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PCN-Infos du 25 mars 2003

 

NOUVEAU CRIME DE GUERRE YANKEE :
BAGDAD EST EN FLAMME !

 

Au lendemain du « 11 septembre », nous étions parmi les rares – et c’était l’exception, tant le terrorisme moral du Système était étouffant – à ne pas manifester de compassion pour les pertes américaines.

Nous rappelions que les Etats-Unis payaient le prix des campagnes de terrorisme contre les populations civiles qu’ils avaient systématiquement planifiées lors de toutes leurs guerres depuis 1941.

 

Quand Bush et Blair légitiment le « 11 septembre » !

Aujourd’hui, alors que les bombardements terroristes anglo-américains frappent massivement les villes irakiennes, que reste-t-il de la sympathie organisée médiatiquement en Occident pour les victimes de « Ground Zero » ?

L’éditorialiste du « TEMPS » (Genève) nous apporte la réponse : « Les premières bombes sont tombées, les premiers missiles ont fusé, les premières troupes ont avancé. Les premiers cadavres jonchent les premières ruines. En un malaise mêlé d'une profonde colère, l'opinion publique mondiale assiste à l'assaut (…) Le monde ne sera pas meilleur parce qu'on lui aura soustrait Saddam Hussein. Il risque au contraire d'être plus instable parce que cette guerre aggrave les incompréhensions et les contentieux qui ont conduit au terrorisme. Il sera plus dangereux parce que cet abus de la force par les plus forts sera perçu comme une légitimation des ripostes les plus abjectes. Le parallèle avec le choc tragique et historique du 11 septembre n'est pas fortuit. L'affirmation cynique de la puissance semble répondre à la violence aveugle du fanatisme. Cette équation est dangereuse. On pressent sans peine ce que serait demain la réaction d'une bonne part de l'opinion publique si, par malheur, comme on nous l'annonce, un autre grand attentat terroriste venait frapper les Etats-Unis » (1).

Une précision encore à propos de la compassion qui serait obligatoirement due envers les victimes américaines (mais pas irakiennes ou serbes…).

Les Américains, dont le cynisme est sans limite, ont pris la sinistre habitude de donner à leurs bombes des surnoms. Le service des relations publiques de l’US Navy (cité par l’AFP) précisait il y a quelques jours « que, longtemps après les attentats du 11 septembre 2001, de nombreuses personnes demandent encore aujourd'hui que les noms des victimes soient inscrits sur les munitions » des navires yankee. Des munitions qui aujourd’hui frappent l’Irak, étranger aux attaques du « 11 septembre »…

 

Détruire l’Irak !

Bagdad est en flamme. Comme Tikrit, Kirkouk ou Bassorah. Les Américains nous resservent à nouveau leurs mensonges à propos de leur nouvelle action terroriste « choc et stupeur ». Rumsfeld nous explique longuement combien la technique a progressé, comment chacun des missiles et des bombes lancés sur l’Irak est « guidé » (sic), parlant de « l’aspect humanitaire du ciblage » (resic).

Il se trouve malheureusement encore des journalistes, de l’espèce prostituée, pour reprendre ces mediamensonges.

La réalité ce sont les victimes civiles, les femmes et les enfants tués, blessés, estropiés. Des images insoutenables, qui brisent l’image yankee de la « guerre propre », et qu’il faut aller chercher sur la chaîne arabe AL JAZIRA. Car les media occidentaux font le black-out, pour « protéger les sensibilités ». Les « ciblages », ce sont des quartiers populaires, des hôpitaux, des centres culturels, des centrales électriques, des installations hydrauliques.

 

QUAND LES YANKEE DETRUISENT LA MEMOIRE D’UN PEUPLE

Les agresseurs yankee frappent aussi volontairement des musées, comme le rappelait avec une juste colère le ministre irakien de l’information, évoquant la destruction d’un édifice classé par l’UNESCO. Mohammed Saïd Al-Sahaf s'est indigné du bombardement du palais Ezzouhour, une ancienne résidence royale incluse dans le périmètre du palais de la République et transformée en musée, et du palais des Hôtes, baptisé "palais de la Paix", situé près de l'aéroport. "S'agit-il là de sites militaires ?", a-t-il demandé à ses interlocuteurs, maîtrisant mal sa colère. Le ministre de l'information a pris pour cible Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la défense. "Ce chien criminel a ordonné la destruction du palais Ezzouhour et du palais des Hôtes, les laissant en ruine !"

Car les Américains, peuple sans histoire, veulent aussi détruire la mémoire millénaire d’un peuple et d’une civilisation.

Le ministre français de la Culture Jean-Jacques Aillagon a saisi l'Unesco sur le sort du patrimoine culturel irakien pendant la guerre, dans une lettre adressée lundi à Koïchiro Matsuura, directeur général de l'agence des Nations unies. Des archéologues et institutions internationales ont écrit aux gouvernements américain, britannique et aux Nations unies, appelant les belligérants à mettre tout en oeuvre pour protéger les sites archéologiques irakiens, patrimoine de l'humanité.

Les Arabes ont la mémoire longue. Ils se souviennent encore du sac de Bagdad par les hordes mongoles au XIIIe siècle, un choc dont la civilisation arabe ne s’est jamais remise.

Aujourd’hui, les barbares sont de retour !

Et les masses arabes assistent indignées, comme le souligne LE TEMPS au « premier siège par les armées américaine et britannique d'une ville de 5,5 millions d'habitants qui a été pendant des siècles la capitale de l'Empire arabe et «le cœur battant» de l'arabisme ».

 

TERRORISER LES CIVILS :
UNE INVENTION NAZIE REPRISE PAR LES ANGLO-AMERICAINS

Frapper systématiquement les civils pour terroriser l’adversaire est un des fondements de la guerre anglo-américaine. C’est aussi un crime de guerre et une violation des Lois de la guerre.

Ce sont les nazis qui ont inauguré cette politique immonde, guerre des lâches qui frappent les faibles. De Guernica (pendant la guerre d’Espagne, où la « légion condor » nazie combat au côté de Franco) à Varsovie et Coventry, en passant par Londres, Anvers ou encore Rotterdam, le IIIe Reich ouvre une ère de terreur.

« Choc et stupeur » est l’héritière directe des méthodes terroristes de la Blitzkrieg nazie. Voici comment un historien décrit la destruction de la Pologne par les nazis : « Le déluge de feu et de fer qui s'est abattu sur les Polonais durant les premiers jours de septembre a laissé ce peuple malheureux dans la stupeur et un état de destruction. Au bout de dix jours, les fers de lance mécanisés allemands avaient découpé les lignes de défense polonaises pour se frayer un chemin jusqu'à Varsovie. Le gros de l'armée de l'air inadéquate polonaise avait été détruite sur le sol avant même de pouvoir entrer en action; les avions chasseurs et les bombardiers Stuka de la Luftwaffe, fournissant un soutien tactique à la progression des troupes au sol, ont brouillé les communications polonaises et semé du haut du ciel la terreur et la destruction. 'Les Allemands', a rapporté un journaliste américain, 'écrasent aujourd'hui la Pologne comme un oeuf bouilli' » (2).

 

Les bombardements terroristes des populations civiles :
une tradition anglo-américaine

La destruction de l’Irak est fidèle à la tradition militaire anglo-américaine depuis la seconde guerre mondiale.

Dès 1942, les Anglo-Américains reprennent et systématisent en effet la stratégie de l’horreur contre les villes allemandes et japonaises. Mais aussi françaises et belges (Rouen, Paris, Malmédy …). Un sujet tabou, car les Nazis s’en étaient emparés dans leur propagande contre les Anglo-Américains.

Le sommet de l’abject fut atteint par la destruction par les bombes au phosphore de Dresde et Hambourg, villes ouvertes selon les lois de la guerre, où s’entassaient des réfugiés sans nombre, fait des centaines de milliers de morts, essentiellement des femmes, enfants et vieillards. On estime entre 1942 et 1945 à plus de 635.000 civils les victimes de ces authentiques crimes de guerre anglo-américains (3).

Les villes japonaises ne furent pas plus épargnées. En 1945, 66 villes japonaises ont été détruites par le feu à la suite de frappes systématiques au napalm ou au phosphore. A Tokyo, 100.000 victimes civiles ont trouvé la mort.

 « Elles ont été, pour reprendre l’expression du général de division Curtis Lemay, responsable de ces opérations de bombardement par le feu, « grillées, bouillies et cuites à mort ». Le fils du président Franklin Roosevelt, qui était aussi son confident, avait déclaré que les bombardements devaient se poursuivre « jusqu’à ce que nous ayons détruit à peu près la moitié de la population civile japonaise ». Le 18 juillet, l’empereur du Japon télégraphie au président Harry  S. Truman, qui avait succédé à Roosevelt, pour demander une fois de plus la paix. On ignore son message » (4).  

 

HIROSHIMA ET NAGASAKI : LES USA UTILISENT POUR LA SEULE FOIS DE 
L’HISTOIRE LES « ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE » ATOMIQUES

Mais une nouvelle étape va être franchie avec le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki, villes ouvertes dépourvues d’objectifs miliaires.

Pour des raisons non militaires mais politiques : intimider l’URSS de Staline, qui est dès 1943 l’ennemi ciblé de Washington.

A Hiroshima, « la bombe qui explose au-dessus d’un hôpital au centre de la ville a tué d’un seul coup 100.000 personnes, dont 95% de civils. 100.000 autres mourront lentement par la suite des effets de l’irradiation » (5).  « Il y a seize heures, annonça le président Truman, un avion américain a lâché une bombe sur Hiroshima, importante base militaire japonaise ». Déjà le mensonge pour justifier l’horreur !

Quelques jours plus tard, Nagasaki connaissait le même tragique destin. « Le général Leslie Groves, alors directeur militaire du Projet Manhattan ayant pour mission de planifier la Bombe, s’empressa de rassurer les membres du Congrès en leur disant que les radiations ne provoquaient « aucune souffrance excessive » et que, « en fait, à ce qu’on dit, c’est une manière très agréable de mourir ». Fin 1946, l’enquête sur les bombardements stratégiques effectués par les Etats-Unis conclut que « le Japon se serait rendu même si les bombes atomiques n’avaient pas été lâchées ». » (6)

Le martyr de ces deux villes japonaises reste dans l’Histoire la seule utilisation des fameuses « armes de destruction massive ». Les Etats-Unis en portent l’écrasante responsabilité devant l’Humanité.

 

Six décennies de massacres YANKEE DE civils

Après 1945, les Américains vont continuer à user stratégiquement des bombardements de terreur contre les populations civiles. En Corée, au Vietnam, au Liban, en Libye (raid de mars 1986 contre Tripoli et Syrte).

En Irak, lors de la première guerre du Golfe.

En Yougoslavie, lors de l’agression des Etats-Unis et de l’OTAN du printemps 1999, les mêmes méthodes ont à nouveau été utilisées, contre Belgrade et Novi-Sad notamment. Les pays de l’OTAN ont fait à ce sujet l’objet de plaintes pour crimes de guerre devant le soi-disant TPIY. Celui-ci, aux mains des Américains, rejette iniquement ces plaintes, à la grande colère de la Croix-Rouge internationale.

En Irak et en Yougoslavie s’est encore ajouté l’utilisation d’armes à uranium appauvri, qui frappent pendant des années après leur usage les populations civiles (cancers, leucémies, etc.).

Et après le « 11 septembre », l’agression yankee contre l’Afghanistan fut à nouveau le cadre des mêmes méthodes. Le nombre des victimes civiles afghanes, les fameux « dommages collatéraux », des bombardements américains dépasse aujourd’hui celui des morts du « 11 septembre ». Sans parler des conséquences des armes à uranium appauvri.

 

La justification idéologique
des bombardements terroristes yankee

Les bombardements terroristes des populations civiles ne répondent pas seulement à une tradition stratégique du Pentagone. Elle trouve aussi, et avant tout, des justifications idéologiques au sein de la classe politique, Républicains et Démocrates confondus.

Un bon exemple récent nous est donné par l’intervention, dans le NEW YORK TIMES, du sénateur John McCain, leader politique, membre de la commission des forces armées du Sénat US et principal rival de Georges W. Bush à l’investiture républicaine. Il y réhabilite les crimes de guerre anglo-américains pendant la seconde guerre mondiale :

« Nos armes ne feraient pas la distinction entre combattants et non combattants. C'est exact, mais c'était tout aussi vrai quand nous avons dû combattre l'Allemagne et le Japon et cette guerre était pourtant juste. De plus, nous développons des armes de plus en plus précises qui permettent d'éviter de frapper trop de civils » (7).

 

Les bombes nucléaires tactiques :
Vers une nouvelle escalade yankee dans l’horreur ?

Depuis Hiroshima et Nagasaki, l’équilibre de la terreur a toujours empêché une nouvelle utilisation des armes atomiques. Mais au Pentagone, on remet aujourd’hui en cause ce statu-quo. « Le sénateur Edward Kennedy a mis les pieds dans le plat en soulevant publiquement la question que tout le monde se pose à voix basse à Washington : les États-Unis vont-ils utiliser des bombes atomiques tactiques en Irak ? Dans le Los Angeles Times, où il s'exprime, le sénateur du Massachusetts dénonce les études tactiques actuellement en cours et s'interroge sur la banalisation de la bombe atomique » (8).

« Les rapports selon lesquels l'administration Bush étudie la possibilité d'utiliser l'arme atomique en Irak sont alarmants, écrit Edward Kennedy. Cette guerre n'est plus seulement la mauvaise guerre au mauvais moment, elle porte désormais en elle le risque que tout contrôle de la situation soit perdu. L'usage catastrophique de frappes nucléaires est malheureusement en adéquation avec les vues que George W. Bush a exposées l'année dernière et avec le dédain de l'administration pour les normes internationales. Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld a demandé à l'US Strategic Command d'étudier les plans pour l'usage d'armes nucléaires dans de nouvelles missions, y compris en Irak, pour détruire des bunkers souterrains. L'utilisation de telles armes annihilerait la limite tracée entre les armes conventionnelles et les armes nucléaires en raison de son utilisation contre une nation non-nucléaire. Par leur potentiel destructeur, ces armes sont uniques et c'est pourquoi elles ont été différenciées de l'armement conventionnel et des autres alternatives militaires. Elles ne doivent être utilisées que si l'existence de la Nation elle-même est en jeu. Notre armée est la plus puissante du monde et nous avons de nombreuses armes conventionnelles sophistiquées dont l'utilisation est suffisante pour gagner la guerre. En étudiant l'utilisation d'une arme nucléaire contre l'Irak, l'administration Bush renforce sa réputation unilatéraliste, fait croître l'anti-américanisme, ce qui est la dernière chose dont nous avons besoin dans la guerre au terrorisme, et encourage la prolifération nucléaire » (9).

Les Etats-Unis sont le véritable « Etat-Voyou », une menace permanente pour le genre humain.

La question des crimes de guerre yankee, qui est posée à nouveau en Irak, appelle une réaction : A quand un second « Nuremberg » pour juger les criminels de guerre de Washington ?

 

Luc MICHEL

 

Notes :

(1) Eric HOESLI, « Comment gagner une guerre et perdre davantage », LE TEMPS, Genève, 22 mars 2003.

(2) Gordon WRIGHT, THE ORDEAL OF TOTAL WAR 1939-1945,New York, 1968, p. 17.

(3) Cfr. Jorg FRIEDRICH, « DER RAND DEUTSCHLAND IM BOMBENKRIEG 1940-1945 », Propyläen Verlag, Munich, 2002.
Cette « vaste synthèse sur les bombardements alliés connaît un énorme succès en librairie. Plus de cinquante milles exemplaires ont été vendus dès les deux premières semaines, avec cinq réimpressions. L’ouvrage décrit pour la première fois la réalité des bombardements de erreur contre les villes allemandes pendant la Seconde guerre mondiale. Plusieurs quotidiens à grand tirage (notamment le BILD-ZEITUNG) ont publié les bonnes pages du livre, illustrées de photos bouleversantes. Les révélations de l’ouvrage suscitent de vifs débats tant en Allemagne qu’en Grande-Bretagne, en particulier autour de la responsabilité personnelle de Churchill et de la notion de crimes de guerre ».

(4) John BERGER, « De Hiroshima aux  Twin Towers » in « L’EMPIRE CONTRE L’IRAK », Le Monde Diplomatique, Manière de Voir, bimestriel, Paris, janvier-février 2003.

(5) , (6) Ibid.

(7) John McCAIN, “The right war for the Right reasons”, THE NEW-YORK TIMES, 16 mars 2003.

(8) Réseau Voltaire, « Les Etats-Unis expérimenteront-ils une bombe nucléaire tactique en Irak ? », Tribunes libres internationales, n°77, mars 2003.

(9) Edward M.KENNEDY, “Our Nuclear Talk gravely imperils Us ”, LOS ANGELES TIMES, 29 janvier 2003.

 

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