorisme."

Les personnes interrogées sont également une majorité à penser que George Bush et Tony Blair ont menti sur les armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein. Ce chiffre tombe à trois personnes sur dix aux Etats-Unis, à quatre sur dix en Grande-Bretagne. Bush et Blair sont également perçus négativement dans tous les pays étudiés à l'exception du leur.

 

LES RELATIONS ENTRE LES ETATS-UNIS ET L'EUROPE
ONT ATTEINT UN "POINT DE CRISE" INQUIETANT

Les relations entre les Etats-Unis et l'Europe ont atteint avec le conflit en Irak un "point de crise" inquiétant, selon un autre rapport publié par le « Council on Foreign Relations » (5) : "La relation transatlantique est soumise à des tensions plus fortes aujourd'hui qu'à aucun moment de la génération écoulée au moins", estime ce rapport ()dirigé par l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger et l'ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers et parrainé par le « Council on Foreign Relations » (CFR) de New York, un des principaux centres officieux de la politique mondiale américaine.

"De nombreux Européens estiment que les Etats-Unis ont des intentions pernicieuses. De nombreux Américains n'apprécient pas le comportement de l'Europe et rejettent la perception européenne des menaces actuelles (…) La guerre en Irak a porté ces tensions à un point de crise", estime-t-ils.

Bien que ce rapport soit préparé de longue date, sa publication survient alors que les relations transatlantiques connaissent de nouvelles crispations après les élections espagnoles qui ont vu la défaite du parti du Premier ministre sortant José Maria Aznar, l'un des principaux alliés des Etats-Unis en Irak, au profit des socialistes qui pourraient retirer les forces espagnoles de ce pays.

Le rapport explique les tensions autour de la guerre en Irak notamment par le fait que "la France et l'Allemagne ont organisé la résistance envers les Etats-Unis au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, au côté de la Russie, historiquement le principal adversaire de l'Otan". Pour sa part l'administration du président George W. Bush a joué à diviser le camp européen en "cherchant à séparer ces pays des autres membres de l'Alliance (atlantique) et de de l'Union européenne".

 

VERS LA GUERRE CIVILE

Notre « Communautarisme européen » est une idéologie d’Avant-garde, celle de la Révolution européenne. Nous avons souvent eu raison bien avant que l’actualité ne confirme nos thèses. Dès le début des Années 60, nous dénoncions le « parti américain » en Europe, celui des Kollabos de Washington, constitué par une classe politique qui s’est vendue à l’impérialisme yankee pour préserver sa position politico-économique dominante. En ce sens, la lutte pour la libération nationale et sociale de l’Europe est aussi une guerre civile – aujourd’hui encore larvée - entre une classe politique compradore et des masses populaires en voie de conscientisation.

Paul-Marie de La Gorce est un écrivain et journaliste français travaillant sur les questions du Moyen-Orient et les questions stratégiques internationales. Dans une tribune publiée par le quotidien de Dubaï « Gulf News », il confirme notre analyse et annonce les combats à venir : « Le choc produit par les attentats de Madrid a mis en lumière le dilemme de l'Europe face à la guerre menée par les Etats-Unis. Aussitôt que les responsables des attentats ont été connus, la réponse immédiate de la population espagnole a été une hostilité massive à la guerre d'Irak et à la décision de José-Maria Aznar de la soutenir. La défaite d'Aznar est la défaite de tous ceux qui ont directement ou indirectement soutenu la guerre. Cela a eu pour effet marquant la décision du gouvernement espagnol de retirer ses troupes après le 30 juin, précisément au moment où les Etats-Unis veulent renforcer les contingents de toutes nationalités dans le pays. La crise de l'an dernier rappelle la politique d'indépendance de De Gaulle en France, mais à l'époque, aucun pays européen ne l'avait suivi. Dans le cas irakien, Gerhard Schröder et Vladimir Poutine se sont joints à la France et aujourd'hui c'est le tour de l'Espagne. Les partisans de la ligne américaine n'ont pas dit leur dernier mot (. ..) Les Etats-Unis conservent donc un grand poids sur les politiques des pays européens. On ne sait pas encore comment la politique européenne va évoluer ».

« L'Europe va vivre une longue bataille interne avec une classe dirigeante européenne tentée par l'alignement avec les Etats-Unis et une opinion publique hostile » conclut de La Gorce.

Dans « La guerre civile », le grand écrivain Henry de Montherlant évoque le conflit entre les Partisans de l’Empire, regroupé dans le parti populaire de César, et ceux du passé, le parti de l’oligarchie républicaine des partisans de Pompée. Une guerre civile d’où a émergé l’Empire romain. Montherlant écrit notamment : « Je suis la guerre civile. Je suis la bonne guerre, celle où l’on sait pourquoi l’on tue et qui l’on tue (…) je régénère et je retrempe un peuple. Il y a des peuples qui ont disparu dans une guerre nationale ; il n’y en a pas qui ait disparu dans une guerre civile. Je réveille les plus démunis des hommes de leur vie hébétée et moutonnière, leur pensée endormie. Je réveille sur un point, ensuite je réveille sur tous les autres comme un feu qui avance » ....

Les Communautaristes européens, partisans de l’Empire d’Europe, ne sont pas de ceux qu’effraye le combat décisif qui s’annonce.

Luc MICHEL

 

NOTES & RENVOIS :

(1) Cfr. Luc MICHEL, « RÉFORMISME OU RÉVOLUTION : QUEL ANTI-AMÉRICANISME APRÈS LES ATTAQUES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK ? » 
& « APRES LES ATTAQUES ANTI-IMPERIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK : QUE PENSER ? QUE CROIRE ? QUE FAIRE ? »

(2) L'enquête a été conduite du 19 février au 3 mars derniers sous la direction de Princeton Survey Research Associates International. Elle s'est faite par le biais d'entretiens téléphoniques auprès d'échantillons représentatifs de 1.000 adultes (âgés de 18 ans ou plus) aux Etats-Unis, de 500 adultes en Grande-Bretagne, 504 en France et 500 en Allemagne. Des entretiens directs ont été effectués auprès d'échantillons de 1.000 adultes en Jordanie, 1.002 en Russie et 1.017 en Turquie. L'échantillon au Maroc était exclusivement urbain, et celui du Pakistan majoritairement urbain.
Pour un échantillon de 1.000 personnes, la marge d'erreur est de plus ou moins 3,5 points de pourcentage. Elle s'élève à plus ou moins cinq points pour un échantillon de 500 adultes.
Cette étude, menée avec rigueur, est dirigée par l'ancienne secrétaire d'État Madeleine K. Albright, assistée d'un conseil de vingt-sept personnalités allant de Leslie H. Gelb (président du Council on Foreign Relations) à Henry Kissinger, en passant par les directeurs d'AOL-Time-Warner et de l'International Herald Tribune ou les directeurs de Greenpeace (!!!) et de Human Rights Watch, les ONG au service de Washington.

(3) Luc MICHEL : « L’AGRESSION AMERICANO-SIONISTE EST UNE GUERRE IDEOLOGIQUE CONTRE LE NATIONALISME ARABE : APRES BAGDAD, DAMAS ET TRIPOLI SONT EN LIGNE DE MIRE ! », 7 oct. 2003.

(4) Version anglaise publiée sur « Al-Jazeerah », Luc MICHEL, « THE US-ISRAELI WAR AGAINST ARAB NATIONALISM », October 31’ 2003 :

(5) Parmi les signataires figurent le sénateur italien Giuliano Amato, le directeur de l'Institut français des relations internationales (IFRI) Thierry de Montbrial, l'ancien vice-secrétaire au Trésor Stuart Eizenstat, le journaliste allemand Josef Joffe (Die Zeit), l'ancien ambassadeur américain à Paris Felix Rohatyn ou encore le conseiller des anciens présidents Gerald Ford et George Bush, Brent Scowcroft.

(6) Paul-Marie de La Gorce, “EUROPEANS ARE FACING A LONG INTERNAL BATTLE”, Special to Gulf News, 21-03-2004.

En voici la version originale complète : 

“The resounding sense of shock left by the attack on Madrid has brought into focus the tragic dilemma confronting Europe with regards to the war that the United States is currently waging. 
This war affects all of European countries. As soon as the perpetrators of the attack had been clearly identified, the Spanish people's immediate response was one of massive hostility towards last year's US-led war against Iraq and Spanish Prime Minister José Maria Aznar's decision to back it. 
His defeat is the defeat of all those who openly or discreetly supported the US in this war; a defeat of the "American camp" as it is today with its innumerable partisans in all European countries. This was evident from the decision that was immediately taken by the new government, to remove Spanish forces from Iraq by June 30, whilst the American government is at this precise moment looking to reinforce contingents from all nationalities. 
Thus, the Madrid attack has placed at the forefront of the international arena the choices that face Europe, with regards to the US. 
The distant antecedent of last year's crisis was the French policy led by the General de Gaulle, once he had brought to an end all hindrance caused by the war in Algeria: his break with the policy that had been followed since the beginning of the Cold War; condemnation of the system of blocks and alliances and reversion to independence; search for an agreement with Eastern Bloc countries; refusal of all subordination to the US; fight against all hegemony to the point of opposing American options, whether for the Vietnam War or the Middle Eastern crisis.
But the fact remains that this French policy was not followed by any of the other European countries.
The Arab-Israeli conflict had to considerably worsen for them to take up the position of which France had long been the lone defender. 
On the contrary, last year's crisis took on another dimension. This time, German Chancellor Gerhard Schröder, aware of the hostility of the German public to the proposed war on the eve of legislative elections, categorically stood against it. 
Vladimir Putin, though predisposed to maintaining close relations with the US, particularly in order to avoid any external intervention in favour of the Chechen rebellion, also opposed the war, thereby taking the first step towards a "multi-polar world". 
Thus, Germany and Russia joined France, which from the beginning had said that the United Nations inspections in Iraq should have been extended or reinforced, but that nothing justified waging a war.
Hence, a European opposition to the American war was established. A year later, Spain has just joined it. But, the supporters of the American line have not disarmed, to say the least. 
Britain, which will always remain close to Washington even if Tony Blair loses the next elections, managed last year to mobilise the Central and Eastern European states. These states had recently joined the European Union, EU. More states will join shortly, and they too will make the same choice. They will then be the majority within the EU. 
And, when Turkey – a close strategic partner of Israel under the auspices of the US - joins the club, it will weigh heavily on Europe's position with regards to the Middle East. As of now, the influence of American diplomacy over the EU's choices is in play because of the countries that are most receptive to its suggestions. 
Consequently, the European Commission in Brussels has had the terms of an economic partnership with Syria accepted. But this could collapse, now that a number of European governments have asked that a new condition be added, as suggested by the US. This concerns the elimination of any "weapons of mass destruction" that Syria might have, even though the matter has never been part of the terms of an economic partnership with Europe.
How will Europe's future evolve between partisans and adversaries of alignment with the US? The motives of the Eastern and Central European countries might be judged archaic, for they cite, in order to justify their position, the menace that might one day be posed by a Soviet Union that no longer exists. But their position will only change in the long-term. 
In Italy, Silvio Berlusconi, like Aznar, might lose the next elections. But, it is not certain that successive Italian leaders would alter a policy, which dates basically from the period following World War II.
In Germany, the possible victory of the Christian-Democrats could bring German policy closer to that of America, but they would also have to take into account the deep tide of German public opinion, which has massively supported Schröder in his stand against the war. Europeans are facing a long internal battle. Alignment with the US remains the overriding temptation for the political and ruling classes. But public opinion, by a very great majority, is hostile towards it. 
If this strong public sentiment can find a political and social structure through which to express itself, as happened in France and as has just been demonstrated in Spain, its strength can only increase.”

 *****

ABONNEZ-VOUS A LA CAUSE DES PEUPLES !
La Tribune libre du combat contre l'impérialisme et l'exploitation !
- La Cause Des Peuples -

 

Retour à l'accueil