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PCN-Infos du 01 juillet 2003

 

L'ARMEE D'OCCUPATION YANKEE S'ENLISE EN IRAK :
LA GUERILLA BA'ATHISTE A L'OFFENSIVE

 

Depuis la « fin officielle de la guerre » (sic) autoproclamée par Bush, le 1er mai, les attaques de type guérilla et les actes de sabotage sont devenus monnaie courante en Irak, où des soldats américains et britanniques meurent chaque jour.

 

VENDRE LA PEAU DE L’OURS BA’ATHISTE AVANT DE L’AVOIR TUE …

Bush a vendu la peau de l’ours ba’athiste avant de l’avoir tué. Le Pentagone est aujourd’hui obligé de reconnaître  que « la guerre n’est pas encore (resic) terminée ».

La Guérilla ba’athiste est organisée dans le mouvement « Résistance et Libération de l’Irak », aussi connu à Bagdad, dans la presse clandestine ba’athiste, comme le « Parti du Retour ».

Le gauleiter yankee à Bagdad, Paul Bremer, devait avouer hier qu’il était incapable d’empêcher « des résidus du régime baasiste de se promener dans les bazars, les villages et les villes (d'Irak) et de dire : Saddam reviendra et nous reviendrons, donc ne coopérez pas avec la coalition ».

Cette résistance ne frappe en effet pas seulement les soudards des forces d’occupation occidentales, mais aussi les Kollabos irakiens, particulièrement ceux qui se font les complices des tentatives américaines d’organiser une administration fantoche ou de piller le pétrole.

 

UN ANTIAMERICANISME MOBILISATEUR

Le but de ces attaques est de creuser le fossé entre occupés et occupants, première étape de toute stratégie de guérilla. Elle vise aussi à unifier les différentes composantes de la société irakienne dans un antiaméricanisme mobilisateur. L’idéologie ba’athiste a en effet toujours refusé les séparatismes ethniques ou religieux et est la fondatrice du patriotisme irakien. Les morts et blessés accroissent les tensions entre Américains et Irakiens de tous bords.

Le cas de Bagdad est révélateur. Si jusqu'à la semaine dernière, les incidents anti-américains survenaient surtout dans les quartiers sunnites du Nord et de l'Ouest de Bagdad, ils s'étendent depuis cette semaine dans les quartiers du Sud de la ville, en majorité chiite.

Dans l’Irak tout entier, les attaques de la Résistance sont quotidiennes.

Les saboteurs ont également mis la capitale à rude épreuve en attaquant la centrale électrique et les oléoducs alimentant Bagdad, contrecarrant les efforts de la coalition pour rétablir des services de base comme l'eau et l'électricité, alors que les températures atteignent les 47 degrés Celsius.

 

LES PERTES YANKEE SONT SOUS-ESTIMEES

Selon les sources officielles anglo-américaines, depuis la fin des principaux combats le 1er mai, au moins 63 soldats américains sont morts en Irak. En outre, 42 soldats britanniques ont trouvé la mort dans le conflit.

Comme dans toute la propagande occidentale dans ce conflit, ces chiffres sont évidemment largement sous-estimés. De nombreuses attaques sont camouflées en « accidents ».

La résistance ba’athiste a notamment abattu plusieurs hélicoptères et un avion F16 la semaine précédente, lors d’une contre-offensive yankee contre la guérilla. Le site russe « IRAQ.RU », proche de la communauté russe du renseignement, estime les pertes occidentales à 5 à 10 fois plus importantes que celles reconnues par le Pentagone.

 

HOLLYWOOD S’EN VA EN GUERRE

L’infantilisme d’Hollywood a définitivement contaminé la propagande du Pentagone. L’US Army lance donc de « Vaste opération contre la résistance », dont les noms fleurent bon les « Rambos » de l’ère reaganienne. Après « Frapper la Péninsule » et « scorpion du désert », qui n’a pas fait diminuer les attaques contre les troupes d’occupation, voici l'opération « Crotale du désert », qui a commencé dimanche 29 juin, avec des raids simultanés sur plusieurs sites, et qui sera menée pendant plusieurs jours dans une large région du centre de l'Irak, qui s'étend du Nord de Bagdad à la frontière iranienne. « Les raids ont visé les partisans de l'ancien parti Baas, des terroristes soupçonnés de perpétrer des attaques contre les forces américaines et les chefs de la police, et avaient pour but de trouver des caches d'armes et de munitions », selon un communiqué.

Le but annoncé est d’ « écraser l'insurrection et capturer de hauts responsables de l'ancien régime irakien et enrayer la vague d'attaques contre les militaires » occidentaux. Vaste programme qui révèle la peur et le désarroi yankee, face à un ennemi que l’on disait « vaincu » il y a deux mois.

La presse américaine évoque déjà un « enlisement » qui rappelle « le Vietnam ». Comme là bas jadis, les soudards yankee méconnaissent les fondements de la guerre de Guérilla et croient avec naïveté en leur puissance de feu : « Nous arrivons avec une telle puissance de combat qu'ils ne penseront même pas à nous tirer dessus », expliquait le lieutenant-colonel Mark Young de l’US Army avant le début de l'opération « Crotale du désert ».

 

QUAND L’US ARMY DEMENT WASHINGTON

Si à Washington les responsables américains répètent « qu'il ne reste plus de résistance centralisée en Irak » (sic), sur le terrain, les militaires américains font face à un « effort organisé », disait encore le lieutenant-colonel Mark Young. « Quelque part dans la province de Diala, il se passe quelque chose toutes les nuits », explique le capitaine John Wrann, évoquant le cas de cette province au Nord-Est de Bagdad où se déroulait la majeure partie de l'opération. « C'est forcément quelque chose de coordonné ».  Reuters ajoute que les attaques ont « sophistiquées ».

« Il y a ici des gens, en particulier des nostalgiques de l'ancien régime (...), qui continuent de nous combattre. Nous les capturerons et si nécessaire nous les tuerons jusqu'à ce que nous ayons imposé la loi et l'ordre dans ce pays », avoue le gauleiter Bremer. « Nous continuerons de subir des pertes » ajoute-t-il.

Dans la réalité, les garnisons yankee sont isolées. Les villes ne sont pas sous contrôle. Et malgré les serpents et autres crotales du désert, le chasseur est en fait chassé. La guérilla disposant de ses services de renseignement. Ainsi à Tikrit ce samedi, les soudards yankee ont été assiégés dans leur quartier-général, en plein centre la ville, pris sous le feu d’armes lourdes. Au même moment, des locaux de la police militaire étaient également attaqués dans la ville. Une attaque décrite comme « sophistiquée et organisée ». « Ce ne sont définitivement pas quelques enfants avec des pistolets. C’était bien planifié et bien exécuté. Ils savaient que nous étions dans le bâtiment. Ils avaient fait des reconnaissances », déclarait l’un des assiégés, le major George Pitt.

 

MALGRE LA REPRESSION, LA RESISTANCE BA’ATHISTE RECRUTE

Samedi, un haut responsable américain en Irak a déclaré sous couvert de l'anonymat que l'armée américaine avait arrêté plus de 900 fidèles de Saddam Hussein qui tentaient de « mine » les efforts américains pour « rebâtir l'Irak » (sic).

Comme en Amérique latine, au temps de l’ « Opération condor », ou au Vietnam avec « Counterpro » (qui vit l’assassinat de milliers de cadres du Vietminh), les Américains, fidèles à leurs traditions d’assassins, ont organisé des escadrons de la mort. Sous couvert de « règlements de compte », ceux-ci assassinent des cadres ba’athistes. Pour ceux qui auraient des doutes, rappelons que le gauleiter yankee de Bagdad, Paul Bremer, parfois présenté comme un « diplomate » par la presse aux ordres, est en fait un spécialiste du « contre-terrorisme », chargé d’appliquer sur le terrain les bonnes veilles recettes.

Sa nomination en remplacement du général sioniste Garner, est également révélatrice du défi lancé par la Résistance ba’athiste à l’occupant yankee.

Ce qui n’empêche pas la Résistance de recruter. Les Américains ont ainsi arrêté à Khalis (70km au Nord de Bagdad) un homme qui est soupçonné de « recruter de jeunes Irakiens pour lancer des attaques contre les forces de la coalition », selon des sources militaires américaines.

Et pendant ce temps, une rumeur enfle dans tout l’Irak : « Saddam est de retour ».

Et on peut lire sur les murs des slogans comme « Saddam est notre force en ces temps troublés » ou encore « Nous vous tuerons tous » à l’attention des GI’s. La population commence, elle, à évoquer l’ère ba’athiste comme « un âge d’or ».

 

UNE GUERRE IDEOLOGIQUE

Les vautours du régime de Bush ne sont pas allés en Irak uniquement pour les dollars du pétrole et du pillage – la soi-disant « reconstruction » du pays. Ils sont là aussi, et surtout, pour des motifs idéologiques. Ceux des néo-conservateurs yankee, alliance sulfureuse des extrême-droites yankee et sioniste.

Comme le soulignait récemment « Al-Ahram Hebdo », la guerre coloniale contre l’Irak est « Une tentative américano-israélienne pour faire installer une idéologie proche-orientale en substitut à l'idéologie du nationalisme arabe ».

« La politique américano-israélienne au Proche-Orient est fondée sur l'hostilité envers le nationalisme arabe, doctrine qui considère que les Arabophones forment une nation unique, et non une collection d'États, qui doit s'affranchir de la tutelle étrangère », précise Edward Saïd, professeur à l'Université de Columbia à New-York, dans « Dar Al Hayat ».

Ce nationalisme arabe, révolutionnaire, laïque, unitaire et anti-sioniste qu’incarne le Ba’ath. Et dont la figure de proue est Saddam Hussein.

Deux mois après la trahison qui a livré Bagdad aux nouveaux mongols yankee, le gauleiter Bremer est forcé d’avouer à la BBC que Saddam Hussein sert « de point de ralliement aux combattants qui attaquent les troupes américano-britanniques en Irak » et « qu'il reste des loyalistes du parti Baas, des Fedayin -milice d'élite de l'ancien régime-, et peut-être des terroristes venant des pays voisins qui tirent leurs forces de sa survie apparente ».

La destruction de l’Irak ba’athiste, cette « Prusse du Proche-Orient », était l’objectif principal de Washington. Mais le Ba’ath, ce phénix politique dont le nom même signifie en arabe « résurrection », se révèle un adversaire plus coriace que prévu pour les charognards américano-sionistes. Aujourd’hui l’ « Intifada de Saddam » - dixit un rapport de la CIA-, met en échec la politique néocoloniale yankee.

 

Luc MICHEL

(sources : AP, Reuters, The Washington Post, Le Monde, The New-York Times, Al-Ahram Hebdo, Dar Al Hayat)

 

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