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PCN-Infos du 14 octobre 2002

 

35 ANS APRÈS L'ASSASSINAT DU CHE EN BOLIVIE,
LE COMBAT POUR LA CAUSE DES PEUPLES CONTINUE !

Ces jours-ci, nombreux sont ceux qui se souviennent du Che, à l’occasion du 35e anniversaire du dernier combat du Che, le 8 octobre. Évoquer le guérillero le plus célèbre de l’histoire, l’homme qui s’est hissé au-dessus de son temps, c’est refuser de se résigner à perdre les meilleurs idéaux de ce monde.

 

A CUBA ET EN BOLIVIE

A Cuba, où la Révolution est de plus en plus menacée, des centaines de jeunes de diverses régions de Bolivie et de plusieurs nationalités sont arrivés à La Higuera, un hameau des montagnes du sud-est bolivien, pour lui rendre hommage, a informé l’agence Prensa Latina.

Étudiants pour la plupart, les jeunes sont arrivés de Vallegrande, à quelque 40 kilomètres du chemin sinueux et bordé de ravins où ils ont installé leur Campement-rencontre

Ils ont quitté Vallegrande très tôt, les uns à bord d’autobus et d’autres dans des caravanes de bicyclettes et de motocyclettes, en mémoire à la facette sportive du Che, qui dans sa jeunesse avait parcouru à vélomoteur plusieurs pays d’Amérique latine, notamment la Bolivie, avant sa rencontre historique au Mexique avec Fidel Castro, qui l’enrôla pour toujours dans la Révolution cubaine.

En Bolivie, les habitants de Vallegrande, la localité où les restes du Che ont été retrouvés 30 ans après, agrandissent le monument érigé par les autorités locales lors de la découverte.

Pour bon nombre des habitants, le guérillero est devenu une légende, d’autres le considèrent comme un saint et font brûler des cierges à sa mémoire. Se rendre jusqu’à l’endroit qui perpétue sa mémoire «est émouvant», a confié la jeune Yanet Paniagua, d’après un reportage publié par l’hebdomadaire cubain. «Il est et restera un grand symbole, très spécial pour les Cubains et pour les Boliviens», a-t-elle ajouté.

À Cuba, du 8 octobre au 23 novembre auront lieu dans tout le pays des journées de travail volontaire convoquées par la Centrale des Travailleurs, en hommage au Guérillero héroïque.

Le 23 novembre prochain marquera le 43e anniversaire du premier appel du Che au travail volontaire, au moment de la construction de la Cité scolaire Camilo Cienfuegos, dans la Sierra Maestra.

 

COMMÉMORATION AUSSI AU VIETNAM

Au Vietnam, où l’impérialisme yankee a connu une cuisante et humiliante défaite, le Che est salué à sa valeur.

Pour le 35e anniversaire de son assassinat, un hommage au Che a été rendu à Ho Chi Minh-Ville. Au théâtre de l’Union d’amitié de l’ancienne Saigon ont été rendus publics les cinq meilleurs travaux réalisés par des étudiants vietnamiens de plusieurs universités du sud, sur le thème : Che, homme légendaire.

En présence de centaines de vétérans de la guerre, des anciens boursiers vietnamiens à Cuba et des étudiants universitaires, l’ancien ambassadeur du Vietnam à La Havane, Vo Anh Tuan, a évoqué sa rencontre avec le commandant Guevara en Algérie, où en 1965 le fonctionnaire vietnamien représentait son pays.

Le Consul général de Cuba, Hortensia Febles, a évoqué la vie exemplaire du Che en tant que révolutionnaire, internationaliste et précurseur de la nouvelle histoire de l’Amérique latine. La cérémonie a été largement diffusée dans les médias du quotidien Saigon Libération.

 

LE CHE ET LE SENS DE NOTRE COMBAT

En Europe aussi on se souvient avec émotion. Pour les militants Communautaristes du PCN, le Che n’est pas seulement une figure abstraite issue du passé. A la différence de certains qui se servent abusivement de l’image du Che, le combat du grand révolutionnaire cubain a accompagné celui des premiers militants de notre Organisation transnationale dès le milieu des Années 60. La revue que nous publions alors, LA NATION EUROPEENNE, salua souvent le Che et la Révolution cubaine. Notamment sous la plume du Général PERON, le grand leader latino-américain, qui se souvenait de ce que le Che fut dans sa jeunesse en Argentine  influencé par le Péronisme, et qui rappelait la convergence des révolutions péroniste et cubaine pour la libération du continent latino-américain et le front des peuples en lutte contre l’impérialisme.

Et la marche du monde donne raison au Che : jamais l’Anti-américanisme, qui est, comme le martelait le CHE,  le seul véritable anti-impérialisme, n’a été aussi puissant. Dans le Monde Arabe, en Amérique Latine, en Afrique. Et surtout en Europe, la plus grande des colonies yankee.

Depuis le « 11 septembre », au sein du mouvement révolutionnaire, Nous entendons sans cesse les mêmes critiques fielleuses contre le PCN, le même discours réformiste, condamnant les attaques anti-américaines. Certains mêmes utilisent sans pudeur la référence CHE. C'est oublier que le CHE Guevara n'attendait pas la "mobilisation de la société civile" ou le "dialogue avec les institutions internationales", ces tartes à la crème des anti-globalisations, mais prônait la lutte armée et la guerre révolutionnaire, appelant à frapper l’impérialisme à la tête, à Washington et à Wall-Street.

 

NE PAS LAISSER TRAVESTIR LE COMBAT ET LA PENSEE DU CHE

La récupération du CHE par les réformistes et les opportunistes de tous bords est révoltante. Nous en parlons avec tranquillité. Le PCN est l'expression politique depuis 1984 d'une Organisation communautariste transnationale qui vient de fêter ses quarante ans. Dès 1965, nous défendions dans notre presse Cuba et l'action du CHE. Parmi les réformistes qui usent et abusent de l’image du Che, certains, comme au PTB, un groupe anarcho-maoiste belge, parlaient encore au début des années 80 à propos du CHE et des militants qui à sa suite partaient en Afrique faire leur devoir de solidarité internationaliste de "mercenaires cubains". La critique est aisée mais nos archives sont bien tenues...

Après le 11 septembre, des « communistes de margarine », comme les appelait le Maréchal Staline, qui n’aimait pas plus les ersatz en politique qu’en cuisine, ont critiqué notre anti-américanisme radical. Mais le «Che» disait exactement la même chose que le PCN : l’impérialisme c’est l’Américanisme et il doit être éradiqué !

Le quotidien bruxellois « LE SOIR » (29 juillet 2002) vient de publier une interview du «Che», réalisée par le journaliste Léopold Unger au moment de la crise des missiles à Cuba en Avril 1962, qui y affirme un anti-américanisme viscéral et radical que nous partageons sans réserve :

« Il fait encore nuit. Quelques rares et pâles percées dans la nuit tropicale annoncent le jour naissant. L'entretien avec le Che dure déjà plus d'une dizaine de minutes, la fin de la demi-heure promise approche. Les phrases se font plus courtes: ce ne sont plus des opinions, mais des sentences.

Le Che : En acceptant le démontage des bases et des fusées, les Russes ont commis une erreur historique...

Moi : Et toi, qu'aurais-tu fait à leur place ?

Le Che : Si les fusées avaient été entre mes mains, elles auraient été tirées et auraient atteint la cible vers laquelle elles ont été orientées. C'est pour cela qu'elles ont été installées ici.

Moi : Pourtant si vous les aviez tirées, la riposte américaine aurait été immédiate et terrible. Cuba aurait été engloutie sous l'océan.

Le Che : Peut-être. Tel aurait pu être le cours des événements. Mais le but aurait été atteint, et l'impérialisme yankee nous aurait accompagnés au fond de l'océan. »

Cartago delenda est !
 

Luc MICHEL

(avec GRANMA et PRENSA LATINA, Cuba)

 

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