PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 28 octobre 2003

 

CONTRE L'OFFENSIVE LIBERALE CONTRE L'ETAT ET LA SOLIDARITE SOCIALE !
POUR UN FRONT UNI DES MASSES POPULAIRES
CONTRE L'EXPLOITATION ET L'EGOISME CAPITALISTE !

 

Notre combat implique deux conditions incontournables : l'organisation transnationale du combat et la jonction des questions sociale et nationale, aujourd'hui divisées par les deux ailes dites « extrêmes » du Système. Alors viendra une nouvelle vague du mécontentement, celle, révolutionnaire, radicalement anti-Système, qui balayera l'ordre ancien.

La libération sociale et la libération nationale sont en effet indissociables. Parce que l’ennemi américain que nous combattons représente lui-même un système global, où l’impérialisme politico-militaire appuie la domination économique et l’exploitation sociale. La lutte contre l’impérialisme est aussi le combat contre le capitalisme libéral, qu’il incarne et qu’il impose. « American way of life » et « liberté du commerce » sont eux aussi indissociables

Nous abordons donc dans cet éditorial les questions sociales qui pèsent lourdement sur la vie quotidienne de nos concitoyens qui vivent en France.

 

LA DESTRUCTION DE L’ETAT, DES SERVICES PUBLICS
ET DE LA SOLIDARITE SOCIALE

Après la forte canicule de cet été qui a démontré que notre société sans but et sans projet a également perdu tout sens communautaire au profit de la marchandisation de la vie humaine, la rentrée sociale n'a pas été, du moins pour le moment, aussi « torride » que certains l'annonçaient. Elle est, en revanche, beaucoup plus noire.

Avec la crise économique mondiale, les « restructurations » s’accélèrent avec leurs cortèges de plans sociaux qui tombent chaque semaines.

Et c’est dans ce contexte que le gouvernement Chirac-Raffarin a décidé de porter des coups tous azimuts et de façon acharnée dans le cadre de sa politique de régression sociale sans précédent.

Abordons ensemble les axes majeurs de l’offensive gouvernementale. Nous ne prétendons pas tout aborder vu qu’il ne se passe pas une semaine, voir un jour, sans qu’une question petite ou grande soit abordée par ce gouvernement pour une remise en cause incessante.

1° Les retraites.

La loi Fillon allongeant la durée de cotisation à 40 ans pour tous, puis à 41 années à l'horizon 2012 et enfin à 42 ans ou plus en 2020, a été votée fin juillet 2003 et cela sans négociation (contre 66 % de l'opinion) qui a vu des millions de manifestants dans les rues.

Le résultat, c’est la baisse des pensions de 78 % du salaire en moyenne à 66 %.

Mais le dossier n’est pas clos. L’application de la loi est très étalée et donnera autant d’occasions de remise en cause encore plus radicales. Déjà Alain Madelin réclame une « vraie réforme » avec la retraite « à la carte », sans âge de départ. L’alternative libérale dans toute son injustice : fond de pensions ou travail à vie !

La destruction de notre système de retraite ne fait que commencer.

2° La casse du service public. 

Nous assistons actuellement à la finalisation de la politique de privatisation par tranches menée par tous les gouvernements – droite et gauche confondue – depuis des années.

Trahissant l’héritage gaulliste, Raffarin stigmatise, en effet, « le modèle français des entreprises publiques hérité de la guerre et de la Libération » et prône « l’ouverture à la concurrence (...), une condition de la modernisation, et donc de la pérennité du secteur public ».

Avec EDF et GDF, Francis Mer, le Ministre des Finances, enclenche le processus de privatisation en demandant aux présidents des deux sociétés nationales de présenter « un projet industriel ambitieux et cohérent comportant un volet social mobilisateur » (sic).

Et pourquoi faire ? Pour mettre EDF-GDF dans le rouge, comme France Télécom ?

Avec France Télécom, la privatisation va encore un peu plus loin avec l’avant-projet de loi qui vise à modifier les « conditions d'attribution des missions de service universel des télécommunications ». Concrètement, le projet veut séparer les secteurs rentables à privatiser (la téléphonie mobile) de ceux qui ne sont pas jugés comme tels qui resteront à charge (l'équipement des zones rurales).

Mais à côté des multiplications des annonces de privatisation, ce gouvernement manœuvre pour sauver Alstom avec des fonds publics. Ils injectent de l'argent contre leurs principes libéraux. Ils nationalisent les pertes, après avoir privatisé les profits.

3° Austérité budgétaire à tous les niveaux

Le gouvernement ne remplacera qu'un fonctionnaire sur deux alors que les besoins (et le chômage) sont immenses ! A commencer par les hôpitaux et maisons de retraite mais aussi les écoles, collèges, lycées.

4° Démantèlement des services de l'Etat par la décentralisation

Le gouvernement Chirac-Raffarin a planifié des mesures dites « de décentralisation », mais qui sont autant de transferts d'impôts vers les localités. Il s'agit du démantèlement de l'Etat républicain central dans ses grandes fonctions sociales pour favoriser son éclatement et donc sa marchandisation.

5° Privatisation de la sécu

Partisan de la privatisation de la sécurité sociale, le gouvernement Chirac-Raffarin essaie de brouiller les cartes. D’un côté on entend encore une fois la communication du « bon père de famille » Raffarin sur le report de toute réforme pour 2004-2005 afin d’ « engager le dialogue » (sic) pour « négocier ». Mais dans le même temps, on entend les seconds couteaux de la majorité gouvernementale proclamer l'urgence de la situation avec comme conséquence concrète des mesures qui anticipent sur toute négociation.

En fait, le gouvernement entreprend de mettre en oeuvre sa politique de privatisation sans attendre et sans concertation. Il ira jusqu'au bout, si la mobilisation ne l'en empêche pas : « la meilleure fenêtre de tir » étant selon Alain Madelin, compagnon de parti de Raffarin, entre 2004 et 2006, années "blanches" du point de vue électoral.

6° Libéralisme et Santé

Les conséquences de la « maîtrise comptable des dépenses de santé » (mise en place par Kouchner qui fut Ministre de la santé avant de devenir le premier Gauleiter du Kosovo occupé par l’OTAN) se traduisent par la suppression de lits (- 30 %), des budgets comprimés et le manque chronique d'effectifs dans les hôpitaux.

Avec les morts innombrables de la Canicule, Nous n’avons pas assisté cet été à un « retard » de l’alerte administrative. Nous avons assisté à l’expression pratique de la pensée politique de la bourgeoisie qui gouverne notre pays : moins de santé publique avec le désengagement de l’Etat au profit du privé. On passe du souci de la santé publique à la pure logique du profit. La santé comme marchandise. La vie humaine comme simple marché.

7° Chômage

Le 20 décembre 2002, un accord Unedic est signé par le Medef et la CFDT, la CGC, la CFTC. Et cela au mépris du fait que la majorité des syndicats refusèrent de le signer.

L'Unedic avait estimé à environ 180.000 personnes le nombre de ceux qui seraient concernés. Elle a refait ses calculs depuis (sic) et annoncé que 613.000 à 850.000 chômeurs vont voir leurs droits diminuer ou disparaître dès le premier janvier 2004.

Pour tous ceux et celles qui vont ainsi se voir spolier, il ne restait que les minima sociaux inférieurs au seuil de pauvreté tels que l'ASS (400 euros) ou le RMI (356 euros hors forfait logement ). Et Fillon vient justement de s'y attaquer pour les supprimer.

Au ministère des Affaires sociales, ont met l'accent pour justifier la réforme sur la « concentration des moyens » sur les « instruments » d'une politique qui vise à « permettre un retour le plus rapide possible à l'emploi ».

Sauf qu’avec les plans sociaux et les faillites en cascade, nous arrivons à près de 2,5 millions de chômeurs pour fin 2003. Et les patrons cyniques peuvent continuer à se lâcher impunément puisque les aides aux entreprises sont toujours données sans contrepartie ni contrôle. Métaleurop ou Flodor ne changent en rien l’attitude du gouvernement au-delà des petites phrases d’indignation pour la pure forme « communicative » de la gouvernance du Sieur Raffarin.

Coup de vache en sus, Chirac et Raffarin-Fillon ont, en plein été, en douce, par décret, fait ce que le baron Seilliére leur réclamait depuis des mois : le plafond des indemnités des salariés licenciés est diminué de moitié.

8° Le RMI remplacé par RMA

C'est la même volonté d'appauvrir et de précariser qui préside à la loi sur le RMA. Il s'agit de faire travailler, hors des règles du droit du travail et en dessous du Smic, les bénéficiaires. Lors de l’examen parlementaire, il a été proposé de donner « plus de souplesse » au RMA, en permettant de « moduler la durée du travail en fonction des capacités de la personne et de son projet professionnel ».

En fait, il s'agit d'une brèche considérable dans le droit du travail en instaurant un contrat dérogatoire aux droits élémentaires de tout salarié. Du hors la loi sur mesure pour les patrons capitalistes.

9° Suppression d'un jour férié

Comme l'ancienne vignette auto « Ramadier », ils veulent nous refaire le coup du geste collectif .... pour le troisième âge, avec la suppression d'un jour férié. Balladur lui souhaite que le gouvernement Chirac-Raffarin aille plus loin en supprimant deux jours.

Les vieux en profiteraient-ils ? Les crédits prévus pour l'APA (l’aide personnalisé pour la prise en charge des personnes âgées) ont été baissés, preuve que tout cela n'est que mensonge et manipulation.  Seules les maisons de retraite privées – véritable mouroir à 1 infirmière pour 80 lits – en seront les bénéficiaires.

Le véritable objectif du gouvernement est ailleurs en réalité. Car la suppression d'un jour férié (vraisemblablement le lundi de Pentecôte) permettra la renégociation des 35 heures, dont le calcul annuel sera à refaire. En effet, les 1.600 heures prenaient en compte 11 jours fériés et la plupart des entreprises ont annualisé le temps de travail en intégrant dans leur calcul 11 jours fériés. Les calculs à refaire les négociations sont à recommencer. C’est donc la porte est ouverte pour une remise en cause des 35 heures.

10° Remise en cause des 35 h

Si les 35 heures ont permis de casser via les accords d’entreprises pas mal de conventions collectives avec son cortège de flexibilité et de stagnation, voir de régression du pouvoir d’achat, la remise en cause de ces 35 heures va encore plus déréguler la durée du travail et cela sans gains de salaires.

Le gouvernement Chirac-Raffarin envisage par exemple d'inclure la « formation » dans le cadre du temps du travail, mais hors de la durée légale, ce qui rallongerait certaines semaines de 35 à 37 h. Et ce n’est qu’une moyenne !

Il y aurait beaucoup de chose à dire sur ce sujet. Nous y reviendrons d’ailleurs prochainement dans un dossier de l’Action Syndicale Communautaire (ASC-PCN).

11° Déréglementation et temps partiel encouragés

Ces drôles de partisans du « moins d'Etat » font verser par l'Etat des… compléments de salaires aux salaires trop bas payés par les entreprises. Avec le fruit des impôts : ce sont des salariés qui payent ces « compléments »… à des salariés… à la place de l'employeur qui, ainsi, n'a pas à augmenter les salaires.

12° Détruire l'inspection du travail

Une autre proposition de loi est également sur la table visant à casser littéralement l'inspection du travail en la contraignant à « garantir le bon fonctionnement de l'entreprise », en la réduisant aux questions d'hygiène et de sécurité, en supprimant tout son rôle dans le contrôle du bon fonctionnement des relations sociales dans l'entreprise, en enlevant toute indépendance aux agents de contrôle - alors que celle-ci est pourtant garantie par des accords internationaux de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

13° Répression syndicale

Emprisonnement de syndicalistes pour faits de grève (dans la Manche ou dans le Nord). Mais délinquance patronale jamais sanctionnée voir amnistiée. Justice de classe !

14° Hausse massive des tarifs publics dans les transports au-delà de l’inflation

Mais on nous dit pourtant depuis des décennies que la mobilité, c’est la liberté. Plus pour tout le monde !

15° Hausse de 4% du prix du gaz

Pourquoi alors que GDF se situe dans une période de très bons résultats pour GDF ? Pour préparer la mise en bourse de GDF que le Gouvernement voudrait mettre en œuvre en 2004. Doper les résultats immédiats de Gaz de France pour le profit des futurs actionnaires privés.

16° La baisse du taux du livret A

Avec la réduction de 3 % à 2,25 % de la rémunération du Livret A, qui frappe 46 millions de bénéficiaires, on assiste encore une fois à la mise en pratique de la politique bourgeoise du maximum de profits pour les spéculateurs, et du minimum de profit pour les petits épargnants.

Le gouvernement a choisi de gager le coût des avantages fiscaux consentis aux plus aisés avec l'argent des plus modestes. Et cela sans retombées sur les loyers et la construction de  nouveaux logements sociaux, raisons d’être originelle du Livret A.

17° Aide aux étudiants

Une baisse de près de 37 % de l’allocation d'aide au logement a été annulée au dernier moment de peur de voir des centaines de milliers de jeunes dans la rue rejoindre le mouvement de grogne populaire plus général.

Mais ce n’est que partie remise car le projet d'autonomie des universités est une véritable marche forcée vers la décentralisation de l'Education Nationale. A partir de là, c’est la porte ouverte à la privatisation rampante donc à la suppression de toute forme d’aide au profit de crédits d’études des banques privées. Des dettes avant même de travailler !

18° Hypocrisie totale en matière de baisse d'impôts

Chirac-Raffarin baissent les seuls impôts justes, ceux, directs et progressifs, qui existent sur le revenu, mais ils haussent toutes les autres taxes injustes, indirectes et proportionnelles : dans les régions, les départements, sur le pétrole, le tabac, etc.

Les crédits d'impôt abondants pour les entreprises, le report illimité de leurs déficits fiscaux, l'exonération des plus-values pendant dix ans, l'abattement des droits de succession, tout va dans le sens des profits et actionnaires et coûte cher aux caisses de l'état au détriment des services publics, des chômeurs, des aides à l'emploi.

« Les Français paieront globalement plus d'impôts et de taxes diverses en 2004 qu'en 2003, en raison de la forte hausse des prélèvements locaux et indirects, supérieure à la baisse de la fiscalité annoncée jeudi 25 septembre par le gouvernement dans son projet de budget 2004 ».

(…) Ainsi les impôts locaux (taxe d'habitation, professionnelle, foncière sur les propriétés bâties et foncière sur les propriétés non bâties), qui ont augmenté de 1,2 milliard d'euros en 2003, selon le groupe bancaire Dexia, spécialiste des finances locales, devraient encore augmenter en 2004, dans des proportions comparables, sinon supérieures (…) Pour les automobilistes, le projet de budget 2004 prévoit une hausse de 2,5 centimes par litre de la taxe sur le gazole (+ 3 centimes à la pompe avec la TVA), pour un montant d'environ 800 millions d'euros (…) Ces taxes nouvelles pour les particuliers s'élèvent donc à 4,1 milliards d'euros au moins, soit presque le double des allègements consentis par le gouvernement. Des chiffres qui recoupent en partie ceux avancés par Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 24 septembre. Selon l'hebdomadaire, le total des baisses d'impôts concernant les particuliers et les entreprises devait s'élever en 2004 à 3,05 milliards d'euros, tandis que les hausses devaient atteindre 6,60 milliards » (Lemonde.fr avec AFP, jeudi 25 septembre 2003).

 

REPONDRE A L’OFFENSIVE DE LA BOURGEOISIE !

Face à l’offensive sans précédent de la bourgeoisie, on entend trop souvent ses relais nous dire qu’ « il ne sert à rien de lutter » et qu’il faut « négocier ». C’est un refrain que les exploiteurs ont toujours chanté aux exploités. Rien n’est plus faux : si aujourd’hui, dans les principaux pays capitalistes, les ouvriers ne font plus des journées de seize heures comme c’était le cas au début du XIXe siècle, s’ils disposent pour encore quelque temps d’une couverture sociale minimale et d’une pension de retraite (de plus en plus maigre, il est vrai), c’est parce que les générations ouvrières qui nous ont précédé ont mené le combat.

La première constatation qu’il faut souligner à propos des luttes qui se sont déroulées au printemps, c’est que la classe ouvrière n’a pas disparu ! Non, ses luttes n’appartiennent pas à un passé révolu.

Deuxième constatation : face à l’aggravation de la crise économique et aux attaques de la bourgeoisie, les classes populaires vont être de plus en plus contraintes de se battre pour défendre leurs conditions de vie.

Troisième constatation : ce n’est qu’en reprenant le chemin de la lutte (encore plus massive et la plus unitaire possible) que les classes populaires pourront reprendre confiance en elles-mêmes, et dans le combat pour une autre politique.

Et pour développer son combat, les classes populaires ne pourront pas faire l’économie de l’affrontement avec les fers de lance de la bourgeoisie que sont les bureaucraties syndicales et les fausses alternatives extrémistes de droite comme de gauche, véritables chiens de garde du Système. Mais de cela nous en reparlerons dans un prochain message.

*****

ABONNEZ-VOUS AU QUOTIDIEN DU PCN !
LE QUOTIDIEN DU PCN, notre publication en ligne, a réalisé une édition spéciale (n° 781 - 30 octobre 2003) consacrée uniquement à l'offensive ultra-libérale contre les Services publics et à l'échec du Système capitaliste qui engendre pauvreté et inégalités.
Pour la recevoir gratuitement sur votre maile : lequotidiendupcn@yahoo.fr 

 

Retour à l'accueil