PCN-INFOS

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PCN-Infos du 11 septembre 2002

 

LES LECONS DU "11 SEPTEMBRE" : 
DESIGNER L'ENNEMI AMERICAIN !

Le « 11 septembre », un an déjà. Quel bilan, quelles leçons tirer de ce tournant dans l’histoire de l’impérialisme yankee ?

 

PREMIERE CONCLUSION : 
LES USA SONT SEULS COUPABLES !

Les USA et eux seuls portent l’entière responsabilité de ce qui s’est passé. Leur politique néo-coloniale, qui écrase et exploite les peuples depuis le milieu du XIXème siècle, reçoit comme un boomerang le prix du sang et des larmes infligés aux peuples du monde.

Dés le « 11 septembre », en Irak, l’ennemi principal des USA, la télévision publique rappelait avec justesse que "le cow-boy américain récolte les fruits de ses crimes contre l'humanité. C'est un jour noir pour l'Histoire de l'Amérique, qui goûte à la défaite amère de ses crimes et de son mépris pour la volonté des peuples à mener une vie libre et décente (…) Les explosions massives dans les centres du pouvoir d'Amérique, notamment au Pentagone, infligent un douloureux camouflet aux hommes politiques américains qui doivent mettre un terme à leur hégémonie et à leur tentative d'imposer leur loi à tous les peuples" et ajoutait que les attaques traduisaient "un rejet de la politique irréfléchie" des Etats-Unis. Il nous faut saluer ici à nouveau le courage indomptable du gouvernement ba'thiste qui, au milieu de l'hypocrisie apeurée des dirigeants arabes, a sauvé l'honneur de la Nation arabe.

 

SECONDE CONCLUSION : 
LE "11 SEPTEMBRE" EST UN TOURNANT DANS LA LUTTE ANTI-IMPERIALISTE

Peu importe qui a frappé les métropoles impérialistes ! Cela n’importera guère au regard de l’Histoire. Ce qu’elle retiendra c’est la valeur du symbole : l’arrogante Amérique frappée au cœur. Un symbole qu’on compris instinctivement les peuples opprimés, à commencer par les Palestiniens, malgré la lâcheté de leurs dirigeants. Un symbole dont les USA ne se relèveront jamais ! Car l’on sait maintenant que l’Amérique n’est plus invulnérable, que la guerre peut frapper son sol.

Au moment où les théories conspirationnistes déferlent, de l’extrême-droite à l’extrême gauche, il faut dénoncer la démission idéologique généralisée qui voudrait que des hommes déterminés ne puissent plus frapper leur ennemi au cœur.

Que l’Administration BUSH en ai tiré un profit provisoire est une réalité ! Et c’est de bonne guerre. Mais cela ne permet pas de diminuer la valeur du symbole, de la défaite psychologique irréparable infligée aux USA.

Quant à ceux qui, ici et là, lamentables épaves idéologiques, pleurent la montée du militarisme et de la répression, ils oublient deux choses :

L’impérialisme n’a pas attendu le « 11 septembre » pour frapper ou réprimer. Et la Loi des Révolutions, celle que connaissait si bien LENINE, enseigne que tout renforcement de la guerre, du militarisme et de la répression conduit inéluctablement à avancer vers la Révolution. Sans « août 14 », il n’y aurait pas eu la Révolution d’Octobre. Mais que sait-on encore de cela chez les réformismes de tous poils ?

 

TROISIEME CONCLUSION : 
L’ANTI-AMERICANISME N’A JAMAIS ETE SI PUISSANT PARTOUT DANS LE MONDE

Et la marche du monde depuis le « 11 septembre » nous donne raison : jamais l’Anti-américanisme, qui est, comme le martelait le CHE,  le seul véritable anti-impérialisme, n’a été aussi puissant. Dans le Monde Arabe, en Amérique Latine, en Afrique. Et surtout en Europe, la plus grande des colonies yankee.

Au lendemain du « 11 septembre », malgré l’atmosphère puante de lynchage, dans un monde couché, où seul Bagdad n’abdiquait pas, le PCN a été quasiment le seul à avoir le courage de dire tout haut ce que bon nombre de militants anti-impérialistes pensaient réellement des attaques menées contre les métropoles impérialistes, frappant au cœur l'impérialisme yankee et l'oppression capitaliste qui lui est indissolublement liée.

Le PCN a été la seule organisation politique à parler ouvertement, à discerner une étape décisive dans la guerre que mènent les peuples du monde contre l'impérialisme pour la liberté et la dignité.

 

QUATRIEME CONCLUSION : 
LE "11 SEPTEMBRE" EST UNE SIMPLE ETAPE DANS LA GUERRE COLONIALE YANKEE

Car c'est bien d'une guerre qu'il s'agit et d'actions de guerre. Et non pas d'"attentats terroristes".

Une guerre qui est menée inlassablement par Washington depuis des décennies et dont le but, ouvertement revendiqué par les théoriciens de l'impérialisme yankee, est la domination mondiale et le règne définitif du modèle consumériste américain sur le monde, l'anti-civilisation abjecte de Mc Do, Coca-Cola ou Hollywood, la mort des peuples et des cultures.

Les attaques menées contre New-York et Washington sont des actions de guerre, avec des objectifs militaires et économiques, qui ont parfaitement été atteints. L'économie capitaliste, frappée au cœur, ne s’en est toujours pas relevée ; le prestige des USA est brisé. Plus rien ne sera jamais comme avant. Et partout les peuples du monde colonisés et exploités savent maintenant que les Etats-Unis ne sont pas invulnérables. L'espoir a changé de camps.

 

DENONCER LE DISCOURS DE CAPITULATION DES REFORMISTES

Depuis le « 11 septembre », au sein du mouvement révolutionnaire, Nous entendons sans cesse les mêmes critiques fielleuses contre le PCN, le même discours réformiste, condamnant les attaques anti-américaines. Certains mêmes utilisent sans pudeur la référence au CHE. C'est oublier que le CHE Guevara n'attendait pas la "mobilisation de la société civile" ou le "dialogue avec les institutions internationales", ces tartes à la crème des anti-globalisations, mais prônait la lutte armée et la guerre révolutionnaire, appelant à frapper l’impérialisme à la tête.

La récupération du CHE par les réformistes et les opportunistes de tous bords est révoltante. Nous en parlons avec tranquillité. Le PCN est l'expression politique depuis 1984 d'une Organisation communautariste transnationale qui vient de fêter ses quarante ans. Dès 1965, nous défendions dans notre presse Cuba et l'action du CHE. Parmi les réformistes qui nous critiquent aujourd'hui, certains, comme au PTB, parlaient encore au début des années 80 à propos du CHE et des militants qui à sa suite partaient en Afrique faire leur devoir de solidarité internationaliste de "mercenaires cubains". La critique est aisée mais nos archives sont bien tenues ...

La véritable motivation des réformistes est sans aucun doute la lâcheté. Peur de la répression, peur de perdre des sympathies parmi les petit-bourgeois qui courent aujourd'hui derrière la "taxe-Tobin" et autres sucreries sociale-démocrates et veulent aménager (sic) la globalisation et le capitalisme. C'était la même peur qui faisait en 1985 défiler toute la classe politique belge à Bruxelles contre les « « Cellules Communistes Combattantes (CCC). Certains de nos critiques, les trotskistes du POS ou les anarcho-maoistes du PTB, ont alors défilé avec le "Front National". Nous pas !

Les réformistes nous disent encore que nous "ne rendons pas service aux masses arabes ou aux Palestiniens" (sic) .Que ce serait "attirer la répression sur eux"(resic). Comme si Tel-Aviv avait besoin de prétextes pour tuer chaque jour en Palestine occupée ! Comme si Washington avait besoin de motivations pour bombarder quotidiennement l'Irak ! Faux prétexte !

La Résistance palestinienne est sortie toute entière de la lutte armée et des actions directes contre l'occupant israélien. Et elle s'incarne aujourd'hui dans la guerre ouverte qu'est l'Intifada.

Sans le sang des martyrs des premiers jours, au milieu de ces terribles années 60, où Israël étendait implacablement l'ombre sioniste vers le Tigre et l'Euphrate, la Résistance palestinienne n'aurait jamais donné l'espoir à son peuple. Nous en parlons aussi l'esprit tranquille. Nos critiques réformistes parlaient alors de "nationalisme bourgeois" à propos des Fedayins. Notre organisation, elle, se battait à leurs côtés ! Dès le début, avant Arafat. Roger Coudroy, le premier européen tombé les armes à la main dans les rangs du Fatah, était des nôtres.

 

QUEL « TERRORISME » ?

Mais il est plus facile de se dire "communistes" et de dénoncer les "terroristes". C'est à dire d'utiliser le langage de l'adversaire, de l'occupant impérialiste.

Les Nazis considéraient que les résistants français étaient des terroristes. Pour justifier des massacres comme Oradour.

Les Américains, et les Français avant eux, considéraient que les Vietcongs étaient des terroristes. Pour justifier des massacres comme My Lai ou l'utilisation de l'Agent orange.

Les blancs d'Afrique du sud considéraient que Mandela était un terroriste. Pour justifier l'Apartheid.

Le CHE, tombé les armes à la main, était lui aussi qualifié de "terroriste" par les bourgeois bien pensants et la CIA.

Et pour Sharon, le criminel de guerre de Sabra et Chatila, les résistants palestiniens sont des terroristes, même le vieux Arafat, perdu entre son administration corrompue et la peur de l'impérialisme, triste fin pour celui qui fut le symbole d'un combat légitime.

 

QUE PENSER DES THESES CONSPIRATIONNISTES ?

La thèse du complot est à la mode depuis le lendemain du « 11 septembre ». Née dans son vivier naturel, les cinglés de la « lunatic fringe » néonazie américaine, elle a été reprise partout, à l’extrême-droite, ce qui est habituel, mais aussi dans les réseaux maçonniques des Meyssan et consorts, ou encore dans les sectes anarcho-maoistes du style du PTB belge.

Les réformistes qui y organisent la capitulation idéologique veulent ainsi justifier leur lâcheté et leur compromission avec le Système. La thèse de la provocation (« on » aurait laissé faire) va dans le même sens. Les services secrets US, où "une fraction du pouvoir", auraient monté une gigantesque provocation. On évoque pêle-mêle milices d'extrême-droite et réseaux de la CIA, on recherche de "la documentation". Le plus triste c'est que cette thèse du complot est justement celle que défend l'extrême droite raciste américaine.

Certes les services secrets de l'OTAN ont souvent utilisé la provocation, singulièrement dans l'Italie des "Années de plomb" et de la "stratégie de la tension". Et encore aujourd'hui, ils utilisent des groupuscules "rouges-bruns" comme agents provocateurs contre la mouvance anti-OTAN et anti-globalisation.

Mais il s'agissait toujours d'attentats réduits contre des cibles limitées, comme à Milan ou Beyrouth.

S'imaginer que le pouvoir yankee va détruire le centre de Wall-Street, infliger un coup fatal à son économique, détruire le Pentagone, saper les bases mêmes de son prestige et sa puissance, c'est faire rimer réformisme avec débilité.

 

Y A-T-IL UN « BON PEUPLE AMERICAIN » ?

Les réformistes, les petits-bourgeois inspirés par l’anarcho-maoisme, le Trotskysme et la Sociale-démocratie nous servent aussi la leçon sur le "bon peuple américain", sur les "travailleurs frappés par la terreur" (Wall-Street est évidemment fréquenté par des ouvriers ...) et qui, nous dit-on se " soulèveront un jour contre l'ordre capitaliste ". Fantasme que tout cela. A part quelques minorités ethniques, le peuple américain soutient à une large majorité le système.

Certes aucun peuple n'est totalement bon ou mauvais. Les militants anti-impérialistes américains mènent un combat exemplaire. Mais ils sont l'exception.

Pour ceux qui l'ont oublié, les foules yankee applaudissaient aussi bien aux bombardements de Bagdad que de Belgrade. Fini de rire depuis le « 11 septembre ». Les bombes, la mort aveugle, ce n'est plus seulement pour les autres ! La peur a changé de camps.

 

DEFINIR LES BASES DE NOTRE COMBAT : DESIGNER L’ENNEMI AMERICAIN

A Bagdad ou à Bassorah, où l'on vit quotidiennement sous les bombes anglo-américaines, dans l'enfer du génocide rampant organisé par Washington depuis dix ans, on a désigné dés le « 11 septembre » clairement l'ennemi américain. Le PCN a toujours fait de même.

Il importe aujourd'hui de définir les bases de notre combat dans les conditions difficiles du temps présent.

Que faire ? Quel combat mener ? Avec qui ?

Les tâches des révolutionnaires sont aujourd'hui essentielles parce qu'elles préparent le combat de demain.

- Informer, désinformer, combattre les médias du Système, amener à la conscience les meilleurs éléments du mouvement de contestation qui surgit à nouveau.

- Lutter pour la préservation des libertés publiques, tâche essentielle face aux projets liberticides de l'OTAN contre l'"ennemi intérieur".

- Coordonner l'action des forces anti-impérialistes des quatre continents (tâche essentielle en Europe, la principale colonie des USA depuis 1945, le second poumon de son économie)

- Soutenir toutes les luttes légitimes de libération nationale et toutes les Intifadas (pas seulement celle des Palestiniens mais aussi, au cœur de l'Europe, celle des Irlandais en Ulster et celle des Serbes au Kosovo)

- Constituer un Front uni face à l'ennemi, ouvert à toutes les forces qui mènent le combat contre les USA et l'OTAN et le Système (sans distinction politique).

Tout cela nous éloigne du "dialogue", des compromis, du réformisme, des foules décervelées qui s'agitent. Etre révolutionnaire, c'est aussi accepter d'être minoritaire, de mener un combat d'avant-garde, de tracer la voie. Ce fut le choix de Lénine ou du CHE, c'est aujourd'hui le nôtre ! Delenda est Cartago !

 

Luc MICHEL

 

Le prochain PCN-INFOS sera en ligne pour le 23 septembre. 
Nous aborderons la suite de notre analyse des suites du 11 septembre.: la montée de l'antiaméricanisme dans le monde.

 

Voir aussi :

APRES LES ATTAQUES ANTI-IMPERIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK : 
QUE PENSER ? QUE CROIRE ? QUE FAIRE ?
  (Dossier complet)

QUEL ANTI-AMÉRICANISME APRÈS LES ATTAQUES ANTI-IMPÉRIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK ?

LE "CHOC DES CIVILISATIONS" : UNE THEORIE FALLACIEUSE QUI NE VISE QU'A JUSTIFIER LES AGRESSIONS AMERICAINES

 

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