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PCN-Infos du 02 décembre 2003

 

LE « GRAND DEBAT » SUR L'ECOLE
L'ALIBI DE LA
« SOCIETE CIVILE »

 

Du 17 novembre 2003 au 17 janvier 2004, sont prévus 15 000 débats dans les établissements scolaires dans le cadre du « grand débat » sur l’Ecole. Tout est parfaitement orchestré. Un site « forum » est ouvert sur Internet. Une synthèse sera ensuite présentée en mars 2004 sous la forme d’un « diagnostic partagé ». Celle-ci sera de nouveau en « discussion » sur le terrain avant l’été. A l’automne, le gouvernement doit élaborer le projet de loi d’orientation qui serait discuté et voté par le Parlement début 2005.

Comme pour toutes les précédentes réformes-destructions, le « grand débat » sur l’Ecole relève de ces dispositifs spectaculaires mis en place par un exécutif qui a fini d’incarner l’intérêt général. Il s’agit, sur fond de décalage consommé entre les desseins des « élites » et les droits et aspirations du peuple, d’un subterfuge auquel les dites élites ont de plus en plus recours : maintenir par l’organisation d’un « débat-citoyen » un semblant de démocratie, afin de présenter la « synthèse » de cette « consultation » comme légitimation d’un projet, en réalité écrit d’avance. Ainsi, la « société civile », cette abstraction-alibi, est-elle convoquée à s’exprimer et « débattre », dans le cadre d’une « consultation » forcément verrouillée tant en ses protocoles qu’en ses thématiques imposées.

Pour preuve, dans les 22 questions « proposées » pour débattre (sic !), nous avons la question n° 19 qui sous l’intitulé : « Faut-il donner davantage d’autonomie aux établissements… ? » veut nous faire croire qu’il y aurait débat sur ce point, alors que Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, rappelait récemment que « l’autonomie des établissements est la clé de la réforme » (Libération du 05 novembre 2003).

S’associer au « grand débat » sur l’Ecole n’engage pourtant que les dupes, lesquels croiront trouver en la circonstance occasion de faire entendre leur voix ! A moins que ceux qu’on préfèrerait simplement tenir pour dupes n’aient au fond abdiqué tout sens critique et ne fassent servilement allégeance aux intérêts patronaux que ce gouvernement, en matière de politique éducative comme en toute autre, s’emploie si résolument à porter. Car l’on ne saurait s’y tromper : le sort qui sera fait à notre système d’instruction publique par la prochaine loi d’orientation de 2005, loi à laquelle la présente « consultation » fournira son aval, servira ceux qui ont intérêt à ce que se poursuivent le désengagement de l’Etat et la marchandisation corrélative de l’Ecole.

Pour nous, qui ne sommes ni complices ni dupes, le débat en question, en ses formes comme en la fonction qui lui est assignée, constitue un véritable déni de démocratie : on prétend en appeler à la « société civile », concept flou s’il en est, en lieu et place de la communauté et de la représentation politique nationales. Sous le prétexte de rapprocher les pôles de décision des citoyens, sous couvert, en un mot, de « démocratie participative », on oblitère du débat lui-même toute préoccupation d’intérêt général. Pis, un véritable pouvoir discrétionnaire se trouve de la sorte conféré aux groupes de pression patronaux déterminant la « consultation » dans le sens de leurs intérêts propres. De nombreux chefs d’entreprises sont d’ailleurs pressentis pour animer les réunions relatives à ce « débat ». Ce sera alors sur le mode de la plus absolue démagogie que l’alibi de la « société civile » pourra être utilisé, au plus grand bénéfice de l’oligarchie financière.

L’Ecole n’est qu’un secteur des attaques qui visent tous les pans de la vie sociale. Le transfert des compétences de l’Etat, contenu dans la loi « relative aux responsabilités locales » qui vient d’être votée en première lecture par le Sénat, ce dimanche 16 novembre, au petit matin…, désengage celui-ci de tout ce qui constituait jusque-là le ciment de la République. Les hôpitaux, les routes, etc… tout doit être décentralisé pour satisfaire aux directives ultra-libérales de la Commission « européenne » (sic) de Bruxelles.

Le combat pour la défense de l’Ecole publique fait partie intégrante de la lutte générale contre la régionalisation en cours, véritable instrument de la privatisation des services publics plus nécessaires que jamais dans notre société ouverte, offerte à la jungle de la mondialisation capitaliste.

Les militants communautaristes européens du PCN et de l’ASC sont bien décidés de ne pas laisser le petit train-train du ministre Luc Ferry suivre son chemin propagandiste. Transformons cette mascarade de « grand débat » sur l’Ecole en tribunes d’accusations ! Les intermittents nous ont montré la voie : poursuivre partout les représentants de ce gouvernement et élargir la lutte à tous les secteurs.

 

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A VISITER :
Les pages de l'Action Sociale Communautaire : Voir

 

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