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PCN-Infos du 27 mai 2003

 

TOUCHE PAS A MA RETRAITE !!!

 

Une grande offensive du Capital et de ses valets politiques est lancée depuis le début de cette année contre notre système de retraite par répartition.
Les syndicats combatifs sont aujourd’hui engagés dans une épreuve de force contre cette attaque du gouvernement RAFFARIN-CHIRAC téléguidé par le MEDEF.
Le PCN et sa structure sociale et syndicale, l’ « Action Syndicale Communautaire » (ASC-PCN), participent activement avec les militants et délégués syndicaux du PCN aux diverses manifestations syndicales unitaires, aux grèves nationales, ainsi qu’aux actions de terrain : réunions, tractages, affichages...
Nous laissons ici la parole à un camarade syndicaliste de l’ASC-PCN qui fait un tour de la situation, avec son origine et ses enjeux.

 

POURSUITE DES ATTAQUES CONTRE LES RETRAITES PAR LES GOUVERNEMENTS SUCCESSIFS.

BALLADUR avait ouvert le bal concernant le « problème des retraites » avec l’instauration de plusieurs mesures : indexation sur les prix et non sur les salaires, 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années, 25 années sont désormais nécessaires pour le calcul de la retraite au lieu des 10 meilleures années …

C’était en 1993 et depuis les divers gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’ont remis en cause à aucun moment les « mesures BALLADUR-WEIL ».

Plus grave encore est la signature lors d’un sommet européen à BARCELONE d’un texte qui remet en cause le droit à la retraite à 60 ans.

Ainsi l’age moyen de départ en retraite, qui est de 58 ans actuellement, serait repoussé à 63 ans aux alentours de 2008 (ce qui rapprocherait la France de ses voisins ou l’age de départ est plus près de 65 ans que de 60 …)

Les signatures sont celle du tandem CHIRAC-JOSPIN l’année dernière …

C’était ça aussi la cohabitation !!!

Les Français apprécieront cette décision dont personne n’a été informé publiquement. Voilà comment on trahit le peuple au nom des intérêts capitalistes !

On appréciera aussi le refus de JOSPIN de laisser partir avant 60 ans ceux ou celles qui ont leur nombre d’annuités requises, ou encore la fameuse loi FABIUS sur l’épargne salariale, dont tous les syndicalistes avertis savent qu’elle sera un tremplin vers les fonds de pension.

Aujourd’hui, la droite libérale conduite par RAFFARIN, sous l’œil attentif de CHIRAC, accentue les attaques contre les régimes de retraite par répartition avec une fermeté inégalée.

L’objectif tout le monde le sait c’est la retraite par capitalisation :

« Nous ferons cette réforme comme nous l’avons annoncé » a dit RAFFARIN.

On comprend mieux sa détermination quand on sait ce que CHIRAC a signé les accords de BARCELONE.

Deux autres ministres du gouvernement se font particulièrement remarquer dans ce dossier. Le premier c’est FRANCIS MER, ministre de l’économie qui déclare ouvertement être favorable aux fonds de pension, le deuxième c’est FRANCOIS FILLON qui a déclaré il y a quelques mois que « les retraites sont une catastrophe pour l’économie nationale et pour nos régimes de retraite … Les salariés à l’avenir vont devoir sans doute cotiser plus longtemps !!! »

La part des retraites dans le produit intérieur brut s’est accrue de 7% entre 1959 et 2000, personne ne s’en est inquiété, pourquoi aujourd’hui le serait-on ? (ce poids des retraites dans le PIB augmenterait de 12 à 18,5% en 2040)

 

LES FONDS DE PENSION : CHEVAL DE BATAILLE DU MEDEF

Le Baron SEILLIERE propose d’allonger « la durée de cotisation, progressivement comme cela se fait partout » ; « les gens ne seront pas obligés de travailler davantage, mais la pension de chacun sera en rapport avec la durée de cotisation fixée comme nécessaire pour qu’elle soit à taux plein ».

M.SEILLIERE ajoute et demande « un système complémentaire de capitalisation facultatif mais incitatif ».

Le patronat défend donc la retraite par capitalisation mais les syndicats ne sont pas prêts à aborder le sujet.

Le MEDEF veut porter à 45 ans la durée de cotisation.

La difficulté réside dans les droits à la retraite des fonctionnaires qu’ils veulent aujourd’hui « harmoniser » avec ceux du privé, donc vers le bas.

Alain JUPPE l’avait tenté désespérément en 1995 avec les cheminots ; la riposte à été d’ampleur en décembre de cette année là, surprenant les politiques et dépassant les syndicats.

Le MEDEF agit sur le long terme, son souhait est d’amputer la retraite dès 2023 de 35% à 50% ce qui créerait un appel d’air vers son système par capitalisation.

L’objectif est double puisqu’il s’agit également de pouvoir disposer d’une manne d’argent considérable évaluée à plus de 168 milliards d’euros (environ 10% du PIB français) pour le plus grand bonheur des boursiers, des grandes entreprises, des assurances privées…

Le poids des fonds pension ne cesse de croître, ainsi aux USA l’encours était de 2.624 milliards de dollars en 1990 contre 6.400 pour l’année 2000 …

L’Europe n’est pas épargnée. Le poids de ces fonds était de 1.354 milliards de dollars (dont pour la France 22 milliards) en 1990 contre 2.920 milliards (dont pour la France 78 milliards) pour l’année 2000.

5.180 milliards d’Euros d’actifs sont gérés par les fonds de pension britanniques et américains, soit quatre fois le PIB de la France.

Les fonds de pension investissent des sommes colossales à travers le monde dans des affaires plus ou moins rentables.

Les entreprises sont poussées à être gérées à court terme et à obtenir des résultats le plus rapidement possible. Ainsi en 1998, ALCATEL a été épinglée et son cours a chuté de 40 % environ pour avoir communiqué par anticipation des bénéfices inférieurs aux prévisions.

Leur puissance est telle qu’ils contrôlent des milliers d’entreprises ; en les poussant à la rentabilité maximum, ils créent l’enfer pour les travailleurs, les précaires… et le paradis pour les capitalistes.

Les stratégies des Fonds de pension, c’est premièrement concentrer l’entreprise sur ce qu’elle a de plus rentable, on oblige ainsi à externaliser à outrance, à vendre les filiales… Deuxièmement, il y a nécessité pour eux de s’étendre sur tous les territoires, d’où les nombreuses fusions et acquisitions au niveau mondial.

Et pourtant tout n’est pas si rose pour ce système, quand on connaît les affaires ENRON, WOLD COM, MAXWELL, qui ont ruiné des milliers de salariés et retraités… Là le baron SEILLIERE ne fait aucun commentaire …

Encore un illogisme économique du MEDEF qui propose de travailler plus longtemps aujourd’hui, alors qu’hier et pendant de nombreuses années, le patronat a viré des milliers de salariés âgés (100.000 en 1998) dans ses plans sociaux grâce aux FNE (Fonds National de l’Emploi) sous des gouvernements de toutes tendances politiques !!!

 

LES SYNDICATS EN RANGS SERRES, oui mais pour combien de temps ?

Il est « impossible de négocier réellement avec les syndicats » a déclaré il a peu de temps François GOULARD (UMP) vice-président de la commission des finances au sujet des retraites. Mais nous, les militants de l’ASC-PCN, l’Action Syndicale Communautaire du PCN, nous savons à quoi nous en tenir au sujet des centrales syndicales. Après une pseudo-négociation, que le gouvernement nomme « consultation », la signature facile de la CFDT vient de confirmer la réalité tronquée de ce jeu médiatique.

Pourtant les organisations syndicales avaient déjà reçu en novembre un sérieux avertissement, avec le vote à l’Assemblée nationale de l’extinction progressive du congé de fin d’activité (CFA)  pour les fonctionnaires.

Grâce à celui-ci, les fonctionnaires pouvaient partir en retraite avant 60 ans, dés lors qu’ils avaient cotisé 37,5 années.

Certes les réactions des centrales suite à cette loi ont été très vives, mais on a le droit de s’interroger sur l’attitude qu’auront les syndicats sur la réforme des régimes de retraite quand on voit ce qui s’est passé à EDF-GDF.

Une consultation avait été organisée sur une réforme des retraites dans cette entreprise.

Trois syndicats sur cinq ont signé : CFDT, CGC et CFTC (comme d’habitude…) ! La claque a été terrible pour les syndicats mais aussi pour le pouvoir en place, puisque les salariés ont rejeté à une écrasante majorité les propositions.

Si FO semble monter au créneau dans cette affaire, Marc BLONDEL a déclaré que la « volonté de réformer les retraites à EDF, c’est avant tout pour ouvrir et privatiser le capital »  ou encore « imaginer ce qui se passera quand les investisseurs des émirats arabes ou américains  posséderont une partie des actions EDF… c’est aussi pour ça qu’ils ont dit non ». 

La CGT, elle, par la voix de son secrétaire Denis COHEN de la Fédération énergie, a adopté une attitude surprenante puisqu’elle a appelé à voter « oui » lors de cette consultation des salariés.

On a parlé sur les ondes d’un « accident » … En réalité, la CGT glisse plutôt vers le réformisme à cause de certains de ses dirigeants. Mais heureusement la base n’a pas été dupe puisqu’elle a rejeté ce projet de réforme.

La CGT ne se vante pas de cette position. Malgré cela THIBAUT assure « que le gouvernement n’imposera pas sa loi sur la réforme des retraites ». Une volte-face sans doute destinée à masquer la réalité du syndicalisme de collaboration sur lequel s’engage la CGT  aux coté de la CFDT. Son nouveau secrétaire général CHEREQUE avait déclaré : « la CGT se dit convaincue de la nécessité de réformer le système actuel et elle fait du montant des pensions sa nouvelle priorité, voilà pourquoi nous travaillons avec elle ». 

On a du mal à imaginer que ce type de syndicalisme arrivera à faire plier CHIRAC et son équipe !

Le salut viendra certainement de la rue, des actions diverses et dures que devront engager les travailleurs dans leurs usines, les retraités, sans-emploi, précaires … pour une meilleure retraite, pour une autre répartition des richesses mais également pour une autre société.

 

CONSTAT ET PROPOSITIONS DE L’ « ACTION SYNDICALE COMMUNAUTAIRE »

L’introduction des fonds de pension, objectif du patronat, des banques et des gouvernements n’aura pour effet que de renforcer la financiarisation de l’économie mais également la recherche du profit maximum au détriment des travailleurs, des salaires, des conditions de travail.

Les fonds d’épargne retraite, c’est la poule aux œufs d’or pour les capitalistes, les banques, les assurances privées… c’est aussi une vaste escroquerie pour les milliers de salariés qui ont cotisé dans le vide, comme ce fut le cas de MAXWELL en Grande-Bretagne, ou de LTCM aux USA. Aujourd’hui, ces retraités d’hier sont obligé de retravailler pour tout simplement vivre !!!

La retraite par capitalisation supprime la solidarité inter-génération, entre actifs et retraités et renforce l’égoïsme et l’individualisme, ferments du capitalisme.

La retraite ou la bourse ! Les syndicalistes révolutionnaires de l’ASC-PCN ne choisiront pas la deuxième hypothèse. Sans aucune hésitation. Et ceux qui doutent encore devront se remémorer la chute des cours suite à l’attentat du 11 septembre, les kraks boursiers inquiétants comme celui de 1987, la ruine de pays comme l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil, les risques de guerres locales voire mondiale.

« Le problème » des retraites est essentiellement un problème de financement. Une simple augmentation des cotisations de 0,37 % par an réglerait celui-ci.

La faiblesse des cotisations est à rechercher au niveau des entreprises qui délocalisent dans les pays à faible coût de main-d’œuvre, ou celles qui licencient à tour de bras même quand il y a du bénéfice.

Il faut  regarder de près également la structure et le fonctionnement des sociétés. En effet, peu de syndicats évoquent l’effet de la polyvalence (qu’elle soit verticale, horizontale ou structurelle), où un même salarié en arrive à occuper plusieurs postes moyennant quelques augmentations, l’utilisation massive du travail précaire, intérimaires ou stagiaires (travailleurs bénévoles, véritable bonheur pour les patrons) engendrent ainsi un manque à gagner au niveau des cotisations retraites.

Pourquoi donc les travailleurs devraient-ils payer pour les patrons et leur gestion capitaliste !!!  

 

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