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PCN-Infos du 10 mars 2004

 

ELECTIONS REGIONALES :
NOUVELLE MASCARADE ELECTORALE EN VUE
PAS UNE VOIE POUR LES COLLABOS DU SYSTEME !
ABSTENTION REVOLUTIONNAIRE !

 

Les élections régionales auront donc lieu les 21 et 28 mars prochains. On s’apprête à redonner une nouvelle fois le grand spectacle électoral. Les média aux ordres chauffent le spectateur-« citoyen » à grands coups d’annonces, de débats, de shows mettant en scène les stars de la « politique »-spectacle. Sans oublier le fond obligé et forcément sulfureux des petites affaires et des grands scandales. On fait le « tour des régions » et les candidats battent le pavé, arpentent les marchés, flattent leurs électeurs. La scénographie est bien rodée, le spectacle bien orchestré, les rôles bien distribués, et chacun de jouer complaisamment celui qui lui est assigné.

« La faute à l’immigration », « la croissance revient », « dans la majorité, pas dans le parti unique », « le gouvernement tue l’emploi », « de plus en plus d’exclus », « les profits doivent être taxés »… On entonne les mêmes antiennes éculées. On souffle tour à tour le chaud et le froid : constats d’évidence, déclarations d’intention, panacées spécieuses, promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite, sur toutes les touches du piano obscène du Système, La musique ne change pas, pas même le rythme, et tout ce beau monde joue à l’unisson.

« Politique »-spectacle ! Panem, electiones ! « Démocratie » du simulacre !

 

Le renforcement inéluctable du parti abstentionniste

Comme nous le soulignions suite aux présidentielles de 2002 (1), précédente échéance électorale, si un parti se trouve renforcé, élections après élections, c’est bien celui des abstentionnistes : si l’on additionne aux électeurs faisant la démarche de se rendre aux urnes pour y déposer un bulletin blanc ou nul, ceux qui ne se déplacent même pas ou ne sont tout bonnement pas inscrits sur les listes électorales, auxquels il faut bien ajouter encore les votes purement « protestataires » — en faveur de l’extrême droite ou de l’extrême gauche —, c’est près d’un électeur potentiel sur deux qui manifeste son refus du Système !

Le phénomène abstentionniste a pris une telle ampleur qu’on serait fondé à attendre que, se renforçant encore, il finisse par ébranler l’assurance conformiste qui continue largement d’entourer la légitimité des scrutins. Car, en définitive, la question s’impose avec le tranchant de l’évidence : comment une « démocratie » peut-elle bien continuer de se soutenir, lorsque l’abstention massive la contredit dans son principe même (2) ?

Et, en la matière, la tentative de culpabilisation des non-votants par les chiens de garde du Système a tout lieu de paraître dérisoire : comment en effet être dupes des pseudo-analyses prétendant fustiger l’abaissement du sens civique, lors même que c’est le Système lui-même qui use de stratagèmes spectaculaires ne cessant d’injurier le discernement critique, sans lequel il ne saurait y avoir de véritable exercice de la citoyenneté ?

Loin de révéler un quelconque affaiblissement du sens civique, le phénomène abstentionniste est, comme souvent lorsqu’il s’agit d’un aussi large sentiment populaire, frappé du sceau du bon sens : si l’électeur se détourne de la chose électorale, c’est d’abord parce qu’il refuse d’être le jouet des faux-semblants spectaculaire produits par les illusionnistes médiatico-politiques attachés à leurs prébendes. C’est aussi et surtout parce que se fait jour la conscience selon laquelle il n’y a plus rien à attendre des urnes, lorsque la vie publique a laissé d’être régie par le politique, lequel s’est aliéné aux places boursières et aux marchés (3). Là est, à n’en pas douter, le sens véritable du phénomène abstentionniste : à mesure que les systèmes politiques des nations se dévoient en « démocraties »-marchés, bafouant de la sorte le principe de souveraineté populaire et de souveraineté nationale, alors inéluctablement croît le désintérêt pour la chose électorale, et ce fort légitimement.

Si besoin est de s’en convaincre, il suffit de porter le regard, au-delà de nos « vieilles démocraties » dont le dévoiement économiste néolibéral est consommé de longue date, vers les anciens pays de l’aire soviétique : l’intérêt un temps suscité par le pseudo-pluralisme politique entraîné par leur conversion au modèle « démocratique » occidental a rapidement fait place au désenchantement abstentionniste. La « démocratie » instaurée, ces peuples ont vite compris qu’elle n’était que spectacle destiné à servir de cache-sexe à la dictature des marchés. Ainsi, en Pologne par exemple, l’abstention a-t-elle dépassé 50 % aux élections législatives de 2001. Et parmi ceux qui votent, le choix protestataire monte sans cesse.

 

Le véritable enjeu des élections régionales

Dans cette perspective, s’il est des élections qui constituent une véritable négation du politique, au sens noble et premier le définissant par sa finalité — organiser le peuple afin de lui assurer le plus grand bien-être social possible —, ce sont bien les élections régionales. Celles-ci commandent donc, peut-être plus qu’aucunes autres, à tous ceux qui se soucient de libération sociale et militent afin qu’elle devienne effective, de faire sans hésiter le choix abstentionniste.

Car, voter aux élections régionales, c’est s’associer à la logique des fédéralistes de la contre-Europe néolibérale, à cette construction « européenne » scélérate qui ne consiste en rien d’autre qu’en la soumission absolue du politique au système décadent des marchés. Le principe d’organisation de cette contre-Europe suppose en effet que soit court-circuité l’Etat comme pôle de l’exécutif, afin que les régions deviennent l’échelon majeur du pouvoir politique local. A quelle fin ? Tout simplement, de sorte à soumettre le politique aux seuls intérêts de l’économie de marché, les régions privées du bénéfice des fonds publics, puisque constituées en collectivité territoriales dotées d’une large autonomie, se trouvant de ce fait dans l’obligation de rechercher des financements privés.

A cette mainmise, au niveau du local, des intérêts privés sur le politique, laquelle lui interdira, n’en doutons pas, d’œuvrer dans le sens de l’intérêt général et entraînera par conséquent toujours plus de mal-être social, répond, au niveau du global, l’hégémonie des instances de cette contre-Europe bâtie à coup de traités d’inspiration mondialiste et libérale, la Banque Centrale Européenne en tête. Car les régions ou, plus exactement, les futurs pôles régionaux, lesquels seront redessinés sur le modèle des Länder allemands, en viendront à être placés sous leur seule autorité (4). 

Voter aux élections régionales, quel que soit le bulletin déposé dans l’urne, c’est donc faire un peu plus allégeance aux diktats des instances « européennes », aux dogmes néolibéraux et autres « critères de convergence budgétaire », c’est accepter que se poursuive la mise à sac des services publics, des statuts de la fonction publique, des conventions collectives, au nom de la libre concurrence et de la liberté des marchés.

Voter aux élections régionales, c’est accepter que l’Etat continue de transférer vers les régions une part toujours plus importante de ses pouvoirs, en se soustrayant par là même à sa mission essentielle qui est incarner l’intérêt général, c’est donc favoriser l’avènement d’un système néo-féodal, dont les nouveaux barons seront les présidents des exécutifs locaux, lesquels exerceront au nom des entreprises et de leurs actionnaires un pouvoir purement discrétionnaire, laissant la porte ouverte aux pires des népotismes et des clientélismes.

Voilà d’ailleurs, n’en doutons pas, la très prosaïque raison pour laquelle tous les partis électoralistes, qu’elle qu’en soit l’importance, de gauche comme de droite, d’extrême gauche comme d’extrême droite, avec empressement se jettent à corps perdu dans la mascarade électorale, se disputent une part du gâteau et tiennent tant à obtenir leur place dans un exécutif régional.  

 

Collusions diverses, forfaiture généralisée

Ceux qui ne seraient encore convaincus du bien-fondé du choix abstentionniste ne sauraient cependant être frappés d’une telle cécité qu’ils n’aperçoivent pas l’extrême degré de décomposition des partis électoralistes, décomposition éthique autant qu’idéologique. Il leur suffira pour s’en convaincre de considérer les alliances électorales, à géométrie variable d’ailleurs, lesquelles seraient bien souvent contre-nature, si elles ne traduisaient en réalité les étroites complicités qui lient l’ensemble des forces « politiques » en présence : toutes unanimement, de l’extrême-droite « bleue-brune » ultralibérale à l’extrême gauche humano-mondialiste, sont des pions du Système œuvrant à l’aliénation  généralisée des peuples livrés à l’emprise dévastatrice de l’économisme cosmopolite.

Nous avons déjà montré ailleurs les liens étroits et véritables qui unissent les forces situées aux deux extrêmes de l’arc de cercle électoraliste (5) : les pseudo-radicalismes que brandissent parfois les médias du Système tels des épouvantails, pour les mettre complaisamment en scène en d’autres circonstances, ne sont rien d’autre que des produits de la « démocratie » dévoyée, tantôt utilisés comme repoussoirs, tantôt comme faire-valoirs. Rien d’autre ici encore que procédés spectaculaires au service de la même cause. 

Le FN, créature de Mitterrand, le très vichyste « socialiste », ne prône pas autre chose que l’ultralibéralisme économique, et son chauvinisme éculé, relents de poujadisme, n’y change rien. Quant à la prétendue extrême-gauche, la crypto-sectaire LO comme l’alterna-chic LCR, les arcanes du spectacle n’ont plus guère de secret pour elle : la vieille fille compulsive et le facteur verbeux font fort bon ménage — il y en a pour tous les goûts. Il est vrai que les trotskistes ont toujours été experts en forfaitures et trahisons, mais rarement dans leur histoire leur discours virulent n’a dissimulé un aussi désolant conformisme : l’altermondialisme à la mode, dont la LCR tente de faire son fond de commerce n’est rien d’autre qu’un subterfuge de la mondialisation libérale lui permettant de canaliser l’exaspération légitime qu’elle engendre. Faux-semblants, doubles discours, complicités inavouées, spectacle toujours et encore !

Quant à l’ex-« gauche plurielle », elle joue une fois de plus des alliances de pure circonstance avec le plus grand cynisme. Comment pourrait-on encore être dupé par sa dominante rose pâle qui, au pouvoir, a avec tant d’application et de constance trahi les aspirations populaires à plus de justice sociale, pour se mettre au service des intérêts financiers ? Quel crédit apporter à ses forces d’appoint qui dans certaines régions présentent des candidats autonomes, alors que dans d’autres, la majorité, elles font listes communes ? De tels renoncements n’ont certes pas grand-chose qui puisse étonner concernant les « Verts » dont l’idéologie est un désert et qui ne sont guère liés que par les affects néobabas qu’ils partagent. En ce qui concerne le P«C»F en revanche, il faut bien prendre acte du fait qu’on peut décidément aller très loin dans le reniement des idéaux qu’on a historiquement incarné !

Le Système suscite donc toutes les compromissions ; il produit un affaissement idéologique total. Totalitaire, aussi.

Son intérêt vital est bien sûr de continuer à faire accroire en la légitimité des clivages. Or, compte tenu de sa force de nivellement, les oppositions se trouvent renvoyées dos à dos, des alliances en principe contre-nature se nouent, les collusions deviennent la norme, jusqu’au point où l’ensemble des partis électoralistes, tous unanimement, se font les collabos du Système.

Le seul véritable clivage qui conserve tout son sens est alors celui entre les partisans du Système et ceux qui œuvrent à le renverser : de ceux-là nous sommes — résolument !

 

Aussi, nous, militants Communautaristes européens du PCN-NCP,

- proclamons avec la plus grande force notre refus de la contre-Europe néolibérale des Länder et notre combat pour l’Europe unitaire et communautaire, socialiste, de Reykjavik à Vladivostok et du Québec au Sahara,

- affirmons qu’aujourd’hui la participation aux élections Régionales revient à accepter le contre-modèle de cette « Europe »-là, soumise à l’économisme cosmopolite et impliquant l’aliénation sociale du Peuple européen,

- le PCN prônant la libération sociale de l’Europe, laquelle ne peut advenir que sous la condition de sa libération nationale, nous dénonçons l’ensemble des partis électoralistes en présence à l’occasion de ces Régionales, de même qu’en toute circonstance électorale, comme unanimement complices du Système mondialiste-libéral et, par là, comme les ennemis du Peuple européen et de sa grande Patrie continentale unitaire.

En conséquence, nous appelons, les 21 et 28 mars prochains, à une abstention révolutionnaire massive.

Les 21 et 28 mars, pas une voie pour les collabos du Système !

Abstention révolutionnaire !

 

Alain AVELLO

 

NOTES :

(1) Voir le PCN-Infos du 7 mai 2002 : « Les leçons de l’élection présidentielle française : les dynasties bourgeoises contre le peuple », et plus particulièrement « Sixième leçon : le bloc des ennemis du Système croît sans cesse ».

(2) C’est bien là le sens de l’inquiétude que manifeste en première page « Le Monde » du mercredi 10 mars 2004 : « Régionales : le spectre de l’abstention ».

(3) Voir, par exemple : Alain Garrigou, « Derrière la façade démocratique, l’abstention gagne les classes moyennes » (« Le Monde diplomatique », avril 2002).

(4) Le 28 janvier dernier, le Conseil des ministres, en application des directives de la contre-Europe néolibérale, a décidé que les vingt-deux régions, qui devraient fusionner en huit « super-régions », deviennent les « échelons majeurs de l'organisation de l'Etat ». Logement, santé, éducation, formation professionnelle, routes, transports, action sociale qui relevaient jusque là de la responsabilité de l'Etat sont donc voués à devenir de la responsabilités des collectivités territoriales.

(5) Voir le PCN-Infos du 18 juin 2001 : « "Trotsko-fascisme" ou manipulations du Système ? ».

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