PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 21 janvier 2003

 

CONTRE L'IMPERIALISME, LE NEOCOLONIALISME
ET L'HYPOCRISIE OCCIDENTALE :
NOUVELLE VICTOIRE DIPLOMATIQUE DE LA LIBYE !

 

Depuis la Révolution du Fateh, le 1er Septembre 1969, la Libye de Kadhafi s’est érigée en champion intransigeant de la Cause des Peuples en lutte contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Ce qui lui a valu l’hostilité sans faille des Etats-Unis et de ses valets « européens » et trois décennies d’agressions et de complots occidentaux, qui ont culminé avec le raid terroriste anglo-américain de l’OTAN de 1986, frappant des populations civiles.

Qualifiée d’ « Etat voyou » par Washington, la Libye subit aussi la désinformation systématique des media occidentaux.

 

KADHAFI, LEADER DU PANAFRICANISME

Depuis 1996, La Libye a réorienté sa politique extérieure et sa diplomatie vers l’Afrique, où Kadhafi, en héritier légitime de Nkruhma, est devenu le leader incontesté du Panafricanisme. La constitution de la nouvelle Union Africaine est due à son impulsion décisive.

C’est dans ce cadre que Tripoli vient de remporter une nouvelle victoire diplomatique, qui s’ajoute à une liste ininterrompue de succès depuis 1999.

La Libye a en effet été élue ce lundi 20 janvier 2003 à Genève à la présidence de la Commission des droits de l'homme (CDH) de l'ONU, à la majorité des voix, à l'issue d'un vote demandé par les Etats-Unis.

Le président du Bureau de la CDH est notamment chargé de diriger les travaux de la session annuelle unique de la Commission qui se tient au printemps à Genève --cette année du 17 mars au 25 avril--, afin d'examiner l'état des droits de l'homme dans le monde. Les 53 Etats membres de la CDH sont répartis en cinq groupes géographiques qui assurent, à tour de rôle, chaque année, la présidence de la CDH. Ainsi, les pays africains ont désigné la Libye.

 

CONTRE WASHINGTON, UNE VICTOIRE ECLATANTE DE LA DIPLOMATIE LIBYENNE

Mme Najat Al-Hajjaji, ambassadeur de Libye auprès des Nations Unies à Genève, a été élue par 33 voix pour présider la 59e session de la CDH. Trois Etats ont voté contre cette candidature, 17 se sont abstenus. La Commission compte 53 Etats membres.

Contrairement à la tradition depuis 46 ans selon laquelle le président de travaux de la CDH était désigné par acclamation, il a été procédé à un vote à bulletin secret, à la demande des Etats-Unis qui s'opposaient au choix de la Libye par le groupe des pays africains. Ce groupe, représenté par l'Afrique du sud, a déploré lundi l'organisation de ce scrutin qu'il a décrit comme un « acte malheureux », mais a accepté de voter.

La Libye a aussitôt qualifié de « victoire éclatante » son élection lundi à la présidence de la Commission des droits de l'Homme de l'Onu malgré l'opposition des Etats-Unis. « C'est une victoire éclatante qui a rendu leurs droits aux peuples opprimés », a déclaré à Tripoli le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassouna al-Chaouch.

Selon lui, l'élection de la Libye à la majorité des voix, à l'issue d'un vote demandé par les Etats-Unis, représente une « reconnaissance mondiale historique du dossier vierge de la Libye dans le domaine des droits de l'Homme ». Il a également remercié les « pays amis » qui ont refusé les pressions, soit les pays arabes et islamiques, mais aussi européens, a-t-il dit en nommant la France, l'Italie et la Grande-Bretagne. Il a enfin salué cette élection comme « la victoire du bien sur le mal et de nos valeurs éthiques sur ceux qui visent notre république suprême ».

Tripoli avait déjà rejeté une première prise de position américaine contre sa candidature à la CDH, y voyant une « déclaration hostile destinée à empêcher l'Union africaine de devenir une réalité ».

La victoire de la Libye marque l’échec de la campagne anglo-américaine ouverte contre la candidature de la Jamahiriya en août 2002 (cfr l’article de BBC NEWS du 21 août 2002 : « Ministers urged to object to Libya role »).  Il s’agit d’une défaite diplomatique majeure pour Washington. Les media occidentaux, qui affirment aujourd’hui, comme LE MONDE (20 janvier 2003) que les Américains seraient « gênés », « admettant ne s'être penchés sur la question de la présidence de la CDH que depuis une semaine, alors qu'on savait depuis plus de cinq mois qu'elle allait se poser », mentent pour dissimuler l’ampleur de cette défaite. La réalité c’est que les pays Africains ont choisi « de défier les Américains », comme le souligne pourtant LE MONDE.

 

AVEC TRIPOLI POUR LE DIALOGUE DES PEUPLES
CONTRE LE « CHOC DES CIVILISATIONS »

Mme Al-Hajjaji a remercié en premier lieu le groupe africain de lui avoir témoigné sa confiance en décidant de choisir son pays, « la première résolution de la grande Union africaine créée le 10 juillet 2002 », a-t-elle dit.

Au moment où Washington rêve de croisades et de « choc de civilisations » et où la globalisation du « Mc World » prétend écraser les cultures et les peuples, Elle a exprimé sa foi dans « l'universalité et l'indivisibilité » des droits de l'homme, avant d'ajouter : « Nous devons prendre en compte également la richesse de la diversité culturelle, philosophique (...). Nous devons tenir compte de l'importance des spécificités nationales et régionales, ainsi que de la pluralité des toiles de fond historiques, culturelles et religieuses des peuples ».

 

LES MENSONGES DES MEDIA OCCIDENTAUX

Cette victoire de la Libye nous vaut une fois de plus un déchaînement de propagande américaine, les chiens couchés des media occidentaux déversant un flot de mensonges et de haine, où la nostalgie de l’ordre colonial est sous-jacente. Toute l’hypocrisie occidentale y est résumée, avec sa pseudo-morale à double standards.

Hypocrisie du LOS ANGELES TIMES, qui ose écrire que « les Nations unies ont accusé dans les années 90 les forces de sécurité libyennes d’exécuter des opposants au régime de Tripoli ».

Rappelons ici que depuis 1969 des dizaines de complots et de tentatives d’assassinats de Kadhafi ont été organisées par la CIA et le MI6 britannique. Le plus récents, en 1998, liait MI6 et SAS à un certain Ben Laden. Ce qui, en août 1998, conduira la Libye à être le premier pays à lancer, via Interpol, un mandat d'arrêt international contre Oussama Ben Laden !

Hypocrisie de LIBERATION, pour qui « La Libye fait main basse sur les droits de l'homme à l'ONU ». Pour les journalistes aux ordres du quotidien parisien, le vote majoritaire de 43 pays souverains du Tiers-Monde et le choix unanime des pays africains ne compte sans doute pas. Bel exemple de pensée néocolonialiste !

 

EST-ON BIEN PLACE A WASHINGTON POUR DONNER
DES LECONS SUR LES DROITS DE L’HOMME ?

Hypocrisie du State Department, pour qui la décision des 15 pays africains de la Commission de choisir la Libye, prise en juillet dernier lors du sommet de Durban de l'Union africaine, avait suscité une « profonde inquiétude ». Washington a soutenu et soutient les pires dictatures, les régimes les plus féodaux, organisé les plus sanglants coups d’Etat, conduit des dizaines d’agressions militaires contre les peuples des quatre continents. On y est très mal placé pour parler des droits de l’Homme !

Aux Etats-Unis mêmes, la situation n’est guère meilleure. Au moment même où Washington se permet de donner des leçons sur les droits de l’Homme à Tripoli, le gouvernement Bush est sur la sellette. JEUNE AFRIQUE L'INTELLIGENT (21 janvier 2003) titre à ce sujet « Human Rights Watch épingle l'Amérique » et précise que « Le 13e rapport de l'ONG américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) est d'une rare sévérité avec les États-Unis et l'action du gouvernement Bush dans sa lutte contre le terrorisme. D'ordinaire, l'introduction du document présente succinctement les points positifs de l'année écoulée en matière de lutte pour les droits de l'homme dans tous les pays avant d'en souligner les insuffisances. Le rapport 2003 attaque d'emblée George W. Bush ». Ce rapport souligne particulièrement qu’ « En combattant le terrorisme, Washington s'est libéré de toutes les contraintes imposées par la lutte en faveur des droits de l'homme. Cette attitude remet en cause la campagne contre le terrorisme et met en danger l'idéal des droits de l'homme. »

L’hypocrisie yankee apparaît particulièrement dans les déclarations de l'ambassadeur des Etats-Unis Kevin Moley. « C'est particulièrement triste aujourd'hui alors que l'Amérique célèbre l'anniversaire de Martin Luther King, un champion des droits de l'homme, qu'une nation qui brille par ses violations des droits de l'homme, soit élue à la présidence de la commission », a-t-il souligné devant les journalistes. « Il n'est pas approprié qu'une nation qui est sous le coup de sanctions des Nations unies -une nation avec un bilan horrible au niveau des droits de l'homme comme l'est la Libye- préside cette commission ».

Au moment où Bush, contre l’esprit même du combat de Luther King, taille dans l’Affirmative action qui protège les noirs américains, ou fait désigner un juge raciste à la Cour suprême, le mensonge de Washington est éclatant. A l’heure où le Parti républicain de Bush vient d’être secoué par la démission de Trent Lott, chef de file au Sénat et membre éminent de l’extrême-droite réactionnaire qui entoure Bush, pour apologie de la ségrégation raciale, ces déclarations sont indécentes.

Rappelons enfin que la ratification des principales conventions internationales dans le domaine des droits de l'homme, tout comme l'accueil des rapporteurs des droits de l'homme, ont toujours et systématiquement été refusées par Washington.

 

IMPERIALISME OU CAUSE DES PEUPLES :
LA NOUVELLE CONFRONTATION DES BLOCS

Certains, hier, après l’effondrement du Bloc soviétique, annonçaient la « fin de l’Histoire » et le triomphe définitif de l’Occident américanisé. Mais la lutte des Peuples pour leur dignité et leur liberté ne s’est pas arrêtée, menaçant à nouveau l’hégémonie impérialiste.

Aujourd’hui, comme jadis, il y a deux camps : celui de l’Impérialisme, du néocolonialisme et l‘exploitation, capitales Wall-Street et Washington. Et celui de la Cause des Peuples.

« La désignation de la Libye à la présidence de la CDH révèle un fonctionnement de l'ONU où, de nouveau, s'opposent systématiquement deux blocs . On croyait être sorti de cette logique binaire qui avait paralysé l'organisation durant toute la guerre froide. Or deux blocs antagonistes se sont reconstitués. Sur les droits de l'homme, la justice internationale,  le droit d'ingérence, la défense de l'environnement, le Sud, quasi mécaniquement, s'oppose au Nord (la Chine et la Russie s'abstenant ou soutenant le Sud au gré des votes). Au-delà de l'affaire de Genève, cette nouvelle logique des blocs est une évolution inquiétante », analyse LE MONDE (20 janvier 2003).

La révolution libyenne, qui a fait beaucoup depuis trois décennies pour la Cause des peuples, est aujourd’hui un symbole : celui de la résistance !
Dans ce combat, les révolutionnaires d’Europe, la plus grande des colonies américaines, ont choisi leur camp : celui des peuples en lutte des quatre continents.
Et nous, Communautaristes européens du PCN, avant-garde de la Révolution européenne, saluons aujourd’hui la nouvelle victoire de nos camarades de combat, nos frères libyens.

 

Luc MICHEL,
Président du PCN-NCP.

 

Retour à l'accueil