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PCN-Infos du 02 décembre 2002

 

CONTRE LA GUERRE CULTURELLE DU "MC WORLD" 
ET L'AMERICANISATION DU MONDE,
CONTRE LE SIDA CULTUREL D'HOLLYWOOD :

 

BOYCOTTONS « JAMES BOND » ET MADONNA !

La guerre coloniale que les Etats-Unis mènent depuis plus d’un siècle contre les Peuples du monde, ce ne sont pas seulement les bombes et les missiles de l’US Air Force ou les coups de force de la CIA et du State Department.

C’est aussi la guerre culturelle – celle menée par Hollywood, Mc Donald’s, Coca-Cola et autres vomissures yankees – conduite pour écraser les cultures et les Peuples, et imposer le néant consumériste de l’anti-civilisation yankee, le « Mc World ». Car, pour nous, et comme le rappelait Spengler, les Etats-Unis sont passés directement de la Barbarie à la « Civilisation » – celle du Hamburger – sans connaître la culture.

 

LA MACDONALDISATION DU MONDE EST UN TERRORISME CULTUREL

La guerre culturelle yankee, dont Mc Donald’s est le symbole phare, s’apparente, selon Steve Fuller, professeur de sociologie à l’Université de Warwick, à la « guerre idéologique », « où les gens se voyaient enjoindre de renoncer à leurs coutumes traditionnelles et d’adopter celles de l’Occident ».

Fuller qualifie la « Macdonaldisation » de « terrorisme culturel ». George Ritzer, son collègue de l’Université du Maryland, dénonce, lui, dans « The MacDonaldization of Society », le « pouvoir obscène » de la multinationale de la Mal-bouffe et de ses complices hollywoodiens.

 

L’AMERICANISATION DU MONDE EST UN SIDA CULTUREL

L’Américanisation du monde est un sida culturel, comme le déclare la critique Margaret Wertheim, Australienne installée à Los Angeles : « la culture américaine ressemble à un virus, de surcroit particulièrement pathogène. A bien des égards, on pourrait la comparer au HIV, le virus du sida. Cette culture ne cesse de se dupliquer, et se montre particulièrement habile à parasiter la machinerie de production de ses hôtes. S’il est si difficile de venir à bout du HIV, c’est parce qu’il prend le contrôle des fonctions cellulaires de l’organisme infecté pour produire de nouvelles copies de lui-même, et retourne contre son hôte ses propres défenses immunitaires. Pareillement, la culture fast-food, le rock, la télévision et le cinéma américains infectent l’organisme  culturel des autres nations, parasitant les capacités de production locales pour réduire leurs efforts à de simples contrefaçons. Ce processus de réplication virale se répète dans le monde entier, les normes de la culture populaire américaine étouffant la flore et la faune locale ».

Dans « Pourquoi le Monde déteste-t-il l’Amérique ? », Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies analysent le rôle des hamburgers et autres menus américains » dans la destruction des repères culturels des peuples agressés : « La mondialisation dirigée par les Etats-Unis cherche à remplacer ces repères par des produits culturels américains. Le raz de marée de cette culture consumériste est capable de tout assimiler et d’exercer sur les peuples d’énormes pressions pour qu’ils changent de mode de vie, abandonnent tout ce qui donne un sens à leur existence, se débarrassent non seulement de leurs valeurs mais de leur identité, de leurs relations, de leur attachement à l’Histoire, à des lieux, à des manières d’être et d’agir. Le « pouvoir obscène » de la « culture du hamburger » place les cultures locales dans un étau. Les multinationales américaines assurent la promotion de leurs produits en suivant une stratégie multiforme qui fait appel au rock, à la télévision, à des styles spécialement crée, et lui permet d’occuper tout l’espace culturel disponible ».

 

LE GENOCIDE PLANIFIE DES CULTURES ET DES LANGUES

Le véritable terrorisme est là ! Il est américain, planifié, et vise au génocide des cultures et des langues. Steve Fuller explique que « pour bien comprendre l’influence de l’Amérique sur le reste du monde, il nous faut considérer ses pratiques culturelles » comme un « bioterrorisme » : « En premier lieu, le bioterrorisme n’a pas d’objectif spécifique. On ne gagne pas une campagne de ce genre ; on espère simplement que la diffusion du virus perturbera au maximum la société visée. Elle peut aussi créer les conditions qui permettront de parvenir à un but différent. En second lieu, les bioterroristes se contentent de lancer la campagne ; le gros des « opérations guerrières » est ensuite le fait des victimes eux-mêmes, qui s’infectent mutuellement lors de leurs interactions quotidiennes. En troisième lieu, à mesure que la campagne progresse, que ces effets pathogènes se combinent à d’autres, il devient virtuellement impossible d’identifier un seul agent responsable, toutes les victimes étant alors devenues complices de cette diffusion. McDonald’s illustre superbement ce genre de terrorisme culturel. Considérez le panneau placé devant chacune de ses boutiques : « Des milliards de gens servis ». Et non « nourris ». Du point de vue du marketing, c’est un slogan extrêmement frappant. Il désigne un objectif qui n’est autre que la simple prolifération des burgers, sans référence aucune à la réaction de ceux à qui ils sont destinés. Mais, comme nous le savons, cette prolifération à un effet dévastateur sur la plus grande partie de la planète – les autochtones sont contraints d’adopter les pratiques de la culture américaine, leur environnement, physique ou culturel, est frappé. En fait, quand ils commencent à se comporter comme des géants de la restauration rapide, à s’infecter mutuellement avec leurs attitudes et leurs comportements (obésité, problèmes cardiaques, etc.), ils s’exposent davantage encore à d’autres interventions américaines. Le temps que les dégâts soient vraiment sérieux, un nombre suffisant d’entre eux aura bénéficié personnellement de ces interventions pour qu’il soit difficile de faire marche arrière ».

« Le « terrorisme biologique » de la culture du hamburger a réduit la géographie culturelle du monde à un espace américain totalitaire, tuant les langues, l’architecture, l’industrie cinématographique, la télévision, la musique et l’art de la majorité des pays », concluent Sardar et Davies.

 

QUAND HOLLYWOOD EST UNE ANNEXE DU PENTAGONE

Dans la guerre culturelle yankee, Hollywood et ses dérivés médiatiques, comme MTV, jouent un rôle décisif. Et font directement le lien avec la guerre classique menée par le Pentagone et le state Department, notamment en assurant la propagande et en préparant psychologiquement les masses aux agressions militaires américaines.

Le nouveau James Bond, « Die another day », en est la parfaite illustration.

Après avoir cultivé pendant quatre décennies l’esprit anti-soviétique de la Guerre Froide, James Bond prépare cette fois les esprits à une future agression contre la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC), fleuron de l’ « Axe du mal » selon Bush, et l’une des cibles désignées du bellicisme yankee après l’Irak.

Hollywood s’est fait une spécialité des caricatures racistes des ennemis des Etats-Unis. Après le méchant Russe (qui avait succédé au méchant Soviétique) ou le psychopathe arabe, figures de style déclinées dans des milliers de films, dont les James Bond, le cinéma yankee s’en était pris aux « criminels serbes » (voir « Behind Ennemy Lines ») ou africains (« La chute du Faucon noir » sur la Somalie).

Le nouveau James Bond s’en prend cette fois à un nouvel ennemi de l’Amérique, promis à un avenir certain : le psychopathe Nord-coréen, dégénéré physiquement et mentalement.

Une caricature ignoble et raciste, que l’on croyait jusqu’ici réservée aux films de série B à destination des admirateurs débiles des Chuck Norris et autres Rambos.

 

VERS UNE NOUVELLE AGRESSION YANKEE CONTRE LA COREE DU NORD

Cette attaque intervient au moment où la RPDC figure à l’agenda du State Department.

Pyong-Yang, qui entend préserver son système socialiste et son indépendance nationale, mène une politique gaulliste de dissuasion nucléaire. La RPDC vient aussi de remplacer le Dollar par l’Euro dans ses opérations financières, exemple dangereux et contagieux. Tout cela est intolérable pour Washington.

Lorsque l’on connaît les rapports étroits entre Hollywood et le Pentagone et leur collaboration sans faille, il ne reste guère de place au hasard.

« Die Another Day » est bien aussi une opération de guerre, qui prépare psychologiquement la prochaine agression yankee.

Le clip obsédant de la chanson de Madonna, qui accompagne le lancement du dernier James Bond, véhicule les mêmes clichés racistes et participe à la même opération.

 

L’IMPOSTURE HOLLYWOODIENNE

L’Histoire révèle l’imposture hollywoodienne. Car sur la péninsule coréenne, ce n’est pas la RPDC qui menace la Paix et viole le droit, mais bien les Etats-Unis depuis la fin des années 40 : massacre de civils sud-coréens par l’US Army, guerre chimique et biologique, accumulation d’armes de destruction massive, nucléaires notamment…

Le clip de Madonna, lui, présente une exécution à la chaise électrique par des bourreaux nord-coréens en uniformes de l’Armée populaire de la RPDC. Précisons que ce mode d’exécution immonde est inconnu en Corée du Nord. Mais largement utilisé aux Etats-Unis !

 

La réponse à cette opération de guerre psychologique yankee est simple :

 

Boycottons « James Bond » et Madonna !

Pas un Euro pour la propagande yankee !

Pas de nouvelle agression contre la RPDC !

 

N’OUBLIONS PAS LA GUERRE CLASSIQUE CONTRE LE PEUPLE IRAKIEN !

La guerre culturelle ne doit pas nous faire oublier la guerre classique. Celle où les bombardements ne sont pas le fait du déluge cathodique d’Hollywood, mais ceux des bombardiers et des missiles de l’US Air Force et de ses supplétifs de l’OTAN.

Cette guerre, c’est celle qui frappe depuis 10 ans le peuple martyr de l’Irak. A Bagdad on ne se fait guère d’illusion et on se prépare au pire. Le Parti Ba’Th a fait distribuer au peuple 600.000 fusils – remarquable confiance du gouvernement de Saddam HUSSEIN - que les media occidentaux présentent comme une « dictature régnant par la terreur » (sic) – dans les masses irakiennes.  Qui oserait ici distribuer 1.000 fusils au peuple de Paris, Bruxelles ou Marseille ? Avec lucidité, « LE POINT » titre « Irak, l’Avant-Guerre » et annonce que « le compte à rebours militaire américain a commencé. Les troupes sont positionnées, la pression psychologique est à l’œuvre, et la machine diplomatique sous surveillance ».

Le chef d’Etat-Major de l’Armée israélienne, lui, est à Washington « pour coordonner l’action des Etats-Unis et d’Israël contre l’Irak » précise « REUTERS ».

 

Vous avez dit « Impérialisme américano-sioniste » ?

Les plans de Washington pour l’Irak sont connus : occupation coloniale, pillage des réserves pétrolières et mise en place d’un pseudo-gouvernement fantoche, avec l’aide des seigneurs de guerre locaux, kurdes et chiites (c’est-à-dire les islamistes fondamentalistes que Bush prétend combattre …).

David L. Phillips, directeur adjoint du « Center for Preventive Action » du « Council on Foreign Relations » à New-York et conseiller au Département d’Etat des Etats-Unis, assiste le « groupe de travail sur les principes démocratiques de l’opposition irakienne » (sic).

Il présente cyniquement dans le « NEW YORK TIMES » la solution pour l’Irak qu’il est en train de finaliser : s’appuyer sur l’administration locale pour faire fonctionner le pays, tout en démantelant l’encadrement militaire et politique du gouvernement baasiste légitime. Le tout financé par l’exploitation des puits de pétrole, sous contrôle d’une force d’interposition US.

On a vu les résultats d’une politique semblable en Afghanistan : absence de reconstruction, famine, misère, anarchie, reprise de la production de drogues (éradiquée par les Talibans). Sans parler de la guérilla des Talibans qui continue à frapper les forces occidentales, dans un pays où les Etats-Unis, pas plus que les Russes hier, n’ont gagné la guerre, malgré les proclamations tonitruantes du Pentagone.

On sait maintenant que le State Department a du grassement acheter les hommes de Massoud, les seigneurs de la guerre de l’ « Alliance du Nord », pour permettre à Karzaï, l’ancien employé des multinationales yankee du pétrole, d’accéder à un pouvoir fantomatique, qui ne repose que sur les armés américaines.

Si il existait au moins une opposition réelle aux Talibans à acheter, les Etats-Unis doivent dans le cas de l’Irak bâtir à coup de centaines de millions de dollars une opposition fantoche, qui ne représente rien de plus que les appétits égoïstes et rapaces de politiciens étrangers à la vie politique irakienne, détenteurs de passeports américains ou britanniques. Ces Kollabos dorés sur tranche par les dollars de la prostitution politique, la version moderne des trente deniers de Judas, représentent tellement peu que même les politiciens américanisés de Bruxelles ont refusé d’accueillir leur dernière réunion.

La guerre du pétrole de Bush, opération de rapine coloniale étroitement liée à l’entreprise coloniale sioniste, a trouvé les Kollabos qu’elle méritait !

 

Luc MICHEL, 
Président du PCN-NCP.

 

A lire sur le sujet :

- Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies, « POURQUOI LE MONDE DETESTE-T-IL L’AMERIQUE », Fayard, Paris, 2002.
- William Blum, « L’ETAT VOYOU », Paris, Parangon, 2002.
- Georges Ritzer, « THE MCDONALDIZATION OF SOCIETY », Thousand Oaks, Pine Oak Press, 1993.
- Eric Schlasser, « FAST FOOD NATION », Londres, Allen Lane, 2002.
- Jolm Tomlinson, « CULTURAL IMPERIALISM », Londres, Pinter, 1991.
- Peter Wollen, « Cinema/Americanism/The Robot », in James Naresnare et Patrick Brantlinger (éd.), « MODERNITY AND MASS CULTURE », Bloomington, Indiana University Press, 1991.

 

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