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PCN-Infos du 10 juin 2003

 

ANTIAMERICANISME ET IDENTITE EUROPEENNE :
L'EMPIRE D'EUROPE SE FERA CONTRE LA CARTHAGE AMERICAINE !

 

Conséquence de l’arrogance et du bellicisme yankee, qui ont rarement été plus ouvertement affirmés que sous l’administration d’extrême-droite de Bush junior (1), l'image des Etats-Unis est au plus bas depuis la guerre en Irak.

Suite directe de la dernière aventure néo-coloniale de Washington, l'image des Etats-Unis s'est fortement dégradée dans le monde, notamment dans les pays musulmans, et le crédit des Nations Unies a également souffert, révèle une étude américaine publiée ce 3 juin par le « Centre de recherche Pew » (2), « basé à Washington et spécialisé dans le sondage de grande envergure ».

Ce sondage apporte d’intéressantes précisions sur la cassure planétaire entre un « Occident » réduit au monde anglo-saxon et à Israël et le reste des peuples colonisés des quatre continents.

Ainsi Tony Blair, le plus abject des caniches de Washington, est le dirigeant de la planète le plus populaire aux Etats-Unis : il obtient la confiance de 83% des Américains. Il arrive également en tête au Canada et en Australie. Une majorité de sondés soutient aussi le président américain aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada et en Australie. En outre, il se classe premier en Israël avec 83% ! Ariel Sharon, lui, n’arrive dans le trio de tête qu’aux États-Unis et en Israël….

Ce sondage a été mené du 28 avril au 15 mai dans 20 pays et auprès de Palestiniens, « sous la direction de l'ex-secrétaire d'État américaine Madeleine Albright ». Quelque 16.000 interviews ont été menées dans 31 langues. Les résultats comportent une marge d'erreur de trois ou quatre points en plus ou en moins.

Le décalage avec le reste du monde est un fossé béant. Face aux résultats de ces sondages, Madeleine Albright a exprimé son « inquiétude », en les jugeant « décourageants et très dangereux ». C’est en effet une vague d’antiaméricanisme sans précédent qui déferle sur le monde !

 

LA CONSECRATION DE L’ANTIAMERICANISME
DANS LE MONDE ARABE ET MUSULMAN

Au sein du monde arabe et musulman, il fait apparaître que la politique étrangère américaine est généralement peu appréciée. « les sentiments antiaméricains relevés dans un certain nombre de pays musulmans sont sortis renforcés de la récente guerre en Irak ». Une majorité des sondés dans sept des huit pays musulmans couverts par l'enquête pense que leur pays sera attaqué par les Etats-Unis. En Indonésie, au Nigeria et au Pakistan, plus de 70% expriment cette préoccupation. Même au Koweït, pourtant considéré comme un allié de Washington, 53% disent craindre que les Américains ne les menacent un jour !

Dans une enquête précédente du « Centre de recherche Pew », les opinions défavorables sur l'Amérique étaient confinées au Moyen-Orient et au Pakistan, mais ce sentiment s'est désormais étendu à l'Afrique et à l'Indonésie. Dans ce pays, le plus peuplé du monde musulman, 83% ont une mauvaise opinion des Etats-Unis, contre 36% il y a un an.

Toujours « selon les chiffres du Pew Research Center, 99% des Jordaniens déclarent avoir une opinion défavorable des États-Unis, contre 75% l'été dernier. De même, en moins d'un an, l'image des États-Unis se serait considérablement dégradée en Indonésie ou en Turquie. Dans ce dernier pays, le pourcentage d'opinions défavorables aux Américains est passé de 55% l'été dernier à 83% actuellement. En 2000, une autre enquête indiquait que 75% des ressortissants turcs appréciaient les États-Unis... En Indonésie, le taux d'opinion défavorable est passé de 36 à 83%. Même les Nigérians, réputés pro-américains, résistent mal à la vague antiaméricaine, avec une progression de 25% d'opinions défavorables (de 11 à 36%) en un an », commente LE FIGARO (3).

"Le rejet des Etats-Unis s'est vraiment accentué et étendu dans le monde musulman", souligne Andrew Kohut, directeur du « Centre de recherche Pew ». Selon lui « l'antiaméricanisme s'est non seulement étendu, mais il s'est approfondi ». « Vous pouvez trouver au fin fond de l'Afrique ou de l'Indonésie des musulmans qui imaginent qu'on va les envahir », relève-t-il.

« les musulmans perçoivent plus que jamais les États-Unis comme un fléau pour le monde en général et pour l'Islam en particulier. La totalité des pays musulmans concernés par l'enquête considère que les États-Unis font peser sur eux une menace militaire », ajoute LE FIGARO.

Un résultat prévisible, mais qui menace directement la politique américaine au Proche-Orient et ses prétentions folles à y représenter les aspirations populaires.

 

« UN FRANÇAIS SUR TROIS SOUTIENT SADDAM »

Les relations franco-américaines sont une autre victime du conflit. Seulement 29% des Américains interrogés ont une opinion favorable de la France, alors qu'ils sont deux fois plus nombreux à exprimer un avis défavorable. Côté français, 31% des sondés ont une opinion favorable des Etats-Unis, contre 63% en 2002.

Des résultats à mettre en parallèle avec ceux de l’enquête IFOP qui révélait, au moment même de l’agression américano-britannique, qu’un Français sur trois souhaitaient la victoire du Président Saddam Hussein et de l’Irak ba’athiste. “Un Français sur trois soutient Saddam”, annonçait alors en gros titre le “TIMES” de Londres.

Malgré les tentatives des proxénètes politiques du système, les dirigeants « altermondialistes » auto-proclamés, ceux d’ATTAC et autres sucreries crypto-trotskistes (4), les masses défilaient au nom d’un antiaméricanisme exacerbé. “LE MATIN” d’Alger insistait alors sur “le malaise des dirigeants français”. “Leur fierté s’effiloche”, constatait le quotidien algérois. Chirac et les siens, effrayés, rappelés à l’ordre par des lobbies influents, en venaient à “mettre en garde les Français contre toute forme d’antiaméricanisme lors des manifestations qui se multiplient à Paris.”

 

PARIS-BERLIN-MOSCOU : LE CIMENT ANTIAMERICAIN

Comme en France, en Allemagne et en Espagne on enregistre globalement moins de 50% d’opinions favorables aux États-Unis. En Russie, l’autre puissance européenne, avec la France de De Gaulle, qui refuse l’hégémonie yankee, les sentiments sont les mêmes.

En dépit du philo-américanisme médiatique de Poutine, où à cause de lui, nos camarades du Parti « Eurasie » dirigé par l'ex-intendant du Kremlin, Pavel Borodine, qui soutient activement comme le PCN le « Congrès Pan-Slave », et Abdoul-Vakhed Niazov, député à la Douma, donnent le ton : « Les Etats-Unis ont peut-être vaincu par les armes, mais leur défaite morale est écrasante, assène Niazov dans L’EXPRESS. Jamais on n'a vu une telle vague d'anti-américanisme dans le monde. Pour les Russes, c'est la fin des complexes (…) chrétiens et musulmans russes sont enfin dans le même camp, dressés contre la mondialisation vulgaire » (5), sous hégémonie américaine.

Interrogés aux premiers jours des opérations en Irak par le « Centre d'étude de l'opinion publique » (VTSIOM), 88% des Russes, « scandalisés », s'opposaient à cette guerre, 58% souhaitant même ouvertement que Bagdad l'emporte !

Alexeï Arbatov, vice-président du comité de la Défense, à la Douma, estime que « la crise irakienne laissera des traces profondes ». « Il faudra sans doute des années pour que s'efface le ressentiment qu'éprouvent l'opinion et l'élite politique russes à l'égard des Etats-Unis » (6).

En Allemagne, les masses qui défilaient au début des Années 80 contre la guerre américaine au nom du « National-neutralisme » (qui berça, en Belgique, les premières années du PCN), sont redescendues dans les rues contre l’Ordre américain.

La chienne enragée de la Maison blanche, Condoleezza Rice, conseillère de George W. Bush pour la sécurité nationale, résumait l’ampleur du fossé qui sépare les deux côtés de l’Atlantique : « Punir la France, oublier l'Allemagne, pardonner à la Russie » … Vaste programme !

 

L’AXE DU MAL RESISTE !

Sans oublier de combattre « l’Axe du mal », qui résiste. En République populaire de Corée, qui affirme ses ambitions légitimes de puissance nucléaire (7).

Où encore en Irak même, où la Résistance ba’athiste combat durement l’occupant colonialiste. Car malgré la « dissolution du Parti Ba’ath » (sic) auto-proclamée par le Gauleiter Bremer et la « fin de la guerre » (resic) annoncée par Bush, la guerre continue ! « Cela prendra du temps pour extirper les vestiges du régime de Saddam Hussein et nous avons l'intention d'y arriver », vient d’être contraint de déclarer Rumsfeld à Lisbonne, mettant les attaques contre les troupes américaines sur le compte des forces restées loyales au président irakien. « Les vestiges du régime irakien, les Fedayin de Saddam, les Baassistes et très probablement la Garde Républicaine sont toujours là. Ce sont eux qui attaquent périodiquement les forces de la coalition, quelquefois avec succès », a-t-il piteusement estimé (8). Car dans l’Irak « libéré », la vraie chasse qui est ouverte quotidiennement n’est pas celle aux Ba’athistes mais à l’occupant ! (9)

En quatorze jours, neuf soldats américains ont été tués dans des attaques et vingt-deux autres, au moins, ont été blessés”, rapporte “THE NEW YORK TIMES”. Selon des données du ministère de la Défense, “42 soldats américains sont morts depuis le 1er mai, date à laquelle le président Bush a annoncé la fin des principales opérations militaires en Irak”.

 

« BUSH FACE A L'AUTRE MONDE »

Nous ne sommes aujourd’hui plus les seuls à diagnostiquer l’isolement croissant des Etats-Unis. Lorsqu’au lendemain du « 11 septembre », nous annoncions sous les cris haineux venus de partout, des franges de l’extrême-droite néonazie aux gauchistes opportunistes mal revenus de l’anarcho-maoïsme, que l’Amérique finirait seule sa guerre contre les peuples du monde (10), que n’avons nous pas entendu.

C’est pourtant maintenant l’éditorialiste du FIGARO [02 juin 2003], Charles Lambroschini, qui tire les mêmes conclusions que nous et titre « Bush face à l'autre monde », soulignant, à propos du sommet du G8, « le plaisir manifeste de la Chine, du Brésil ou du Nigeria à être présentés comme des dissidents du « rêve américain » » et « l'aspiration, chez bien des peuples, à un ordre multipolaire » (11).

 

L’IDENTITE EUROPEENNE SE FORGE DANS LE SENTIMENT ANTIAMERICAIN

La cassure est patente en Europe même, la plus riche des colonies américaines. La guerre coloniale contre l’Irak a été une guerre de trop. Contre l’arrogance yankee, contre la sujétion des caniches européens de Washington, les Blair, Berlusconi, Aznar et autres Leszek Miller, « un nouvel espace public européen » s’est dressé contre Washington.

« Nous ne devrions pas oublier deux dates : celle du jour où les journaux informèrent leurs lecteurs ébahis de l'initiative du président du gouvernement espagnol qui, à l'insu de ses collègues de l'Union, invitait les gouvernements européens favorables à la guerre à manifester leur loyauté à l'égard de Bush ; mais également le 15 février 2003, lorsque, dans les rues de Londres, Rome, Madrid, Barcelone, Berlin et Paris, des manifestations monstres ont répondu à ce coup de main. La simultanéité de ces événements ­ les plus importantes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ­ pourrait bien, rétrospectivement, entrer dans les livres d'histoire comme le signal attestant la naissance d'un espace public européen.

Pendant les mois de plomb qui précédèrent la guerre d'Irak, on vit se mettre en place une division du travail, moralement obscène, qui avait de quoi nous retourner les sangs. D'un côté, la grande opération logistique du déploiement militaire ; de l'autre, l'affairement fébrile des organisations humanitaires : deux mouvements qui s'engrenaient parfaitement comme des rouages de précision. Témoin de ce spectacle, la population ­ privée de toute initiative ­ qui allait fournir les victimes. Ce qui a fait se lever les citoyens européens, c'est sans aucun doute la puissance des sentiments. En même temps, la guerre a fait prendre conscience aux Européens du naufrage depuis longtemps annoncé de leur politique extérieure commune. Comme partout ailleurs dans le monde, l'impudence avec laquelle il a été contrevenu au droit international a attisé en Europe la controverse sur l'avenir de l'ordre international. Mais les arguments propres à semer la division nous ont touchés, nous Européens, plus profondément.

Les lignes de fracture sont connues ; cette controverse toutefois les a rendues plus nettes. Les antagonismes sur le rôle de la superpuissance, sur l'avenir de l'ordre mondial, sur la pertinence du droit international et de l'ONU, ont permis de faire apparaître en plein jour des oppositions qui demeuraient latentes », diagnostiquent Jürgen HABERMAS (12) et Jacques DERRIDA (13) dans LIBERATION (14).

Ils ajoutent qu’« Il faut que l'Europe jette son poids dans la balance, au niveau international et dans le cadre des Nations Unies, et qu'elle fasse pièce à l'unilatéralisme hégémonique des Etats-Unis ».

 

L’IDENTITE TRANSNATIONALE ET LA CONSCIENCE EUROPEENNE
AU CŒUR DU DEBAT SUR L’AVENIR DE L’EUROPE

Le discours des Communautaristes européens sur l’identité transnationale et la conscience européenne, ce discours d’avant-garde que nous tenons depuis le début des Années 60 dans un silence assourdissant, est aujourd’hui au cœur du débat sur l’avenir de l’Europe.

Ecoutons à nouveau Jürgen HABERMAS et Jacques DERRIDA : « Les populations doivent, en quelque sorte, «faire monter d'un cran» leurs identités nationales pour les faire accéder à une dimension européenne. Toujours limitée aujourd'hui à la co-appartenance à une même nation, la solidarité civique est déjà une réalité bien abstraite, il n'empêche qu'elle doit pouvoir être étendue à l'avenir aux citoyens des autres nations européennes.

Voilà qui introduit la question de l'« identité européenne ». Seule la conscience d'un même destin politique alliée à la perspective convaincante d'un avenir commun peut empêcher les pays ou les groupes mis en minorité de vouloir faire obstruction à une volonté majoritaire. En principe, les citoyennes et citoyens d'une nation doivent considérer comme «étant des nôtres» les citoyennes et citoyens de toute autre nation européenne. Mais c'est là une aspiration qui fait donner de la voix à bien des sceptiques : existe-t-il des expériences, des traditions et des acquis communs qui fondent chez tout citoyen européen la conscience d'un destin politique dont nous ayons fait l'épreuve commune et que nous pourrions à l'avenir façonner en commun ? Une «vision» attrayante de l'Europe à venir, capable d'être contagieuse, ne tombera assurément pas du ciel. Elle ne peut naître, pour l'instant, que d'une inquiétante sensation d'embarras. Mais elle peut également surgir de l'embrouillamini d'une situation dans laquelle, nous, Européens, sommes renvoyés à nous-mêmes. Et elle doit trouver à s'articuler dans la cacophonie débridée d'un espace public où les voix sont nombreuses » (15).

 

ROME OU CARTHAGE, L’EUROPE OU LES ETATS-UNIS

Avec Thiriart et Jünger, cette Europe-Nation, Empire transnational, nous l’avons toujours conçu comme une alternative planétaire à l’Ordre yankee et au modèle mondial consumériste de l’anti-civilisation yankee.

Timidement, certains, au sein de la classe intellectuelle européenne en arrivent aux mêmes positions : « Pourquoi l'Europe … ne devrait-elle pas également relever cet autre défi consistant à mettre en avant et à défendre contre des projets concurrents un ordre cosmopolitique » (16) interrogent HABERMAS et DERRIDA.

On parle souvent, à tord et à travers, d'"Empire américain". Vous aurez remarqué que nous répugnons à employer ce terme. Parce que l'idée impériale n'a pas grand chose à voir avec l'impérialisme mercantile et exploiteur de Washington, à propos duquel le terme de néo-colonialisme est plus approprié.

La géopolitique distingue clairement et oppose puissance maritime et puissance terrestre. L'exemple le plus accompli en furent les guerres puniques qui opposèrent la Rome terrestre à Carthage, puissance des mers. Aujourd'hui, les Etats-Unis, puissance maritime, sont une nouvelle Carthage accomplie : même consumérisme, même valeurs marchandes, même horizon limité, même exploitation des colonies, même oligarchie ploutocratique aux commandes, mêmes armées de mercenaires ...

La puissance continentale est encore à venir. C'est contre elle qu'agissent les théoriciens de l'impérialisme américain.

Le choc de Rome contre Carthage est aussi celui de deux idéologies, de deux Weltanschauung. Hier comme aujourd'hui !

Du côté des Etats-Unis et des atlantistes existe une large école ploutocratique pour qui l'Europe doit être un des moyens du renforcement du capitalisme et de la Mecque de celui-ci qui se situe aux Etats-Unis. Ce sont les fameuses théories du « second pilier », qui voient notamment dans une organisation européenne de défense un pilier européen rénové de l’OTAN.

Il existe une autre école, celle de Jean Thiriart (et) des eurasistes russes, pour laquelle l'Eurasie se fera inexorablement contre les Etats-Unis, pour qui il est impératif qu'elle se fasse contre Washington. Si Thiriart veut détruire politiquement les Etats-Unis, c'est parce qu'il leur oppose une vision du monde qui se situe aux antipodes de l'économisme consumériste prôné par Washington. L'Empire européen est pour lui avant tout une esthétique de l'Homme, une solution et une alternative à proposer à toute l'Humanité.

En 1932, Ernst Jünger publiait son essai retentissant et souvent mal compris sur "le travailleur" - Der Arbeiter -, où il prophétisait l'affrontement final de gigantesques Etats impériaux pour la domination mondiale et le triomphe de visions du monde antithétiques. Une vision précisée par Jünger dans "L'Etat universel" publié en 1946.

Les thèses de Jean Thiriart sur l'"Etat géo-idéologique", stade avancé de l'Etat continental géopolitique mettant en oeuvre sa vision du monde, et publiées dès 1965, s'inscrivent dans la perspective ouverte par Jünger (17).

Le choix sera bien celui là. Ou le cauchemar américain imposant aux masses abruties l'illusion du bonheur consumériste : l’AVOIR-PLUS. Ou l'Humanisme européen, né en Grèce il y a 2.500 ans, et offrant aux peuples un destin : l’ETRE-PLUS. Le choc bien réel de l'anti-civilisation yankee - le Mc World - et des cultures.

L’Europe se fera inévitablement, malgré les nains de Bruxelles, contre les Etats-Unis.

Carthago delenda est !

 

Luc MICHEL, 
Président du PCN-NCP.

 

(sources des citations : AFP, LE FIGARO, LIBERATION, L’EXPRESS, COURRIER INTERNATIONAL, LE MATIN)

 

NOTES ET RENVOIS :

(1) (1) Selon Eric Laurent, journaliste, auteur de nombreux livres dont, en ce mois de juin « LE MONDE SECRET DE BUSH » et, en février, « LA GUERRE DES BUSH », chez Plon, « George W. Bush n'est pas un président américain traditionnel : c'est bien la première fois qu'on trouve un président sous l'influence d'une certaine extrême droite fanatique et de néo-conservateurs proches du Likoud israélien ».
Source : « George Bush est sous l'influence des ultraconservateurs », LE SOIR, Bruxelles, 11 juin 2003.

(2) « L'image des Etats-Unis au plus bas depuis la guerre en Irak », Dépêche d’Associated Press, 3 juin 2003.

(3) Y. L., « Selon le sondage d'un institut basé à Washington L'antiaméricanisme s'est accentué dans le monde musulman », LE FIGARO, Paris, 5 juin 2003.

(4) Le récent « contre-sommet d'Attac au G8 à Genève » est à ce sujet éclairant et révélateur.
« Le congrès s'est tenu à la Maison du Faubourg et avait pour leitmotiv « Un autre monde est possible ». Plus d'un millier de participants était présent dont des jeunes venus de bien des régions d'Europe. Tout au long de la journée sont intervenues des personnalités antimondialisation comme Susan George (vice-présidente d'Attac-France), Eric Toussaint (Président du Comité pour l'Annulation de la dette du Tiers Monde), Jean Ziegler (Rapporteur spécial de l'ONU), Bernard Cassem (cofondateur d'Attac-France) et bien d'autres.
Alors que de nombreux intervenants relataient de façon claire et judicieuse les méfaits du capitalisme moderne en le condamnant, ils ne disposaient d'aucune réponse à la question de savoir comment changer le monde et encore moins qui pourrait le faire. Leurs interventions s'adressaient à l'aile gauche de l'élite politique et des syndicats, et non à la classe ouvrière. Leur objectif n'est pas l'abolition et la victoire sur les relations capitalistes, mais un capitalisme meilleur sans ses excroissances, telles la faim, la guerre et la destruction.
C'est ainsi que Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU et ancien membre social-démocrate du Conseil des Etats suisse, rapporta en termes directs les conséquences de la faim dans le monde. Après son intervention, deux reporters de radio France-3 lui demandèrent s'il était en faveur de l'abolition du capitalisme et quelle méthode de production il préconisait. Il répondit : « Nous sommes contre le capitalisme qui rompt avec toutes les formes de normativité, qui s'oriente au seul motif de profit. Le mode de production capitaliste est certainement le mode de production le plus vital et créateur qui n'ait jamais existé. Ce n'est pas le capitalisme, c'est le capitalisme sans norme qui s'éloigne de l'intérêt général ».
De nombreux orateurs laissèrent clairement voir leur inquiétude que les récentes protestations contre la guerre en Iraq ainsi que les grèves et manifestations contre la liquidation des acquis sociaux allaient trop loin et risquaient de faire sauter le cadre de l'ordre existant. Ils mirent expressément en garde contre de vaines spéculations concernant la révolution. Tout particulièrement révélatrice fut à ce sujet l'assemblée du soir durant laquelle des dirigeants d'Attac, issus de plusieurs pays, présentèrent leur évaluation du mouvement et leur perspective politique.
Cassem rejeta toute discussion pour une stratégie révolutionnaire comme étant une perte de temps. Il lança un avertissement contre le sectarisme et lança un appel à la collaboration avec les grands syndicats et partis politiques. Il est clair que la seule conclusion que l'on puisse tirer de cela est que les politiciens d'Attac essaient de faire régresser le mouvement pour l'enchaîner aux partis réformistes bourgeois ».
Source : Marianne et Helmut Arens, « « Un autre monde est possible » - mais comment ? Le contre-sommet d'Attac au G8 à Genève », WSWS, 7 juin 2003.

(5), (6) in : Sylvaine Pasquier, avec Alla Chevelkina, « Poutine. La voie de l'Amérique », L’EXPRESS, Paris, 30 avril 2003.

(7) Les médias officiels de la Corée du Nord ont admis publiquement pour la première fois, ce lundi 9 juin, que le régime national-communiste cherchait à se doter de l'arme nucléaire.
"Nous n'avons pas d'autre option que la dissuasion nucléaire tant que les Etats-Unis poursuivent leur politique hostile et continuent d'exercer une menace nucléaire sur la RDPC", la République démocratique et populaire de Corée, a rapporté l'agence officielle KCNA. L'agence a aussi expliqué pourquoi le régime voulait avoir la bombe atomique. "Notre désir de posséder la dissuasion nucléaire ne vise pas à faire chanter qui que ce soit, mais à réduire notre arsenal conventionnel et à mettre nos ressources humaines et notre argent au service de la construction économique et de la vie des gens", a rapporté KCNA, reprise par l'agence sud-coréenne Yonhap.
Depuis le début de la crise sur ses ambitions nucléaires, il y a huit mois, Pyongyang a souvent fait référence à des moyens de dissuasion puissants, mais sans évoquer publiquement l'arme nucléaire. La Corée du Nord souhaite légitimement des garanties préalables sur le fait qu'elle ne sera pas attaquée par les Etats-Unis.

(8) in : Alistair Lyon, “Rumsfeld Sees No Quick End to Attacks in Iraq”, REUTERS, 10 juin 2003.

(9) « Saddam Hussein a été aperçu dans le Nord de Bagdad et offrirait une prime pour chaque soldat américain tué », a déclaré ce 10 juin 2003 Ahmed Chalabi, chef des barbouzes du « Congrès national irakien » (CNI), les Kollabos irakiens financés et formés par la CIA.
« Maintenant, il a fixé un prix pour un soldat américain. Il offrira de l'argent pour chaque soldat américain tué en Irak. Cette rumeur s'est répandu dans l'Ouest du pays », a lancé Chalabi.
Source : EDITH M. LEDERER, “Saddam Said to Pay Bounty for Killings”, Associated Press Writer, 10 juin 2003. 

(10) cfr. Luc MICHEL, REFORMISME OU REVOLUTION : QUEL ANTI-AMÉRICANISME APRÈS LES ATTAQUES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK ? MESSAGE A NOS AMIS ET A NOS DETRACTEURS, octobre 2001 : http://pcn-ncp.com/rep130901.htm

(11) Charles Lambroschini, « Bush face à l'autre monde », LE FIGARO, Paris, 5 juin 2003.

(12) Jürgen Habermas : Né en 1929 à Düsseldorf. Ses premiers travaux philosophiques sont une critique des thèses de Heidegger. Il est souvent intervenu dans les débats politiques, notamment en Allemagne à propos de l'identité nationale. Derniers ouvrages parus : L'ESPACE PUBLIC, (Payot, 2003) et L'ETHIQUE DE LA DISCUSSION ET LA QUESTION DE LA VERITE (Grasset, 2003).

(13) Jacques Derrida : Né en 1930 à El-Biar (Algérie). Professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, il entamera à partir des années 60 une réflexion sur la «déconstruction» des oeuvres littéraires et philosophiques qu'il étendra aux institutions de l'enseignement. Dernier ouvrage paru : VOYOUS (Galilée, 2003).

(14) , (15) , (16) Jürgen HABERMAS et Jacques DERRIDA, « Les manifestations du 15 février 2003 contre la guerre d'Irak ont dessiné un nouvel espace public européen. Europe: plaidoyer pour une politique extérieure commune », in « Rebonds », LIBERATION, Paris, 31 mai 2003.

(17) cfr. Luc MICHEL, « THEORIES DE L’IMPERIALISME AMERICAIN », conférence donnée à la « 2e Université d’Eté pour les mouvements verts, pacifistes et alternatifs en Europe », Landau (Allemagne), 5 juillet 2001 : http://www.pcn-ncp.com/youthcamp2001fr.htm 

 

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