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PCN-Infos du 10 février 2004

 

CRISE EN FRANCE : 
MEDIAMENSONGES ET SOCIETE DU SPECTACLE

 

Depuis des mois, les media du Système nous servent des affaires qui occupent le débat public et détournent notre attention de l’essentiel. Le spectacle en lieu et place de l’actualité, de la vie - la vraie -, des préoccupations des familles populaires, de leurs difficultés quotidiennes, de leurs souffrances.

Après la vraie-fausse affaire du voile assortie d’ une vraie-fausse réponse concernant l’enjeu du respect républicain de la Laïcité de l’Ecole et des institutions publiques, nous avons eu le droit à l’affaire de la condamnation de Juppé avec son concert indécent d’indignations frelatées, pour des raisons différentes bien sûr à droite et à gauche.

Nous avons assisté aux défilés des politicards plus préoccupés par l’atteinte à leurs privilèges que par le respect de la Loi. Une loi, ironie du sort, votée par ceux-là mêmes qui sont aujourd’hui condamnés. Cela pourrait être une farce, mais elle n'est pas drôle.

Pendant que les mediamensonges se concentrent complaisamment sur les déclarations des uns et les démonstrations des autres, les attaques du gouvernement Chirac-Raffarin continuent sans faiblir. Que ce soit le Code du travail, la Sécurité sociale, les droits sociaux et les services publics, tout y passe, morceaux après morceaux.

 

LA LOI DE « MOBILISATION POUR L'EMPLOI »
OU LA LOI DE LA JUNGLE CAPITALISTE

Dans son discours du nouvel an Chirac avait mis l’accent sur sa volonté de s’attaquer à l’emploi avec le projet de loi de « mobilisation pour l'emploi » : « J’ai demandé au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin d’ouvrir, dès le début de l’année, les concertations avec les partenaires sociaux en vue de voter par le Parlement une grande loi de mobilisation pour l’emploi ».

Vœux pieux s’il en est ! La désindustrialisation de la France ne cesse de s’accélérer, plus vite que partout ailleurs en Europe. Et les pertes d’emplois ne sont plus compensées par les créations dans le tertiaire. Les délocalisations vers les pays à bas salaires, les plans sociaux et les liquidations vont se poursuivre.

Et la faute ne revient pas seulement à la « conjoncture économique internationale » (lisez la mondialisation capitaliste) mais à la nature même du capitalisme français d’aujourd’hui, qui est devenu avant tout un capitalisme financier, certainement le plus performant d’Europe. La marchandise issue du travail cède le pas à la spéculation boursière et à la rente. En effet, près de la moitié des sociétés cotées au CAC 40 sont aux mains des fonds de pensions anglo-américains.

Et avec le capitalisme financier, dont le MEDEF et son baron-président sont les représentants en France, le retour sur investissement exigé par les actionnaires, entre 15 à 20 % minimum, n’est plus déterminé par les résultats réels de la production des entreprises mais uniquement par la cotation en Bourse. Le résultat sur l’emploi est direct lorsque l’on sait qu’alors les coûts salariaux sont les « seules variables d’ajustement ».

C’est dans cette direction que se concentre donc toutes les attaques du gouvernement Chirac-Raffarin. La Finance demande d’avoir les mains totalement libres et dans tous les domaines. Ils veulent donc casser le Code du travail, la Sécurité sociale, les services publics et tous les droits sociaux chèrement conquis depuis 1945.

 

Le Code du Travail est dans la ligne de mire

La première cible des attaques est donc le Code du Travail. C’est ainsi que le rapport « Pour un droit du travail plus efficace », de Michel de Virville (directeur des ressources humaines chez Renault qui vient d’être condamnée pour non-respect de la législation du travail en abusant des contrats d’intérim) a été présenté le 15 janvier dernier au Ministre François Fillon.

Ce rapport pointe les « rigidités du marché du travail » (sic) et fait des propositions pour « fluidifier » (resic) le rapport contractuel entre l’entreprise et les salariés. Sous la pression du MEDEF et de la bureaucratie de la Commission Européenne de Bruxelles, la bourgeoisie aux affaires veut introduire dans le Code du travail la notion de « contrat de mission » ou « contrat de projet ». C’est en fait un Super-CDD, la précarité institutionnalisée poussée au maximum.

Et Michel de Virville explique que pour réussir cet objectif, tout cela devrait déboucher sur « une véritable décentralisation du droit du travail » afin de respecter « le droit boursier ». Rien que cela !

Ce « contrat de mission » transforme radicalement la nature juridique du contrat de travail. Il n’y a plus de salaire mais une rémunération qui s’apparente en final à un contrat commercial classique, à la manière des travailleurs « indépendants ».

Et on peut alors craindre qu’un tel système de rémunération forfaitaire, lié au caractère commercial du contrat, conduise à l’intégration dans la rémunération d’une part complémentaire, à charge pour le contractant (comprendre le « salarié » nouvelle formule) de s’assurer individuellement auprès des organismes de protection sociale de son choix.

Terminé les Conventions collectives, la Sécurité sociale solidaire, chèrement acquises par les luttes syndicales et politiques. C’est le retour à l’individualisation du contrat. C’est le retour au XIXe siècle ! Une marche arrière de plus de 100 ans !

Le Code du travail, dès sa création, a pour fonction de protéger les travailleurs, par des droits inscrits dans ce code, de l’arbitraire patronal et de l’exploitation capitaliste. Vu que le salarié est avec son employeur en situation de subordination économique, donc d’infériorité sociale, le Code du travail comme les Conventions collectives ont pour rôle de contrebalancer cette situation.

Défendre le Code du travail, défendre les conventions collectives, c’est défendre nos droits face à la jungle capitaliste, faite de précarité généralisée, cette insécurité sociale dans laquelle ils veulent nous faire plonger pour le plus grand bonheur des boursicoteurs, pour les profits de quelques gros actionnaires et des fonds de pensions américains.

 

NI GAUCHE, NI DROITE !
POUR L'UNITE POPULAIRE !

Dans ce combat qu’il faut mener, faut-il alors profiter des prochaines élections régionales pour donner un coup d’arrêt à la politique du gouvernement Chirac-Raffarin en votant pour les représentants de l’ex-gauche plurielle qui reviennent à la charge comme des charognards qu’ils sont sur les classes populaires ?

Certainement pas ! Aujourd’hui, dans l’opposition, ils claironnent qu’ils sont contre les préconisations du rapport Virville sur la réforme du droit du travail. Mais nous nous souvenons très bien que c’est sous l’ex-gauche plurielle que les attaques contre le Code du travail, les Conventions collectives, les services publics et les droits sociaux ont commencé. Les 35 heures qui ont permis des négociations « décentralisées » instaurant la flexibilité ; l’Accord de Barcelone signé sous le gouvernement Jospin qui ouvrait la voie à la casse du régime des retraites; le début du démantèlement des entreprises publiques comme par exemple la SCNF sous le Ministre « communiste » (sic) Gayssot. Etc…  La liste serait trop longue.

La « mobilisation pour l’emploi » du gouvernement Chirac-Raffarin n’est que la continuation de la loi de « modernisation sociale » du gouvernement Chirac-Jospin. Et c’est cette même ex-gauche plurielle qui en appelant à voter Chirac aux dernières élections présidentielles a permis à la droite d’obtenir une écrasante majorité à l’Assemblée lui laissant ainsi les mains totalement libres pour de faire aujourd’hui ce qu’elle veut au rythme du pas de course. (voir notre analyse de la dernière élection présidentielle)

La solution n’est pas dans le cirque électoral. Droite ou gauche, c’est le même combat contre les travailleurs !

La tâche des opposants au Système est de regrouper les militants qui se situent sur le terrain de la lutte pour en finir avec le capitalisme. Et c’est dans l’action de résistance que se forge l’unité du combat populaire. C’est tout le combat du PCN. Et les militants Communautaristes européens y travaillent plus que jamais jour après jour dans les quartiers, dans les entreprises et dans les milieux politiques.

Nous déclarerons que l’espoir est de retour, qu’il faut faire fi des oppositions et erreurs du passé, que le programme de Libération nationale et sociale du Parti Communautaire National-européen, le PCN, est la synthèse tant attendue pour un renouveau révolutionnaire en France et en Europe.

Rejoignez-nous !

 

Fabrice BEAUR,
avec la participation de l’ « Action Syndicale Communautaire » du PCN (ASC-PCN).

 

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